01/08/2015

Les Chroniques du Poisson Pilote n°14

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F R A N C I S    C A M P I G L I A

Je reviens, une fois de plus - ce n'est pas la dernière - sur le photographe français Francis Campiglia (à qui j'ai déjà consacré une longue suite d'articles : http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/francis-campiglia/). Maître Francis. Valeur sûre, refuge ! Art chaleureux, raffiné, franc, sensible, marqué par la rencontre. Un sens de l'instant clé. J'y reviens par goût, comme on revient à un cru savoureux, comme on passe l'après-midi avec un ami, une formidable paire de moustaches. J'y reviens par amour de la photographie habitée, du savoir-faire, pour la saisie enthousiaste et futée de la lumière, pour le feu rutilant des couleurs, le velouté du noir & blanc, pour la manière savante, l'esprit qui traverse l'image. L'esprit. La fleur d'esprit, comme on parle de la fleur de sel. J'y reviens pour la façon de regarder la femme, de l'écouter, pour la façon d'entendre le paysage, d'en orchestrer les beautés, pour m'asseoir un instant dans le Paris singulier et frémissant de Francis. C'est un beau pays, un pays agréable, une France ouverte, cosmopolite, aérée, hospitalière chez Francis, les autochtones (des choisis, des élus, pas le tout venant !) ont une petite flamme au fond de l'âme, une plume invisible, un parfum qui ravit. La poésie est ici à l'aise, exigeante et inspirée. Et il y a la saveur intelligente que l'oeil transmet à l'image, cette épice qu'il y fait infuser. 

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ANGÉLIQUE FRAGNIER

https://www.facebook.com/angelique.fragnier/

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a ange ç.JPGJe parle ensuite de l'artiste peintre française Angélique Fragnier.

Elle exposait (12 avril au 18 mai) ) la Puerta Del Sol, rue Général de Gaulle à Pornichet une belle suite d’œuvres rassemblées sous l'intitulé de Corpus.

Pour peindre, elle associe des médiums comme l'huile, l'acrylique, le fusain ou les aérosols, ce qui confère à sa geste picturale une allure très originale, un cachet assez inédit. Ce rendu des corps (jambes et têtes sont absentes) crée une espèce de pont entre la fresque antique et le tag urbain, entre l'éternel et le circonstanciel.

Vifs, lumineux, fluorescents ou craquelés comme des œuvres de la statuaire antique, ces corps sont enfants du strass, de la vitesse, de la liberté et de la prison de l'instant, et, en même temps, fruits étranges de la mémoire. Ils sont en dynamique équilibre entre le désir de la perpétuation artistique et la volonté d'incarner l'instant nu, la palpitation même de l'instant. La Grèce qui adorait les corps est en filigrane, quelque chose des étincelles psychédéliques éclabousse, quelque chose de la manière pop art est perceptible, le tag insolent s'y discerne et le tout forme un curieux étirement du temps, une poésie spatio-temporelle qui dit l'oxymore d'une vénusté d'aujourd'hui, d'une esthétique flashy. Graffitis aériens ou minéraux entre hiératisme et sensualité, légèreté et phantasme. Ovnis picturaux, fleurs d'un singulier érotisme sulpicien, icônes de la vitesse, adonis et venus de rave party, vitraux de discothèque, mythologie d'écran, les œuvres d'Angélique Fragnier sont des infusions de la beauté dans l'ère du temps, une ère que sa manière singularise et signe.

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 STÉPHANE WANCQUET 

a nad a.jpgOuvrier depuis l'âge de 20 ans, délégué syndical à la FGTB durant une dizaine d'années, Stéphane est un excellent photographe amateur belge, portraitiste (son égérie et modèle de prédilection, sa femme Nadine, est une sorte d'exquise Vénus belge d'une beauté singulière et charmante), et paysagiste. Humble, discret, persévérant, inspiré, animé, amoureux, c'est un artiste qui cherche, qui explore, qui expérimente. C'est un type qui trouve aussi, qui cueille quelques superbes icônes. Stéphane a 41 ans, il est né à Soignies et habite Ecaussinnes durant son enfance et son adolescence. Son père était menuisier. Un ancêtre considérable, - son grand-père, marque l'artiste. Ce grand-père est carrier, antimilitariste et anticlérical. On devine le beau personnage. En matière d'antimilitarisme, il a eu l'occasion de se forger une opinion, il a fait la seconde guerre, a été prisonnier de guerre et s'est échappé. Il a ensuite travaillé dans les mines et a fini par exercer la profession de tailleur de pierre à Ecaussinnes. C'est ce grand-père charismatique qui offre à l'artiste son premier appareil photographique. C'est un Kodak. Stéphane s'en servira pour photographier la région. Plus tard, il découvre l'Urbex, (urban exploration, la visite souvent clandestine des lieux industriels abandonnés ) et renoue avec la passion de la photographie. Le goût pour le portrait est plus tardif. Un ami photographe (Gaetan Lelong) lui permet de réaliser ses premiers portraits. La complicité avec son modèle d'épouse crée quelques superbes photographies. Patient, obstiné, perfectionniste, passionné, Wancquet crée progressivement un bel imagier. Je vous invite à une visite dans la galerie de l'artiste.

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