15/07/2016

Berlou (France, Hérault)

a berlou.jpgUne semaine à Berlou

pour S. & A.

Berlou est une toute petite commune viticole française de deux cents habitants, elle est située dans le département de l'Hérault, dans le canton d'Olargues. Elle produit certains crus d'une vraie tenue. Nous proposons ici un lien avec le site de la cave coopérative des coteaux de Berlou.

http://www.berloup.com/

Nous proposons aussi un lien avec le site du vigneron berlounais Jean-Marie Rimbert.

http://www.domainerimbert.com/

Nous avons particulièrement aimé, servi frais, un muscat régional, le Muscat de Saint-Jean de Minervois. La petite municipalité de Berlou se trouve à quelques kilomètres de Saint-Chinian ou de Cessenon, pas loin de Béziers, Carcassonne, Sète. Nous y avons été très chaleureusement reçus durant une semaine chez un couple d'amis. A partir de ce village, avec eux, nous avons rayonné, gravi et dévalé les collines à la marche, découvert de petits lieux délicieux (Rieu Berlou, cascade de la Glaudette, Pré Léon, ferme de la Treille) observé les villages environnants (Cessenon, Vieussan, Saint-Chinian, Prades sur Vernazobre, Olargues, ...), au large, nous avons contemplé le majestueux Mont Caroux (aussi, en raison de sa morphologie, surnommé " la femme allongée" ou "la femme couchée", nous avons aperçu l'Orb et le Vernazobre et, dans Vieussan, le bel endroit du Lézard bleu, merveilleux café snack perché tout en haut d'un valeureux tilleul, spécialisé dans les bières belges avec une carte exceptionnelle et une remarquable connaissance des grands produits du houblon. Le protocole du service de la bière y est scrupuleux. A découvrir absolument. 

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18/04/2016

Frida Kahlo

F R I D A    K A H L O

Invention de l'oeuvre kahlocentrique

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& frida 8.pngREPERES BIOGRAPHIQUES

Naissance le 6 juillet 1907 à Coyoacan, Mexique.

Mariage avec le peintre muraliste Diego Rivera en 1928.

A la de six ans, elle est atteinte d'une poliomyélite. 

Le 17 septembre 1925, le bus dans lequel elle circule est embouti par un tramway. Une barre de métal transperce le corps de Frida (abdomen et cavité pelvienne). Les dommages corporels sont épouvantables, les fractures se multiplient ; bassin, côté et colonne vertébrale. Cet accident dramatique aura des suites sur tout le cours de son existence.

En 1928, elle rencontre une première fois Rivera, son aîné de 21 ans, qui peint une peinture murale dans son école. Elle a apporté quelques toiles et demande au muraliste ce qu'il pense de sa peinture. Rivera est impressionné. (Elle se méfie tout de même un peu : Rivera est un infatigable coureur de jupons. Il le restera toute sa vie)

frida 10.jpgLe 21 août 1929, Diego et Frida se marient. Leur relation sera passionnée, traversée d'infidélités de part et d'autre. La beauté de Frida était étrange, irrésistible, son talent l'auréolait d'un halo de légende. Elle a beaucoup aimé, elle aussi, des hommes et des femmes. Plus conventionnel, Rivera n'a pas eu d'aventure homosexuelle. 

En 1930, ils résident à San Francisco où le travail appelle Diego Rivera.

En 30, Frida subit la première de ses trois fausses couches. Son grand rêve de maternité ne sera jamais exaucé. C'est un grand drame personnel qui s'explique par les terribles dégâts physiques causés par l'accident de 1925.

Frida a déjà peint. En 1930, elle signe, pour remercier le mécène Albert Bender, l'oeuvre intitulée Frida Kahlo y Diego Rivera. (Notons que Rivera, l'inconstant, l'insatiable, a toujours encouragé son épouse, il a invariablement chanté son talent, soutenu son travail et estimé qu'elle était meilleure peintre que lui).

Leon Trotski, en exil, est accueilli chez les Rivera, à la Casa Azul en 1938. Une courte idylle a lieu entre Trotski et Frida. Elle lui offre et lui dédicace un superbe autoportrait d'elle. 

a frida 4.jpgEnvoyé au Mexique pour un cycle de conférences, André Breton est subjugué par le talent de Frida. Frida aprréciera Jacqueline Breton mais le pape du surréalisme, qui lui paraît gourmé, bavard, hautain,  lui inspirera une haine enflée d'épithètes violentes. A l'exception de Duchamp, elle n'aimera guère les surréalistes. 

