30/11/2013

Serguei Vinogradov

Serguei Vinogradov

Peintre russe (1869-1938) - des bleus magnifiques

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Alice Pike Barney

peintre américaine (1857-1931) Un immense talent trop méconnu chez nous.

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Pour plus d'oeuvres de ces deux artistes, consultez mon lien fb :

https://www.facebook.com/denyslouis.colaux/media_set?set=...

21:30 Publié dans PEINTRES | Lien permanent |  Facebook |

Philippe Deutsch

PHILIPPE DEUTSCH

Photographe français né en avril 1965 – Paris

http://www.deutsch-art.info
http://www.facebook.com/pages/deutschart...
http://500px.com/p-deutsch

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Comment  il se présente à nous :

a deu 24.jpgje parle pas avec des mots,
je vois des images [et des fois je les fais]
j’aime les corps la peau
la contrainte du geste
pour raconter, pour exprimer, pour dévoiler
[quoi d’autre?]
J’ai eu de la chance
j'ai trouvé chez les artistes de cirque un vivier formidable.
Des gens qui s’expriment avec leur corps, qui cherchent la lumière,
et qui m'auront fait assez confiance pour se laisser aller à jouer hors spectacle,
sans costume ni mise en scène...
Juste une approche de mouvement, de préhension, de relation...
Juste sortir du noir (parfois du blanc) pour cette idée de vide,
de dessiner d’un rai de lumière
ces corps qui tiennent dans rien.
Juste un jeu de lumières, de corps et de mouvements...
des instants fugaces.
Je continue aujourd'hui à chercher ces instants.
A les fixer autrement.
A n'en retenir qu'une sensation, un trait.
Capter cet instant, ce mouvement, même s'il n'est que dans un regard, un geste futile, une émotion…
et toujours laisser cette trace d'un temps suspendu.
Mes modèles sont presque exclusivement des femmes.
Sûrement parce que j'y vois cette aptitude à laisser paraître sans montrer.
Sûrement aussi parce que l'inconnu qu'elles me proposent m'attire plus qu'un bord de mer ou un coucher de soleil… même exotique.
Et qu'il m'est bien plus agréable à continuer de m'y promener que de tenter d'en dresser une carte détaillée ; je laisserai ce travail au spectateur, possiblement par fainéantise. 

(Philippe Deutsch)

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CV

...L'image sous toutes ses formes : picturale, graphique, virtuelle, photographique… Deutsch crée avec des pattes différentes, utilise toutes les techniques, et toutes les dimensions : timbre poste pour miniature, écran ou façade d'immeuble pour décor C'est rare de rencontrer un artiste -dans toute l'intégrité et l'intransigeance du mot-, qui se transforme aussi souplement pour intégrer les contraintes d'une commande sans rien perdre de sa liberté et sa créativité, et se faire tour à tour ou simultanément illustrateur, graphiste, infographiste, scénographeur...

Graffiti artist dans les années 80, Philippe Deutsch développe des techniques personnelles à la bombe aérosol et entame une carrière de performer (printemps de Bourges, SOS Racisme, les Jeudis du Port à Morlaix...). Il rencontre des compagnies de spectacle de rue et de cirque (Malabar, Archaos, Cirque Baroque, les Tréteaux du Cœur Volant, Couleurs mécaniques...) avec lesquelles il collabore comme performer ou décorateur.

Quelques années derrière un écran d'ordinateur à faire des pochettes de disques et des productions multimédias, il retrouve son indépendance et travaille comme graphiste, envisageant l'image sous son aspect le plus global en étant tour à tour ou à la fois affichiste, webdesigner, photographe, vidéaste pour le Cirque Baroque, Cie Tout Fou To Fly, Cahin-Caha, Eolipile, le théâtre Tristan Bernard, l'Envolée Cirque, l'académie Fratellini, Francky O'Right...

C’est aussi au cours de ces rencontres qu’il a pu créer de vrais liens de confiance qui lui permettent de proposer une approche visuelle personnelle : poser son sens esthétique sur ces corps d’artistes en mouvement et présenter aujourd’hui des séries photographiques sous forme d’expositions itinérantes. Ses photographies ont été exposées et publiées en France, Allemagne, Canada, Grèce... [voir sur deutsch-art.info pour en savoir plus]

Pour BlacKbox et les Tréteaux du Coeur Volant, Il renoue avec la peinture en direct, pour faire sortir du noir ses portraits géants à la brosse cette fois et parfois habillés de ses projections video.

