16/10/2013

"Comme un week-end à la mer" - collectif d'artistes (1/3)

Comme un week-end à la mer

collectif d’artistes

http://www.commeunweekendalamer.be/

Je me renseigne sur la chose, le collectif. Je mène ma petite enquête. Je suis un homme curieux. La curiosité n’est pas un vilain défaut, la curiosité est le moteur même de toute vie intellectuelle. Les légumes sont incurieux. Eux et les imbéciles, les électeurs du front, et un grand nombre de gens que je n’ai pas ici le temps ni le goût de répertorier. J’ai eu vent de ce collectif par mon ami Jean-Michel Uyttersprot, graveur et photographe belge né en 1962 à qui j’ai consacré un article déjà, Jean-Michel qui est membre de cet équipage de fin de semaine. 

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/jean-michel-uyttersprot/

Dès lors, vieux chevalier errant dans la Mancha internautique, je m’enquiers du moindre indice, je hume, je gratte, je flaire, j’écoute, je porte la moindre conque à mon oreille, je feuillette, j’interroge, je scrute, je lis et consulte. Savoir, telle est ma quête. Où sont-ils, qui sont-ils, que font-ils, pourquoi, comment, avec quelle intention ? Premier fruit de ma quête, ceci, une déclaration qui inaugure l’espace du collectif et qui est signée Benoi, (Lacroix, je présume) :

« Comme un week end à la mer », quel drôle de nom pour un collectif d’artistes. La mer inspire, on y respire de l’air iodé, on y tombe la veste et on y voit large. Voilà donc un collectif de plasticiens qui ne sont pas « collet monté », qui se mouillent, se retroussent les manches, s’inspirent collectivement, voient large et ricochent pour ne pas sombrer dans une quelconque routine. Un collectif qui travaille et expose souvent en groupe, mais qui a pris l’habitude d’inviter des autres artistes à les rejoindre. Un collectif qui s’est aussi récemment lancé dans la micro-édition de livres d’artistes en série limitée. Deux livres sont déjà parus mais d’autres livres sont en préparation. On reconnaît « Comme un Week end à la mer » à la présence récurrente du noir et blanc, à l’esprit décalé et urbain de plusieurs œuvres, à des thématiques sans cesse renouvelées, à l’envie de découvrir de nouvelles connivences.

Les signes de ralliement ? Des artistes plasticiens décident de fonder un groupe moins sur des objectifs théoriques communs que pour créer une émulation et vivre une expérience collective de soutien mutuel. Le collectif qui travaille et expose en groupe se tourne aussi vers l’extérieur puisqu’il invite d’autres artistes à les rejoindre ponctuellement. Le groupe a conçu un exaltant projet éditorial qui a déjà abouti à la parution de deux livres d’artistes. Un beau blog bien conçu évoque les activités éditoriales du collectif (micro-édition) : livres d’artistes, affiches signées et numérotées.

LES EDITIONS "COMME UN WEEK-END À LA MER"

http://www.commeunweekendalamer.be/spip.php?rubrique85

Des très belles affiches réalisées ici en format 59x85 à partir des œuvres passionnantes d'Antoinette Smars :

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Et une suite de quatre ouvrages tirés à 250 exemplaires (en voici deux) :

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La Forêt, la nuit (Maud Constant, Jean-Michel Uytterssprot) - L'Abîme, Benoi Lacroix

Voilà pour une présentation sommaire des Editions. Cherchons à présent à connaître les artistes du collectif. 

ANTOINETTE SMARS

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L'oeuvre est singulièrement intitulée Le Rêve de gnou (autoportrait). Sans doute le bestiaire a-t-il une grande importance dans l'univers d'Antoinette Smars. Mais, alors que je visitais son espace personnel, son blog, (http://antoinette.smars.over-blog.com/), j'ai été happé par une série qui s'intitule DÉSIR et qui m'a enchanté. Cette suite d’œuvres étranges et captivantes rend merveilleusement la complexité de l'état et du sentiment de désir : une sorte d'irréalité, une hantise, une attente, une hypnose, une curieuse simultanéité de la pesanteur et de la légèreté, une dépendance et un rêve, une espèce de dilution ou de fragmentation de l'être, une tension inquiète, une intensité presque douloureuse, un mouvement d'espérance. Enfin, il me semble là que l'art de Smars se révèle pleinement dans sa capacité à rendre et à faire éprouver l'état psychologique de l'être. Et la métaphore de son divan blanc, nu et vide me fait l'effet d"un superbe poème visuel. Pourtant, en m'attardant dans l'espace, il me faut dire que la séduction est générale et que c'est tout l'univers de Smars qui me plaît : ses aspects aérés ou convulsifs (tout cela vit et palpite formidablement), ses lumières oniriques et sa spiritualité diffuse, son tempérament parfois symphonique et son intériorité subtile, sa charmante singularité, la magie et la hantise de ses reflets, les âmes de ses arbres, des arbres essentiels, l'atmosphère de ses énormes ciels tempétueux, ses superbes marines et ses bateaux semblables parfois à de lourds monstres marins, et son bestiaire, que j'ai longuement admiré, est d'une grâce touchante et d'une beauté confondante. Le trait s'affirme là dans toute sa merveilleuse vitalité. Que ceci, cette petite iconographie, vous donne l'envie, et, mieux encore, le désir de vous rendre dans le bel endroit de l'artiste.

DÉSIRS

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Pêle-mêle 

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BENOI LACROIX

http://www.benoi.be/fr/index-action-home.html

A special one. A strange fellow. On his website, he appears in English, as if he was a colleague of Shake Speare or of her sister Britney Speare. But if you push on a certain button, miracle, Lacroix parle français. Lacroix, selon son propre aveu, est toujours sur la planète de l'enfance, assis sur un nuage ou rêvant dans un arbre. Oui. Il sculpte, grave, dessine, illustre. C'est un bédéiste aussi. Lacroix est de Wépion, en Belgique, dans la province de Namur, il est, inutile de le cacher plus longtemps, issu du pays de la fraise. Son espace doit être visité, c'est un lieu de qualité rempli de travaux d'un intérêt capital. Lacroix a une patte formidable. La main est habile, virtuose et l’œil d'une grande sensibilité. Quelque chose vibre dans son travail. Il croque à merveille et la jubilation qu'il éprouve à recueillir et à rendre se marque dans son dessin. Il a aussi, par moments, le trait alerte et pointu du caricaturiste. J'exulte à la consultation de ses gravures : intelligence imaginative, trouvailles, poésie, délicatesse. De la très belle ouvrage. C'est extrêmement réjouissant, et comme en sutile relation avec l'univers du conte et de la féerie, du fantastique. Avec le réel aussi. Dans la veine amoureuse, j'aime, pour le trait alerte, allègre, en volutes, et la composition, les deux œuvres nommées baiser 1 et baiser 2.  La série des Nus contient de réelles perles. Il faut tout visiter, prendre le temps, savourer dans la lenteur. 

CROQUIS

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 Etang du Baconval, Thy-le-Château - Palais de Justice, Bruxelles

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Cathédrale de Chartres - Terrasse du Zebra à Bruxelles

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Bois du Cazier à Marcinelle -  Chanteurs de rue (Budapest, Hongrie)

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Ferme à Villers-Poterie

 GRAVURES

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BAISER 1 - BAISER 2

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NUS

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(à suivre, notre volet 2 consacré au collectif)

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