28/03/2016

Quelques nouveautés du peintre et graveur Andreas Vanpoucke

Nouvelle galerie Vanpoucke

Je reviens inlassablement sur l'oeuvre féconde de mon ami Andreas Vanpoucke, je recueille à nouveau quelques-uns de ses nouveaux portraits superbes, habités, exhaussés par une griffe raffinée, nerveuse, artiste. Pour le plaisir, - plus que jamais précieux, vital, indispensable -, de m'entourer d’œuvres élégantes et profondes, pour le plaisir de partager un projet esthétique, un regard noble sur le monde, sur les êtres. Chez Vanpoucke, j'aime encore l'artiste en perpétuelle célébration de l'art. Les oiseaux parlent aux oiseaux. L'univers qu'il bâtit est un refuge situé sur les sommets de l'existence. Je veux rendre grâce à cela. Mais c'est davantage un bonheur qu'une volonté. 

Pour inaugurer la série, cette beauté, sorte de déesse d'un nouvel Olympe rallié à la paix, aux fleurs, au songe.

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C’est la chambre de Dorothée.
– La brise et l’eau chantent au loin
Leur chanson de sanglots heurtée
Pour bercer cette enfant gâtée.

Du haut en bas, avec grand soin,
Sa peau délicate est frottée
D’huile odorante et de benjoin.
– Des fleurs se pâment dans un coin.

Charles Baudelaire, extrait de Bien loin d'ici

Voilà JJ Cale. Portrait superbe, dense, intense, tout à fait dans l'âme de l'oeuvre. JJ Cale, alchimie sonore de blues, de country, de rock. On passe quelques précieuses minutes avec lui. 

https://www.youtube.com/watch?v=gz2l_icQlAo

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La belle Emmanuelle. Somptueuse dans les vapeurs noires dont Andreas orne son portrait. Perle sur son exergue de velours. Je la trouve ici, mutine, complice, dans une chanson de Brassens : 95%

https://www.youtube.com/watch?v=_P7wJn_5rz8

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Andreas aime les belles femmes. Il isole d'elles toujours quelque chose de précieux, d'unique. Il les établit dans l'espace de la poésie, des livres, de la durée. Ici, l'illustratrice Nette Sobry.  

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Oui, quand je vois le Brel de Vanpoucke, il me paraît à l'aune du fabuleux répertoire, ardent, tracassé, fameux, pensif, profondément happé par l'intérieur, la poursuite d'un rêve et du lointain.  

https://www.youtube.com/watch?v=Gosgf3nWjjs

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Avec Andreas, on fait le tour du monde de la beauté des femmes. Magnifique invitation au voyage. J'aime beaucoup cette étude, profondeur du regard, charme des traits, merveilleux fruit de la bouche. La beauté porte le nom d'Aysun Ysltp et vit en Turquie. Elles sont superbes, les têtes de Turques. En regardant ces poèmes visuels, je navigue à bord d'un hamac paisible et moelleux, balancé par un délicieux vent tiède. 

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Andreas et moi partageons une grande admiration pour la très talentueuse et admirable Jacqueline du Pré. Sa fougue, son ardeur, sa passion, son engagement total sont féeriquement combinés à un état de grâce, à un virtuosité vertigineuse. Un volcan transmué chef-d'oeuvre. 

https://www.youtube.com/watch?v=llB7NaWLUc4

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Je ne sais qui c'est. Une esquisse. Une filée de grâce. Un zéphyr féminin. Une deux fois passante. Après le violoncelle de Jacqueline du Pré, on pense ici à un accord de harpe. Instants sacrés.

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Ce n'est pas la première fois qu'Andreas grave la belle Amanda Holmes Tzafir, peintre, dessinatrice et photographe. Découvrez avec les liens que je vous propose son oeuvre. Le portrait de l'artiste par Andreas est somptueux, doté d'une vie fascinante. Quelque chose s'incarne dans ce beau visage : une paix, une altitude avec les carats d'un feu. En-dessous, je reproduis deux autres portraits d'Amanda Holmes Tzafir par Andreas. Deux autres aspects mais dans la cohérence.

https://www.facebook.com/amandalee.tzafrir.5/media_set?se...

https://www.facebook.com/amandalee.tzafrir.5/media_set?se...

http://amanda-lee-tzafrir.pixels.com/

http://www.saatchiart.com/AmandaLeeTzafrir

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Ah, Ingrid Thulin. Essentielle. Le silence. Bergman. Un des films qui a marqué mon adolescence. Un trouble magnifique. Indélébile. 

https://www.youtube.com/watch?v=Pgkbr4plr6U

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Dans des compositions reamrquables, la sculptrice et peintre Prescilla-Mary Maisani représentée à l'oeuvre par Andreas. On peut découvrir les remarquables oeuvres de l'artiste d'Ajaccio avec ces liens :

http://www.art-maisani.com/

https://www.facebook.com/arte.missaest/photos_albums

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13:37 Publié dans Andréas Vanpoucke | Lien permanent |  Facebook |

23/10/2015

Les Chroniques du Poisson Pilote n°17

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n u m é r o    1 8

P R I O R I T É

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L U A T Y  B E I R A O

Défi ultime et périlleux

Malgré ma volonté obstinée de persister à m'intéresser à tout ce qui fait le sel de la vie telle qu'elle m'apparaît, je suis désappointé, blessé, en rage. Mon amie Rita Damasio (qui est à la source d'infos concernant notre ami commun, m'apprend qu'à partir d'hier jeudi 22 octobre, notre gréviste de la faim Luaty Beirao, opposant pacifique angolais, est désormais en danger de mort. Lisez, manifestez-vous ! Affichez notre photo

http://www.jeuneafrique.com/273375/societe/angola-luaty-b...

http://www.france24.com/fr/20151020-luaty-beirao-rappeur-...