Ce lien étroit entre l’image et le mouvement l’amène aujourd’hui à concevoir des créations lumières, mélant projections et dispositfs pour des spectacles de cirque et de danse.

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Expositions :

- inMaterial : expo itinérante, depuis 2006 : académie fratellini, Canteleu, Cirque-théâtre d’elbeuf- instant(s) fugace(s) (2009) : exposition itinérante grands formats : festival Janvier dans les Etoiles, festival Circo-Scène, académie Fratellini…)- En attendant le phare : expo itinérante, accompagne la cie «les choses de rien» et le spectacle «le phare»- Dédale : expo/projections/deco du spectacle Dédale à l’académie fratellini (2007)- LavoExpo (Mois de la photoOff 2008) Montreuil-93. portraits in situ de la clientèle d’un lavomatique- Neuwerk Konstanz | Konstanz (D) | Tag der Offenen Ateliers | Samstag, 28. März 2009.invité par la photographe Franzis Von Stechow- Coiff’o’maton (Paris 2010) portraits in situ de la clientèle d’un salon de coiffure- Connivence(s) - avec Linet Andréa. galerie le Mouton Bleu. Avallon (2010)- Festival des Curiosités. Montbard (21) Trace(s) d’ange: 20 formats 3mx1,50 (2011)- Festival KoresponDance Europe - Prague (cz) mai/juin 2011diverses expositions plus ou moins collectives:- Arles pendant les «rencontres» collectif Artkaos (2008) avec le partenariat de Epson Digigraphie.- Nuit de la Photographie contemporaine. Paris (2009)- Collectif Part’Aj : Cap d’Agde. Palais des Congrès (2010)

Livres/édition:

- Dédale, carnet de voyage, Laurent Gachet- Karacena 2010, Laurent Gachet- Extérieur Danse (ed. l’Entretemps)- Ivre d’Equilibre, Pascal Rousseaurevues/magazines:- HorsLesMurs, Stradda, Arts de la Piste, Rue de la folie, CircoStradaNetwork, Chalon dans la Rue, et d’autes publications sur les arts de la piste et de la rue...- 180° feb2009 (canada) : www.180mag.ca- Project Magazine 2008#2 (Greece)

Visuels :

Cirque Baroque, Studios de cirque de Marseille - Pierrot bidon, Hors les Murs, Théâtre Tristan Bernard, Pépinière Opéra, Théâtre du Palais Royal, Jean-Marie Besset, Pierre Notte, Pascal Rousseau, Académie Fratellini, Cie Tr’espace, l’Envolée Cirque, Cie E7ka, Francky O’Right - Cie N°8, l’Européen, Cirque-Théâtre Elbeuf, Festival N.A.V.A, Rammstein, ElmerFoodBeat, Trust, Johan Asherton, Patrick Bensoussan, Guesch Patti, Eolipile, Kollektiv inStallation, Les 3 Pierrots-Saint-Cloud, Thomas le Douarec…

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Création lumière – projections :

- Cie Tr’Espace : Arbeit. (cirque, manipulations d’objets)spectacle frontal et circulaire pour chapiteaux et salles : conception lumière, dispositifs de projection (création 2011/2012)

- Cie E7KA : Touch.ed (danse contemporaine)conception lumière + vidéo projection (création 2011)

- Cie ToutFouToFly : Histoire (cirque, trapèze, acrobatie aérienne)conception lumière. 2010

- AllDécors : showroom Roche Bobois, Paris. (2010)light design + vidéo projection

- Tréteaux du Cœur Volant (cirque, spectacle de rue)- Les rastaquouères au théâtre : vidéo projection + light design (2006/2008)- Cocons : vidéos projection + light design (2009)- Bacon : video projection + light design (2009)

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Ce que nous pensons de lui :

a deu o.JPGD’abord, je partage avec Deutsch une admiration émue et une affection spontanée pour les artistes de cirque et j’ai du goût (un sentiment profond souvent doublé d’une agréable impression de surprise) pour la façon dont il voit, considère et rend les belles circassiennes, leurs prouesses, leurs trésors de lignes et de dentelles en suspension au trapèze. J’aime cette suspension telle qu’il la rend, mystère poétique conçu dans la fusion du muscle, de la grâce et de la légèreté, dans le coup d’aile du violent effort.

