30/09/2013

Sonia Wieder-Atherton

a sonia a.jpgSONIA WIEDER-ATHERTON

Violoncelliste, compositrice et arrangeuse française née en 1961. Lauréate du concours Rostropovitch en 1986, elle joue dans un grand nombre d'orchestres (L'Orchestre de Paris, l'Orchestre national de France, de Belgique, l'Orchestre philharmonique de Liège, l'Orchestre philharmonique d'Israël, du Luxembourg, ...) et des compositeurs éminents comme Henri Dutilleux ou Pascal Dusapin ont composé pour elle. Ouverte d'esprit, elle a aussi enregistré avec Jacques Higelin et participé à un hommage rendu à notre bien-aimée Lhasa de Sela.

Liens utiles :

http://soniawiederatherton.com/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sonia_Wieder-Atherton
http://www.franceculture.fr/personne-sonia-wieder-atherto...

Quelques pièces à écouter :

http://www.youtube.com/watch?v=cdni386puuI
http://www.youtube.com/watch?v=0iUWzyBdifo
http://www.youtube.com/watch?v=Nn4zwksWcf0
http://www.youtube.com/watch?v=leip9qFPgUE
http://www.youtube.com/watch?v=AmDcliAQQKA
http://vimeo.com/69684902
http://www.youtube.com/watch?v=x5KrhyOMRSo

29/09/2013

Sophie Watillon

a asophie.jpgSOPHIE WATILLON

Musicienne belge, professeur de viole de gambe à la Escola Superior de Musica de Catalunya et à l'Académie de musique de Woluwé-Saint-Lambert. Née le 7 décembre 1965 à Namur, elle succombe dans sa ville natale des suites d'une longue et pénible maladie le 31 août 2005. Âme intense et sensible, prodigieusement douée, être de grâce et de musique, pédagogue éminente, Sophie Watillon, est une grande passante de la musique baroque.  

"C’est avec tristesse et consternation que nous avons appris le décès prématuré de la violiste belge Sophie Watillon. Secrète, investie et profondément inspirée dans chacune de ses pérégrinations, elle avait gagné ses ailes musicales sous les auspices des plus grands dans le monde baroque. Débutant à Maastricht chez Philippe Pierlot à l’âge de 16 ans, elle poursuit sa route chez Wieland Kuijken à Bruxelles et achève son parcours à la Schola Cantorum de Bâle chez Paolo Pandolfo. Remarquée par Jordi Savall, elle intègre sans tarder ses ensembles Hesperion XXI et la Capella Reial de Catalunya, gagnant au fil de ses contributions respect, reconnaissance et admiration. Jordi Savall, Philippe Pierlot et Sophie Watillon deviennent les chaînons d’une filiation musicale désormais établie avec évidence et reconnue par tous. Elle enchaîne concerts, disques et nombreux projets en musique ancienne comme instrumentiste au sein de la plupart des ensembles baroques (Seminario Musicale, Cantus Köln, Poème Harmonique, Ricercar Consort…). On se souvient de son album solo La rêveuse,  consacré à Marin Marais (Alpha 036), qui lui valut le prix de l’Académie Charles Cros en 2002 parmi tant d’autres contributions artistiques bercées par sa douceur et l’harmonie de son inspiration musicale. Partageant ses activités entre l’enseignement et les concerts, elle était également professeur de viole de gambe à l’Ecole Supérieure de Catalogne ainsi qu’à l’Académie de musique de Woluwé Saint-Lambert. Sérénité, plénitude et générosité s’harmonisaient avec rigueur, respect et curiosité dans l’alchimie d’un jeu diaphane et incandescent. Elle avait enregistré un dernier album en octobre 2004 à l’église Franc-Warêt de Namur, consacré au compositeur anglais Christopher Simpson, qui vient d’être publié par le label Alpha en ce mois d’août 2005. La maladie a eu raison de son art, de sa force, de sa sensibilité et finalement de sa raison de vivre. Les pleurs de Mr. de Sainte Colombe ne suffiront pas à assouvir nos peines car si l’âme de Sophie Watillon résonne encore, son cœur quant à lui s’est éteint à tout jamais."