En octobre 1938, première expo considérable de Frida à la galerie Julien Levy à New-York. Succès retentissant. La moitié des œuvres sont vendues. Les échos sont excellents. Frida n'est plus l'épouse du maître, elle est reconnue comme artiste. 

Frida expose à Paris. Elle est exaspérée par l'inconsistance des surréalistes. Les insultes pleuvent pour les évoquer. Nous traduisons: ils sont paresseux, bavards, inefficaces (foutus intellectuels pourris). Grâce à Duchamp, l'expo se fera. 

Divorce de Diego Rivera en décembre 1938.

Rencontre du docteur Eloesser qui la soignera. Ils deviendront de grands amis. Elle lui offrira quelques superbes œuvres.

a frida 21.jpgL'après-divorce voit mûrir et éclater le talent de Frida : plus puissant, plus expressif encore, plus douloureux, plus maîtrisé, plus inventif, plus accompli. Des autoportraits somptueux abondent. Les problèmes de santé se multiplient. 

Se marie à nouveau avec Diego Rivera en décembre 1940.

En 1942, Frida commence la rédaction de son journal, elle est élue membre du Seminario de Cultura Mexicana. 

En 1943, elle dirige un classe de peinture à l'Académie des Beaux-Arts. En raison de ses gros problèmes de santé, elle enseigne à domicile. Elle est contrainte au port d'un corset de fer qui lui inspirera le terrible chef-d'eouvre qu'est La Colonne brisée.

En 46, opération de la colonne vertébrale.

En 1950, elle est hospitalisée 9 mois à Mexico. Les opérations se succèdent, les problèmes inflammatoires, etc. Après une suite de sept opérations, elle peut à nouveau peindre, en station couchée. 

Printemps 1953, première grande exposition monographique de Frida au Mexique. Consécration nationale organisée par la photographe Lola Alvarez Bravo. Son médecin lui ayant formellement interdit la station verticale, elle fait transporter son lit dans la salle d'exposition. On se représente sans difficulté la formidable intensité de l'instant. 

 En août 53, en raison d'une gagrène naissante, on lui ampute la jambe droite.

Décès, à la suite d'une grave pneumonie, le 13 juillet 54 à Coyoacan, sa ville natale.

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FRIDA-LA-MERVEILLE

C'est l'un des grands peintres du vingtième siècle. C'est un de mes artistes favoris. Nature vive, intègre, entière, passionnée, Frida Kahlo peint sa réalité, le monde tel qu'elle le voit et le vit. Tel qu'elle le vibre. Elle irradie au centre de l'univers qu'elle bâtit. Elle est le soleil douloureux et fascinant de son art. Talentueuse, originale, Frida s'inscrit dans son oeuvre, elle en est le moteur, l'âme violente et superbe. Sa beauté inédite, la force de son art, son trait puissant, son expressivité rare, son décorum et son identité mexicains, ses assauts de couleur, son imagier, sa vitalité, son courage exceptionnel ont profondément et durablement marqué l'histoire picturale. Née en 1907, victime d'une poliomyélite à l'âge de 6 ans, elle sera à 16 ans très grièvement blessée dans un accident de la route alors qu'elle circulait en bus. La belle Frida connaîtra une existence terriblement marquée par une épuisante et terrible douleur physique. Elle finira par être amputée d'une jambe. Obstinée, ayant une oeuvre à livrer, elle peindra alitée. La talentueuse Mexicaine sera, à deux reprises, au cours d'amours passionnées et orageuses, l'épouse du grand muraliste Diego Rivera. Sur sa dernière oeuvre, épuisée, elle a néanmoins écrit Viva la vida. Tout aura tourné somptueusement à son chevalet : le sang, la sève, la douleur, la théâtralité, la mort, l'humour, la beauté, la tragédie, la vie animale, la fièvre. Une femme a pris place dans l'univers de l'art, une femme a imposé au monde la grande oeuvre kahlocentrique. Frida Kahlo est au gouvernail de la fièvre picturale du siècle. Elle a traduit dans le langage de la peinture sa beauté inhabituelle, ses tourments, ses désirs, ses désastres, ses amours, ses abandons, sa terre, sa conviction, les étapes de sa douloureuse et glorieuse destinée. Sa place est faite dans l'histoire de la peinture. 

http://www.mexique-fr.com/art-culture/frida-kahlo-1907-19...
http://www.fridakahlo.com/
http://www.biography.com/people/frida-kahlo-9359496#tumul...
http://www.frida-kahlo-foundation.org/

