26/11/2017

Chroniques du Poisson Pilote n°33

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n u m é r o    3 3

Pour le moment, mettant la dernière main à un recueil de courtes nouvelles, je me suis abstenu de toute activité parallèle. Mais promouvoir ce que j'aime reste pour moi une aventure essentielle, vitale. Une aventure pratiquement indépendante des effets qu'elle produit. Une aventure dans laquelle, sans être totalement replié sur moi-même, je me sens parfois, en toute humilité, une sorte de Jean des Esseintes qui se met à l'abri du monde derrière un rempart d’œuvres. 

L N    A F T E R

https://www.facebook.com/hellen.halftermeyer?fref=ts

Je voudrais d'abord revenir sur une artiste dont j'avais adoré et signalé comme une émergence importante l'apparition des premiers éléments de l'œuvre. Elle montrait peu. Ce qu'elle montre aujourd'hui, peu encore, confirme la formidable singularité d'un talent exceptionnel. Un univers troublant, profond, original, puissant, poétique par la manière dont il traite l'estompement et la presque évanescence de l'être, se construit progressivement. Dans un magistral jeu de nuances, on voit cohabiter force et distance, solitude et hantise, souffrance et silence, appel et mutisme, présence et dilution. Je suis épaté par la façon dont l'artiste (qui utilise au demeurant les couleurs avec une pertinence rare) accentue l'effet de présence par les premiers signes de son abolition. Je pense à une oeuvre vaste, riche, étrange, inspirée par le thème de l'oeuvre humaine menacée d'extinction.

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H É L È N E    B É N A R D E A U

à mon amie Christiane Mégel

Le 5 février 2017, Hélène Bénardeau est morte. Après plus d'une décennie de lutte contre le cancer, la belle sirène de la Loire (mère, enseignante et écrivaine) s'est absentée. J'avais assez récemment fait la connaissance d'Hélène mais son départ m'a profondément bouleversé. Je suis d'avis qu'il faut la retenir, qu'il faut capturer son souvenir, son imagier, ses mots, ses fleurs et les perpétuer comme on le fait quand on aime quelqu'un, quand on est sensible à son esprit, sa lumière, sa beauté. Voilà pourquoi, dans mon espace internautique, j'ai à cœur (par affection, par goût de l'esprit, par fidélité) de semer des traces d'Hélène. De faire jardin parmi ses fleurs. De recueillir ce précieux qu'elle dispensait. J'ouvrirai sous peu un nouvel article consacré à cette magnifique Passante. 

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/helene-benardeau/

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A L A I N    L A B O I L E

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/alain-leboile/

Je lui ai consacré de nombreux articles. C'est un artiste immense. Un enchanteur. Il n'a plus besoin de soutien, il vole, son oeuvre est reçue et célébrée. Nous, par contre, nous continuons à désirer la bienfaisante présence de son oeuvre poétique, son talent inventif, ses clichés habités, sa manière de considérer le monde, sa vision, ses merveilles, sa façon inédite de capturer la beauté et la grâce des siens. Cette façon et cette qualité de regard enchantent. 

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F R E D D Y   R A P I N

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/avec-freddy-rapin/

Un autre de mes hôtes. Rapin, avec qui j'ai collaboré, m'avait déjà saisi avec une création rouge. Celle-ci, lorsque je l'ai découverte, m'a procuré un grand sentiment de ravissement. Dans cette seule photographie, des poèmes entiers et rouges sont contenus. J'écrirais volontiers un roman pour m'en faire une illustration de couverture.

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M I C H E L    F E R R A N D

http://ferrand.wixsite.com/michel-ferrand/

Nos amis sont toujours les plus mal servis. Je m'aperçois, éberlué et confus, que je ne possède rien de Michel Ferrand dans mes espaces.  Pourtant il y a à dire sur cet homme touchant, délicat, profond, singulier, attachant et loyal. Il y a à dire sur son exploration soutenue des âmes semées dans la nuit, sur les hantises qu'il explore à la lampe noire de son talent. Sur l'inquiétude qu'il approche comme un animal sauvage que l'on ne veut pas effaroucher, sur l'humanité secrète, embusquée, désolée dont il rend compte avec un impressionnant sens du frisson et une sensibilité qui me bouleversent. Ferrand est là, derrière le masque conventionnel des êtres et ses encres - tags et fresques poétiques chaulés et charbonnés sur les parois de la nuit, comme des loups à la face cachée de la lune, hurlent. J'aime cette faune humaine à l'écart des rangs et de la lumière, établie dans sa propre et nouvelle leçon de ténèbres.  Car oui, j'entends dans l'oeuvre des voix d'anges, des voix douloureuses, nocturnes, blessées, perforantes. J'aime avec tendresse ces terribles et déchirantes fleurs de lune qui s'ouvrent tandis qu'une partie du monde se ferme et ferme les yeux. Je suis happé par ces yeux noirs ou absents, ces yeux de nuit. 

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