(Dans le but de présenter l'artiste, cette émouvante notice biographique de Noël Godts a été prélevée sur l'excellent site de www.ramifications.be à l'adresse suivante : 
http://www.ramifications.be/Portraits/watillon.htm)

Jordi Savall disait à propos d'elle : "Elle excellait sur toutes les violes, aussi bien la basse que le dessus, et, plus qu'un membre du consort, elle est très vite devenue ma partenaire. Nous dialoguions à deux dessus comme deux chanteurs".

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Liens utiles : 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sophie_Watillon
http://www.metamusique.com/cvs/sophie_watillon.htm
http://www.arte.tv/fr/sophie-watillon-joue-christopher-si...
https://www.facebook.com/pages/Sophie-Watillon/1343958633...
http://forum.violedegambe.org/viewtopic.php?t=15
http://www.outhere-music.com/fr/artistes/sophie-watillon/...
http://www.dailymotion.com/video/xnaw7_hommage-a-sophie-w...
http://www.resmusica.com/mot-clef/sophie-watillon/
http://www.theatredenamur.be/saison20052006/event.php?id=...
http://www.discogs.com/viewimages?release=2543062
http://www.lalibre.be/culture/musique/la-viole-de-sophie-...

Pièces à entendre :

http://www.youtube.com/watch?v=MtN6ajaHz9k
http://www.youtube.com/watch?v=Cepr1xAlIIk
http://www.youtube.com/watch?v=dPavUIKOFBw
http://www.youtube.com/watch?v=iJ_HQF_VPgo
http://www.dailymotion.com/video/x4oqer_folies-d-espagne-...

Sophie Watillon aux côtés de Jordi Savall - "Luces Y Sombras Del Siglo De Oro"

http://www.youtube.com/watch?v=lYEveIBHMS0

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Photographie : Laurent Sully Jaulmes - pour Alpha

Parution de mon nouvel ouvrage

Vient de sortir aux éditions de l’atelier de l’agneau :
Les Désirs de l’Esquimaude
de Denys-Louis Colaux
- douze suites de poèmes d’amour -

Alain Adam - Les Désirs de ... illustrations intérieures 2.JPG   Alain Adam - Les Désirs de ... illustrations intérieures 3.JPG   Alain Adam - Les Désirs de ... illustrations intérieures 4.JPG   Alain Adam - Les Désirs de ... illustrations intérieures 5.JPG

avec des illustrations d’Alain Adam et une préface d’ Otto Ganz
Date de publication : 25 septembre 2013
Ean13 : 9782930440675 
Prix TTC : 15 €
NB pages : 82
Disponible dès à présent
Collection : à l’encre et au crayon
Commander ici :
http://atelierdelagneau.com/spip.php?page=contact
at.agneau@wanadoo.fr

A a a a CouvEsquimaude4.jpg      Alain Adam - Les Désirs de ... illustrations intérieures 1.JPG

27/09/2013

Béatrice Fortin (2) - Interview de l'artiste

Interview 

Béatrice Fortin

artiste peintre

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1° Êtes-vous d’accord si je dis que l’ensemble de votre œuvre laisse sur une impression générale de féérie, d’allégresse, même si, par certains aspects, elle témoigne d’une certaine angoisse existentielle, d’une présence, assez ténue, du cauchemar. Cherchez-vous à bâtir une œuvre positive ?

Vous avez lu en moi comme dans un livre ouvert ! En effet, J’aime la féérie et l’allégresse, même si certaines œuvres sont parfois basées sur des angoisses, je m’attache à construire une œuvre positive ou tout au moins humoristique! Cependant, même si la vocation première de ma peinture était un exutoire, petit à petit je « grandis » et cela devient plus doux. J

aba fortin 2.jpg2° Quels sont les artistes, les rencontres, les éléments, les découvertes qui sont à l’origine de votre vocation picturale ? Parlez-moi un peu des peintres que vous aimez.

Cette vocation est curieusement partie d’une « punition » de mes parents quand ils m’ont « pincée » à faire le mur lorsque j’étais adolescente. J Ils m’ont alors inscrite à des cours de peinture, pensant me canaliser. J’ai tout de suite adoré dessiner. Plus tard, j’ai repris des cours d’art pictural avec le peintre Andrew Painter et ça a été le déclencheur de mon lâcher prise ! Auparavant, je traitais des sujets précis comme les paysages… les portraits… Andrew m’a appris à laisser le pinceau décider de ce que serait la toile. Une peinture intuitive et sans se poser de question qui me convenait. Mais c’est après un licenciement abusif et douloureux que j’ai vraiment commencé à me créer un nouvel univers car le monde extérieur me décevait trop.

