17/10/2013

"Comme un week-end à la mer" - collectif d'artistes (2/3)

Comme un week-end à la mer

collectif d’artistes

http://www.commeunweekendalamer.be/

Poursuivons la découverte de ce collectif et entamons le deuxième volet de notre présentation. Je vous propose à présent de découvrir Cat Deneufbourg.

CAT DENEUFBOURG

http://catdeneufbourg.skynetblogs.be/

Elle peint, elle dessine, elle sculpte (elle assemble). J'aime ici, dans la veine picturale de l'artiste, le rapport à la lumière et à l'ombre, ce qui est vu et ce qui est tenu en suspens ou caché, la matière même de la peinture, comme vivante, lourde, pleine, révoltée parfois, j'aime la singularité, l'étrangeté de l'univers dans lequel l'oeuvre nous jette. J'aime cette coexistence du massif et du dilué, de l'évanescence parfois, un rhéostat qui irait de l'affirmation catégorique à l'orée du silence. J'aime beaucoup ce tableau intitulé "Si les animaux parlaient". Il me semble qu'il réalise un bond faramineux dans le temps et dans l'histoire de l'art entre la peinture rupestre et la galerie d'art contemporain. J'aime ici ce que je ressens comme un retour à l'aventure des couleurs : on sent, on éprouve la passion de la recherche, la jubilation, l'envol dans la rencontre des couleurs. C'est très exaltant. Comme me plaît ce travail d'assemblage autour des matières dures et métalliques qui crée une sorte d'industrialisme primitif, un territoire de réaffectation des matières mortes en objets chargés d'âme, un lieu de requalification des rebuts en totems. Et je suis enchanté et ému, presque à l'autre bout de la chaîne créative de l'artiste, de trouver ce magnifique papier artisanal bleuté traversé par un morceau de semelle et qui s'intitule "Attente pour Waterloo". Oui, il y a une puissante injection d'humanité et de sensibilité dans cette entreprise de "recyclart" poétique. Ses aventures dans le Land Art et la peinture des arbres morts me ravissent. Enfin, j'aime énormément, pour les nuances et la délicatesse et la beauté des encrages, la suite de gravures intitulée "Petites Traces". Deneufbourg, comme son patronyme l'indique très clairement, connaît et utilise un grand nombre de moyens d'expression pour livrer en une suite de passionnantes variations cette grande idée d'une réparation par l'art. Allez donc, je vous y invite, passer une heure ou deux dans cette espace.

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 CATHO HENSMANS

http://catho.hensmans.over-blog.com/

a catho 1.jpgEh bien, tout de suite, en ouvrant son blog, on apprend qu'elle n'est pas contente, Catho Hensmans, mais alors là, pas du tout. Pourquoi ? Parce que trop d'obligations (être heureux, maigrir, jouir, être politiquement correct, etc.) pèsent sur l'être et altèrent sa liberté. Oh, bon sang ! Mais pour endiguer cet afflux de contraintes, il suffit de penser aux gens radicalement malheureux, à ceux que la privation de nourriture rend squelettiques, aux femmes violées par un escadron entier ou à l'incorrection politique de Luther King, de Che Guevara ou de Mandela ! J'écris cela sans agressivité aucune, simplement incommodé par le sans doute très involontaire et curieux relent d'encens et de sacristie qu'émet ce patronyme (catho ; abréviation de catholique et hensmans : en semence, séminaire, etc...). Bon. Pour le reste, j'exulte (sans accessoires) en ouvrant tous les tiroirs du blog et en admirant les beautés et les acides très mordants qu'ils renferment. C'est puissant, libre, audacieux, c'est virulent, corrosif, pas catho du tout, mais alors là, pas du tout ! Les eaux-fortes sont très fortes, costaudes, des eaux-de-vie qui arrachent et qui sont d'une sacrée veine satirique. Les relents d'encens se sont dissipés, les séminaristes ont fui. Les dessins, délicats et drôles, attestent que l'artiste a gardé un petit solde d'humanité sensible. Les cartes à gratter font une intersection entre la virulence des eaux-fortes et la poésie des dessins : je trouve là quelque chose de très profond, de douloureux, d'impressionnant. J'aime ce travail même si je n'en comprends pas clairement la technique. Le résultat est tranchant, marqué, visuellement très accrocheur. Dans la peinture et les collages (où la sauvagerie, la férocité, l'humour choc et sans doute une sorte de souffrance font retour), je pourrais tout reproduire. Cet art virulent et sauvage me botte tout à fait, il me convainc et s'il est, comme le titre du remarquable film de Scola, affreux, sale et méchant, il est aussi déchirant et poignant. Il est encore poétique et rebelle et traversé par un frisson qui me plaît. La main qui trace ces œuvres va de la caresse au coup de poing en passant par la gifle, une belle suite de giroflées à cinq feuilles. Je pense que ces humeurs sont indispensables à l'art, je pense qu'elles nous rendent service et que cette façon d'asséner les coups révèle un réelle tendresse, une grande humanité et une perforante clairvoyance. Cette manière chez Hensmans d'être picturalement incorrecte et de déranger me transporte d'aise. Cet art, dans ses différents et parents visages, a quelque chose d'une violente bouffée d'air frais, d'un puissant rappel à la vie, à la liberté. Par ailleurs j'en aime énormément la facture, je la trouve très touchante. L'espace Polychromie fait la fête, c'est l'été du blog, c'est son versant presque jovial et j'y trouve de beaux poèmes-objets. Allez, païens, rebelles, crédules et incrédules, chrétiens et crétins, agnostiques et agneaux mystiques, hérétiques, athées, gentils, méchants, croyants et incroyants, renégats, abrutis, prix Nobel, savants et incultes, frères humains, je vous recommande l'exceptionnel espace de Catho Hensmans. 

