30/03/2016

Les Chroniques du Poisson Pilote n°24

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S A B I N E    D E L A H A U T

Je rencontre, avec bonheur, une nouvelle oeuvre de Sabine Delahaut, une gravure énigmatique et superbe sur le thème récurrent chez l'artiste de l'identité dissimulée, soustraite à l'identification. L'oeuvre s'intitule Le Nid et représente un visage enfoui dans son abondante chevelure. Un œil regarde sans que le visage puisse être identifié. L'intitulé fait peut-être songer au confort douillet de l'anonymat, du repli, du secret sur soi-même. 

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H U B E R T    D U P R I L O T

http://www.duprilot-hubert.fr/index.php

http://www.mattomundus.com/

https://www.facebook.com/hubert.duprilot

Je n'ai rien écrit encore à propos du foisonnant Duprilot, artiste français très fécond, né en 1975 et à la tête déjà d'une oeuvre impressionnante. Regard tragique sur l'être, souvent nu, chétif, brisé, aux yeux creux et sombres souvent, pris dans un espace clos, une cellule, l'impasse d'un dédale, incarcéré dans l'espace et en lui-même, défiguré par le malheur intime, par la guerre (avec des gueules cassées effroyables et impressionnantes), personnages mythologiques pris dans des conditions terribles (Sisyphe et son fardeau, un Minotaure assis dans le labyrinthe comme un enfant puni, Jésus en croix partagé entre sa divinité et les misères, les effrois de sa condition humaine). L'être solitaire, abandonné, livré aux ténèbres,peut aussi grouiller de fantômes qui prennent la forme d'asticots humains et morbides. L'être est implacablement marqué par la mort, la décomposition. L'être se répand, coule, fond comme un cierge, une espérance. L'être perd aussi son unité, bourgeonne, prolifère, entre fantasmes et cauchemars, terreurs nocturnes.  

L'être grimaçant de malheur, chauve, hâve, en huis clos au fond de lui-même est mille fois décliné, mille fois redit différemment, ressassé infatigablement, l'être entre l'hébétude kafkaïenne et les jérémiades du désespéré. Le couple, peut-être, dans l'étreinte trouve un répit à la détresse, au vide. Une suspension amoureuse, tendre du néant. L'être de Duprilot semble vivre l'apocalypse ou lui survivre douloureusement, conception qui n'est pas dépourvue de vraisemblance. Il a l'aspect d'un damné, d'un lépreux enfermé dans le lazaret.

S'il présente une lointaine parenté avec les personnages de Rustin, il se dégage de leur insouciance effarante par une gravité terrible, un désarroi omniprésent, gourmand, qui le grignote et le laisse maigre, chauve, pareil aussi à un agonisant du pavillon des cancéreux. L'être est défait, vaincu, dévasté.  L'être ne se dégage de la solitude que par des rêveries sordides, des visions affreuses de pullulement, que par l'assaut d'insectes humains qui peut-être constituent la métaphore de la descendance et de la population du monde. Il voit aussi, au fond de la solitude de son cachot, il sent, il éprouve sa difformité, sa monstruosité, il l'incarne.

Duprilot est un singulier, un étourdissant prophète du malheur et ses êtres semblent même désertés par le spirituel, le métaphysique. Cette idée s'impose, peut-être, que les êtres se sont révélés incapables d'un destin, d'une dignité, d'une entente. Et pourtant, ils ne sont pas indignes, les personnages de Duprilot, leur désastre (qui n'est peut-être qu'un reflet du nôtre) nous inspire, avec la crainte, une sorte de commisération, de compassion. Car oui, profondément démunis de tout, ces êtres là brûlent, comme par les deux bouts, d'une insoutenable humanité.

Je voyais dans certain personnage, - sans, je l'espère, céder au délire d'interprétation -, le Winston Smith d'Orwell, déniaisé, dégrisé, désillusionné, fondamentalement abandonné avant de s'effondrer tout entier dans l'amour assassin de Big Brother.

