28/12/2014

LCPP n° 8 - Marie-Lou Chatel, Ryohei Koiso

 

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n  u  m  é  r  o     8

L a    V e u v e    C o u d e r c

oui, à celle de Simenon, la vraie

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Je venais de relire le roman de Simenon et j'ai vu que TV 5 diffusait le film éponyme que Pierre Granier-Deferre en tire en 1971 avec Simone Signoret, Alain Delon, Ottavia Piccolo, Monique Chaumette et Boby Lapointe. Et je suis effaré par la manière basse, presque ridicule dont le film triche avec le roman, gonflant, pour agréer l'égo de Delon sans doute, le personnage de fils de bourgeois devenu une petite frappe qu'avait conçu Simenon, jouant du pipeau et de la romance là où grincent les rouages du sordide et de la dérive. Chez Simenon, le personnage masculin s'appelle Jean Passerat-Monneyeur, il est le fils d'un très riche vigneron, il sort de prison, il a pris, bien aidé par un avocat habile, cinq ans pour meurtre. C'est un paumé, une fils de bonne famille qui a mal tourné. Dans le film, il s'appelle Jean Lavigne, il est armé, c'est un redoutable bagnard en fuite, un genre d'anarchiste auréolé de deux exécutions ! Dans le roman, Jean la petite frappe paumée, après avoir couché avec la Veuve Couderc, cherche à séduire la jeune fille-mère, Félicie et se fait longtemps repousser avant de la conquérir. Dans le film, Félicie adore immédiatement Jean Lavigne et cherche à le vamper par tous les moyens. Dans le roman, la sœur de Jean Passerat-Monneyeur vient trouver son frère, elle voudrait qu'il intercède auprès de son père, vieux flambeur séducteur qui dilapide la fortune famille. A l'écran, elle n'existe pas. De nombreux épisodes du roman sont consacrés à l'enfance, aux études, aux premières amours de Jean. Rayés à l'écran. Dans le roman, en voulant récupérer son beau-père, la Veuve Couderc se fait, au cours d'une violente empoignade, grièvement blesser par un coup de bouteille sur la tête. Elle va devoir s'aliter, elle sera défigurée, son mal ne va pas cesser d'empirer. Le docteur viendra à son chevet. Sa souffrance physique, son enlaidissement vont s'ajouter à son désarroi, à la menace que fait peser sur ses sentiments le pouvoir attractif de Félicie. Rien de cela à l'écran. Une petite dispute sans conséquence. Je passe mille détails trichés, faussés, mille accommodements malvenus, et qui m'interpellent : pourquoi s'inspirer d'un roman si c'est pour si mal le comprendre et lui manquer si totalement de respect ? Au final, dans le roman, Passerat-Monneyeur, égaré entre sa passion pour l'adolescente, sa fatale vocation de criminel, de perdant et l'empoisonnante jalousie de la Veuve va commettre un nouveau meurtre. A coups de marteau, il assassine la Veuve Couderc. A l'écran, il est trahi par la belle-famille qui le dénonce à la police et par la jeune Félicie qui le désigne (puis, cherche à le sauver en l'avertissant de l'arrivée de la maréchaussée). Une centaine de flics et de soldats entourent la maison de la Veuve et, après une fuite ridicule et un retour dans la maison tout aussi idiot, ils sont canardés et flingués tous les deux, veuve et formidable bagnard. Delon est fauché, dans un bond magistral vers la liberté, un essor grandiose. La Veuve, toujours aussi belle dans sa cinquantaine rayonnante, prend une balle. Comment troquer un petit personnage perdu, incapable de rompre avec la fatalité de son destin en un héros presque christique, un aigle fauché en plein vol. Une merde épouvantable. Comment faire un couple grandiose d'amants déchirés et immolés dans une apothéose de feu et de sang avec ces deux névrosés, avec cette humanité en pente de néant, avec ce réalisme du fait divers sordide qu'évoque si remarquablement Simenon. Et si le roman nous touche, nous affecte, c'est, au-delà des innombrables qualités de la geste simenonienne, par son refus d'édulcorer, par son regard qui n'est dépourvu ni d'humanité ni de lucidité, par son aptitude à saisir et à dire le désarroi et la misère des êtres.

M a r i e - L o u    C h a t e l

a marie 1.jpgLa contagieuse passion de la photographie

Retour à un sujet exaltant. Marie-Lou, remarquable coloriste en photographie (restauration et colorisation), fait déjà partie de mon petit panthéon. Je suis tombé en admiration devant les étonnants fruits de cette aventure singulière dans la photographie.

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/marie-lou-chatel/

Photographie ci-contre, extraite de l'anthologie virtuelle : Paul Almasy

Mais je veux ici, instamment, prier tous mes visiteurs de découvrir les magnifiques espaces de Marie-Lou. En premier lieu, je suggère la consultation de sa page facebook personnelle :

https://www.facebook.com/Marielouisechatel?fref=ts

a marie 2.jpgEnsuite, il faut absolument, pour découvrir la qualité, l'exigence, la virtuosité du travail de Marie-Lou Chatel voir et admirer longtemps sa page Behance. On verra que Marie-Lou est une véritable artiste, une enlumineuse, une vitrailliste, une artiste peintre mais également, quelqu'un qui approche avec respect et fidélité le travail des gens qu'elle aime :

https://www.behance.net/MarieLouChatel

Photographie ci-contre : William Klein

Il n'y a pas de hasard, ce qui guide tout le travail de Marie-Lou, c'est un amour immodéré mais patient et scrupuleux de la photographie. En toute logique, Marie-Lou Chatel a récemment entrepris la patiente et quotidienne élaboration d'une anthologie des grands photographes du vingtième siècle. Les merveilles, les trouvailles, les œuvres abondent dans cet espace. Pédagogique, superbe, éducatif, enthousiasmant, voilà un lieu indispensable. 

https://www.facebook.com/Quotesfromflamousphotographers?f...

Oui, j'ai longtemps voyagé dans cet espace. On y découvre une très exaltante succession d'artistes et d’œuvres, j'y ai passé des heures sans me rendre compte que le temps passait. Les deux images qui illustrent l'article résultent d'un choix aléatoire car j'en aurais volontiers sélectionné des centaines. Pérou de l'image. Précipitez-vous, prenez votre temps, circulez, admirez, il y a des splendeurs, une abondance de splendeurs au rendez-vous.

R y o h e i    K o i s a

pour Akemi Tachibana

Mon amie japonaise Akemi Tachibana me fait découvrir le remarquable peintre japonais Ryohei Koiso (1903-1988) qui réussit admirablement l'alliance picturale de l'Orient et de l'Occident. 

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