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a frida 1.jpgBibliographie 

Je termine à l'instant la longue bibliographie de Frida Kahlo rédigée par Hayden Herrera. Si elle a été la base de, Frida, bon film de Julie Taymor, c'est une oeuvre beaucoup plus fouillée, plus exigeante, plus complète et plus profonde. Méticuleuse et savante, la biographie de Frida Kahlo est signée par une historienne de l'art qui propose une lecture documentée, intelligente, souvent méticuleuse et cohérente de l'oeuvre. Herrera recueille en outre la parole de l'artiste qui s'avère avoir été une fervente épistolière et qui méprisait la langue de bois. Le spectre d'investigation de la biographe dépasse de loin l'image iconique et nous livre le portrait d'une artiste qui prend très progressivement, lentement conscience de son talent, d'une artiste peintre grièvement blessée, ardente, déçue dans son désir de maternité, simple, intelligence, frondeuse, volontiers provocante, orgueilleuse, rejetant la vanité, amoureuse, exaltée, sensuelle, audacieuse, trahie, attendrissante, émouvante, bouleversante, fidèle à sa manière, courageuse, foutrement mexicaine, plus universelle qu'elle le croyait, vacharde, irrésistible. Son oeuvre, c'est elle, c'est sa vie peinte, cn lit en elle à oeuvre ouverte.  

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15/04/2016

Vincent Descotils

Revenons à Vincent Descotils

Je me plongeais à nouveau dans l'iconographie de ce grand pictorialiste qu'est Vincent Descotils. Pour me rendre compte, avec une admiration que je ne cherche pas à dissimuler, qu'il invente le monde, qu'il est plutôt posé sur le versant de la poésie que sur celui du réel. C'est un alchimiste. J'ai parlé de ces recettes, des sortilèges qu'il applique à l'image. Artisanat doublé d'alchimie, Descotils, à l'écart de la vue, s'investit tout entier dans la vision. Contes, poèmes visuels, légendes, fées-femmes, nymphes, corbeaux rimbaldiens, belles endormies derrière le réel, paysages envoûtants, nuances, mystères, lacs, atmosphères étranges, magies, arbres vivants, brumes, c'est un monde distinct du nôtre, plus profond et à la fois plus flottant, plus beau, plus intense, plus mêlé de nuit et de neige, d’anthracite et de lait, de phantasmes et d'angoisses. C'est un univers tamisé, plus ouvragé que le nôtre, plus livré à l'encre, plus littéraire. On dirait qu'une érosion magique et volontaire l'a lavé et gravé, lui a adjoint des coulées heureuses, des auréoles, des nuances et des points ardents. On dirait que sous l'effet de pluies savantes, des joyaux se sont dégagés, ont été subtilement mis en exergue. Visages, yeux de femmes, de filles somptueux sertis dans des vagues presque abstraites. Pour les nymphes à la baignade, il y a comme une intimité entre le monde et l'être, une sorte de parenté, d'osmose. Les nymphes sont là dans leur élément, dans un mimétisme que créent les effets d'estompement ou d'accentuation, l'usage magistral du noir et blanc, le traitement inventif de l'image. Pictorialisme triomphant. Jamais le blanc et le noir (et tous leurs degrés intermédiaires) ne sont aussi finement assortis, fiancés que chez Descotils. Il y a une rencontre qui est de l'ordre amoureux.  S'il n'est pas de notre univers, Descotils n'est pas non plus de notre temps. La nature de son image n'est d'aucun temps et par conséquent de tous. Il touche à l'éternel en se situant à l'écart du temps. Ses thèmes échappent au temps. Ils le traversent, appartiennent au monde immatériel de l'homme, aux constances de son univers mental et spirituel : questions métaphysiques, hantise, surgissement du fantastique et du merveilleux, présence-absence, désir, mythologie...  Les nudités, - toujours d'une beauté ahurissante, d'une élégance parfaite -, ont à voir avec l’invraisemblable point de jonction entre le marbre, la cire d'abeille et le lait. L'immatériel, la vapeur et le charnu, l'onctueux concertent remarquablement. La forêt, les arbres, les massifs vivent, portés par une énergie comme incrustée par frottement dans le motif. Les paysages de Descotils, s'ils sont soigneusement, artistement inventés, je les connais, je les croise, je les traverse les yeux fermés, j'aspire à les connaître, ils vivent dans mes terres intérieures. L'oeuvre baigne dans une obscurité ardente où la lumière ne se hisse et se répand qu'avec une infinie délicatesse, une retenue ingénieuse. L'image ne cherche pas l'affrontement, c'est par une sorte d'infusion lente qu'elle conquiert irrésistiblement. Qu'elle triomphe.

