28/01/2016

Avec Séverine Lenhard

AVEC SEVERINE LENHARD

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On a, par mesure de sanction, fermé d'autorité la page d'artiste de Séverine Lenhard sur facebook. Facebook a réinstauré le pouvoir de censure entre les mains de la concierge, du beauf, du délateur, de l'ignare et de l'iconoclaste. Du sale type et de la grognasse. Un pouvoir effarant, un hochet exorbitant entre les paluches d'une bien-pensance stagnante, faisandée et doublée de l'insidieuse impunité de l'anonymat (car ces abrutis sont à gifler, ces mouchards sont à moucher, à souffleter) un pouvoir qui chasserait des musées l'essentiel de nos œuvres favorites, l'essentiel de nos beautés. Le beauf de concours se venge de la culture, le moche déboulonne le beau, le crâne de piaf couvre de fiente ce qui n'est pas à son image, à sa mesurette, à sa portée. Et facebook (qui supporte sans remords, sans une once de conscience l'incitation à la haine, le discours raciste, le révisionnisme, le médiocre, etc.) se dédouane : c'est pas nous, c'est notre domesticité, nos caniches de garde, ce sont des gens offusqués.

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N'avons-nous pas tort, - parce qu'il est gratuit et jouit d'un large spectre -, de continuer à utiliser cet outil qui impose des lois iniques, déconsidère et exclut des artistes talentueux ? Ne sommes-nous pas des andouilles passives, des entubés heureux et consentants, des émasculés, des médiocres, des lâches qui peuvent tolérer pour les autres un sort qu'ils jugeraient insupportable pour eux-mêmes. Il faut admettre que facebook, vitrine ouverte sur le monde, est aussi un média insidieux, un lieu équivoque, un gigantesque dépotoir, une machine quelquefois lubrifiée à l'huile du vice, une grosse turbine dont la zappette est abandonnée à des menottes à l'hygiène parfois négligée.

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Mais, enfin, fermer la porte à Séverine Lenhard ! La juger menaçante, obscène ! Juger, condamner celle qui s'adonne à la poésie visuelle, juger la mère artiste, l'aventurière du proche et de l'intime, rejeter la fée, l'inventeuse, l'observatrice originale du réel, disqualifier cet iris expert, tout ce tendre, tout ce cristal de l'être, flétrir cette expérience d'amour, de grâce, cette libre aventure au sein de l'enfance, cet imagier parfumé, nuancé, ouvert à tous les états de l'enfance.

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L'oeuvre de Séverine Lenhard ne table jamais sur le choc, sur l’ambiguïté, sur l'insidieux, le malsain. Elle est tout entière ouverte à la vitalité, à la compréhension, à la souplesse, à la fleur, aux escargots, à la vivacité, à la patience, à l'élan spontané de l'enfance vers la vie. C'est un grand vitrail sur le monde de l'enfance. C'est un regard curieux, bienveillant, pointu, chaleureux. Séverine Lenhard est du côté de la dentelle, du pré, de l'étang, de la lumière des visages, du côté de Prévert, de Desnos.

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C'est pourquoi le sort fait à cette artiste doit nous offusquer, nous indigner. C'est pourquoi il faut que notre indignation se lise partout et porte des fruits. Il faut qu'elle déferle, qu'elle retentisse, qu'elle dure, qu'elle perdure, qu'elle convainque, qu'elle change le cours des choses. Et si notre puissante indignation est stérile, si elle ne bouscule rien, si elle ne produit pas d'effet c'est que facebook est une eau stagnante de laquelle il faut se dégager. Mais agissons d'abord. Inversons dans la passion, dans l'enthousiasme suscité par l'oeuvre, dans l'amitié, dans le respect de l'art, le cours absurde, indéfendable des choses. Rendons à une oeuvre admirable les éloges, le culte et le respect qu'elle mérite. Au travail. 

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