29/03/2016

Les Chroniques du Poisson Pilote n° 23

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n u m é r o   23

NADINE CERDAN

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a bo 9.jpgAujourd'hui; je consacre toute ma chronique à une jeune artiste peintre douée d'une puissance expressive peu ordinaire. Elle a pratiqué, et pratique peut-être encore, une jolie vaine paysagiste. Mais son évolution la pousse vers un ailleurs moins, beaucoup moins axé sur la représentation.Sa volonté de trouver, de saisir, de révéler l'essentiel la conduit souvent à une quête de l’élagage, de la simplification extrême, d'une forme ramassée et douée d'une force évocatoire impressionnante. C'est une direction de l'oeuvre. Je tenterai de faire voir quelques-uns des chemins qu'elle emprunte. Entre un noir et blanc très ascète et des feux de couleurs splendides, dans l'espace singulier d'un art figuratif presque en instance d'abstraction. La recherche du simple, de la forme essentielle habite l'oeuvre, la transforme. Mais je vois aussi, autre versant de l'aventure picturale de Cerdan, une sorte d'abandon aux humeurs, aux impulsions, à l'instinct, peut-être. Je découvre des compositions soulevées de fièvres, d'agitations nerveuses, de frénésie, de surenchères graphiques qui épaississent les œuvres, les fertilisent, les font voyager, en développant des créations singulières et originales, entre le cubisme, le fauvisme, un dadaïsme sous influence punk, le mouvement Cobra, le street art et le tag. Mais on sent, avec une pulsion presque identifiable à l'art brut, un amour de l'art, de ses origines, de l'art pariétal, des fresques, de Matisse, des portraits de Virgilo Guidi, etc. Je vois ici les impressionnants produits d'un art déboussolé, c'est-à-dire libéré de la tyrannie de la boussole et capable d'inventer ses propres chemins d'avancée. Entrent en action, avec une recherche de la maîtrise et de l'essence, des forces libératoires, presque sauvages, folles, primitives. Cette orpailleuse prend de la paille d'or, c'est sûr, mais son art, c'est aussi de rendre la géographie accidentée du lieu, la chorégraphie sauvage du tamis, la danse désordonnée de l'eau, l’attente enfiévrée, les éclairs de la lumière, tout le passionnant et vivant attirail de la quête. 


Dans l'oeuvre, un trait existe, étonnant, sûr, confondant. Un tempérament puissant, original orchestre et secoue le travail de Cerdan. On sent bouillonner les ressources, le feu obstiné de l'enfance menant une ronde époustouflante avec le savoir-faire. La ligne du temps intime de l'artiste est chiffonnée : dans l'oeuvre elle est enfant, mais aussi conquérante, artiste en perpétuelle formation, être en questionnement perpétuel, forcenée en pleine ruée libératoire, bâtisseuse d'instable, chercheuse invétérée. On sent, au contact des tableaux, passer un furieux, un tonique désir de liberté. Un filigrane d'histoire de l'art néanmoins se lit dans la production. Et déjà, oui, dans ce formidable séisme artistique, des résultats très convaincants émergent, subjuguent. Oui car le versant du simple et le versant de la fièvre produisent, dans une cohabitation dynamique et orageuse, des mouvements sismiques qui électrisent, animent, traversent l'oeuvre. Les grands vases communicants instables produisent des frissons telluriques formidables. Oui, la construction d'une oeuvre est en cours. C'est fascinant.

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