3° Votre peinture fait penser à un art de visualisation et de fixation du rêve, de la pensée, de la fouille dans le grenier de l’inconscient. Quels sont les éléments déclencheurs à l’instant d’entreprendre un tableau, qu’est-ce qui est décisif à l’instant où vous vous penchez sur la toile ?

L’élément déclencheur c’est la recherche du plaisir, l’envie de créer du beau. Bien entendu, j’ai une période d’observation, de recherche de forme, de couleur et de mise en situation pour composer le tableau, même si le résultat sera souvent tout autre, il me faut quand même partir d’une idée précise. J’ai besoin d’un premier élément qui m’anime, un sujet ou un lieu, pour débuter, même s’il ne formera  peut être que 10% du tableau et ne sera finalement pas l’idée principale du thème.

aba fortin 3.jpg4° J’ai parlé du surréalisme en vous présentant et du cinéaste Fellini qui était si attentif aux signes que l’existence plaçait sur son chemin. J’identifie, me semble-t-il, quelques signes d’une présence fellinienne dans l’œuvre. Comment vous situez-vous par rapport à ces artistes ? En avançant dans la construction de son œuvre, Fellini s’oriente vers une mise en scène caractérisée par l'absence de frontière entre le rêve, l'imaginaire, l'hallucination et le monde de la réalité. Est-ce que cela fait écho en vous ?

J’ai une grande admiration pour ces artistes qui embellissent le monde, voire le transforment. Bien entendu, il faut écouter ce que la vie nous apprend, et puis aussi, il nous faut créer notre propre rêve, le chef-d’œuvre de notre vie. Aujourd’hui, je ne crois pas qu’il y ait de frontière entre le réel et le rêve, c’est à chacun de décider ce qu’il souhaite faire de sa vie. Créer sur une toile mais aussi dans son quotidien, voir le beau, seulement le beau. Je ne saurais expliquer comment je me situe par rapport à ces artistes, moi-même je ne saurais expliquer ma démarche plutôt intuitive. J’ai longtemps été malheureuse, ne croyant rien mériter, puis j’ai commencé à chercher, fouiller et trouver comment ne plus souffrir, notamment en lisant les accords toltèques de Don Miguel Ruiz. J’ai compris pourquoi j’imaginais un autre monde sur mes toiles.

5° Je suis un peu intrigué. Parlez-moi un peu de l’intérêt des traces de l’oracle de Belline dans votre œuvre. Quelle est ici la dimension évoquée ? Trouvez-vous des indices de divination dans votre vie quotidienne ? Vous sentez-vous parfois avertie, interpellée, … ?

Il arrive parfois que je découvre certain signes prémonitoires dans la peinture. Cela m’est arrivé notamment lorsque je peignais « l’hommage à Ricardo », à ce moment là, je ne savais pas de quoi parlait la toile, j’avais envie de peindre un personne qui disait au revoir de la main, or il s’avère que cet ami s’était tué d’un toit quelques jours auparavant mais je ne l’ai appris que 10 jours plus tard. De manière générale, j’essaye d’écouter les signes et de me laisser porter par les évènements de mon quotidien mais néanmoins je n’ai aucun talent divinatoire, j’aime tirer les cartes par prévention seulement. Pour mon art, je me sers des cartes de Belline pour expliquer la symbolique de la toile (comme une forme de signature) mais cela ne peut se faire qu’une fois l’ouvrage accompli.

aba fortin 5.jpg6° J’ai lu – et par ailleurs votre art l’atteste – votre intérêt pour la poésie. Voulez-vous me dire quelques mots à propos de vos poètes favoris ? Est-ce cette passion pour la poésie qui vous conduit à intégrer les mots, la parole, le verbe, la légende dans vos œuvres ?

J’aime le pouvoir des mots mais je crois que la poésie peut être présente sous différentes formes d’expression et la peinture en fait partie. Je n’ai pas beaucoup de talent à l’écrit mais une grande admiration pour les grands poètes comme Charles Baudelaire ou Victor Hugo. J’éprouve beaucoup d’émotion à la lecture de leurs ouvrages qui révèlent leur grande sensibilité.