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Nicole Moson

NICOLE MOYSON

J'ai trouvé quelques nouvelles œuvres de Nicole Moyson que je souhaite, tant elles me plaisent, recueillir précieusement. Pour la présenter, j'ai demandé à l'artiste une notice biographique. Après 35 passés à enseigner je suis redevenue élève :6 ans en dessin (modèles vivants) et 6 ans en peinture à l'école des Beaux-arts de Wavre. Je suis émerveillé par la concision de l'artiste. Pour le reste, la simplicité lumineuse, la grâce pleine d'humanité, la vitalité des œuvres m'enchantent.

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14/04/2016

Nicolas Cluzel

NICOLAS CLUZEL

art, taloches & électrochocs

Peintre français (peinture & techniques mixtes) né à Angers en 1987, vit et travaille à Lyon. Issu de la bd, il débarque en peinture en 2006. Il est diplômé d'un master en Arts Plastiques de l'Université de Provence.

http://www.nicolascluzel.com/

L'oeuvre de ce type étrange voyage littéralement dans le monde et le temps de la culture : peinture, littérature, cinéma... C'est un impulsif qui a du recul, de la mémoire, des accroches dans le passé. Oui, le geste peut être tranchant, incisif, rappeler le dessin nerveux et chargé de la caricature. Il y a des citations partout. C'est un cosmonaute du passé, un conquistador du futur. Un aventurier qui se confronte à ses découvertes, à ses trésors. Il a un sens de l'oxymore, du blasphème admiratif. Il a aussi la nuque d'un bélier offensif et emboutit parfois avec une réjouissante agressivité. Parfois, il se contente de se foutre, d'y aller d'un pinceau d'honneur dans l'allègre et assassine représentation du cirque humain, le nôtre, nous, en somme. On m'objecte que ça rit, sur les toiles de Cluzel. Oui, mais très jaune, ou d'un rire de funérarium, avec des grimaces empruntées au fossoyeur, au légiste contraint de reconstituer un puzzle humain, après déflagration. Bon, ça rit mais la mort est imminente, la catastrophe est embusquée, la farce est dans un pas très frais dindon. Un dindon de batterie. L"oeuvre, comme un de ses glorieux inspirateurs, accuse. Elle flagelle à coups de furieux pinceaux la glorieuse immoralité du monde, des religieux, des médias, des mœurs, de la beaufrie (l'industrie du beauf), du tourisme culturel, des égorgeurs spirituels... tous les étages du sordide carnaval, de la pitrerie humaine. La chose picturale, à l'exact instar du propos, est sauvage et structurée, raffinée et éclatée, subtile et éclaboussée, vraisemblable et démesurée, réaliste et grotesque (ce n'est guère antonymique). Le peintre est un amoureux de l'art, mais cet amour est offusqué par les saccages, les singeries, le comique par vulgarité de la foule. A l'offense, Cluzel semble répondre par des contre-offensives, des farces terribles. Loi du talion, uppercut pour uppercut. Avec cet imparable supplément d'ironie. Arme suprême. Cluzel l'ironiste. Cluzel et ses attentats par déflagrations ironiques. Il me semble que le travail pictural de Cluzel me confirme dans une de mers intuitions : la déformation (caricature, torsion, grimace, convulsion) est un accès direct, pertinent à la représentation de l'humanité. L'ironie, dans son implacable cruauté froide, me semble une production saine de la pensée, une sorte d'hygiène douloureuse, une action prophylactique. Il y a nécessité impérieuse de malmener - pour son salut ! - le cirque de l'humanité, art compris. Il y a nécessité de la (nous) confronter à son (notre) grotesque. Il y a nécessité d'une férocité pour ce monde entré vivant dans sa décomposition. Le monde, sans doute, s'est toujours décomposé. Mais aujourd'hui, une sensible accélération de la décomposition se manifeste. Cluzel veille au grain, il fouette, il lacère. Il relit Zola. Il aime la peinture. Il fait son iconoclaste amoureux. Il ramène la toile à soi, à bord de ce chevalet dingue qu'il chevauche en furie, comme un Attila. Il démystifie et il adore, il vénère, vénerie, vanité. Il fait son bête et méchant - avec une acuité de tortionnaire. Il a l'esprit corrosif et satirique. C'est un monstre, un clown à couteaux tirés, dégainés, fumants. C'est un magistral fouteur de gueules. Un vilain bouffon, tout à fait républicain. Un cynique d'aujourd'hui, avec tout de même une opiniâtreté grecque. C'est un satanique chroniqueur des affaires du monde, un gros niqueur des affaires du monde. Une poche d'air frais et violent. Il fait du bien à l'être en lui mettant, comme à un toutou inscrupuleux, le nez dans son regrettable étron. Le nez à la fenêtre de son enfer. 