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A N D R E A S   V A N P O U C K E

Voilà une nouvelle volée d’œuvres faramineuses du maître anversois de la pointe sèche, mais aussi enseignant et illustre peintre, mon ami Andreas Vanpoucke. Je raffole de cet art si racé, si précis chez Vanpoucke, mené avec maîtrise, élégance, avec une si étonnante puissance expressive. Je ne me lasse pas de son travail. Tel que pratiqué par Vanpoucke, cet art a pour moi l'assise considérable, glorieuse des techniques anciennes portées à l'excellence et cette expressivité rare et étourdissante que permettent les accentuations, les atténuations, les dégagements, tout une gamme de nuances, le travail subtil ou vigoureux du trait chez Vanpoucke. C'est un chorégraphe du trait, il a une qualité de saisie époustouflante. Voilà, avec Vanpoucke, je suis en même temps dans le grimoire, l'encyclopédie lointaine et le présent immédiat. c'est ainsi que l'on se fait une place dans l'avenir : en créant le mariage heureux du passé et du présent, en étant le témoin inventif, original, magistral de plusieurs temps. Allez, je partage ces merveilles, je vous invite à la fête de l'encre, à l'élan des lignes, à la rencontre de la dextérité et du talent. Voilà des pointes sèches qui traversent nos vies, les éclairent, les réenchantent.

P O R T R A I T S

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L'actrice Sephora Heymann

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¨L'écrivain allemand Heinrich Böll

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La photographe argentine Sue Glenny

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Mihriban Mimi Mihriban, une amie de l'artiste

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Ni Oosha, une amie de l'artiste

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Marleen De Waele, élève de l'artiste

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L'artiste aux multiples talents Marc Larisa Verheughe

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Portrait, écrit Andreas Vanpoucke, de mon ami l'écrivain Denys-Louis Colaux

 Je me demande parfois où Andreas trouve d'aussi beaux modèles !

J e a n - C l a u d e    S a n c h e z

Ici, une perle du photographe Jean-Claude Sanchez, un artiste que j'aime et avec qui j'ai beaucoup collaboré. Ici, cette délicate sublimité féminine à quoi une architecture artistement trouée de lumière fait écrin. Un bonheur de rencontrer une image de cette qualité et de cette superbe conception.

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J a k u b    S c h i k a n e d e r

Je ne le connaissais pas, c'est un artiste praguois né en 1855. Peintre, musicien passionné par l'harmonium, acteur, enseignant, il se signale par des créations profondes, tristes et mélancoliques. C'est l'artiste capable de rendre les lumières falotes, les lueurs, les ruelles étroites et sombres de Prague, les scènes tragiques. L'oeuvre qui suit m'a littéralement saisi. Elle s'intitule Fille morte.

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U n e   l u m i è r e    d a n s   J é r u s a l e m

Presque deux minutes d'air pur pour cette manifestation où Arables et Israéliens manifestent ensemble pour la paix dans Jérusalem. Une embellie (le terme paraît tellement adéquat) dans l'étripage sans fin. 

https://www.facebook.com/431256660252368/videos/102163718...

B E T I N A   L A   P L A N T E

Mes lecteurs, mes visiteurs savent en quelle estime je tiens la belle photographe américaine, authentique spécialiste de l'autoportrait inédit, Betina La Plante. Les talents de la photographe sont multiples et j'ai tenté de les saluer tous.

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/betina-la-plante/

Ici, à nouveau, dans un cadrage inédit, la divine sauterelle, la sublime Betina rayonne sur un velours de nuit.

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S A B I N E    D E L A H A U T

Le graveur belge Sabine Delahaut compte parmi mes prédilections. Son art étrange, ses représentations masquées, énigmatiques, la qualité technique, poétique, onirique et légendaire de son oeuvre me transportent. Je tombe sur une de ses créations récentes et je m'en empare comme d'un trésor immatériel.

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/sabine-delahaut/&n...

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P R I S K A    L O R A N E

Je découvre cette artiste et sa captivante cosmogonie de visages hâlés d'or. Dans cette oeuvre où maîtrise et hasard combinent leurs élans, le charme, la grâce, la distance et l'hypnose dansent ensemble autour d'un feu de désir (est-ce lui qui projette ces clartés dorées) que semble tempérer un distance de paix. Les coulures, les glissées sont enrôlées comme caresses, larmes, incidents atmosphériques, suppléments d'âme, précieux appoints de vie. C'est une oeuvre qui vous entre dans l'oeil et y infuse, y délaie ses fluides astraux et sa poésie capricieuse. Oui, car il y a ici quelque chose des caprices de l'amour, quelque chose d'une tentation taquine. Trop amples, trop importantes, trop considérables pour être représentées dans leur intégrité physique, elles ne sont livrées que par détails, par éclats, par fragments, par scintillements. Comme une énigme révélée par indices. Le voile n'est levé que par petites aunes d'étoffe. Les femmes de Lorane ont des allures de divinités féminines, de mythes féminins, de présences-absences proches et lointaines. Ni ses forêts (sublimes, bleutées, ouvertes et fermées, enluminées de glissées d'or) ni ses visages (parties de visages, souvent) ne sont vrais, ils sont vraisemblables et exhaussés par une pellicule, un enduit de légende ou de mythe, de féerie. Luisance ou glacis ? De ce doute, l’attraction semble profiter encore. J'aime cette réinvention mélancolique et malicieuse du monde des nymphes multiraciales, des créatures édéniques. Femmes et saintes, créatures charnelles et présences sacrées, ce sont des astres du roulis, du flux et du reflux. C'est de cela, peut-être, qu'elles tirent leur pouvoir hallucinogène. Et les forêts, les futaies, les lieux de troncs hantés sont à l'aune des créatures conçues par Lorane. Osmose entre le bel et étrange endroit et la belle et étrange faune. Nous sommes dessous comme, par exemple, Leopardi, ému et séduit, allait sous la lune.  

http://www.priskalorane.com/
https://www.facebook.com/Priska-Lorane-597553427013512/

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S y l v i e    L o b a t o

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/archive/2015/09/16...