7° Si vous deviez définir  (ou évoquer, approcher) la dimension dans laquelle vos peintures évoluent, quels termes utiliseriez-vous ?

Je dirais qu’elles évoluent dans un univers illimité et intemporel J donc indéfinissable.

8° J’ai parlé d’une impression de féerie à propos de votre œuvre. Vous aimez la couleur, et l’impression de féerie est sans doute liée à votre merveilleux usage de la couleur. Mais elle est aussi tributaire de la faune et de la flore qui peuplent votre peinture : les papillons, les oiseaux, la beauté des êtres, le sourire, l’allégresse, une certaine apesanteur, les avions à hélice. Quelle impression ce mot de féerie produit-elle sur vous ? Comment nommeriez-vous votre genre pictural, si toutefois cela vous paraît digne d’intérêt.

La féerie donne l’impression que tout est léger et magie et que l’on peut créer son propre rêve, sa propre histoire. La féerie transforme le cauchemar en rêve doux et humoristique. Aussi, j’aime tout particulièrement que mes personnages, mes objets et surtout les couleurs utilisées soient agréables à regarder, et procurent une belle sensation. (Voir du beau pour penser « beau »)

aba fortin 6.jpgJ’aime ce mot féerie car il rend le cauchemar supportable. Pour ce qui est du genre pictural, pourquoi pas le nommer fantasmagorique ? Intuitif où féerique tout bonnement ? C’est difficile pour moi de déterminer un genre.

9° Vous bâtissez une œuvre qui n’est que partiellement voire même qu’en apparence en dehors de la réalité. Car les êtres humains, quand ils rêvent, quand ils pensent, quand ils sont en prise avec leur imaginaire ou avec leur inconscient, ne sont pas pour autant en dehors de la réalité. Est-ce que vous n’êtes pas plutôt une artiste qui œuvre sur les aspects moins visibles, secrets, intimes, irrationnels de la réalité ?

Que dire de plus ? Vous avez tapé dans le mille, c’est plutôt dingue. J En effet, j’œuvre sur tous les aspects intimes et secrets, comme pour dire, sans jamais vraiment révéler. Sans le vouloir, cela permet aussi à chacun de s’y retrouver. Ce sont les événements extérieurs et le quotidien qui me poussent à m’exprimer. C’est une forme de recyclage de l’esprit J ou comment transformer un tracas en toile colorée.

10° Voulez-vous évoquer, dans les disciplines qu’il vous plaira d’aborder, quelques artistes qui vous mobilisent particulièrement ?

aba fortin 7.jpgJ’aime de nombreux artistes, surtout les musiciens auteurs compositeurs, mais j’avoue aussi avoir une grande admiration pour les comiques et l’autodérision en général J

J’ai particulièrement une grande estime pour Charlie Chaplin, car au-delà de ses talents d’acteur et de sa créativité burlesque, c’est le langage universel de son art qui m’attire. C’est aussi un grand poète, connaissez vous son poème « le jour où je me suis vraiment aimé » ?

11° Voulez-vous évoquer les projets que vous portez à l’heure actuelle ?

J’ai plusieurs projets mais qui ne sont pas encore bien concrets…une exposition sur Bashung, un projet avec un sculpteur…Mais celui qui m’anime actuellement est une exposition personnelle en 2014 et pour laquelle Je recherche de plus en plus de mouvements et de profondeur dans mes toiles, comme pour aider le public à rentrer plus facilement dans ce monde parallèle et s’y abandonner…

Interview réalisée en septembre 2013 entre Anthée, Belgique et Angers, France.

21:35 Publié dans Béatrice Fortin | Lien permanent |  Facebook |

26/09/2013

Avec Séverine Lenhard (Silence noir) (6/7)

L’enfant et le verbe (6/7)

Photographies : Séverine Lenhard
https://www.facebook.com/silence.noir
http://silencenoir2.blogspot.fr/
Poèmes : Denys-Louis Colaux

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La vie passait
comme un lièvre dans le trèfle
et j'ai posé
sur la sueur de mon visage
mes mains trempées de rosée

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L'instant soudain
a ce coeur sautillant
sensible affolé
d'une rainette
qu'on ramasse sur le sentier
pour sentir son frisson humide

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Au bout de la mer figée des prairies
trois chevreuils roux bondissent
et l'élan léger de mes yeux
entre en concert
avec eux