Oui, Cluzel me botte, terriblement, je le recommande, je le prescris, je l'annonce comme une bonne nouvelle. J'aime la pertinence avec laquelle ce type emboutit de plein fouet, au point névralgique, là où ça fait mal. J'aime cette manière de monter à l'assaut. Cette façon de fouetter le sang ranimerait un cadavre. Et c'est à peu près de ça qu'il s'agit. C'est là qu'on en est de notre agonie.

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Grosse ambiance

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Les Vieilles, d'après Goya

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Nana

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Bataclan

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Claude Lantier 

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D'après Delacroix

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Famille en rando, d'après Friedrich

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Inversion

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Je t'aime

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Une heure avant le massacre

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La fine équipe

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La leçon médiatique

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Le supermarché des ténèbres

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Les soixante-douze vierges

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Marianne

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Y'a plus internet

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07/04/2016

Les Chroniques du Poisson Pilote n° 26

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Anton Azbe

Peintre slovène, 1862-1905, âme de l’impressionnisme slovène, fondateur d'une école de peinture à Munich où il reçoit ceux qui deviendront les forces vives (les quatre grands) de l’impressionnisme slovène. Il est aussi le formateur de peintres russes comme Kandinsky. Le portrait de la femme noire m'a saisi et ne m'a plus lâché depuis. Un éblouissement bien qu'il n'émette pas de lumière vive. Son unité, avec juste ce petit bouillon presque blanc sur la poitrine, fait son imparable force. Et, pour moi, l'incarnation d'une forme de la beauté. 

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Broncia Koller-Pinell

Artiste peintre expressionniste autrichienne (1863-1934). L'autoportrait (tableau central, première ligne) est une merveille. Le nu assis est époustouflant.

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Antoon van Welie

Peintre et dessinateur néerlandais (1866-1956). Il oscille entre symbolisme et impressionnisme. Expressions de la spiritualité féminine. - Merci à B

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Anto Carte

Peintre, illustrateur, lithographe belge (1886-1954). Ne cherche pas à se rattacher à un mouvement. Artiste singulier, libre. 

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Armand Point

Peintre symboliste français (1860-1932).

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Ila Schütz

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04/04/2016

Les Chroniques du Poisson Pilote n°25

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Martial Rossignol

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/martial-rossignol/

http://martial-rossignol.fr/

https://www.facebook.com/martial.rossignol.photographe

http://rossignol.bookfoto.com/

et Orchid Lachaise, modèle

https://500px.com/mistyorchid

https://www.facebook.com/profile.php?id=100009226879857

Je souhaite à nouveau recueillir, pour leur puissant magnétisme, des photographies de Martial Rossignol. Je visitais à nouveau les couloirs de l'oeuvre, tout à l'heure, j'y trouvais, par abondantes grappes, à l'écart de la mesure et de la pondération, mais à l'écart aussi, toujours, de l'obscène et du racoleur, des fleurs somptueuses, singulières, bizarres, baroques. J'y trouvais, incarnés côte à côte, souvent dans une fulgurance captivante, la fièvre, le morbide, le linceul transparent, le satin translucide, la grimace de mort, le couloir de l'enfer, l'ingénuité, l'asphyxie, la beauté inédite, la transe, la déclaration de vie. La qualité tranchée, fascinante de son noir & blanc, l'intensité ardente ou la sérénité extravagante des images, la subtilité des effets, la singularité souvent nuancée, tamisée de ses couleurs, la pincée d'étrangeté ou de fantastique qui épice l'oeuvre, quelque chose de parfois hiératique dans les allures, quelque chose de parfois proche des convulsions qui captivent Egon Schjiele, des portraits tendus du pictoraliste Alfred Stieglitz  fixant Georgia O'Keefe, l'expressionnisme même de ses modèles me passionnent. Je me plais parmi ses mises en scène originales, son iconostase profane, son ton soutenu, volontiers exorbitant, ses femmes bâchées de transparence, cette ferveur atmosphérique, cette approche singulière de l'être féminin. La femme serait le serpent à plumes de Rossignol : c'est par elle que corps et esprit, ciel et terre ne sont qu'un. D'abord, quelques photographies de Martial Rossignol avec un superbe modèle, Orchid Lachaise. Ensuite, une nouvelle petite sélection opérée dans son abondante oeuvre.