J’aime ensuite le temps tel qu’il s’affiche dans la photographie de Deutsch. Dans ses modèles, je rêve une merveilleuse proximité entre le temps de Louise Brooks, quelque chose comme de lointains reflets de Ronis et une pleine et enthousiasmante immersion dans le temps présent, une invention tout à fait contemporaine. J’aime le charme de cet étirement temporel, j’aime l’adresse et le savoir qui le fondent. J’aime la culture qui forme le filigrane de l’imagier de Deutsch.

Il y a une grande rencontre  de disciplines dans l’art photographique selon Deutsch . Le cinéma paraît ici, en des dosages heureux et des compositions équilibrées, dans la compagnie de la sculpture, de la chorégraphie, de la peinture aussi. Ici, l’art photographique est un carrefour.

a deu s.JPGLes modèles qu’il photographie sont singuliers, je veux dire d’une beauté singulière, rare, impressionnante. Sans se ressembler, elles ne viennent toutefois pas de ce vivier habituel où l’on s’en va pêcher les sirènes photogéniques. L’envoûtement qu’elles provoquent  tient peut-être en ceci que ce n’est pas la photographie qui les fait éclore : elles semblent débarquer devant l’objectif avec un vrai bagage de vie, un savoir, un accomplissement personnel, une assomption d’elles-mêmes. Et c’est moins un corps ou un objet qu’elles révèlent qu’une manière d’être et de se tenir, une façon d’exister et de regarder. Ce ne sont pas des mannequins, ce sont des êtres accomplis, des artistes. Voilà, Deutsch capte des êtres qui ont un talent, quelque chose d’ancré et d’incarné, de perceptible et de visible, qui est au-delà de la fonction d’apparaître ou de paraître. Deutsch photographie des femmes qui ont trouvé, inventé, réalisé quelque chose, et ces trouvailles exhaussent la qualité et le rayonnement de leur présence.

Ensuite, et ceci est intimement lié au point précédent, la superbe nudité ou le dévoilement de ces femmes est une corde supplémentaire à leur arc, elles ne font pas métier dans la nudité mais la nudité est une eau dans laquelle elles se meuvent avec l’élégance des fildeféristes quand elles foulent délicieusement le sol. Je veux dire, finalement, que nous ne sommes pas dans la féminité ornementale – que je n’aime généralement pas.

Il y a ici, dans la représentation de la femme, avec une vraie liberté, une sorte de majesté, une célébration solennelle, parfois même une sorte d’hiératisme. Il y a un  Olympe féminin. A ces éléments hiératiques s’allient d’étonnants « bougés », des esquisses visibles de mouvement comme s’il était question que ce rencontrent une religiosité de la femme et son sens de l’action, de l’exploit, de la chorégraphie.

Il me semble enfin que Deutsch mène une recherche très féconde, débordante de propositions nouvelles, d’images à la fois cohérentes et différentes, qu’il édifie lentement, dans une manière singulière et saisissante, le haut lieu de sa cité des femmes.

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07:19 Publié dans Philippe Deutsch | Lien permanent |  Facebook |

24/11/2013

Déambulation libre chez SP - Spéciale Pawel Papardelle

Découvrir Pawel Papardelle

Je viens flâner à nouveau et m'oxygéner dans les vertes prairies et les vergers du SP de Nicole Fily et François Rommens. Voici ce que je découvre et soumets à votre attention.

Je prélève ceci du photographe polonais Albert Finch :

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http://www.sensual-photography.eu/portfolio-uk-albert-fin...

Et du slovaque Martin Krystnek :

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http://www.sensual-photography.eu/portfolio-uk-martin-kry...

Du photographe biélorusse Pavel Ryzhenkov, ces très belles compositions dans des tons automnaux : 

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http://www.sensual-photography.eu/portfolio-uk-pavel-ryzh...

D'Arina Alexandrova, russe, ces deux icônes au charme étrange :

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http://www.sensual-photography.eu/portfolio-uk-arina-alex...

De France, avec la particularité d'un regard très esthète et inventif, Philippe Deutsch :

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http://www.sensual-photography.eu/portfolio-uk-philippe-d...

Les merveilleuses découpes et les plans, la recherche d'une gestuelle, d'un port chez l'anglaise Julie Gibson :

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http://www.sensual-photography.eu/portfolio-fr-julie-gibs...