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C'est la minute céleste de l'aube
le héron sur l'étang
ouvre et disperse
la brume
avec les palmes de ses ailes

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Dans la brume l'orée
de la forêt tressaille
et s'accorde un instant
avec le soupir d'aise
qui me monte à l'esprit

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Les lignes des chaumes
et des tessons de blé
tracent sur la page du champ
des pistes
où mes vers rêvent d'atterrir

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Tout en haut des grands pins
dans le ciel ouvert de midi
la buse large et sombre
jette son cri
de jeune fille qu'épeure
son désir de dépècement

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Près du ruisseau
quatre cheveux
pris aux ronciers
un peu de crin
devant sans doute
pas loin
une dryade
au trot sur sa licorne

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La harde des sangliers noirs
descend à la glandée
et répand sur sa procession
un encens sauvage et furieux
dont dieu et le démon
se disputent l'hommage

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L'accent aigu d'un écureuil
remonte dans la phrase
proustienne
d'un long hêtre 

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Après les averses d'orage
les carpes
déesses grasses et lascives
s'en viennent 
pesantes mais alertes
à la surface de l'étang
sucer
les lourds essaims d'insectes

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Trois renardeaux
autour du mat d'un grand chardon
font tourner la planète

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Sur la scène de la clairière
de grands cônes de lumière penchée
descendus à travers
la feuillaison des chênes
attendent qu'une nymphe
vienne danser dans les bruyères

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Devant les quatre étangs
de Serville la belle
dix abrutis en arme
font un carnage odieux
dans la panique des canards
Tout en haut des prairies
leurs grosses femelles assises
applaudissent en joie
à l'effondrement des oiseaux

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25/09/2013

Avec Séverine Lenhard (Silence noir) (5/7)

L’enfant et le verbe (5/7)

Photographies : Séverine Lenhard
https://www.facebook.com/silence.noir
http://silencenoir2.blogspot.fr/
Poèmes : Denys-Louis Colaux

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ENFANCE DES CHEVALIERS
 
Je voudrais par-devant
tout en haut
voir éclore 
de l'azur
de grands espaces tartinés d'azur
de longues piscines d'azur
de lourdes et lentes marées d'azur
où nageraient ensemble
les oiseaux les poissons les naufragés
les nymphes les dauphins
les théâtres perdus
les voiliers les balcons
le souffle des aérostats tombés
les grappes de glycines
et les gens envolés

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Et dans tout ce chapiteau bleu
comme un peintre de fête un lanceur de couteaux
pour que la vie palpite
je sèmerais de la couleur
par pincées
par brassées
par élans enthousiastes
je sèmerais
les roues solaires
les cerceaux d'or
des hélianthes
je sèmerais
comme un Pollock en joie
des nichées de chats noirs filant
vers de lourds bols de lait
traits de nuit attirés vers la vasque de l'aube
je sèmerais
la flèche du martin-pêcheur
cinglant vers l'eau
je lèverais
des boutons de printemps
et des cageots d'été
des palettes d'automne
des roux d'écureuil de renard et de faon
le spasme superbe de la truite arc-en-ciel
ardent le rouge-à-lèvres
des baies et des baisers
le rouge sauvage des jours nouveaux
je lancerais au ciel
cette pluie d'étincelles
qui naît dans la nacre des conques
j'épinglerais aussi
au tout premier souffle du vent
le frisson vert des trembles
et leur chant clair d'eau qui pétille
et là-dedans
je ferais s'encourir
nerveux et musical
sentant la boue la betterave 
un peloton de cochons gras et roses
car c'est joli le rose
au cuir velu des truies
aux chapelets de leurs mamelles 
aux mufles mouillés des gorets voraces
et c'est joli aussi
le rose
au chiffon doux des fleurs
à l'épaule des filles
au tout début du crépuscule
à la couronne imaginaire
d'un sentiment d'amour

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Et pour brasser la douce odeur de fille
de l'aube qui s'éveille en étirant ses brumes
je planterais de hauts moulins
au sommet des collines
des arbres éoliens 
aux versants des coteaux
Pour asperger la terre
je ferais naviguer
sur les lignes de l'horizon
de longs convois de canadairs
tout enflés de parfums liquides
et de soupirs de fleurs
Dans les soufflets les forges
les tuyaux d'orgues
d'où les grands vents s'élancent
je glisserais 
comme une plume à un chapeau
des gousses de vanille
des feuilles de patchouli frais
des rhizomes d'iris
et des bouquets de menthe