ORCHID LACHAISE

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Petite sélection

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Jérôme Delépine

Invariablement, le grand Jérôme Delépine, peintre superbe dont l'oeuvre m'envoûte, fait opérer, - dans la magie, l'onirisme, une spiritualité poétique unique -, le nimbe qui fleurit son iris, qui infuse dans les cheveux mouillés de son pinceau et enveloppe, diffuse, élève sa peinture. Tout cela est aérien, toujours, conçu un peu au-dessus de la matière, dans une atmosphère où tout est neige, feutre, souffle, laine, ouates, couleurs subtiles, savantes, où les choses semblent soulagées de leur masse pour atteindre à la traduction poétique. Les êtres, les arbres, les nuages, les eaux sont présentes comme on pourrait dire d'une idée qu'elle est présente, qu'elle volette, presque palpable, presque volatile dans la voûte crânienne. Il y a une impression de densité, souvent, mais une densité nuageuse, une densité suggérée par l'enveloppe. Il y a ici l'invention d'un état intermédiaire entre le vu et le ressenti, le vrai et le délayé, la matière et l'essence.  Delèpine, artiste majeur, a inventé ses propres huiles, ce sont des apprêts personnels de la quintessence.  

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30/03/2016

Les Chroniques du Poisson Pilote n°24

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S A B I N E    D E L A H A U T

Je rencontre, avec bonheur, une nouvelle oeuvre de Sabine Delahaut, une gravure énigmatique et superbe sur le thème récurrent chez l'artiste de l'identité dissimulée, soustraite à l'identification. L'oeuvre s'intitule Le Nid et représente un visage enfoui dans son abondante chevelure. Un œil regarde sans que le visage puisse être identifié. L'intitulé fait peut-être songer au confort douillet de l'anonymat, du repli, du secret sur soi-même. 

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H U B E R T    D U P R I L O T

http://www.duprilot-hubert.fr/index.php

http://www.mattomundus.com/

https://www.facebook.com/hubert.duprilot

Je n'ai rien écrit encore à propos du foisonnant Duprilot, artiste français très fécond, né en 1975 et à la tête déjà d'une oeuvre impressionnante. Regard tragique sur l'être, souvent nu, chétif, brisé, aux yeux creux et sombres souvent, pris dans un espace clos, une cellule, l'impasse d'un dédale, incarcéré dans l'espace et en lui-même, défiguré par le malheur intime, par la guerre (avec des gueules cassées effroyables et impressionnantes), personnages mythologiques pris dans des conditions terribles (Sisyphe et son fardeau, un Minotaure assis dans le labyrinthe comme un enfant puni, Jésus en croix partagé entre sa divinité et les misères, les effrois de sa condition humaine). L'être solitaire, abandonné, livré aux ténèbres,peut aussi grouiller de fantômes qui prennent la forme d'asticots humains et morbides. L'être est implacablement marqué par la mort, la décomposition. L'être se répand, coule, fond comme un cierge, une espérance. L'être perd aussi son unité, bourgeonne, prolifère, entre fantasmes et cauchemars, terreurs nocturnes.  

L'être grimaçant de malheur, chauve, hâve, en huis clos au fond de lui-même est mille fois décliné, mille fois redit différemment, ressassé infatigablement, l'être entre l'hébétude kafkaïenne et les jérémiades du désespéré. Le couple, peut-être, dans l'étreinte trouve un répit à la détresse, au vide. Une suspension amoureuse, tendre du néant. L'être de Duprilot semble vivre l'apocalypse ou lui survivre douloureusement, conception qui n'est pas dépourvue de vraisemblance. Il a l'aspect d'un damné, d'un lépreux enfermé dans le lazaret.

S'il présente une lointaine parenté avec les personnages de Rustin, il se dégage de leur insouciance effarante par une gravité terrible, un désarroi omniprésent, gourmand, qui le grignote et le laisse maigre, chauve, pareil aussi à un agonisant du pavillon des cancéreux. L'être est défait, vaincu, dévasté.  L'être ne se dégage de la solitude que par des rêveries sordides, des visions affreuses de pullulement, que par l'assaut d'insectes humains qui peut-être constituent la métaphore de la descendance et de la population du monde. Il voit aussi, au fond de la solitude de son cachot, il sent, il éprouve sa difformité, sa monstruosité, il l'incarne.