Son soldat de 14, son poilu au front bandé n'est pas un Apollinaire somptueux et inspiré, c'est un type affalé, troué par ce qu'il a vu, par ce qui l'a heurté et qui a définitivement rompu avec tout sentiment poétique. C'est une épave. C'est, selon moi, par dignité, dans la veine de Duprilot qu'il faut représenter les sacrifiés de 14-18. Ni flambeaux, de grâce, ni attitudes héroïques qui sont des surcroîts de honte à la mémoire des victimes. 

J'ai une grande admiration, en raison de l'éloquence terrible de l'oeuvre, pour ces hures humaines semées sur un damier et qui sont prêtes pour le jeu sordide, épouvantable, meurtrier de la vie. J'aime cet ange douloureux, hésitant, infantile, grave et fragile, rétréci à la dimension d'un humain, cet ange terrifié et débarrassé de toute auréole. Cet ange établi dans la condition humaine. Cet ange humble.

Et je suis très emballé par l'oeuvre en général, sa force, sa puissance évocatoire, une oeuvre très interpellante, soutenue, grave, effroyable, tragique et formidablement salutaire. Indispensable.

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29/03/2016

Hélène Desplechin (2)

Hélène Desplechin

a hel a.jpgLes lecteurs de mes chroniques connaissent la photographe Hélène Desplechin. Elle est de retour dans mon espace. Je suis sous le charme de ses photographies et de son savoir-faire. Enchanté par tout ce tendre, tout ce délicat, cette minutie délicieuse, cette originalité du point de vue. Dans le monde de l'image, elle est sirène favorite, ma dentellière préférée. Elle a trouvé un point de jonction entre le naturel et la sophistication, entre le réel et le spéculaire. Son imagier subtil rend souvent, d'une façon presque chorégraphique, le mouvement, le déplacement. Dans le milieu aquatique, elle trouve une épatante relecture des formes, une harmonie fluide et étrange. Elle aime les miroirs, l'eau des miroirs, les miroirs cubistes, les miroirs brisés, où elle va saisir des éclats, des tessons de beauté. C'est une amoureuse des visages, de l'eau, de l'eau des visages. Ses portraits portent un frisson, une rencontre d'âmes : l'âme qui saisit et celle qui se prête un instant. Le portrait, chez Hélène Desplechin, tient plus de effleurement que de la capture. Elle s'approche bellement de la beauté, elle en est la complice. Elle développe une proximité, une entente avec ce qu'elle recueille dans son objectif. Qu'elle photographie les siens, ses proches où une image du monde. Hélène Desplechin est une artiste qui recueille. Ses photos ont une parenté avec les poèmes. Je crois que, même dans l'instantanéité, elle apprivoise. Elle émet, je pense, des ondes positives, des parfums agréables. Il entre là-dedans une once de magie. Beaucoup d'amour, d'abord. Et de la magie, des enchantements. Oh, j'aime beaucoup ses superbes loups d'ombres, ses masques à même la peau, peintures solubles dans la lumière, vapeurs d'écriture sur le livre du visage, caresses d'encre délébile. Médaillons noirs, joyaux d'ombres, parures volatiles. J'aime la façon singulière, inattendue dont elle combine, écrits les formes, les élans. Elle a des couleurs romantiques, chaleureuses, languides, sensuelles. Elle sème des merveilles que je reçois comme une pluie de pétales. Un exemple, au hasard ? Le profil flou d'une jeune femme auréolée par le feu mourant du soleil au déclin. Tableau supérieur, magnifique. Un autre ? Un épaule ornée d'une chevelure folle. Ou des yeux d'enfant illuminé par le regard porté sur elle. Ou quelque chose d'aérien dans un paysage,... Le vase regorge de fleurs délicieuses. Des instants de bonheur, récoltés avec une infinie tendresse, vous émeuvent comme une pièce de Chopin, un poème de Verlaine. Viennent les velours noirs, lourds, au cœur desquels se lève la nacre tamisée d'un visage, nuances, art de l'estompement. Des parterres singuliers, raffinés de jambes de femmes. Images qui nous ramènent au tremblement délicat, enveloppant, chaleureux du monde. J'aime la variété de l'oeuvre. Camées, vitraux baroques. Images ciselées. Jeux sur la vérité séduite par ses reflets. Maillage savant des corps. Pointillisme dans la lumière. Curiosité bienveillante pour l'autre, ouverture d'esprit. Attention délicate, poétique, chaleureuse à la présence de l'autre, des autres. Cent mille raisons d'aimer, de prendre avec soi comme pour s'apaiser, pour désirer quelque chose encore, pour continuer d'aimer, pour redire avec majesté l'intérêt de l'être, ces soirs d'apocalypse, par exemple, quand Bruxelles tremble dans les flaques de sang et les débris mêlés des êtres et des choses. Ces images exquises infusent quelque chose dans l'air, une qualité d'oxygène, des bouffées d'iode, une pincée de sagesse et d'amour. Précieux bienfaits, vous dis-je. 