Je reviens, comme ce sera souvent le cas dans l'avenir, sur l'artiste peintre française Sylvie Lobato qui vient de sortir dans la collection ARTE PRIMA de l'éditeur Jacques Flament un ouvrage intitulé Prélude de la mue. J'y reviens inlassablement, remué et mobilisé par le pouvoir d'attraction de cette singulière force expressive. 

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O D I L O N    R E D O N

Pour conclure cette livraison, un artiste que j'aime depuis toujours et dont je découvre une nouvelle oeuvre sur facebook.

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16/08/2015

Les artistes d'Andreas Vanpoucke (2)

Je continue ma visite dans les gravures de l'artiste belge Andreas Vanpoucke. J'y mène de petites digressions suggérées par les prédilections de mon Anversois préféré dont le talent raffiné et méticuleux ne cesse de m'épater. Au final, ceci aboutit à une sorte d'aventure artistique à double fond.

A N D R E S    S E G O V I A

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Quelque chose à propos du velours sonore, de la précision, du sacre du geste. L'impassibilité habitée, le frisson intérieur.

https://www.youtube.com/watch?v=YZEUjDoji3Y
https://www.youtube.com/watch?v=bG7y_CD9rMg&list=RD9e...
https://www.youtube.com/watch?v=PNXlslzL8EY&list=RD9e...

 E D W A R D     H O P P E R

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Qui nous entoure ? Qui nous accompagne ? Suis-je établi en moi-même ? Puis-je être hélé encore ? Puis-je être effleuré encore ? Puis-je habiter consciemment l'instant présent ? Vers quoi donc l'immobilité serait-elle un glissement ? Un instant, je pense à une rive désespérée à l'abri, à l'écart des autres, à l'art terrible d'infuser dans sa propre absence, à l'oubli par démission, à la tentation monstrueuse (c'es-à-dire humaine) de vivre comme un poisson dans l'eau de sa solitude. Aussi à l'être désemparé par le drame ordinaire d'exister. A l'idée de l'absurdité qui court comme une trotteuse dans le cadran de la tête. Oui, je pense qu'on aime essentiellement dans un artiste l'impossibilité catégorique et superbe dans laquelle il nous met d'épuiser l'essence et la substance de son oeuvre.

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E G O N    S C H I E L E (sur son lit de mort) 

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J'aime Schiele, qui me fait peur. Qui met l'une dans l'autre la beauté convulsive et la contorsion douloureuse, la sanction de la vie et la pression permanente de la mort, du supplice de l'écartèlement. Schiele me laisse toujours sans repos, effaré, comme subjugué par l'exploit terrible d'une ballerine tordue à la limite de la rupture, du déchirement musculaire et psychique. Invention de la danse contemporaine. La traduction de tout dans le langage extrême de la fièvre. La raison sans cesse contestée par le séisme existentiel, le bouillon des pulsions, irrépressible et sublime effroi d'exister.

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J A C Q U E L I N E    D U    P R É

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La musique, l'amour de son instrument dévorent Jacqueline du Pré et l'embellissent. C'est une dévorée sublime. C'est un assentiment total, un consentement amoureux, c'est l'incarnation supérieure, musicale, féminine du désir s'accomplissant sans s'éteindre et sans se commettre jamais. Le spirituel et le charnel communient ici dans une réinvention de l'étreinte, une étreinte qui s'écoute, se savoure, se recueille jusqu'à l'ultime coup d'archet et se regarde comme une suite de Rodin, de Claudel ou de Lorenzo Bernini. Ici, tout l'engagement du corps lui-même fait oeuvre d'art. Dans l'art de la distillation de la musique, Jacqueline du Pré est l'athanor métaphysique du siècle. Une musicienne impressionnante, magique, démesurée.

https://www.youtube.com/watch?v=ncJ_Gc9RES4
https://www.youtube.com/watch?v=1pmBJLI4kVw
https://www.youtube.com/watch?v=F3q_HJN51uo
https://www.youtube.com/watch?v=llB7NaWLUc4

S O N N Y    B O Y    W I L L I A M S O N

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C'était ça, le défi presque naturel des types et des femmes noirs de l’acabit de Sonny Boy : faire se balancer le trouble existentiel, lui donner une houle, une démarche qui danse, rythmer le dégueulasse des jours qui passent, placer dans l'ivresse de la lancinance les boires et déboires de la vie sentimentale, faire chalouper irrésistiblement les appels lancés à Dieu, dérouter par un peu de grâce le pas des jours de funérailles, faire tanguer les très pesantes mâchoires de étau du destin. Donner une voix universelle à la négritude. Ouvrir une porte sur les siècles. Lui, en plus, Sonny Boy, il a cette gueule, cette dégaine, cette bouche partiellement édentée, celle allure folle, cette désinvolture blessée et l'art de prolonger son cri ou son gémissement sur les orgues domestiques de son harmonica. 

https://www.youtube.com/watch?v=WBBQQU2aKd4
https://www.youtube.com/watch?v=4bY0vcg2F-I
https://www.youtube.com/watch?v=Ixgu0H2p3WE

W I L L I A M    W R A Y

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http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/william-wray/

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14/08/2015

Les artistes d'Andreas Vanpoucke (1)

LES ARTISTES DE VANPOUCKE

première partie

On sait l'estime, l'admiration et l'amitié que je porte au maître anversois. Ces derniers jours, je navigue dans une aile de la grande galerie Vanpoucke, parmi les artistes dont il a signé un ou plusieurs portraits. Je mets ses magnifiques gravures en perspective. 