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FRANÇOISE LAPORTE

http://francoiselaporte.over-blog.com

Mon Dieu ! Sur le blog, une photo, Laporte semble belle comme Simone Signoret. Signoret, quelle beauté ! Un astre ! Dès que je pousse la porte du blog (vertigineuse plaisanterie qui ravira les cancres et les attardés mentaux qui pullulent sur le net - il faut soigner la clientèle), l'artiste, "créatrices de petites choses" pour la citer, se confie à nous d'une touchante façon : "En ce moment, j'aborde  essentiellement la légèreté, les (dés)équilibres de l'être". Dites, Françoise Laporte, c'est léger, ça, le déséquilibre de l'être ! Voyons ! Bien sûr, dès que j'entre dans l'espace, je m'aperçois que les annonces de l'artiste sont mensongères ou erronées, je me tâte. Fausses, totalement. Humilité ou ruse ? Remettons cela à huitaine. Différons. J'aime mieux à faire. Plus urgent. Dire que j'aime ce que je découvre. Décidément, il n'y a que des gens de qualité dans ce repaire de brigands artistiques. Gravures et monotypes, oui. Sans conteste. Je prends. De la lourde, de la vraie, de l'insoutenable légèreté ! Avec de la grâce et quelques compositions inquiètes, le tout, convaincant. Les dessins & peintures me sidèrent. Entre une abstraction colorée étrange et énigmatique et des n&b cruciaux qui touchent à la tragédie de l'être, j'aime tout. J'avais oublié la légèreté et comme un sournois boomerang, elle vient me frapper à la nuque. Légèreté, mon œil ! Nous voici dans les abysses, les abîmes, les gouffres de l'être, dans son chancellement, son vacillement existentiel. C'est fort. Et cette frémissante empreinte de main, dernier geste, dernière tentative de saisir avant l'écroulement. Je reste ici et contemple. En haut de l'escalier où une dramatique et superbe peinture de la chute est accrochée, une accorte jeune fille sourit. The Laporte way, I presume, the Thedoor griffe. La souriante marque de la légèreté ! Ah, quelle coquetterie intellectuelle ! Je la pardonne en raison de la circonstance atténuante du talent ! Bon, la sculpture, - tout ce que je trouve dans l'espace sculpture -, est reçu à bras ouvert dans mon panthéon imaginaire. Madame Laporte est superbe au centre de ses beaux caprices d'imagination, en entomologiste onirique, en dompteuse de libellules conceptuelles, en ses précieux songes ornithologiques ou dans ses beaux songes de maître-à-danser. Tout ce bestiaire superbe et frêle, cette délicatesse, cette magie et cette féerie pleines de charme, ces animaux-étincelles, ces femmes-ballets, ces curieuses et séduisantes suspensions terrestres me bouleversent. Ceci aussi est autre chose encore que léger : ce sont des vers poétiques solides, des rimes palpables, c'est de l'aérien posé et qui se livre au regard, ce sont des notes de musique incarnées, c'est du solde d'enfance transformé en objet magique. Une alchimie du bout des doigts, une alchimie tricotée, cousue, collée, de la mercerie alchimique. Je succombe de joie. Que celui qui, ayant lu cette louange (car c'en est une), ne se rend pas sur le blog de l'artiste considère que je le renie à tout jamais et que je piétine jusqu'à l'ombre de son souvenir.

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