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14:44 Publié dans Hélène Desplechin | Lien permanent |  Facebook |

Les Chroniques du Poisson Pilote n° 23

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NADINE CERDAN

https://www.facebook.com/Cerdan-1573579279623666/?fref=ts

a bo 9.jpgAujourd'hui; je consacre toute ma chronique à une jeune artiste peintre douée d'une puissance expressive peu ordinaire. Elle a pratiqué, et pratique peut-être encore, une jolie vaine paysagiste. Mais son évolution la pousse vers un ailleurs moins, beaucoup moins axé sur la représentation.Sa volonté de trouver, de saisir, de révéler l'essentiel la conduit souvent à une quête de l’élagage, de la simplification extrême, d'une forme ramassée et douée d'une force évocatoire impressionnante. C'est une direction de l'oeuvre. Je tenterai de faire voir quelques-uns des chemins qu'elle emprunte. Entre un noir et blanc très ascète et des feux de couleurs splendides, dans l'espace singulier d'un art figuratif presque en instance d'abstraction. La recherche du simple, de la forme essentielle habite l'oeuvre, la transforme. Mais je vois aussi, autre versant de l'aventure picturale de Cerdan, une sorte d'abandon aux humeurs, aux impulsions, à l'instinct, peut-être. Je découvre des compositions soulevées de fièvres, d'agitations nerveuses, de frénésie, de surenchères graphiques qui épaississent les œuvres, les fertilisent, les font voyager, en développant des créations singulières et originales, entre le cubisme, le fauvisme, un dadaïsme sous influence punk, le mouvement Cobra, le street art et le tag. Mais on sent, avec une pulsion presque identifiable à l'art brut, un amour de l'art, de ses origines, de l'art pariétal, des fresques, de Matisse, des portraits de Virgilo Guidi, etc. Je vois ici les impressionnants produits d'un art déboussolé, c'est-à-dire libéré de la tyrannie de la boussole et capable d'inventer ses propres chemins d'avancée. Entrent en action, avec une recherche de la maîtrise et de l'essence, des forces libératoires, presque sauvages, folles, primitives. Cette orpailleuse prend de la paille d'or, c'est sûr, mais son art, c'est aussi de rendre la géographie accidentée du lieu, la chorégraphie sauvage du tamis, la danse désordonnée de l'eau, l’attente enfiévrée, les éclairs de la lumière, tout le passionnant et vivant attirail de la quête. 