F R A N C I S    B A C O N

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P I E R R E    B O N N A R D

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B R A D    M E H L D A U

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https://www.youtube.com/watch?v=eE6PLFO_3PI
https://www.youtube.com/watch?v=3ms_OwH2XCs
https://www.youtube.com/watch?v=XjAS_LPXgP8

B R A N F O R D    M A R S A L I S

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https://www.youtube.com/watch?v=UXPgdzMQ6sg
https://www.youtube.com/watch?v=gbW0JQRNSLY
https://www.youtube.com/watch?v=4ZHOoUFqYvE

J A C Q U E S    B R E L

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https://www.youtube.com/watch?v=Fi3SwiwsKL4
https://www.youtube.com/watch?v=0E9lp5y6jE8
https://www.youtube.com/watch?v=OW9VUoMKgF4

D A V I D    H O C K N E Y

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J. J.   C A L E

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https://www.youtube.com/watch?v=ZRm1WdSIU70
https://www.youtube.com/watch?v=3G_msX9iHwg
https://www.youtube.com/watch?v=p3skDDGOBgY

O M A R    V A N    M E E R V E L D E

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R I T A    D A M A S I O

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https://www.youtube.com/watch?v=8YwyfCcSSvc
https://www.youtube.com/watch?v=mELKc0EYyQU
https://www.youtube.com/watch?v=BQ4J0fPIRrk

A U G U S T E    R O D I N

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A N D R E W    W Y E T H

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13/10/2014

Andreas Vanpoucke

Rencontre avec
Andreas Vanpoucke

Expo de pointes sèches à l’atelier Gorus à Anvers

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Ce samedi 11 octobre 2014, mon épouse, ma fille Nelly et moi étions à Anvers pour découvrir l’exposition des pointes sèches d’Andreas Vanpoucke à l’atelier Gorus, à la Vénusstraat. D’abord, pour la première fois, je rencontrais l’homme et nous avons pris le temps de parler un peu. Vanpoucke, graveur et peintre formidablement doué, m’est apparu un homme aimable, attachant, généreux, ouvert, humble et un professeur d’art intelligent et très impliqué. Oui, j’ai senti le pédagogue scrupuleux, soucieux, très investi, un homme que les années d’enseignement ont instruit, éclairé mais pas aigri. C’est un être paisible, posé, souriant, profond, très à l’écoute, curieux de l’autre. C’est un être lucide et bienveillant. J’ai vu le temps qu’il consacre à ceux qui viennent découvrir son exposition, à parler avec eux, à recueillir leurs propos et leurs impressions, à échanger. Il y a dans le visage de Vanpoucke, comme c’est le cas parfois chez les grands prophètes à barbe fleurie, un zeste de féminité rare et élégant, à peine esquissé mais plaisant et distingué. De la jeunesse, un rien d’enfance peut-être, s’attardent dans le visage de ce quinquagénaire alerte. Il a le physique, la stature d’un bûcheron canadien, l’allure d’un baba cool revenu en minibus Volkswagen fleuri de San Francisco, quelque chose d’un pâtre grec et, forcément, la dégaine singulière et magistrale d’un peintre flamand. Vanpoucke est à peu près ce que j’aurais aimé qu’il fût.

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Andreas signe son catalogue au vernissage de l'exposition à l'atelier Gorus (photographie Nora Mecibah)

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Marie Ange, épouse de l'artiste, (être exquis et raffiné, bienveillant, allègre et très hospitalier) et Andreas avec des visiteurs de l'exposition.

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Mon épouse et ma fille Nelly admirent les grands albums

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Louise et Nelly feuillettent délicatement

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La belle Marie-Ange parmi les magnifiques catalogues

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Andreas en conversation avec une visiteuse

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Andreas Vanpoucke et Denys-Louis Colaux. A gauche, l'artiste Omar Van Meervelde, propriétaire de l'atelier. A droite, Marie Ange.

L’exposition est très belle, outre les œuvres suspendues (que je connaissais à peu près toutes virtuellement), d’importants albums sont disposés sur des pupitres. Il faut longtemps les feuilleter pour découvrir toutes les merveilles qu’ils abritent. Moments superbes, précieux, comme suspendus. On retient son souffle, on le mêle à celui du papier feuilleté.

C’est un bonheur d’entrer en contact direct avec l’œuvre gravé, avec ces traits tantôt secs, précis, abondants et méticuleux, tantôt moelleux et chauds, tantôt amples et chorégraphiques, tantôt vaporeux et pris dans des estompements délicats. On sent ce qu’il faut de doigté, de virtuosité, de maîtrise pour parvenir à cette impressionnante qualité de rendu. On sent poindre Vanpoucke dans chacune de ses œuvres. Une grande humanité, un goût des autres, traverse et exhausse l’œuvre. Et cet art de la pointe sèche qu’une véritable vision soulève est le produit d’un grand nombre d’ingrédients qui s’harmonisent et concertent. Il y a chez Andreas, dans un désordre que l’art gouverne, une dentellière du cuivre, un moine enlumineur, un fakir qui fait danser le trait. Oui, et un souffleur de trait, un inventeur d’épingles et de papillons graphiques, un dompteur d’étincelles, un vitrailliste sur papier, un voluptueux calligraphe de l’émotion. Un chasseur d’ombres, un orchestrateur de lumières. Chaque œuvre m’apparaît comme une somptueuse forêt de traits, ou plus encore, comme cet arbre miraculeux, métaphorique entré en écriture pour dire la forêt de l’être. J’aime l’œuvre, je me sens bien, épanoui dans sa compagnie parce qu’elle me donne ce qu’il me faut de dense et d’intense, de nerveux et d’apaisé, de clair et d’obscur, de vif et de mesuré, d’inventé et de vrai, de visible et d’intérieur. Parce que l’art de Vanpoucke, comme venu de très loin dans le temps, comme demeuré amarré à ses lointaines origines, me rejoint aujourd’hui, dans mon époque, me saisit d’émotion, me soulève d’enthousiasme et m’entraîne vers l’avenir. Le désir de l’avenir.

