30/11/2013

Philippe Deutsch

PHILIPPE DEUTSCH

Photographe français né en avril 1965 – Paris

http://www.deutsch-art.info
http://www.facebook.com/pages/deutschart...
http://500px.com/p-deutsch

a deu 3.JPG

Comment  il se présente à nous :

a deu 24.jpgje parle pas avec des mots,
je vois des images [et des fois je les fais]
j’aime les corps la peau
la contrainte du geste
pour raconter, pour exprimer, pour dévoiler
[quoi d’autre?]
J’ai eu de la chance
j'ai trouvé chez les artistes de cirque un vivier formidable.
Des gens qui s’expriment avec leur corps, qui cherchent la lumière,
et qui m'auront fait assez confiance pour se laisser aller à jouer hors spectacle,
sans costume ni mise en scène...
Juste une approche de mouvement, de préhension, de relation...
Juste sortir du noir (parfois du blanc) pour cette idée de vide,
de dessiner d’un rai de lumière
ces corps qui tiennent dans rien.
Juste un jeu de lumières, de corps et de mouvements...
des instants fugaces.
Je continue aujourd'hui à chercher ces instants.
A les fixer autrement.
A n'en retenir qu'une sensation, un trait.
Capter cet instant, ce mouvement, même s'il n'est que dans un regard, un geste futile, une émotion…
et toujours laisser cette trace d'un temps suspendu.
Mes modèles sont presque exclusivement des femmes.
Sûrement parce que j'y vois cette aptitude à laisser paraître sans montrer.
Sûrement aussi parce que l'inconnu qu'elles me proposent m'attire plus qu'un bord de mer ou un coucher de soleil… même exotique.
Et qu'il m'est bien plus agréable à continuer de m'y promener que de tenter d'en dresser une carte détaillée ; je laisserai ce travail au spectateur, possiblement par fainéantise. 

(Philippe Deutsch)

a deu a.JPG    a deu n.JPG    a deu p.JPG

CV

...L'image sous toutes ses formes : picturale, graphique, virtuelle, photographique… Deutsch crée avec des pattes différentes, utilise toutes les techniques, et toutes les dimensions : timbre poste pour miniature, écran ou façade d'immeuble pour décor C'est rare de rencontrer un artiste -dans toute l'intégrité et l'intransigeance du mot-, qui se transforme aussi souplement pour intégrer les contraintes d'une commande sans rien perdre de sa liberté et sa créativité, et se faire tour à tour ou simultanément illustrateur, graphiste, infographiste, scénographeur...

Graffiti artist dans les années 80, Philippe Deutsch développe des techniques personnelles à la bombe aérosol et entame une carrière de performer (printemps de Bourges, SOS Racisme, les Jeudis du Port à Morlaix...). Il rencontre des compagnies de spectacle de rue et de cirque (Malabar, Archaos, Cirque Baroque, les Tréteaux du Cœur Volant, Couleurs mécaniques...) avec lesquelles il collabore comme performer ou décorateur.

Quelques années derrière un écran d'ordinateur à faire des pochettes de disques et des productions multimédias, il retrouve son indépendance et travaille comme graphiste, envisageant l'image sous son aspect le plus global en étant tour à tour ou à la fois affichiste, webdesigner, photographe, vidéaste pour le Cirque Baroque, Cie Tout Fou To Fly, Cahin-Caha, Eolipile, le théâtre Tristan Bernard, l'Envolée Cirque, l'académie Fratellini, Francky O'Right...

C’est aussi au cours de ces rencontres qu’il a pu créer de vrais liens de confiance qui lui permettent de proposer une approche visuelle personnelle : poser son sens esthétique sur ces corps d’artistes en mouvement et présenter aujourd’hui des séries photographiques sous forme d’expositions itinérantes. Ses photographies ont été exposées et publiées en France, Allemagne, Canada, Grèce... [voir sur deutsch-art.info pour en savoir plus]

Pour BlacKbox et les Tréteaux du Coeur Volant, Il renoue avec la peinture en direct, pour faire sortir du noir ses portraits géants à la brosse cette fois et parfois habillés de ses projections video.