Dans l'oeuvre, un trait existe, étonnant, sûr, confondant. Un tempérament puissant, original orchestre et secoue le travail de Cerdan. On sent bouillonner les ressources, le feu obstiné de l'enfance menant une ronde époustouflante avec le savoir-faire. La ligne du temps intime de l'artiste est chiffonnée : dans l'oeuvre elle est enfant, mais aussi conquérante, artiste en perpétuelle formation, être en questionnement perpétuel, forcenée en pleine ruée libératoire, bâtisseuse d'instable, chercheuse invétérée. On sent, au contact des tableaux, passer un furieux, un tonique désir de liberté. Un filigrane d'histoire de l'art néanmoins se lit dans la production. Et déjà, oui, dans ce formidable séisme artistique, des résultats très convaincants émergent, subjuguent. Oui car le versant du simple et le versant de la fièvre produisent, dans une cohabitation dynamique et orageuse, des mouvements sismiques qui électrisent, animent, traversent l'oeuvre. Les grands vases communicants instables produisent des frissons telluriques formidables. Oui, la construction d'une oeuvre est en cours. C'est fascinant.

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28/03/2016

Quelques nouveautés du peintre et graveur Andreas Vanpoucke

Nouvelle galerie Vanpoucke

Je reviens inlassablement sur l'oeuvre féconde de mon ami Andreas Vanpoucke, je recueille à nouveau quelques-uns de ses nouveaux portraits superbes, habités, exhaussés par une griffe raffinée, nerveuse, artiste. Pour le plaisir, - plus que jamais précieux, vital, indispensable -, de m'entourer d’œuvres élégantes et profondes, pour le plaisir de partager un projet esthétique, un regard noble sur le monde, sur les êtres. Chez Vanpoucke, j'aime encore l'artiste en perpétuelle célébration de l'art. Les oiseaux parlent aux oiseaux. L'univers qu'il bâtit est un refuge situé sur les sommets de l'existence. Je veux rendre grâce à cela. Mais c'est davantage un bonheur qu'une volonté. 

Pour inaugurer la série, cette beauté, sorte de déesse d'un nouvel Olympe rallié à la paix, aux fleurs, au songe.

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C’est la chambre de Dorothée.
– La brise et l’eau chantent au loin
Leur chanson de sanglots heurtée
Pour bercer cette enfant gâtée.

Du haut en bas, avec grand soin,
Sa peau délicate est frottée
D’huile odorante et de benjoin.
– Des fleurs se pâment dans un coin.

Charles Baudelaire, extrait de Bien loin d'ici

Voilà JJ Cale. Portrait superbe, dense, intense, tout à fait dans l'âme de l'oeuvre. JJ Cale, alchimie sonore de blues, de country, de rock. On passe quelques précieuses minutes avec lui. 

https://www.youtube.com/watch?v=gz2l_icQlAo

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La belle Emmanuelle. Somptueuse dans les vapeurs noires dont Andreas orne son portrait. Perle sur son exergue de velours. Je la trouve ici, mutine, complice, dans une chanson de Brassens : 95%

https://www.youtube.com/watch?v=_P7wJn_5rz8

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Andreas aime les belles femmes. Il isole d'elles toujours quelque chose de précieux, d'unique. Il les établit dans l'espace de la poésie, des livres, de la durée. Ici, l'illustratrice Nette Sobry.  

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Oui, quand je vois le Brel de Vanpoucke, il me paraît à l'aune du fabuleux répertoire, ardent, tracassé, fameux, pensif, profondément happé par l'intérieur, la poursuite d'un rêve et du lointain.  

https://www.youtube.com/watch?v=Gosgf3nWjjs

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Avec Andreas, on fait le tour du monde de la beauté des femmes. Magnifique invitation au voyage. J'aime beaucoup cette étude, profondeur du regard, charme des traits, merveilleux fruit de la bouche. La beauté porte le nom d'Aysun Ysltp et vit en Turquie. Elles sont superbes, les têtes de Turques. En regardant ces poèmes visuels, je navigue à bord d'un hamac paisible et moelleux, balancé par un délicieux vent tiède. 