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Afin que le monde fût doux
à l'écorce à la glaise
à l'âme de nos doigts
je déroulerais sur les villes
des tapis de lichen
des édredons de nénuphars
des chevelures de naïades
j'y étendrais des nappes de musique
des poèmes de Saint Pol Roux de Benjamin Péret
de Léopold Sedar Senghor  
et j'y ferais descendre
des eaux de sources
les volutes sonores 
de Chet Baker de Bill Evans
des essaims d'agnelets
les chansons de Lhasa
son air de fée qui fume
et expulse des alizés
la voix la bouche
la perle de sueur
sur la gorge de bronze
de Sarah Vaughan en concert
oui je ferais descendre
sur la ville et partout
des grappes de baies rouges
la flamme intacte de l'enfance
ce drôle de pétale ardent
cent choses douces et usées
la liqueur tendre du regret
pour les fautes commises
les fautes à commettre
et puis comme un nappage
sur le repas fumant
je verserais l'ouate molle
des oreillers de brume
et des années qui dorment
dans les bras de nos souvenirs

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Ce serait là ma terre
mon théâtre municipal
et libre
mon choix mon torse mon peuple
mon musée ma bibliothèque
mon alcôve mon hydravion
ce serait l'île de ma vie
mon lieu ma balancelle
mon sceptre mon archet
simple roseau sur tous les lacs
les violons de l'univers
ma pépite d'encens devant
le groin gourmand de la nuit prolongée des temps
mon odorant grain de poussière
pris dans la ruée du pollen
vers l'or du miel terrestre

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22/09/2013

Frances Macdonald MacNair

a Frances_Macdonald.jpgFRANCES MACDONALD MACNAIR

Artiste britannique (Kidsgrove, 1873-1921, Glasgow) : elle est une des figures de proue du "Glasgow style" et fit partie du groupe intitulé "The Four" (constitué de sa soeur Margaret, son beau-frère Charles Rennie MacKintosh, son époux, James Herbert MacNair et elle). 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Frances_MacDonald
http://www.artmagick.com/pictures/artist.aspx?artist=fran...
http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Four
http://www.crmsociety.com/aboutthefour.aspx
 

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21/09/2013

Emilie Teillaud

EMILIE TEILLAUD

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Emilie Teillaud est une artiste française née en 1978 et elle vit à Lyon. Séduit au premier contact visuel, on entre immédiatement dans son univers, ses couleurs en fête, ses infusions superbes, son trait sinueux, lourd et léger, nerveux, remarquable par ses insistances, ses magnifiques maladresses, ses grâces sinueuses, ses surcharges, ses belles taches ornementales, vivantes et indispensables, son élégance. Son univers pictural semble issu des quatre coins de l’horizon, il est le bouquet d’une rencontre intercontinentale. Son trait a à voir avec la hampe des fleurs, la tige des plantes, la ficelle qui relie la main au ballon enflé d’hélium. Ce trait est le merveilleux et délicat fruit d’une féminité dansante, profonde et allègre. On aime le bain d’allégresse, le bain de sensualité dans quoi l’œuvre nous immerge. L’univers de l’artiste séduit, envoûte aussi par la complexité de sa composition : ici, comme en un merveilleux vitrail végétal, des réseaux de traits, des résilles traversent les œuvres, les intensifient, y inscrivent des ramifications. Oui, il y a quelque chose de végétal et de luxuriant dans cette œuvre, quelque chose de l’heureuse exubérance d’un éden rêvé. Il y a une merveilleuse respiration amoureuse des lignes et des coloris, un art de la systole amoureuse : une danse, une parade nuptiale des traits, des nuages de couleur. Et pour tout dire, lorsqu’il s’y promène, lorsqu’il s’y aventure, le regardeur fait l’expérience d’une nouvelle dimension, il est parfois au ciel, parfois sous l’eau aussi, mais dans un vol plaisant ou une natation heureuse, quelque part parmi des nuages intra-utérins, une ondée amniotique. Par petits signes, Miro passe ici, le trait le Cocteau, un zeste de Chagall, les couleurs de Redon, la liberté du projet Cobra, enfin une invraisemblable et fantastique convergence, et bien sûr, ce n’est pas cela du tout, c’est autre chose, une personnalité unique, singulière, nouvelle. Art spontané ? Existe-t-il un art spontané ? Teillaud, c’est de l’art, indiscutablement, un art patient et électrique, nerveux et tendre, naïf et savant, un art de la passion transcrite, un art de l’encens et de la matière, un art du feu et de la tendresse. C’est la formidable rencontre d’une lumière solaire et d’une clarté lunaire, l’exaucement d’un vœu poétique et la superbe réalisation picturale d’une métaphore. Souvent, et c’est une des raisons de son formidable pouvoir d’attraction, l’œuvre accueille la fête, la joie, la pétulance, l’ivresse, l’exaltation, l’humour même, le plaisir, l’empressement. Les personnages, à l’image des sentiments qui les habitent, sont invraisemblablement souples, flexibles, élastiques et légers. Parfois, il y a en eux de la divinité, une dimension mythologique. Ils ont une sorte d’irréalité onirique en même temps qu’ils semblent énoncer de belles vérités poétiques. Ils laissent parfois, souvent même, cette troublante impression lumineuse qu’ils vivent une spiritualité bienfaisante en même temps qu’une heureuse vie des sens. Ils sont dans la vapeur et dans le vrai, dans le réel et dans l’ailé. Dans les compositions, mille veines, mille ombilics, mille brindilles et mille racines créent des ondes qui font danser l’œuvre, et ces nervures, ces élans, ces tourbillons de traits sont comme une écriture qui dirait les mouvements unis de l’âme et du corps, leurs émanations conjointes. Mais aussi leur impétuosité, leurs frissons. Et l’on n’a rien dit encore d’Emilie Teillaud lorsque l’on n’a pas associé l’essence même de son œuvre à une merveilleuse euphorie des couleurs, à une grande et contagieuse fièvre chromatique. 

