18/04/2013

Paul COLINET

UN POÈTE

 

Inattentif comme un thermomètre, crépitant comme de l’ouate, enflammé comme un verre d’eau, dévoué comme l’ongle incarné, silencieux comme le Nil, admissible comme la pelade, sournois comme un piston, courageux comme un plan incliné, enjolivé comme du beurre, patient comme la flèche du Parthe, amusant comme du savon, résigné comme le printemps, sectaire comme un canapé, savant comme une bouillotte, souverain comme un ticket, il promène son dindon diplomatiquement distillé et sa levrette de lune ladre dans un jardin de juges jaunissants.

 

LES NUAGES

 

Quand le cœur de l’aube commence à battre, les petits nuages des hautes altitudes descendent déjeuner dans les arbres.

Derrière les nuages camouflés qui jouent de la grosse caisse, de vrais nuages, immobiles et pris dans les songes, se taisent.

Ils sont la mémoire du ciel.

Lassé d’errer dans le ciel sans routes, un nuage obscur est allé mourir dans la forêt.

 

Paul Colinet

10:30 Publié dans Choix de poèmes | Lien permanent |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.