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Andreas et moi partageons une grande admiration pour la très talentueuse et admirable Jacqueline du Pré. Sa fougue, son ardeur, sa passion, son engagement total sont féeriquement combinés à un état de grâce, à un virtuosité vertigineuse. Un volcan transmué chef-d'oeuvre. 

https://www.youtube.com/watch?v=llB7NaWLUc4

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Je ne sais qui c'est. Une esquisse. Une filée de grâce. Un zéphyr féminin. Une deux fois passante. Après le violoncelle de Jacqueline du Pré, on pense ici à un accord de harpe. Instants sacrés.

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Ce n'est pas la première fois qu'Andreas grave la belle Amanda Holmes Tzafir, peintre, dessinatrice et photographe. Découvrez avec les liens que je vous propose son oeuvre. Le portrait de l'artiste par Andreas est somptueux, doté d'une vie fascinante. Quelque chose s'incarne dans ce beau visage : une paix, une altitude avec les carats d'un feu. En-dessous, je reproduis deux autres portraits d'Amanda Holmes Tzafir par Andreas. Deux autres aspects mais dans la cohérence.

https://www.facebook.com/amandalee.tzafrir.5/media_set?se...

https://www.facebook.com/amandalee.tzafrir.5/media_set?se...

http://amanda-lee-tzafrir.pixels.com/

http://www.saatchiart.com/AmandaLeeTzafrir

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Ah, Ingrid Thulin. Essentielle. Le silence. Bergman. Un des films qui a marqué mon adolescence. Un trouble magnifique. Indélébile. 

https://www.youtube.com/watch?v=Pgkbr4plr6U

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Dans des compositions reamrquables, la sculptrice et peintre Prescilla-Mary Maisani représentée à l'oeuvre par Andreas. On peut découvrir les remarquables oeuvres de l'artiste d'Ajaccio avec ces liens :

http://www.art-maisani.com/

https://www.facebook.com/arte.missaest/photos_albums

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13:37 Publié dans Andréas Vanpoucke | Lien permanent |  Facebook |

21/03/2016

Virginie Dubois

VIRGINIE  DUBOIS

Courts-métrages réalisés :

Vidéos en ligne sur youtube :

l'angoisse du chevalier - l'eau - a civilized story - ubak - unorchestra - la chapelle - camilla - là - the hotel - trio - le paternel

https://www.youtube.com/channel/UCI3nFnnxj_OtudLhzNSrRsA

     

09:12 Publié dans Virginie Dubois | Lien permanent |  Facebook |

17/03/2016

Mahiou Naise

MAHIOU  NAISE

au vrai cirque de notre vie

a naise 32.jpghttps://www.facebook.com/mahiou.naise.5

https://www.facebook.com/MahiouArtistePeintre/?hc_locatio...