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16/09/2013

Avec Séverine Lenhard (Silence noir) (4/7)

L’enfant et le verbe (4/7)

Photographies : Séverine Lenhard
https://www.facebook.com/silence.noir
http://silencenoir2.blogspot.fr/
Poèmes : Denys-Louis Colaux

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NOTRE ÂME MUSICIENNE
 
PREMIER MOUVEMENT
 
Là-bas
parmi les grands draps bleus
les arbres rouges
qui claquent au vent tout au bout du monde
à travers le miroir sans tain
de l'horloge je vois
danser l'enfance de ma mère
autour des cerisiers en fleurs
et devant le piano du salon
Je vois aussi papa enfant
serrer devant le photographe
le nœud de sa cravate
Et les gros trains noirs de la guerre
dans un boucan de fin des temps
descendent sur eux
comme les plaies d'Egypte
 
Et la loupe de la mélancolie
me les rend proches
distincts et vrais
comme une voix
derrière
la porte
comme un baiser
d'une joue qui s'avance

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DEUXIÈME MOUVEMENT
 
Nous avons eu
mes frères
et moi
des feux de camp gitans
sous les hauts marronniers
et les rubans d'étoiles
nous avons eu
un vieux ranch délimité par les haies
des tipis à la lune
tremblés dans la danse des flammes
et les bûches brûlées
sifflaient furieuses
ainsi que des locomotives
et la grande maison
paisible respirait
tout en bas du verger
Enfants 
nous avons eu
des succès historiques
dans l'ascension des cols
à notre échelle
et entre deux pommiers
je crois avoir inscrit
des buts d'anthologie
Nous regardions ensemble
avec papa
les beaux chevreuils nerveux
brouter à la lisière
de la forêt 
et les sangliers fuir
à travers les buissons
ou les champs de maïs
Plus tard
une sœur est venue
énigme
distincte
gros paquet de dentelles
avec un regard de hibou

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TROISIÈME MOUVEMENT
 
Avec mes enfants ce soir-là
les insectes chantaient
par petits coups de fièvre 
cachés dans les hauts gradins de la nuit
c'était
dans le sud vers Toulouse
dans la nuit tiède et douce
en jouant au portrait chinois
nous regardions le ciel
scintiller pour nous seuls
par-dessus la montagne
nos rires faisaient flèches
et puis ils n'étaient plus
que des oiseaux lâchés
les pelures légères
de notre joie ouverte 
nos voix étaient changées
en chansons de rivières
nous étions dans l'instant
où le bonheur s'assoit
comme un hôte attendu
et nous voulions le retenir
 