L’expo est accessible jusqu’au 26 octobre 2014. Un magnifique catalogue paraît à l'occasion de cette exposition.

Quelques-unes des œuvres exposées

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15:58 Publié dans Andréas Vanpoucke | Lien permanent |  Facebook |

11/06/2014

Avec Andreas Vanpoucke

 L E S   A S T R E S   
D A N S   L E S   A R B R E S  
 
Gravures et peintures - Andreas Vanpoucke
Poèmes : Denys-Louis Colaux
 
http://www.andreasvanpoucke.be/andreasvanpoucke-fr.html

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C E R C L E    P A R F A I T
 
Il y a du soleil ce matin Andreas
de grands as de soleil
amoureusement abattus
sur la table rouge du jour
Les oiseaux brillent
la lumière chante
Entre elle et eux
les femmes qui passent
ouvrent des fleuves de parfums
La Meuse la mer un cortège de bleuets
affluent
dans le dôme du ciel
Il y a de la mort partout
et mille bonnes raisons de s'en foutre
Dans un cercle parfait
ta gravure Andreas
dépose
sur un poème de papier
une sonate d'arbres
Grâce à toi Andreas
par le chemin lumineux de tes encres
l'arbre s'en revient en confiance
à l'âme de la feuille

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C R I S T A L    L I Q U I D E 
 
Bien sûr
nous allons disparaître
tantôt
plus tard
au bout
au bord
de la forêt de notre vie
Le temps descend
vers nous
jours d'eau jours de lumière
jours d'ombrelle et de parapluie
Et parfois
vivre aura été l'invention
secrète
d'instants musicaux et sacrés
Parfois
nous aurons découvert
dans l'herbe
sous les pavés
les coulées d'un cristal
soluble dans le songe

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É C R I R E     P E U T - Ê T R E
 
Dès l'aube il existait
au cœur caché des arbres
et sans que l'homme n'en sût rien
des violons et des gisants
des dieux en bois et des totems
Dès le début
dans l'arbre
le feu la foudre
vivaient comme des hôtes
et une maison attendait
peut-être 
que l'homme s'éveillât

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L E S    V I R T U O S E S
 
Les gens heureux oublient
ils ont perdu le goût
d'un automne en désastre
et leur mémoire s'assoit
dans le sanatorium
de leurs trous de mémoire
Ils ne savent plus rien
d'un prénom chéri et dissous
d'un cœur jadis battu à sang
Ils ont âprement effacé
dans la salive et dans l'eau de javel
le souvenir
d'un bateau demeuré
dans l'eau terrible
du port
d'un lourd avion crucifié
sur l'oiseau mort du rêve
Ils ont levé des prés
fait descendre des fleuves
des cocktails d'aspirine
sur le temps monstrueux
de la fenaison incendiée
Les gens heureux
ont perdu l'appétit
et plus jamais ne mordent
au hameçon splendide
du jazz entré dans l'eau

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I L    F A U T    L E V E R    L E S    Y E U X
 
Regardez-les
regardez-les longtemps
Ce sont
les astronautes du salon
les braises du soleil
les petits dieux visibles
les pyromanes
de l'âtre domestique
les héros anonymes
ceux qui ont fait descendre
tout Éluard
dans le potage quotidien
et lui ont appris à nager
Regardez-les
leurs mains sont sans archet
sans stylographe
leur chevalet dort à l'étable
Tout leur ciel se suffit
à une fenêtre de soi
Et pourtant je vous garantis
qu'il vous faut pour les regarder
lever les yeux
lever très haut les yeux
et réapprendre le silence
pour les comprendre
pour les comprendre un peu
et pour les laisser
dans l'obscurité
qui sied à leur regard

andreas femme dos.jpg

L ' É T É    S U R    L E S    R U I N E S
 
Dis-moi comment
on se détourne un jour
comment on suspend et comment on cesse
comment on tire en soi
sur son vitrail intime
le rideau noir
Dis-moi comment
on s'absente de l'autre
on tombe de ses mains
on roule sous un meuble
de sa maison fermée
Dis-moi comment
devant et tout autour
en haut
de notre débâcle qui saigne
il est possible que le monde
hisse ce chant divin 
et ces tréteaux sublimes

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L É G E N D E    D ' O I S E A U
 
Aujourd'hui 
j'entends encore autour de toi
le violon allègre et déchirant
que j'entendais alors
au cœur de ce lointain été
anéanti
Oui je l'entends encore
il est intact et bleu
parce que
en cet instant précis
de jadis
une seconde
tu as fait retentir en moi
comme un grelot au vent
le sentiment poignant
du passage sur nous
d'un soupçon d'éternel
 
Aujourd'hui
encore
parfois
légende d'oiseau
sous ton image qui passe
j'entends
tinter
cette volute
de son
parfait

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B O U T E I L L E    D A N S    U N     M E S S A G E 
 
Qu'elle ne veuille pas de toi
qu'elle se passe
de ton avis
qu'elle t'envoie
te faire voir
en haut du mont Olympe
d'accord
Qu'elle embrasse et caresse
épouse
des filles
d'accord
Qu'elle peigne des œuvres
écrive des romans
compose
des symphonies
chante avec les oiseaux
les étoiles
d'accord
Qu'elle affiche aux yeux du monde
l'insolence de son talent
le marteau de sa force
les orbes de son élégance
parfait 
Qu'elle montre ses seins
à des cons que cela offusque
très bien
Qu'elle gueule et proteste
quand le monde consent
d'accord
Qu'elle burine des statues
bâtisse des hôtels
traverse la planète
slalome entre les astres
parfait
Qu'elle commande le navire
qu'elle gouverne son jardin
qu'elle soit le chef de l'état 
d'accord
Mais ne laisse jamais
petit
une femme te manquer de respect 