Mais bon sang, qui donc peut porter un blase aussi pourrave, aussi rébarbatif, aussi foutrement répulsif, qui donc ose, pourquoi, comment est-ce possible, où, qu'est-ce à dire, quelle heure est-il ? Il faudrait, pour qu'on tolérât cela, la circonstance atténuante soit d'une terrible maladie mentale soit d'un talent exorbitant. Nous ne connaissons pas l'état de santé de l'artiste mais son talent est exorbitant, fellinien, hénaurme, il est fameux, exaltant, festif, caricatural, détersif, grimaçant, réjouissant, carnavalesque. J'aime cette truculence, cet excès, cette férocité joyeuse, presque tendre, grand-guignolesque. Dans des adaptations boursouflées, génialement trahies, grimacées, on trouve dans le cocktail de cette peinture, un peu de Bruegel, une pincée de Bosch, un rien d'Ensor, une poignée d'Otto Dix, une influence bédéiste, un fond d'inconséquence, une dinguerie émancipée. Voilà à quelle sauce cette Mahiou Naise mange notre belle société, elle la regarde dans le blanc sale des yeux, le jaune, avec un fond d'ironie, une loupe d'ironie et s'en repaît, comme un ogresse. de pauvres petits orphelins perdus. Oh, la vilaine, la judicieuse, la pertinente, l'énormément maboule, oh, le jubilatoire appétit ! Sous le pinceau de l'artiste, ce monde tourne risiblement dans sa galerie des glaces grossissantes, dans ses excès, ses fonds d'huile ! Mais d'où vient que soudain on se sent attendri, touché, attristé, concerné ? De ceci ! Dans cette entreprise picturale, le désastre humain n'est pas mis de côté, il est cité à comparaître, même tordu, étiré, chiffonné, plaisanté, il est là, terrible, il nous ressemble au-delà des courtoisies de sa déformation. C'est notre cirque, ce sont nos pitreries, nos désarrois, ce sont nos naufrages, nos épaves. Ce sont, dans ces contorsions expressionnistes, nos anges affalés, nos lanternes intérieures soufflées, nos certitudes ébranlées qui tanguent, qui tirent la langue, qui se dégonflent. C'est le rire et l'autre côté du rire. Son autre versant. A vol d'oiseau, ils semblent si proches. Mais notre oiseau, il se pourrait qu'on l'ait naturalisé. Empaillé. Qu'on ait réglé son sort à la broche. Ce blase déplorable de Mahiou Naise nous apprend essentiellement, bien sûr, que l'artiste est dans le jeu et que l'importance n'est pas à son goût, l'artiste est du côté du hareng saur de Charles Cros, d'un côté d'où on échappe définitivement à la crampe et aux poses du sérieux. Mais l'artiste n'échappe pas aux griffes du talent !

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15:48 Publié dans Mahiou Naise | Lien permanent |  Facebook |

12/03/2016

Blues session (3)

Robert Johnson

https://www.youtube.com/watch?v=H_qNwek7n5g

Steve Ray Vaughan

 

https://www.youtube.com/watch?v=ljVVFKjN0Dc

Johnny Winter

https://www.youtube.com/watch?v=QMClreF1zyY&list=PLi7...

Dr John

https://www.youtube.com/watch?v=R44PkPUEDCM

Fred and the Healers

https://www.youtube.com/watch?v=bTr3d_KPjdo

Paul Personne

https://www.youtube.com/watch?v=2hQQ7MvEluE

El Fish

https://www.youtube.com/watch?v=1vqTzYQvl_k

Canned Heat

https://www.youtube.com/watch?v=qRKNw477onU

Buddy Guy

https://www.youtube.com/watch?v=KRihhTQik2k&list=PLaO...

https://www.youtube.com/watch?v=6xG3OCIsMrs&list=PLaO...

Big Walter Horton

https://www.youtube.com/watch?v=FQfEZd9t5YU&index=11&...

Junior Wells

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https://www.youtube.com/watch?v=X-9_hsLhX0w

Asie Payton

https://www.youtube.com/watch?v=wKCqMf2pAKs&list=RDwK...

Robert Pete Williams

https://www.youtube.com/watch?v=9U5VIcQpdHE

Eric Clapton

https://www.youtube.com/watch?v=9hQqP6RNnDE&list=PLCh...

Tommy Castro

https://www.youtube.com/watch?v=pTavhVaEohk&list=PLlb...