Ce lien étroit entre l’image et le mouvement l’amène aujourd’hui à concevoir des créations lumières, mélant projections et dispositfs pour des spectacles de cirque et de danse.

a deu B.JPG

Expositions :

- inMaterial : expo itinérante, depuis 2006 : académie fratellini, Canteleu, Cirque-théâtre d’elbeuf- instant(s) fugace(s) (2009) : exposition itinérante grands formats : festival Janvier dans les Etoiles, festival Circo-Scène, académie Fratellini…)- En attendant le phare : expo itinérante, accompagne la cie «les choses de rien» et le spectacle «le phare»- Dédale : expo/projections/deco du spectacle Dédale à l’académie fratellini (2007)- LavoExpo (Mois de la photoOff 2008) Montreuil-93. portraits in situ de la clientèle d’un lavomatique- Neuwerk Konstanz | Konstanz (D) | Tag der Offenen Ateliers | Samstag, 28. März 2009.invité par la photographe Franzis Von Stechow- Coiff’o’maton (Paris 2010) portraits in situ de la clientèle d’un salon de coiffure- Connivence(s) - avec Linet Andréa. galerie le Mouton Bleu. Avallon (2010)- Festival des Curiosités. Montbard (21) Trace(s) d’ange: 20 formats 3mx1,50 (2011)- Festival KoresponDance Europe - Prague (cz) mai/juin 2011diverses expositions plus ou moins collectives:- Arles pendant les «rencontres» collectif Artkaos (2008) avec le partenariat de Epson Digigraphie.- Nuit de la Photographie contemporaine. Paris (2009)- Collectif Part’Aj : Cap d’Agde. Palais des Congrès (2010)

Livres/édition:

- Dédale, carnet de voyage, Laurent Gachet- Karacena 2010, Laurent Gachet- Extérieur Danse (ed. l’Entretemps)- Ivre d’Equilibre, Pascal Rousseaurevues/magazines:- HorsLesMurs, Stradda, Arts de la Piste, Rue de la folie, CircoStradaNetwork, Chalon dans la Rue, et d’autes publications sur les arts de la piste et de la rue...- 180° feb2009 (canada) : www.180mag.ca- Project Magazine 2008#2 (Greece)

Visuels :

Cirque Baroque, Studios de cirque de Marseille - Pierrot bidon, Hors les Murs, Théâtre Tristan Bernard, Pépinière Opéra, Théâtre du Palais Royal, Jean-Marie Besset, Pierre Notte, Pascal Rousseau, Académie Fratellini, Cie Tr’espace, l’Envolée Cirque, Cie E7ka, Francky O’Right - Cie N°8, l’Européen, Cirque-Théâtre Elbeuf, Festival N.A.V.A, Rammstein, ElmerFoodBeat, Trust, Johan Asherton, Patrick Bensoussan, Guesch Patti, Eolipile, Kollektiv inStallation, Les 3 Pierrots-Saint-Cloud, Thomas le Douarec…

a deu C.JPG    a deu h.JPG    a deu d.JPG

Création lumière – projections :

- Cie Tr’Espace : Arbeit. (cirque, manipulations d’objets)spectacle frontal et circulaire pour chapiteaux et salles : conception lumière, dispositifs de projection (création 2011/2012)

- Cie E7KA : Touch.ed (danse contemporaine)conception lumière + vidéo projection (création 2011)

- Cie ToutFouToFly : Histoire (cirque, trapèze, acrobatie aérienne)conception lumière. 2010

- AllDécors : showroom Roche Bobois, Paris. (2010)light design + vidéo projection

- Tréteaux du Cœur Volant (cirque, spectacle de rue)- Les rastaquouères au théâtre : vidéo projection + light design (2006/2008)- Cocons : vidéos projection + light design (2009)- Bacon : video projection + light design (2009)

a deu e.JPG

Ce que nous pensons de lui :

a deu o.JPGD’abord, je partage avec Deutsch une admiration émue et une affection spontanée pour les artistes de cirque et j’ai du goût (un sentiment profond souvent doublé d’une agréable impression de surprise) pour la façon dont il voit, considère et rend les belles circassiennes, leurs prouesses, leurs trésors de lignes et de dentelles en suspension au trapèze. J’aime cette suspension telle qu’il la rend, mystère poétique conçu dans la fusion du muscle, de la grâce et de la légèreté, dans le coup d’aile du violent effort.

