16/08/2015

Les artistes d'Andreas Vanpoucke (2)

Je continue ma visite dans les gravures de l'artiste belge Andreas Vanpoucke. J'y mène de petites digressions suggérées par les prédilections de mon Anversois préféré dont le talent raffiné et méticuleux ne cesse de m'épater. Au final, ceci aboutit à une sorte d'aventure artistique à double fond.

A N D R E S    S E G O V I A

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Quelque chose à propos du velours sonore, de la précision, du sacre du geste. L'impassibilité habitée, le frisson intérieur.

https://www.youtube.com/watch?v=YZEUjDoji3Y
https://www.youtube.com/watch?v=bG7y_CD9rMg&list=RD9e...
https://www.youtube.com/watch?v=PNXlslzL8EY&list=RD9e...

 E D W A R D     H O P P E R

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Qui nous entoure ? Qui nous accompagne ? Suis-je établi en moi-même ? Puis-je être hélé encore ? Puis-je être effleuré encore ? Puis-je habiter consciemment l'instant présent ? Vers quoi donc l'immobilité serait-elle un glissement ? Un instant, je pense à une rive désespérée à l'abri, à l'écart des autres, à l'art terrible d'infuser dans sa propre absence, à l'oubli par démission, à la tentation monstrueuse (c'es-à-dire humaine) de vivre comme un poisson dans l'eau de sa solitude. Aussi à l'être désemparé par le drame ordinaire d'exister. A l'idée de l'absurdité qui court comme une trotteuse dans le cadran de la tête. Oui, je pense qu'on aime essentiellement dans un artiste l'impossibilité catégorique et superbe dans laquelle il nous met d'épuiser l'essence et la substance de son oeuvre.

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E G O N    S C H I E L E (sur son lit de mort) 

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J'aime Schiele, qui me fait peur. Qui met l'une dans l'autre la beauté convulsive et la contorsion douloureuse, la sanction de la vie et la pression permanente de la mort, du supplice de l'écartèlement. Schiele me laisse toujours sans repos, effaré, comme subjugué par l'exploit terrible d'une ballerine tordue à la limite de la rupture, du déchirement musculaire et psychique. Invention de la danse contemporaine. La traduction de tout dans le langage extrême de la fièvre. La raison sans cesse contestée par le séisme existentiel, le bouillon des pulsions, irrépressible et sublime effroi d'exister.

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J A C Q U E L I N E    D U    P R É

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La musique, l'amour de son instrument dévorent Jacqueline du Pré et l'embellissent. C'est une dévorée sublime. C'est un assentiment total, un consentement amoureux, c'est l'incarnation supérieure, musicale, féminine du désir s'accomplissant sans s'éteindre et sans se commettre jamais. Le spirituel et le charnel communient ici dans une réinvention de l'étreinte, une étreinte qui s'écoute, se savoure, se recueille jusqu'à l'ultime coup d'archet et se regarde comme une suite de Rodin, de Claudel ou de Lorenzo Bernini. Ici, tout l'engagement du corps lui-même fait oeuvre d'art. Dans l'art de la distillation de la musique, Jacqueline du Pré est l'athanor métaphysique du siècle. Une musicienne impressionnante, magique, démesurée.

https://www.youtube.com/watch?v=ncJ_Gc9RES4
https://www.youtube.com/watch?v=1pmBJLI4kVw
https://www.youtube.com/watch?v=F3q_HJN51uo
https://www.youtube.com/watch?v=llB7NaWLUc4

S O N N Y    B O Y    W I L L I A M S O N

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C'était ça, le défi presque naturel des types et des femmes noirs de l’acabit de Sonny Boy : faire se balancer le trouble existentiel, lui donner une houle, une démarche qui danse, rythmer le dégueulasse des jours qui passent, placer dans l'ivresse de la lancinance les boires et déboires de la vie sentimentale, faire chalouper irrésistiblement les appels lancés à Dieu, dérouter par un peu de grâce le pas des jours de funérailles, faire tanguer les très pesantes mâchoires de étau du destin. Donner une voix universelle à la négritude. Ouvrir une porte sur les siècles. Lui, en plus, Sonny Boy, il a cette gueule, cette dégaine, cette bouche partiellement édentée, celle allure folle, cette désinvolture blessée et l'art de prolonger son cri ou son gémissement sur les orgues domestiques de son harmonica. 

https://www.youtube.com/watch?v=WBBQQU2aKd4
https://www.youtube.com/watch?v=4bY0vcg2F-I
https://www.youtube.com/watch?v=Ixgu0H2p3WE

W I L L I A M    W R A Y

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http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/william-wray/

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11:55 Publié dans Andréas Vanpoucke | Lien permanent |  Facebook |

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