Paul deLay

https://www.youtube.com/watch?v=3_TSk3gmezQ

https://www.youtube.com/watch?v=dk6H8dIWoJU

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Léo-Vinh Beauvois

 Léo-Vinh Beauvois

un art du réenchantement

https://www.facebook.com/LeoVinhArt/?fref=photo

http://monazalee.blogspot.be/

https://fr.pinterest.com/leovinh/

http://www.saatchiart.com/account/artworks/93897

PEINTURE, DESSIN, COLLAGE, TECHNIQUES MIXTES

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Sur le blogspot de l'artiste, peu encline à se répandre en mots (horreur du blabla, semble-t-elle dire - signe distinctif que nous, les écrivains, prenons toujours pour une singulière coquetterie), on trouve un autoportrait très laconique : peintre et illustratrice, j'aime créer un univers onirique, gai et serein. Cette courte présentation qui donne la lumière de la quête que poursuit Léo-Vinh Beauvois habite l'oeuvre, c'en est le filigrane, le carburant intime. L'huile essentielle. Mais cette oeuvre, c'est aussi une formidable fête de la couleur, un territoire enchanté où le dessin est épanoui, c'est une création singulière, puissamment personnelle et qui évoque, comme en lointain écho, le Pop Art métissé de symbolisme, d'Art nouveau. L'oeuvre évoque des parentés avec le pouvoir des fleurs mais, d'une certaine façon, s'en écarte par une formidable maîtrise technique. Car ce qui épate, ce qui enchante ici, avec l'atmosphère de vitalité et la quête du beau et de l'heureux, avec le métissage plein d'habileté et d'ingéniosité des techniques, c'est le savoir-faire, la force, l'élégance et la beauté du trait, c'est le savoir-peindre, c'est l'harmonie de la composition. C'est la beauté féminine rendue dans son inépuisable et captivante variété. Le travail est méticuleux, magistral et inspiré. Il y a ici un amour immodéré, noble, exigeant de la peinture. L'intention de servir le rêve et d'inventer un monde gai et serein est exhaussée par une technique virtuose. Mais c'est une virtuosité sans ostentation, une virtuosité mise au service d'une esthétique, voire d'une éthique. Oui, le monde de Beauvois (celle qui voit beau) est enchanté, apaisant, lumineux, non comme un mensonge, mais comme un lieu inventé, comme une invention poétique, il est du côté des fleurs sublimes, des oiseaux majestueux, des visages émouvants, des yeux fastueux, des bouches à poèmes et à baisers, des ciels d'été regardés par une enfance éblouie, d'un temps ralenti et presque musical, des parfums délicats et envoûtants, des êtres exquis, il est du côté de la bienveillance, du côté d'un art épanoui, gracieux. Il s'agit ici d'un art en suspension au-dessus de la réalité, c'est un hélium d'art échappé à la médiocrité quotidienne du réel, à son âpreté désespérante, à ses désastres répétés, c'est une sorte d'aspiration édénique, un grand désir bleu hissé sur l'horizon. Ces icônes séduisantes accueillent des bestiaires magnifiques et des ententes, des complicités charmantes entre l'être et l'animal. Ils font oeuvre ensemble. Les femmes ont à voir avec les fées, les Bohémiennes, les nymphes, les muses, les déesses. C'est un rêve dans lequel se sont établis et opèrent réellement de concert un chevalet, une artiste transportée par sa musique intérieure et par ses visions, une quête et un talent réjouissant. Et ces mélanges heureux de merveilles et de contrôle, de délices et de métier me ravissent. J'ai le goût de cette folie magique, de cette graine d'allégresse et de sa floraison magnifique, luxuriante. J'ai le goût de cette ferveur et de cette élégance, de ces élans solaires, de cette hypnose lunaire, de cette ivresse bienfaitrice, de cette spiritualité chaleureuse, le goût, en somme de ce qui me fait défaut et est ici célébré avec chic, avec classe, avec exaltation. Ai-je écrit que la Frida Kahlo de Beauvois est une splendeur ? Ai-je dit que cette peinture fait le tour du monde, du ciel et que, ce faisant, elle enivre qui la regarde ? J'aime chez Beauvois, outre l'agrément de la façon et des moyens, la qualité d'un regard sur l'être et l"altitude de l'oeuvre.

