04/05/2013

Les sœurs Boulay

LES SOEURS BOULAY

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Deux jeunes femmes charmantes venues de Gaspésie (péninsule canadienne au sud-est du Québec) m'ont envoûté. Leur premier album "Le Poids des confettis" vient de sortir en mars 2013. C'est exquis, délicat, frais, léger, farfelu, chagrin, déluré, enivrant, mélancolique, attendrissant, ça a un rapport avec les oiseaux, les anges, les amoureuses, la jeunesse, la grâce, les nuages, les fleurs et les ombres. L'accent québécois est bien frappé, puissammment incrusté, exotique au possible, il faut entendre ça si on ne veut pas mourir sec et con. Le considérable poids des confettis. Au final, un enchantement. Chapeau les filles ! Je transmets ici quelques liens pour permettre aux visiteurs de faire connaissance avec ces deux séduisantes artistes.

http://www.youtube.com/user/grosseboite?feature=watch

http://lessoeursboulay.bandcamp.com/  -  

 http://lessoeursboulay.com/

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A1.jpgLes soeurs Boulay, légères comme des bulles de savon, ont un accint étonnint, avec pour les sons "è" des "aï "considérobles et déconcertints pour l'oreille belge : elles disent tu me l'os montré, elles disent le vint, la poussiaïre ... c'est troublint. Mais quelle vitalité, quelle joliesse ! Et c'est un tout joli folk, mes gins, je pars au vint avec elles ! Ces oiselles me transportent. Voilà des jeunes filles inspirées et qui entretiennent avec la grâce des rapports nouveaux et touchants. Elles sont émouvantes, aussi. Attachantes. Tant qu'il y aura de jolies cerises québécoises ainsi, il ne faudra pas tout à fait désespérer du monde. Il y a du lin, du velours, de la lavande, chez ces filles, dans la voix, l'âme. Oh, elles ne se dissolvent pas entièrement dans la joie, elles ont des tristesses mauves et délicates, une acuité du regard, de la clairvoyance, elles ont des audaces orgueilleuses, elles ont leurs petits abîmes, leurs inquiétudes, leurs petits coups de blues. Mais tout ça sonne si frais, si clair, comme une eau de ruisseau. Bon, elles boivent bien un petit coup, les deux jolis écureuils, mais elles restent des écureuils alertes. Z'ont 56 bonnes raisons de chialer mais, rien à faire, elles ont cette petite flamme, ce joli brin d'humour qui sent le muguet, elles ont le sens de l'image : "un brise-glace dans le désert". Elles ne sont pas candides comme des chandelles que le premier vent va souffler. On ne la leur fait pas, aux soeurs. Rien de naïf en elles deux mais une sève vive et claire, un élan, un beau désir de dire et de chanter. Elles ont leur folie, elles ont mis leur coeur dans le frigidaire, elles ont des idées saugrenues, elles sont déçues parfois, elles ont des voix bien assorties comme branche et bouvreuil, algue et plage. Et tout ça fait un cocktail acoustique délicieux et prenant. La navigation est agréable sur les mélodies des soeurs. C'est simple, j'accueille ce bouquet de chansons comme un coin de ciel bleu, une clairière, dans la forêt sombre, avec des ballets d'insectes, des parfums de fougère, l'odeur musquée d'une chevrette qui fuit au premier bruit. Je sors d'une petite heure à leur écoute comme désaltéré.

    

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