Duprilot est un singulier, un étourdissant prophète du malheur et ses êtres semblent même désertés par le spirituel, le métaphysique. Cette idée s'impose, peut-être, que les êtres se sont révélés incapables d'un destin, d'une dignité, d'une entente. Et pourtant, ils ne sont pas indignes, les personnages de Duprilot, leur désastre (qui n'est peut-être qu'un reflet du nôtre) nous inspire, avec la crainte, une sorte de commisération, de compassion. Car oui, profondément démunis de tout, ces êtres là brûlent, comme par les deux bouts, d'une insoutenable humanité.

Je voyais dans certain personnage, - sans, je l'espère, céder au délire d'interprétation -, le Winston Smith d'Orwell, déniaisé, dégrisé, désillusionné, fondamentalement abandonné avant de s'effondrer tout entier dans l'amour assassin de Big Brother.

Son soldat de 14, son poilu au front bandé n'est pas un Apollinaire somptueux et inspiré, c'est un type affalé, troué par ce qu'il a vu, par ce qui l'a heurté et qui a définitivement rompu avec tout sentiment poétique. C'est une épave. C'est, selon moi, par dignité, dans la veine de Duprilot qu'il faut représenter les sacrifiés de 14-18. Ni flambeaux, de grâce, ni attitudes héroïques qui sont des surcroîts de honte à la mémoire des victimes. 

J'ai une grande admiration, en raison de l'éloquence terrible de l'oeuvre, pour ces hures humaines semées sur un damier et qui sont prêtes pour le jeu sordide, épouvantable, meurtrier de la vie. J'aime cet ange douloureux, hésitant, infantile, grave et fragile, rétréci à la dimension d'un humain, cet ange terrifié et débarrassé de toute auréole. Cet ange établi dans la condition humaine. Cet ange humble.

Et je suis très emballé par l'oeuvre en général, sa force, sa puissance évocatoire, une oeuvre très interpellante, soutenue, grave, effroyable, tragique et formidablement salutaire. Indispensable.

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29/03/2016

Hélène Desplechin (2)

Hélène Desplechin

a hel a.jpgLes lecteurs de mes chroniques connaissent la photographe Hélène Desplechin. Elle est de retour dans mon espace. Je suis sous le charme de ses photographies et de son savoir-faire. Enchanté par tout ce tendre, tout ce délicat, cette minutie délicieuse, cette originalité du point de vue. Dans le monde de l'image, elle est sirène favorite, ma dentellière préférée. Elle a trouvé un point de jonction entre le naturel et la sophistication, entre le réel et le spéculaire. Son imagier subtil rend souvent, d'une façon presque chorégraphique, le mouvement, le déplacement. Dans le milieu aquatique, elle trouve une épatante relecture des formes, une harmonie fluide et étrange. Elle aime les miroirs, l'eau des miroirs, les miroirs cubistes, les miroirs brisés, où elle va saisir des éclats, des tessons de beauté. C'est une amoureuse des visages, de l'eau, de l'eau des visages. Ses portraits portent un frisson, une rencontre d'âmes : l'âme qui saisit et celle qui se prête un instant. Le portrait, chez Hélène Desplechin, tient plus de effleurement que de la capture. Elle s'approche bellement de la beauté, elle en est la complice. Elle développe une proximité, une entente avec ce qu'elle recueille dans son objectif. Qu'elle photographie les siens, ses proches où une image du monde. Hélène Desplechin est une artiste qui recueille. Ses photos ont une parenté avec les poèmes. Je crois que, même dans l'instantanéité, elle apprivoise. Elle émet, je pense, des ondes positives, des parfums agréables. Il entre là-dedans une once de magie. Beaucoup d'amour, d'abord. Et de la magie, des enchantements. Oh, j'aime beaucoup ses superbes loups d'ombres, ses masques à même la peau, peintures solubles dans la lumière, vapeurs d'écriture sur le livre du visage, caresses d'encre délébile. Médaillons noirs, joyaux d'ombres, parures volatiles. J'aime la façon singulière, inattendue dont elle combine, écrits les formes, les élans. Elle a des couleurs romantiques, chaleureuses, languides, sensuelles. Elle sème des merveilles que je reçois comme une pluie de pétales. Un exemple, au hasard ? Le profil flou d'une jeune femme auréolée par le feu mourant du soleil au déclin. Tableau supérieur, magnifique. Un autre ? Un épaule ornée d'une chevelure folle. Ou des yeux d'enfant illuminé par le regard porté sur elle. Ou quelque chose d'aérien dans un paysage,... Le vase regorge de fleurs délicieuses. Des instants de bonheur, récoltés avec une infinie tendresse, vous émeuvent comme une pièce de Chopin, un poème de Verlaine. Viennent les velours noirs, lourds, au cœur desquels se lève la nacre tamisée d'un visage, nuances, art de l'estompement. Des parterres singuliers, raffinés de jambes de femmes. Images qui nous ramènent au tremblement délicat, enveloppant, chaleureux du monde. J'aime la variété de l'oeuvre. Camées, vitraux baroques. Images ciselées. Jeux sur la vérité séduite par ses reflets. Maillage savant des corps. Pointillisme dans la lumière. Curiosité bienveillante pour l'autre, ouverture d'esprit. Attention délicate, poétique, chaleureuse à la présence de l'autre, des autres. Cent mille raisons d'aimer, de prendre avec soi comme pour s'apaiser, pour désirer quelque chose encore, pour continuer d'aimer, pour redire avec majesté l'intérêt de l'être, ces soirs d'apocalypse, par exemple, quand Bruxelles tremble dans les flaques de sang et les débris mêlés des êtres et des choses. Ces images exquises infusent quelque chose dans l'air, une qualité d'oxygène, des bouffées d'iode, une pincée de sagesse et d'amour. Précieux bienfaits, vous dis-je. 