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Et puis
chose devant
 il y a la pente de la mort
on l'aperçoit à vingt ans
lorsque l'on est le modèle de Lautrec
ou guitariste dans le métro
ou poète en quête d'une revue
A vingt ans
cette pente appelle
le vélo de notre destin
notre paresse à tenir tête
et
notre amour renversé
des sommets et du ciel
A vingt ans
quand le chef-d'oeuvre
tout au bout de nos doigts
hésite à prendre forme
quand la destinée tarde
à prendre sens
on éprouve
l'attraction de cette pente
et son invitation
Et puis
tout doucement
on entre dans l'oubli
de la mort de la vie
comme un marathonien
dans l'horloge de sa foulée
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L E Ï L A
 
J'attends ce matin la naissance
de Leïla
la si la si la
j'attends qu'éclosent ses ailes
je suis
comme d'autres sont au volant
de leur destin
je suis
dans le temps de cette attente
au violoncelle de ma vie
j'attends que Leïla
sorte de l'eau
pour entrer dans l'ère du lait
Je prie
les oiseaux les nuages
le vent et la musique de Mahler
pour que mon enfant
en enfantant
ne souffre pas
pour que la vie
- cet animal multicolore et violent -
n'aille pas la blesser
Je prie
afin que la vie naisse d'elle
comme d'un oiseau la clé de son aile
J'attends
Leïla l'oisillon
la libellule
j'attends
acéré indécis 
dans la douleur serrée
de l'attente qui file
J'attends
ainsi que dans le tronc
d'un arbre
un hautbois qui sommeille

andreas apint femme.jpg

V O T R E    V I E
 
Tenez votre vie en respect
et laissez-la de temps en temps
manger dans votre main
Laissez-la paître
au-delà de la haie
sur l'autre versant
de la colline
Daignez partager avec elle
la banalité calme
d'une rue à midi
Arrêtez-vous parfois
pour l'écouter
percoler tout au fond de vous
Partagez-la
comme le vent ses feuilles
la forêt ses oiseaux 
Ne craignez pas
d'exposer son torse au danger
Et ne la perdez qu'à regret
un soir de peine
et de mélancolie

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F E M M E    P R I V É E
 
La femme n'était pas
assise dans l'image
Son désir n'était pas
d'inspirer le désir
Elle n'agitait pas
le hochet des déesses
Elle attendait derrière
l'écran 
où les hommes s’aveuglent
et marinent dans l'encre
de leurs songes secrets
La femme n'était pas
sertie
dans le mirage
Elle attendait un bus
derrière
dans la coulisse du réel
Et une pincée d'aube
glissait
entre son col et son écharpe
andreas paint femme allongée.jpg
T R I B U T E    T O    J E A N - L U C    G O D A R D  
 
dédié à Quentin Tarantino
 
Et mon Maillol
tu l'aimes mon Maillol ?
Et mon Rodin
il te plaît mon Rodin ?
Tu aimes mon Claudel ?
Tu l'aimes mon Bernin ?
Et mon Giacometti et mon Bury
mon Bourgeois mon Saint Phalle ?

andreas paint rodin.jpg

Toi
tu es une oeuvre
tu es un bronze 
que la pluie remodèle
tu es la lente argile
où je me forme
à l'art languide des caresses
tu es le livre de frissons
où je cherche mes phrases
tu es dans le ciel où je nage
une étrange lanterne bleue
Toi
tu es là-bas
à tout jamais
 
D a n s   l ’ a g o n i e  
d e s   c o u l e u r s   c h a u d e s

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L E   D É C L I N   D U   J O U R   R O U G E
 
1.
 
Je dois m’éteindre dans le rouge
dans le grand seau rouge où j’ai bu
tout le sang de l’été
la sève épaisse des forêts
la perle qui tremblait
au dôme de ton cœur
 
Je dois m’éteindre dans le puits
où mon vin sauvage avec l’encre
se sont accordés au papier

andreas 1 automne.jpg 

2.
 
Je dois m’étendre dans l’automne
dans l’odeur de havane
de l’automne qui tourne
sa cuillère de bois
dans un roux de feuilles d’érable

andreas fin.jpg

3.
 
Je dois étreindre le soir rouge
ainsi qu’à l’éloquence
amoureux et déçu
on tord son cou
 
je dois étreindre cette absence
que pas un seul de mes épouvantails
n’a écartée
ni retenue
et
son poids de plume
la poudre rouge
de sa hantise
épuisent mes épaules

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L A   C H U T E   D E   L ’ O R A N G E
 
1.
 
L’orange de l’eldorado
casque doré
de conquistador détesté
jonche la page du recueil
et ses quartiers sommeillent
sur un matelas de pelures

andreas 2.jpg 

2.
 
Au bout de la forêt sanguine
du florilège
le monde est un Éluard bleu
semé d’orantes amoureuses
et
d’anges  agenouillés
sur le châle de leurs écorces

andreas chapeau.jpg 

3.
 