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09/03/2016

Les Chroniques du Poisson Pilote n° 22

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n u m é r o    2 2

Pêche aux merveilles

Ici, pour ce n° 22, j'ai simplement fait l'orpailleur, j'ai très longtemps immergé mon tamis (un piège à merveilles que j'ai mis au point) dans le courant et j'ai retenu les pépites. J'ai retenu les poissons d'argent, les exocets, les fleurs de filon, les algues de porcelaine, les grains d'or, les vitraux, les vertiges incarnés. Puis, assis sur la berge, je les ai longuement admirés, ces fruits d'une pêche miraculeuse. Je les contemplais en écoutant Marcelle Meyer interpréter Rameau au piano.

https://www.youtube.com/watch?v=LzRwhyeNVGE

Un charme merveilleux opérait. Puis, j'ai pris le monde (l'univers, la galaxie, les gens de ma rue, peu importe) à témoin. Et cela a constitué mon vingt-deuxième numéro des Chroniques.

Sophie Thouvenin

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Victorine Follana

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Alain Gegout

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Assunta Genovesio

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Francis Campiglia

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Sam Sam Sam Laamari

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Béatrice Fernandez Terra

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Laurence Burvenich

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Martial Rossignol

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Josée van Lierop

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Séverine Lenhard

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Maud Dardenne

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Jaja Suberg

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Betina La Plante

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04/03/2016

Sophie Thouvenin (2)

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T h o u v e n i n

Enchantement et féminité

http://www.prismes.com/

https://www.facebook.com/sophiethouvenin

https://www.instagram.com/prismoso/

Presque par hasard, je retrouve Sophie Thouvenin, une photographe française que j'aime. J'entre dans ses albums, je feuillette, je découvre une abondance de photographies d'un charme poétique peu ordinaire. Et, en feuilletant, sujet à la grâce des images, enivré, il me semble découvrir un ingrédient de son alchimie photographie : en tout sujet qu'elle photographie (femmes, oiseaux, paysages, fleurs, animaux), elle parvient à prélever ce qu'il y a de féminin, de délicat, de gracieux, de sensuel, d'un peu magique, de frêle, de dansant et de résistant. Oui, elle crée lien autour de l'astre féminin, ou bien est-ce qu'elle répand sa propre féminité sur les mondes, choses et êtres, végétaux, qu'elle capte et fixe. Il y a en tout un rien d'enchanté. Dans le monde photographie de Sophie Thouvenin, il y a le subtil, le raffiné, le parfumé (mais oui, certains photographes sont capables de faîre vivre l'odorat du regardeur), le moelleux, le chatoyant. Elle me fait, à certains moments, en photographiant le détail d'une fleur, songer à une couturière, une brodeuse, une magicienne des étoffes précieuses. Son travail est exhaussé par un vernis de suavité. Son imagier marque aussi une intimité passionnante, presque amoureuse entre nature et culture, entre le sauvage, le naturel et l'art, entre aussi la sophistication et la fluidité. Elle est sublime dans le rendu de la luisance d'une fleur et du magnétisme d'un visage. Elle excelle dans la capture d'un détail au sein d'un ensemble, dans l'art de le rendre essentiel. Et, je le redis, tout cela semble lié au sein d'une somptueuse famille de formes, d'auras, de lignes, d'éclats. Elle rend merveilleusement bien le chaud et l'intense ou la fragilité de la lumière, les nuances, l'entente, la complicité des couleurs. Je suis charmé par cette parenté picturale dans la capture des couleurs et la quête de l'harmonie. Ses noirs et blancs scintillent, féminins, ardents, habités. Ses visages de femmes sont des poèmes visuels, profonds, légers, sensibles, troublants, allumés par l'émotion. Ils semblent contenir des chansons, des poèmes, des sonates, des tintements de cristal. Ils ont cette curieuse intensité des moments de communication intense et intime. Oui, ils sont nés d'une grande bienveillance, d'une véritable et frémissante humanité et d'une maîtrise remarquable. Par une magie qui lui appartient en propre et qui est liée au prestige de la féminité, Sophie Thouvenin rend précieux tout ce qu'elle capture. Il faut visiter ses magnifiques albums. Ils regorgent de joyaux et de perles, d'ors splendides. On respire formidablement bien dans cet univers.

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