J’aime ensuite le temps tel qu’il s’affiche dans la photographie de Deutsch. Dans ses modèles, je rêve une merveilleuse proximité entre le temps de Louise Brooks, quelque chose comme de lointains reflets de Ronis et une pleine et enthousiasmante immersion dans le temps présent, une invention tout à fait contemporaine. J’aime le charme de cet étirement temporel, j’aime l’adresse et le savoir qui le fondent. J’aime la culture qui forme le filigrane de l’imagier de Deutsch.

Il y a une grande rencontre  de disciplines dans l’art photographique selon Deutsch . Le cinéma paraît ici, en des dosages heureux et des compositions équilibrées, dans la compagnie de la sculpture, de la chorégraphie, de la peinture aussi. Ici, l’art photographique est un carrefour.

a deu s.JPGLes modèles qu’il photographie sont singuliers, je veux dire d’une beauté singulière, rare, impressionnante. Sans se ressembler, elles ne viennent toutefois pas de ce vivier habituel où l’on s’en va pêcher les sirènes photogéniques. L’envoûtement qu’elles provoquent  tient peut-être en ceci que ce n’est pas la photographie qui les fait éclore : elles semblent débarquer devant l’objectif avec un vrai bagage de vie, un savoir, un accomplissement personnel, une assomption d’elles-mêmes. Et c’est moins un corps ou un objet qu’elles révèlent qu’une manière d’être et de se tenir, une façon d’exister et de regarder. Ce ne sont pas des mannequins, ce sont des êtres accomplis, des artistes. Voilà, Deutsch capte des êtres qui ont un talent, quelque chose d’ancré et d’incarné, de perceptible et de visible, qui est au-delà de la fonction d’apparaître ou de paraître. Deutsch photographie des femmes qui ont trouvé, inventé, réalisé quelque chose, et ces trouvailles exhaussent la qualité et le rayonnement de leur présence.

Ensuite, et ceci est intimement lié au point précédent, la superbe nudité ou le dévoilement de ces femmes est une corde supplémentaire à leur arc, elles ne font pas métier dans la nudité mais la nudité est une eau dans laquelle elles se meuvent avec l’élégance des fildeféristes quand elles foulent délicieusement le sol. Je veux dire, finalement, que nous ne sommes pas dans la féminité ornementale – que je n’aime généralement pas.

Il y a ici, dans la représentation de la femme, avec une vraie liberté, une sorte de majesté, une célébration solennelle, parfois même une sorte d’hiératisme. Il y a un  Olympe féminin. A ces éléments hiératiques s’allient d’étonnants « bougés », des esquisses visibles de mouvement comme s’il était question que ce rencontrent une religiosité de la femme et son sens de l’action, de l’exploit, de la chorégraphie.

Il me semble enfin que Deutsch mène une recherche très féconde, débordante de propositions nouvelles, d’images à la fois cohérentes et différentes, qu’il édifie lentement, dans une manière singulière et saisissante, le haut lieu de sa cité des femmes.

a deu g.JPG    a deu k.JPG    a deu w.JPG

a deu i.JPG

a deu f.JPG

a deu j.JPG

a deu l.JPG

a deu m.JPG

a deu q.JPG

a deu r.JPG

a deu t.JPG

a deu u.JPG

a deu v.JPG

a deu x.JPG

a deu y.JPG

07:19 Publié dans Philippe Deutsch | Lien permanent |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.