Le monde est un mensonge
incarcéré
derrière les dents de la vérité
 

Thynes, juin 2014

andreas abnd.jpg  andreas vanpoucke.jpg

Andreas Vanpoucke (autoportrait) - Denys-Louis Colaux (par Andreas Vanpoucke)

10:27 Publié dans Andréas Vanpoucke | Lien permanent |  Facebook |

03/03/2014

Mon portrait par Andreas Vanpoucke

Portraits par Vanpoucke

Je voudrais croire, - mais la candeur a la peau dure -, qu'il n'entre pas de vanité là-dedans. Comme, je le crois, ce n'est pas non plus la vanité qui nous conduit à repousser ou à dédaigner un portrait de nous dans lequel nous ne nous reconnaissons pas. Nous avons à cœur sans doute qu'une image de nous soit en accord non pas seulement avec notre apparence mais avec ce que nous sommes peut-être, avec ce que nous croyons être. Nous avons le désir de voir résonner/raisonner ensemble l'enveloppe et la lettre, la lettre et l'esprit, le battant et la cloche, la carcasse et l'esprit, le contenu et le contenant, le vrai et le rêve. D'abord, il y a eu l'effet de surprise. Je ne m'attendais pas à cela. J'ai sursauté mais, d'emblée et j'en fais l'aveu, j'ai éprouvé un vrai sentiment de contentement. Ce vieux Don Quichotte dépeigné par le vent qui fait tourner les moulins rencontre la vieille et indéfectible amitié qui me lie au Chevalier à la triste Figure. Il y a encore le bonheur presque puéril que c'est pour moi d'entrer, tête en premier, dans le monde fascinant et admirable de la gravure, sous la pointe d'un artiste que j'estime immensément, Andreas Vanpoucke. La gravure a, à mes yeux, une majesté, une aura, et, dirais-je, une sorte de prestige légitimé par l'ancienneté. Le talent d'Andreas Vanpoucke couronne la chose d'un halo. Il lui confère un cachet. Enfin, - et là, peut-on se dégager de tout sentimentalisme ? -, j'aimerais que cette représentation perpétuât auprès de mes proches et amis mon souvenir posthume, si j'en laisse un et si quelques personnes daignent s'en rendre compte. Ici, dans ce désordre et cet air captivé, dans ce clair et dans cet obscur, dans cet échevellement (j'assume le néologisme), dans cette allure décoiffée de vieil hippie obstiné et non rendu à la raison, dans cet air profond malgré tout, dans cette drôle de bourrasque pileuse, dans une parenté capillaire avec Walt Whitman, il y a quelque chose de littéraire et de poétique qui m'agrée. Il y a du poème, là-dedans. Il me plaît d'être ainsi, pour toujours désormais, en train de m'envoler. L'autre portrait m'est d'autant plus cher qu'il me représente avec mon premier petit-fils, Eliott, la Tatotte. Lui et moi, - par une transmission génétique dont j'accepte l'entière responsabilité -, témoignons ensemble d'une fulgurante joie de vivre. La seule solennité de nos retrouvailles exclut qu'on en témoigne. J'aime cette représentation de moi en compagnie d'un être que j'aime profondément. Je l'appellerai : Le portrait d'Eliott avec moi. Mon bien-aimé descendant et moi, nous nous avançons ensemble dans le monde très ancien et contemporain de la gravure. Nous franchissons les siècles d'un même pas. Vanpoucke a gravé de la poésie, des sentiments et du vent. Tout ce que j'aime. Je le bénis pour cela.

andreas vanpoucke.jpg

gravure pointe sèche - 6,4 x 9,7 cm

andreas.jpg

pointe sèche - 10,4 x 14,7 cm

Un troisième portrait me parvient en message privé. Il pleut des présents, aujourd'hui. Je suis épuisé de joie. Avec l'accord de l'artiste, je partage également ce portrait.

a andreas 3.jpg

15:07 Publié dans Andréas Vanpoucke | Lien permanent |  Facebook |

02/08/2013

Andréas Vanpoucke - graveur & peintre

ANDRÉAS VANPOUCKE

andreas vanoupcke portrait.jpgJe découvre Vanpoucke en m’intéressant au peintre américain William Wray. Vanpoucke en a gravé un portrait. Curieux, j’investigue, je pars à la rencontre de l’œuvre. Je fais des découvertes sidérantes. Voici les éléments biographiques que je découvre dans les passionnants espaces de l’artiste dont je recommande vivement la patiente consultation.

http://www.andreasvanpoucke.be/andreasvanpoucke-fr.html

http://www.andreasvanpoucke.com/andreas-vanpoucke-bio.php

http://andreasvanpoucke-mosaiques.com/

https://www.facebook.com/andreas.vanpoucke/about

Né le 5 Août 1959 à Dixmude en Belgique, le peintre a fait ses études à Gand de 1975 à 1982 à l’École Supérieure Saint-Luc. Il a ensuite suivi des cours de dessin et de gravure chez Raf Coorevits et Herwig Driesschaert et des cours de peinture chez Johan Spilliaert et Jozef Seynaeve. Il a fait des recherches personnelles sur les gravures, les dessins et les peintures à l’huile de Rembrandt, Degas et Ensor ainsi que sur la peinture figurative des XIXème et XXème siècles. En 1982, il créa une série de dessins à la plume  pour la ville de Termonde et fit les portraits entre autres de l’écrivain d’art Harold Van De Perre (lauréat du ‘Prix de Moscou’ pour ses documentaires sur Van Eyck, Rubens et Breughel l’Ancien), Willem Vermandere et du peintre hyperréaliste Gaspard de Vuyst. Depuis 1983, il est professeur d’Arts Plastiques en dessin de perception à l’École Supérieure Saint-Luc d’Anvers en Belgique. Entre 1975 et 1999, il réalisa de nombreux calendriers d’art à la demande d’organisations culturelles de villes telles que Blankenberghe, Coxyde, Handzame, Bruges, Saint Rémy de Provence, etc.