Et, dans cette aube, ma préférence va, dans l'enthousiasme, dans l'exaltation au photographe polonais Pavel Papardelle, excellent portraitiste, doué d'un sens très pictural, créateur d'une iconographie nouvelle, ardente et captivante, extrêmement élégante, originale et libre. Poésie, invention, facture très artiste, lumière, intensité et subtilité, tact et liberté, voyage dans le temps et dans l'histoire de l'art, imagination féconde, artiste doublé d'une réelle dignité artisanale, heureuse diversité, approche singulière de la couleur, les créations de Papardelle, - que distingue une époustouflante qualité de présence, de pensée, de vie -, sont des oeuvres d'art remarquables. Voilà mon étoile dans l'aube, mon poète des arts visuels de la semaine. Ici, il y a une geste, un parcours, du caractère, beaucoup de caractère, une puissance évocatoire, un art habité et maîtrisé, un sens de la quête, une mémoire et un savoir. Ici, il y a du sublime. Il y a un univers singulier et d'une richesse rare. Je déroule le tapis rouge et j'ouvre une galerie personnelle pour ce maître polonais.

PAVEL PAPARDELLE

un maître

http://www.sensual-photography.eu/index.php?pg=portfolio&...

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RENDEZ VISITE AU MAÎTRE SUR SES TERRES

Je recommande très vivement au visiteur la découverte de l'espace personnel de l'artiste. La langue me demeure totalement impénétrable mais l'imagier, les albums sont somptueux. Les beautés et les bijoux abondent en ce lieu. C'est pour moi une découverte majeure. Je note en outre qu'en son espace, le maître peut être prodigieusement drôle et ses autoportraits carnavalesques et hilarants mériteraient un espace à eux seuls. Ceci achève de me conquérir. 

http://www.papardelle.pl/

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08:10 Publié dans Pawel Papardelle | Lien permanent |  Facebook |

10/11/2013

Sophie Watillon (portrait d'écritoire)

A Asophie.JPGSophie Watillon

portrait d’écritoire

"Elle excellait sur toutes les violes, aussi bien la basse que le dessus, et, plus qu'un membre du consort, elle est très vite devenue ma partenaire. Nous dialoguions à deux dessus comme deux chanteurs".  Jordi Savall

http://www.youtube.com/watch?v=dPavUIKOFBw

Quelques petites notes, notules, citations :

Sophie Watillon semble tout entière participer à la magie temporelle de son instrument, elle me semble vivre dans le saut temporel et spatial de sa viole de gambe.  Elle est établie dans la sonorité ancienne et formidablement présente, dans l’âme même de son instrument. Sophie Watillon est du temps de la grâce.

Sophie Watillon vit pratiquement dans un temps musical, une conception musicale du temps qui, par exemple, est pratiquement expurgée de la notion d’image. Belle sans aucun doute, elle ne souhaite pas laisser un portrait d’elle, son reflet ne retient pas son attention, ce qui doit définitivement la représenter, c’est le chant de sa viole de gambe, son reflet est sonore, Sophie Watillon entre dans notre mémoire par la voie aérienne de l’écho.

Pourtant, quelque chose d’ardent, de chaleureux, un charme physique appartient à l’art de cet être spirituel, la palpitation d’un pouls d’oiseau, un paradisier, y est perceptible, la discrète et bienfaisante présence charnelle d’un être hautement spirituel. Sophie Watillon ne s’absente pas, elle n’est pas qu’un pur esprit, mais elle est dans cette légèreté lumineuse, chaleureuse et sublime de la flamme, dans cette ardente légèreté qui trouve son possible dans la densité de la forêt lourde et profonde.

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Je ne pense pas qu’on puisse émettre l’idée que Sophie Watillon n’était pas de son temps. Il conviendrait plutôt de dire qu’elle avait une conception noble du temps qu’elle traversait et dans lequel elle cherchait à culminer dans la pratique de son instrument, dans lequel elle souhaitait partager les grâces de son art. C’est peut-être cette noblesse, cette élévation qui ne sont pas contemporaines, qui ne l’ont jamais été, au demeurant. De tout temps, la véritable élégance surprend et déconcerte.

