17/05/2013

Philippe Mathy

L’ombre passe sur la route, revient encore et passe, dans le bruit du vent, régulier comme vagues sur la plage. Ici, plage d’asphalte où l’ombre passe. Mais peut-être est-ce la route qui ne fait que passer. Qui voyage, sinon les routes ? Je me suis arrêté, tête penchée vers le sol à regarder l’ombre qui passe tandis que là-haut tournent les pales. Elles accompagnent le soupir régulier du vent, comme si elles confiaient leur chagrin de ne pouvoir s’envoler, de voir leurs ombres mobiles s’effacer peu à peu dans le soir qui les étire. Je lève les yeux. Eoliennes, dressées dans la nuit et qui tournent encore pour offrir au creux de nos maisons une farine de lumière.

Philippe Mathy

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