Il peint depuis son enfance, essentiellement à l’huile, mais il réalise aussi de nombreux dessins, aquarelles et gravures. C'est lors de ses voyages au Portugal qu'il découvre la France et la Provence et décide de s'installer en 1997 à Saint Rémy avec sa famille. Sa première exposition sur place, intitulée ‘Saint Rémy au quotidien’, eut lieu en 1999 au Hang’Art du Zéro Surréaliste François Otte. Depuis, la mairie de Saint Rémy de Provence expose en permanence le triptyque principal  de cette série. À partir de 2006, il concentre son travail sur la ville d’Anvers et ses habitants où il expose pour la seconde fois, et entreprend la création de ‘la mosaïque d’Anvers’, qui compte déjà plus de 150 acryliques et présente un autre visage de la ville.

Ce que nous pensons de l’artiste :

Le Graveur :

Vanpoucke est un de ces rares artistes que l’on découvre comme un filon d’or métaphysique. Un instant, on demeure sans souffle, suspendu, béat. L’œuvre, pièce après pièce, par sa virtuosité, en impose. Vanpoucke, c’est quelqu’un que l’on attendait sans doute, sans le savoir réellement.. C’est quelqu’un d’inespéré. On ne cesse jamais de guetter l’inespéré. L’artiste paraît. Quel graveur exceptionnel ! Il est soudain là, splendide synthèse du savoir  des maîtres et créateur pleinement contemporain. Vanpoucke est d’une lignée magistrale. Avec son univers de la gravure, il semble ravir ses sujets et ses thèmes à toute immédiateté et les propulser dans l’intemporel. On peut rapporter à la gravure selon Vanpoucke ce que Baudelaire, dans un article publié en avril 1862 dans la Revue anecdotique, écrit sur l’eau-forte : « Non seulement l’eau-forte est faite pour glorifier l’individualité des artistes, mais il est même impossible à l’artiste de ne pas inscrire sur la planche son individualité la plus intime ». Oui, il semble évident que l’artiste, avec ce qu’il représente, comme en filigrane de ce qu’il représente, s’écrive, se dépose, insère quelque chose de son âme. Et son âme exhale l’amour de l’art, l’amour immodéré de la subtilité de l’art, de sa technique et de sa poésie. Vanpoucke fait franchir à ses sujets le seuil d’une nouvelle dimension : cette dimension qui résulte de la combinaison entre l’art et la durée, presque à l’écart du présent. L’œuvre gravé, avec son immense et réjouissant spectre d’action, sent la littérature, la bibliothèque, la très ancienne et durable filiation, l’arbre gigantesque aux très profondes racines. L’œuvre prélève aussi du sacré (je ne parle pas de religieux) aujourd’hui et le projette dans le défi du temps. Ici, rien à voir avec le passéisme, la création est tout entière immergée dans la pérennité d’un art ancien, d’un art ancien et d’avenir établi dans une vitalité extraordinaire. Des représentations d’artistes contemporains (musiciens, chanteurs, acteurs, artistes), des scènes quotidiennes, des vues sur des lieux du présent sont embarquées à bord de la gravure de Vanpoucke et emmenées vers l’autre bout, le bout à découvrir, de la mémoire. Il y a chez Vanpoucke une qualité et une richesse de traduction entre ce qu’il regarde et ce qu’il rend visible qui me saisissent et m’enchantent. Dans cet intervalle, le savoir, le talent, la passion, la minutie, la manière, la vision, l’envergure, le souffle s’entendent à merveille. 

https://www.facebook.com/andreas.vanpoucke/media_set?set=...

AVP 1.jpg

De Molenheidesabbath - eau-forte - 10 x 14,7 Cm

Andreas Vanpoucke - Lhasa de Sela.jpg   AVP 1.jpg   AVP 2.jpg

Lhasa, pointe sèche, 7,3 x 12,4 cm - Tom, pointe sèche, 7,3 x 11,2 cm - In the mirror of 1983, eau-forte, 3,2 X 3,9 cm

AVP 4.jpg   AVP 5.jpg   AVP 6.jpg

Album Treize exercices sur cuivre, pointe sèche, 10,3 x 12, 2 cm - Jacqueline, pointe sèche, 12,8 x 9,7 cm - Non titré, non légendé

AVP monica.jpg

Monica, pointe sèche, 7,6 x 10,3 cm 

Andreas - Nerbard.jpg

Nerbard, pointe sèche, 6,7 x 14,3 cm 

AVP Isaac Levitan.jpg   AVP Maurice.jpg   AVP Two of us.jpg

The russian painter Issac Levitan, pointe sèche, 6,8 x 10,3 cm -  Maurice, pointe sèche, 4,3 x 10,3 cm - Two of us on eastern 85, eau-forte, 12,3 x18,2 cm

http://www.youtube.com/watch?v=3iveJx3TwmE

http://www.youtube.com/watch?v=TNLurXajF0M

http://www.youtube.com/watch?v=2wXGFkZ3q7U

Le Dessinateur :

Bien sûr, pour appréhender le graveur dans la pleine mesure de son talent est-il nécessaire de découvrir la veine virile, raffinée, puissante, élégante et très virtuose de son dessin. Là aussi, l’exigence semble descendre intacte de la nuit des temps. Les merveilles abondent.

Andreas Koksijde.jpg

Hotelscholl Ter Duinen, Koksijde

andreas a sister.jpg   andreas benoni.jpg   andreas granpa.jpg

A sister, crayon et plume-bistre, 6,4 x 11,4 cm - Benoni, conté, 48,7 x 68,8 cm - In Memoriam Granpa, crayon, 5,4 X 7,6 cm

Andreas Gent.jpg

In the heart of the city, Gent, plume et encre de Chine, 17,9 x 25,6 cm

Andreas Lys.jpg

Spingtime on the board of the Lys, 14,7 X 18 cm 

andreas male 2.jpg

Male

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Moeder, crayon, 18,3 x 24,7 cm

Andreas nun at noon.jpg

A Nun At Noon - stylo à bille, 13,7 x 18,2 cm

NB Le volet pictural de l’œuvre d’Andreas Vanpoucke fera l’objet d’un nouvel article.

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