11/11/2015

Jack Montgomery

JACK MONTGOMERY

http://www.jackmontgomeryphotography.com/

J'ai déjà évoqué le passionnant  travail de ce photographe américain. Je trouve, en consultant ses galeries, tant d'occasions de m’exalter que le désir de commenter et de faire découvrir son oeuvre s'empare à nouveau de moi. Fabuleux technicien, homme de l'immédiateté, metteur en scène, compositeur d'images, coloriste, dompteur de lumière, Montgomery invente et ressasse et invente. Fidèle à une formidable exigence de style, il surprend sans cesse, il rit, il vénère la grâce, il l'iicônise, il la picturalise, il cherche de l'éternel, du délicat, il  trouve des filons de tulle et de soie, il capte le faon dans l'adolescente, l'étincelle de cristal ou le début de menuet dans la nymphe, il recueille un bond dont il est sûrement le chorégraphe, il reconnaît Peter Pan dans un angelot. Montgomery s'enfonce ensuite dans le temps, au cimetière des sorcières, là où se devinent des fantômes et des hantises, des arbres dotés de pouvoirs, des clartés étranges. Cet organisateur, ce préparateur d'images peut aussi saisir à l'improviste, au débotté, avec une précision épatante. La seconde suffit à son œil expert. Les photographies de Montgomery ne se laissent pas épuiser en quelques regards. Elles réclament du temps, de la patience, de la subtilité et elles sont toujours, elles sont invariablement, en raison de leur magnétisme étrange et insistant, exaucées. Elles ont, les photographies de cet artiste, une facture presque classique, toujours une classe immense, un parfum d'art. Et parfois elles se moquent, font des farces. Comme Degas, Montgomery aime les ballerines, leurs poses, leurs déliés splendides, cet art qu'elles ont de mettre leurs mouvements au repos sans gommer en eux un indice d'élan. Montgomery sait disposer la femme dans l'espace, la sertir dans l'espace, la mettre en heureuse relation avec la lumière, il y a quelque chose d'un peu mystique là-dedans et il y a de l'adoration. J'ai découvert chez lui deux ou trois photographies d'un combat de boxe. Forcément, elles aussi valent la peine d'être vues et admirées. J'ai senti là un mélange de danse et de lourdeur, de musique et de forge et je me suis dit, bon sang !, il sait faire ça aussi. Il avait réussi, là aussi, un sacré tour avec la lumière. Un type qui a du talent peut sauter pas mal de barrières. Le talent est un passe-partout. Dans une foule, il va cueillir un regard différent, chargé de quelque chose, un charme, une électricité. C'est un vigilant. Son noir et blanc est habité, profond, historique et contemporain. Il menuise dans l'excellence, Jack Montgomery.

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Tout lui est décor, il exploite les lieux, une palissade, une ligne, une porte à dorure, la croisée d'une fenêtre, un détail avec un génie rare, tout lui fait écrin. Un drap, un morceau de linge. Il alchimise la chose, elle prend une ampleur sublime, elle participe à l'oeuvre. Quand il y a une once de grâce, une pincée de pollen de grâce, il la recueille et la saupoudre en pleine lumière.  J'ai parlé de Degas. Mais quand on aime, on ne compte pas, il y a un peu de Diego Velázquez dans certains de ses portraits. Disons qu'il y a un savoir, une connaissance. Un amour de l'art dont sa photographie profite. Il y a dans l'humanité de Montgomery quelque chose qui me réjouit profondément : il regarde un être souvent comme s'il s'agissait d'une oeuvre d'art. Cette recette humaniste produit des miracles.  Bien sûr, c'est le lieu pour le dire, la bonne volonté ne suffit pas. Le talent est indispensable, et un œil, une sensibilité, un angle, une vibration. Dans une vraie photo, aussi immobile soit-elle, une vibration, un frisson sont perceptibles.  Les photos de Jack Montgomery sont sophistiquées aussi, précieuses, ciselées. Cette sophistication, c'est la courtoisie due à la grâce. Jack Montgomery est un virtuose par nécessité, par égard pour ce qu'il fixe, les belles, les elfes. Dans le visage d'une vieille Asiatique, il va cueillir une fleur de grâce. Il cherche la grâce comme le jazzman la blue note, il la trouve, évanescente, sublime. Sa quête est sans frontière, sans cloison, tirée par un cheval libre, altier, nourri aux quatre horizons. 

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