Rêveuse, secrète, aérienne, aimable sans doute, mais c’est aussi un être obstiné, volontaire qui se forge un destin, une rencontre pleine et totale avec l’amour de sa vie : la musique. Et c’est un être que je découvre plein d’égards, tourné vers l’autre, habité par la bienveillance et rétif à toutes les vanités. C’est là, je crois, que nous sommes responsables devant certains artistes : Sophie Watillon a préféré l’amour et le partage de la musique, la recherche de l’excellence au souci d’une image personnelle ou d’une pérennité extérieure à son art. Ses albums, les nombreux albums auxquels elle a participé constituent son trésor. Et le nôtre. Il n’est pas exclu que nous en soyons, chacun à notre place, des relais, des passeurs, des témoins enthousiastes, de ceux qui aiment à partager ce qui les enchante.

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Sophie Watillon est d’une espèce rare. Elle croit en la beauté, elle semble convaincue de la qualité de l’espèce humaine, une grande espérance l’habite, elle est, avec la même intensité, discrète et inflexible. Si l’on ajoute à cela la merveille d’un talent longtemps apprivoisé et longtemps affûté, on parle d’un seul coup d’un être unique. 

Je reste sur cette insistante impression : celui qui a entendu et écouté l’art de cet être qui réfutait le vedettariat, -(sans doute en raison d’une conception élevée de la musique, et dans cette élévation, il entre une part de véritable humilité, l’humilité des êtres doués)-, doit ou peut, pour le moins, se sentir appelé à en répandre les merveilles autour de soi.

a asow 6.gifJe prélève ici quelques traits de plume dans un article de Martine D. Mergeay, publié dans La Libre Belgique en septembre 2005. « Avec ses cheveux sombres, son regard vif et son sourire de madone, Sophie Watillon semblait sortir tout droit de l'époque qu'elle défendait si bien. Mais la douceur était, chez elle, associée à une volonté peu commune, une volonté qui la poussa à développer son talent dans un domaine rare et pointu, celui de la viole de gambe, où elle se distingua d'emblée sur le plan international; une volonté qui lui permit aussi de lutter plus de deux ans contre la maladie et d'enregistrer tout récemment un disque bouleversant ».

Dans le même article, Philippe Pierlot, qui dirige le Ricercar Consort évoque ainsi Sophie Watillon : « Sophie était la musique même, une artiste hyperdouée, abordant tout avec naturel et évidence, aussi à l'aise dans des pièces en création de Bernard Foccroulle que dans les partitions anciennes. C'était aussi une personnalité indépendante et secrète».

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Je reproduis à nouveau ici, parce que j’en aime la qualité d’inspiration, l’hommage de Noël Godts, publié sur son espace :  http://www.ramifications.be/Portraits/watillon.htm. « C’est avec tristesse et consternation que nous avons appris le décès prématuré de la violiste belge Sophie Watillon. Secrète, investie et profondément inspirée dans chacune de ses pérégrinations, elle avait gagné ses ailes musicales sous les auspices des plus grands dans le monde baroque. Débutant à Maastricht chez Philippe Pierlot à l’âge de 16 ans, elle poursuit sa route chez Wieland Kuijken à Bruxelles et achève son parcours à la Schola Cantorum de Bâle chez Paolo Pandolfo. Remarquée par Jordi Savall, elle intègre sans tarder ses ensembles Hesperion XXI et la Capella Reial de Catalunya, gagnant au fil de ses contributions respect, reconnaissance et admiration. Jordi Savall, Philippe Pierlot et Sophie Watillon deviennent les chaînons d’une filiation musicale désormais établie avec évidence et reconnue par tous. Elle enchaîne concerts, disques et nombreux projets en musique ancienne comme instrumentiste au sein de la plupart des ensembles baroques (Seminario Musicale, Cantus Köln, Poème Harmonique, Ricercar Consort…). On se souvient de son album solo La rêveuse,  consacré à Marin Marais (Alpha 036), qui lui valut le prix de l’Académie Charles Cros en 2002 parmi tant d’autres contributions artistiques bercées par sa douceur et l’harmonie de son inspiration musicale. Partageant ses activités entre l’enseignement et les concerts, elle était également professeur de viole de gambe à l’Ecole Supérieure de Catalogne ainsi qu’à l’Académie de musique de Woluwé Saint-Lambert. Sérénité, plénitude et générosité s’harmonisaient avec rigueur, respect et curiosité dans l’alchimie d’un jeu diaphane et incandescent. Elle avait enregistré un dernier album en octobre 2004 à l’église Franc-Warêt de Namur, consacré au compositeur anglais Christopher Simpson, qui vient d’être publié par le label Alpha en ce mois d’août 2005. La maladie a eu raison de son art, de sa force, de sa sensibilité et finalement de sa raison de vivre. Les pleurs de Mr. de Sainte Colombe ne suffiront pas à assouvir nos peines car si l’âme de Sophie Watillon résonne encore, son cœur quant à lui s’est éteint à tout jamais ».

