24/12/2015

René Peccolo (2)

R e n é    P e c c o l o

http://www.renepeccolo.fr/

https://www.facebook.com/profile.php?id=100010983393280

J'ai, à nouveau, envie de recueillir des œuvres de Peccolo. Je viens d'en voir de nouvelles, elles me saisissent, elles s'emparent de moi, elles m'émeuvent puissamment. J'aime l'oeuvre de ce tragédien de la lune, de cet iconographe de la désespérance, de ce spéléologue de l'humilité, de ce vendangeur des apocalypses quotidiennes, des exodes domestiques. L'oeuvre parle, dans un langage crépusculaire, de la misère, de l'abandon, du désert existentiel, des saillies et des gouffres de l'existence. L"oeuvre parle, avec une ferveur rare, d'une condition humaine à laquelle la peinture n'est généralement pas attentive. L'oeuvre, lucide, entre sur la scène désertée de la solitude, de la désillusion. L'oeuvre dit, avec des bleus et des jaunes de désastre, avec des auréoles de sainteté profane aussi, le calvaire de l'être, ses remuements, la présence proche de la mort. et ce zeste de beauté irréductible. L'oeuvre n'est en rien un rejet, c'est l'affirmation catégorique d'une beauté étrange, menacée par le sinistre, minée par des imminences morbides, cernée de périls. Le fragile de l'existence nous est jeté comme un pavé à la gueule. Dans le temps du rutilant, du toc, de l'étincelant, de la verroterie et du glacé, Peccolo impose sa geste de l'obscur, de l'ombre. L'oeuvre met aussi, me semble-t-il, dans un raccourci vertigineux, le désir aux côtés de l'agonie, l'or et le désastre dans le même halo de lune et les mêmes bains opaques. Mais, ce qui m'attache le plus intimement à elle, c'est l'humanité nue, vibrante, tendre et implacable qui l'enveloppe, l'endurcit et l'élève. C'est ce sacré, peut-être exempt de religiosité, qui allume une lueur dans l'être. En m'avançant dans l'univers de Peccolo, je songeais à Goya, à la compassion bouleversante qui règne sur l'oeuvre de Kathe Kollwitz, à La Chanson des gueux de Richepin, à La Mère et l'enfant de Charles-Louis Philippe, au Petit Saint de Simenon. Mais je songeais aussi à Beckett, à la Marche nuptiale de Brassens. J'étais entraîné à penser, à m'ouvrir à l'émotion.

a peccolo 1.jpg

a peccolo 2.jpg

a peccolo 3.jpg

a peccolo 4.jpg

a peccolo 5.jpg

a peccolo 6.jpg

a peccolo 7.jpg

a peccolo 8.jpg

a peccolo 9.jpg

a peccolo 10.jpg

a peccolo 11.jpg

a peccolo a.jpg

11:46 Publié dans René Peccolo | Lien permanent |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.