Mes enfants sont ailleurs
et j'ai pour chacun d'eux
dans la grotte où je dors
une oeuvre sur la paroi
un trésor dans la terre

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QUATRIÈME MOUVEMENT

Je songe parmi les images
aux courants qui traversent
le golfe que je suis
sur un bord de la mer instable
Je vois s'élancer
Gaspard et Suzanne
et les encens de leur vie
passent sur mon horizon
comme des signaux indiens
passent sur mon écritoire
comme l'odeur d'un biscuit
imbibé de thé chaud
Ils arrosent ma page
comme une course de torrents
un village assoupi
et que l'eau vivante de mots
réveille

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CINQUIÈME MOUVEMENT
 
Nous ouvrons rarement
la valise de notre vie
Peut-être nos gestes
sont-ils plus froissés
que les habits qui dorment
à l'abri du rabat
et c'est souvent qu'il manque
un clavecin une guitare
à la caresse de nos doigts
c'est souvent que s'éteint
pour absorber le bruit des rues
notre âme musicienne

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13/09/2013

Avec Séverine Lenhard (Silence noir) (3/7)

L’enfant et le verbe (3/7)

Photographies : Séverine Lenhard
https://www.facebook.com/silence.noir
http://silencenoir2.blogspot.fr/
Poèmes : Denys-Louis Colaux

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LE TRÉSOR 
 
Dans un coffre j'ai déposé
un petit sachet de lavande
qui sent bon le miel et l'été
le vent le linge frais
et la prairie fauchée
 
Dans un coffre j'ai déposé
au fond d'une enveloppe
trois pincées de pollen
c'est mon petit butin
ma poudre d'or
c'est ma mie de soleil
 
Dans un coffre j'ai déposé
ramassé dans le pré
un halo de la lune
il fera au mois d'août 
durant la panne d'électricité
une belle bougie d'orage
 
Dans un coffre j'ai déposé
un tout petit fagot
de racines magiques
quand on les frotte
elles produisent
des étincelles
des essaims de lucioles
et des papillons nains
 
Dans un coffre j'ai déposé
trois roseaux cueillis à l'étang
on jurerait les plumes
d'une autruche d'Afrique
j'irai un jour là-bas
voir les lions et les buffles
et les gorilles des montagnes
 
Dans un coffre j'ai déposé
le corps sec d'une libellule
on dirait une flèche bleue
tombée du carquois d'un Indien
qui a dormi dans le verger
 
Dans un coffre j'ai déposé 
deux ou trois pépites de verre
qui tintent ensemble agréablement
j'en aime la musique
on dirait les grelots
au harnais d'un ânon
 
Dans un coffre j'ai déposé
la plume d'une oiselle
qui a connu le Nil
Quelquefois en rêvant
au fleuve au sable au ciel
je m'en chatouille le menton
et ce songe m'apaise
comme les mots d'une promesse
 
Dans un coffre j'ai déposé
un écrin à bijoux
où sont rangés
quelques copeaux d'étoiles
et la nuit ces joyaux scintillent
comme pris aux faisceaux des phares
les yeux ardents des chats

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SONGES ET IMPRESSIONS
 
J'ai posé dans la nuit
un morceau de charbon
et devant l'aube
un bol de lait
La nuit a eu bien chaud
l'aube a tout bu
 
1.
 
Le rêve est un morceau de sucre
qui fait fondre tout doucement
les grains de café de la nuit
 
2.
 
Le rêve est un abeille
qui offre à la fleur butinée
un dé de miel
 
3.
 
Le rêve est un bocal
derrière quoi un poisson rouge
me regarde nager
 
4.
 
Le rêve est une idée
qui trottine au plafond
sans que son chapeau tombe
 
5.
 
Le rêve est un évier
qui rêve qu'un gros cachalot
rêve de traverser ses eaux
 
6.
 
Le rêve est un érable
qui ramasse ses feuilles
pour l'herbier de son fils
 
8.
 
Le rêve est un pinceau
composé d'un long manche d'eau
et d'une mèche de musique
 
9.
 
Le rêve est un gros chien anglais
qui sur les bords d'un beau chapeau melon
promène la Tamise en laisse
 
10.
 
La fin du rêve est un grand champ de blé
qui sent bon le pain chaud
et maman tout au bout appelle à se lever

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