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Sur le forum officiel de la Société Française de Viole, je trouve ce très beau papier de Stéphane Renard : http://forum.violedegambe.org/viewtopic.php?t=15

« Elle était aux portes de la quarantaine, la plus belle saison de la vie, celle de la maturité qui autorise toutes les audaces, toutes les plénitudes. Sophie Watillon s’est éteinte à 39 ans, en nous offrant un ultime et somptueux cadeau : Les Saisons, les mois et autres divisions du temps, de Christopher Simpson. Un temps qu’elle aura volé à la maladie qui l’épuisait depuis deux ans. Avec cet enregistrement qu’elle savait le dernier, elle a choisi une œuvre virtuose et essentielle, exigeant autant de générosité que d’intériorité. A son image. Une partition symbolique, aussi, de ce XVIIe anglais pour lequel la musique – et cette bouleversante viole de gambe, alors à son apogée – unit l’humain au divin, dans une communion que la nature organise selon un principe cosmique. 
Née Namuroise, dans une famille où l’on fait de la musique avant le petit déjeuner, acceptée dès 16 ans au Conservatoire de Maastricht, Sophie Watillon avait peaufiné son art de la viole auprès des plus grands gambistes, devenant ensuite l’un des piliers de l’équipe de Jordi Savall (Hesperion XXI, Concert des nations). Ultime hommage : le maître catalan s’était déplacé aux obsèques à Namur, pour saluer celle qui portait en elle « toute la tendresse de la musique ». Discrète, pudique, intime, incrédule devant la noirceur du genre humain, Sophie Watillon possédait cette qualité rarissime que l’on appelle l’élégance morale, refusant toute concession au vedettariat, ne sacrifiant à aucune mode – réécoutons La Rêveuse (2003), cette magnifique déclaration d’amour à la viole, « qui parle tant de langues ». Toujours accessible, Sophie partageait son art avec un sens aigu de la pédagogie. Cet impérieux besoin de se nourrir de « la richesse de l’autre », elle le clame une dernière fois dans le livret de son dernier CD, où elle rend hommage aux élèves violistes, « ces jeunes eaux de source ». Poème désarmant de simplicité et de foi en la nature, dans « ces divisons du temps qui, oiseaux invisibles, attirent toujours plus loin l’âme des hommes. » Toujours plus loin, plus haut, plus beau… Le testament de Sophie ».

A lire, quelques mots de Sophie Watillon :

http://archives.lesoir.be/musique-sophie-watillon-ce-merc...

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05/11/2013

Krys Gilbert

KRYS GILBERT

http://www.gilbertk.com/

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J'avais, il y a de cela un certain temps, consacré un premier article au travail de Krys Gilbert. Le piratage de mon espace a anéanti ce papier. Les pirates s’en prennent à nos trésors, c’est leur raison d’être. Et j’ai plaisir, à l’occasion de l’ouverture de son espace personnel, à revenir sur l’œuvre de cette artiste passionnante. La veine noire, l’humeur noire et une dimension fantastique noire se sont affirmées dans le foudroyant imagier de Krys Gilbert. Les caractères anecdotiques (qui avaient un charme certain) se sont volatilisés pour affirmer un imagier puissant, fascinant, monstrueux, fantastique et, dans la lecture évidemment subjective que j’en ai, beaucoup plus douloureux et profond, même si une dimension d’humour ténébreux (un au-delà du noir) y subsiste.

