11/04/2013

Francis Carco

DEPARTS

 

Le grondement des trains qu'on entend à Paris

Dans l'aube sale où point une faible lumière,

Retentit au travers des petits brouillards gris.

Il pleut : un voyageur a baissé la portière

Pour contempler le ciel qui blêmit au lointain.

D'autres ont déplié les journaux du matin

Et, par delà le toit d'une garde-barrière,

Surgissent tout à coup des haies et des jardins.

 

Ô départs ! Tout au long de mornes perspectives

On peut voir, par éclairs, s'aligner et briller

Les feux des becs de gaz sur les trottoirs mouillés

Tandis que le sifflet de la locomotive

Jette son cri strident au sein de noirs quartiers

Où se déplacent à tâtons, ombres furtives,

Les premiers citadins encor mal réveillés.

 

Cependant sous la pluie où le jour vient de naître,

Paris reprend son rythme et son frémissement.

Des femmes en cheveux s'agitent aux fenêtres :

Fourmilière géante où le bruit règne en maître,

Tout s'ordonne en un vaste et sourd ébranlement

Où les trains, au moment même de disparaître,

Ne sont plus sur un fond de cours et de maisons,

Qu'un mince ruban noir qui fuit, à l'horizon.

  

Francis CARCO

08:39 Publié dans Choix de poèmes | Lien permanent |  Facebook |

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