10/07/2013

Muriel Bompart et Denys-Louis Colaux

Cachets d'encre et de neige     

Gravures : Muriel Bompart - Poèmes : Denys-Louis Colaux

http://www.murielbo.com/

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FRIDA
 
Il a fallu
pour parvenir à la Casa Azul
où ta cendre sommeille
s'entendre avec la grâce
attraper le génie par ses oreilles d'âne
longtemps grimper
la pente raide d'un calvaire
aimer la rage et la passion
griffer la gueule du destin
et devenir
dans le ciel du Mexique
 cet astre féminin définitif
 
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LE LOUP


Les lignes de l'enfance
pour s'écarter du miel
s'avancent vers le loup
comme la nuit
pour ne jamais s'éteindre
s'étanche à l'abreuvoir
du clair bénitier des étoiles 
 

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DÉESSE
 
S'il n'y a dans ta vie
dans le grenier de ton Olympe
ou dans une alvéole
tout au fond de ta ruche
une déesse qui pense
qui marche rêve et danse
jette sur l'horizon
la clé ouverte de son oeuvre
alors le dernier des cloportes
est plus humain que toi
 

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DES SOURIS ET DES FEMMES
 
Le ciel s'étant penché
la femme pour qui je chantais
fut baignée dans le bleu
Et j'avais vu cela déjà
chez les souris qui vivent
dans la meule de foin
bientôt la couleur du soleil
les gagne
 

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L'ÂME DE VIVIANE

Son âme pensais-je a
la saveur rouge
de la cerise
le pouls inquiet
d'un oiseau qui ferme son nid
et la tiédeur d'un fruit
sur la peau de quoi le soleil
a tantôt caressé sa joue
 

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L'ÉCRAN DE LA NEIGE

L'hiver et la vie seront rudes
Pensez dès à présent
dans la grange et en vous
à rentrer du foin et du sang
et songez à remiser sous le toit
parce qu'elle est chaude et étanche
l'âme de tous vos morts
Et que la neige advienne
 

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ALLÉE

O le timbre de son passage
Je me souviens
de l'élan de son sang
d'un trait de nuit 
enchassé dans sa silhouette
et du cristal intime
qui chuchotait sous sa semelle
Je me souviens
que par sa faute
l'espérance et l'épave
jonchaient la même plage
Et 
tout au fond de la nuit
déjà
Dieu
appelait au secours
 

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L'ÉTOILE LENTE 

Elle sentait bon le mois d'août
le désir et la paix ardente
Elle se tenait là
au partage des fièvres
entre l'aisselle fraîche de l'été
le coeur rapide d'un oiseau
le foehn d'une page qui tourne
et l'épaule déjà
rousse et lascive de l'automne
Moi je marchais
comme un berger
tout seul parmi ses chèvres
qui paissaient sur les bords
de l'horizon déconcerté
 

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SON EFFIGIE
 
Et le temps tombe
léger discret
deux cheveux trois
que le peigne ratisse
Le vent la vie
des filaments sacrés
son effigie
phalènes
sciure d'astre
phosphènes sur
le plancher propre
 

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AVEU
 
Bon. Dans l'état actuel de mes connaissances,
et compte tenu
de l'immensité
de mon ignorance
je crois pouvoir affirmer
que 
les femmes nues
n'existent pas

23:19 Publié dans Inédits, Muriel Bompart | Lien permanent |  Facebook |

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