Je suis subjugué, en découvrant l’espace de Gilbert, par l’onde de choc, la violence d’impact du lieu et des affolantes compositions qu’il révèle. Le trait est alerte, souple, habile, le travail sombre et fouillé. Les visions, - essentiellement centrées sur le rapport entre les êtres, le désir, la féminité, la maternité, la paternité -, vont de l’ironie féroce à l’atrocité et au macabre en passant par un burlesque offensif et une poésie tourmentée et convaincante. Tout cela, dans un formidable remuement, vous secoue, vous alerte, vous dérange, vous bouscule, vous retourne, vous agresse, vous enthousiasme. Tout cela nous jette vivants dans l'arène faramineuse, dans le barnum tellurique des désirs et des ulcérations, des attractions et des répulsions, sur le terrain secoué d'une terrible et hilarante anthropomachie, dans les torsions de la maïeutique socratienne tout autant que de l'obstétrique. Tout valse furieusement chez Gilbert qui opère magistralement dans ce territoire où l'homme est un ogre pour l'homme, l'être un cannibale pour l'être, une friandise, un aliment, un délice, une nécessité, un objet et un sujet de désir. Bon sang, ça fuse dans tous les sens ! Giration sens dessus dessous ! Je trouve même des parentés avec certaines icônes débridées de l'excellent Félicien Rops. 

Voyant et revoyant les œuvres, je sentais remonter en moi, vers après vers, l’admirable poème du surréaliste belge Achille Chavée.

Je me vermine
je me métaphysique
je me termite
je m'albumine
je me métamorphose
je me métempsychose
me dilapide
je n'en aurai jamais fini
Je me reprends
je me dévore
je me sournoise
je me cloaque et m'analyse
je me de de
je m'altruise
je deviens mon alter ego
je me cache sous les couvertures
je transpire l'angoisse
je vais crever madame la marquise.

Oui, selon moi, dans le tout récent espace de Krys Gilbert on est bien au-delà du burlesque. Bien plus profond, plus haut aussi, plus loin. On est au-delà de la mesure, de la pondération, dans la puissance exorbitante de l’excès, du rire, de la grimace. Entre la couronne d’épines et le manteau de four-rire, pour reprendre la belle formulation de Nelly Kaplan.  Des gifles, de solides giroflées à cinq feuilles sont ici distribuées avec une vitalité et une force exemplaires. De tout ce noir, quelque chose qui est à la fois incandescent,  rouge et ardent vous jaillit en pleine figure. Et ce virulent effet d’électrochoc est à ma yeux un des grands bénéfices dont nous sommes redevables à l’art.

Oui, de tout mon cœur, de toute mon âme, de tout mon esprit, je reconnais le travail de Krys Gilbert et je le promeus sans réserve.    

Pour vous familiariser avec l’œuvre, consultez aussi ce lien :

https://www.facebook.com/krys.gilbert.3

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03/11/2013

Peintre : Louis Valtat

Louis Valtat :

peintre français (1869-1952) - Impressionnisme, fauvisme.

Quelques liens pour découvrir l'oeuvre: 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Valtat
http://www.impressionism-art.org/cat229.htm
http://www.valtat.com/

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Voir ma petite galerie lui consacrée ici :

https://www.facebook.com/denyslouis.colaux/media_set?set=...

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01/11/2013

Mes peintres préférés ( Rops, 23, Henri, 24, 25, Varlez, 26, Doré)

Félicien Rops

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Peintres préférés (23)

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Elena Kalistova - Pyke Koch

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Wim Schumacher - Karel Willink

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Virgilo Guidi - Fabio Hurtado

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Armand Rassenfosse

ROBERT HENRI

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Mes Peintres Préférés (24)

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Gustave Buchet - Konstantin Kacev

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Cathy Hegman - Kathe Kollowitz

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Maria Aristova

Mes Peintres Préférés (25)

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Léo Gestel - Anders Zorn

ROBERT VARLEZ

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Mes Peintres Préférés (26)

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Felice Casorati - Leon Bakst

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Vojtech Preissig - Cecile Walton

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John Atkinson Grimshaw - Heinrich Vogeler

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Walter Sauer

Le Don Quichotte de Gustave Doré

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Mes peintres préférés (20) - (21) - (22)

Mes Peintres Préférés (20)

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Noboru Kitawaki       Man Bellec

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Le Titien      Sonia Abeloos

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Albert Joseph Moore     Palmer Hayden

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José Guadalupe Posada     Diego Rivera

Mes Peintres Préférés (21)

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Isabelle Vandenabeele - Sabien Clément

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Sabine Delahaut - Constant Permeke

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Kouzma Sergueiévitch Petrov-Vodkine - Andrew Wyeth

Mes Peintres préférés (22)

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Yuri Petrovitch Kugach - Gustave Van de Woestijne

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Gustave de Smet - Georges Lemmen

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Rik Slabbinck - Hippolyte Daeye

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Walter Ernest Webster - Albert Welti 

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