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14:44 Publié dans Hélène Desplechin | Lien permanent |  Facebook |

Les Chroniques du Poisson Pilote n° 23

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n u m é r o   23

NADINE CERDAN

https://www.facebook.com/Cerdan-1573579279623666/?fref=ts

a bo 9.jpgAujourd'hui; je consacre toute ma chronique à une jeune artiste peintre douée d'une puissance expressive peu ordinaire. Elle a pratiqué, et pratique peut-être encore, une jolie vaine paysagiste. Mais son évolution la pousse vers un ailleurs moins, beaucoup moins axé sur la représentation.Sa volonté de trouver, de saisir, de révéler l'essentiel la conduit souvent à une quête de l’élagage, de la simplification extrême, d'une forme ramassée et douée d'une force évocatoire impressionnante. C'est une direction de l'oeuvre. Je tenterai de faire voir quelques-uns des chemins qu'elle emprunte. Entre un noir et blanc très ascète et des feux de couleurs splendides, dans l'espace singulier d'un art figuratif presque en instance d'abstraction. La recherche du simple, de la forme essentielle habite l'oeuvre, la transforme. Mais je vois aussi, autre versant de l'aventure picturale de Cerdan, une sorte d'abandon aux humeurs, aux impulsions, à l'instinct, peut-être. Je découvre des compositions soulevées de fièvres, d'agitations nerveuses, de frénésie, de surenchères graphiques qui épaississent les œuvres, les fertilisent, les font voyager, en développant des créations singulières et originales, entre le cubisme, le fauvisme, un dadaïsme sous influence punk, le mouvement Cobra, le street art et le tag. Mais on sent, avec une pulsion presque identifiable à l'art brut, un amour de l'art, de ses origines, de l'art pariétal, des fresques, de Matisse, des portraits de Virgilo Guidi, etc. Je vois ici les impressionnants produits d'un art déboussolé, c'est-à-dire libéré de la tyrannie de la boussole et capable d'inventer ses propres chemins d'avancée. Entrent en action, avec une recherche de la maîtrise et de l'essence, des forces libératoires, presque sauvages, folles, primitives. Cette orpailleuse prend de la paille d'or, c'est sûr, mais son art, c'est aussi de rendre la géographie accidentée du lieu, la chorégraphie sauvage du tamis, la danse désordonnée de l'eau, l’attente enfiévrée, les éclairs de la lumière, tout le passionnant et vivant attirail de la quête. 


Dans l'oeuvre, un trait existe, étonnant, sûr, confondant. Un tempérament puissant, original orchestre et secoue le travail de Cerdan. On sent bouillonner les ressources, le feu obstiné de l'enfance menant une ronde époustouflante avec le savoir-faire. La ligne du temps intime de l'artiste est chiffonnée : dans l'oeuvre elle est enfant, mais aussi conquérante, artiste en perpétuelle formation, être en questionnement perpétuel, forcenée en pleine ruée libératoire, bâtisseuse d'instable, chercheuse invétérée. On sent, au contact des tableaux, passer un furieux, un tonique désir de liberté. Un filigrane d'histoire de l'art néanmoins se lit dans la production. Et déjà, oui, dans ce formidable séisme artistique, des résultats très convaincants émergent, subjuguent. Oui car le versant du simple et le versant de la fièvre produisent, dans une cohabitation dynamique et orageuse, des mouvements sismiques qui électrisent, animent, traversent l'oeuvre. Les grands vases communicants instables produisent des frissons telluriques formidables. Oui, la construction d'une oeuvre est en cours. C'est fascinant.

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