06/10/2015

Les Chroniques du Poisson Pilote n°15

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 J O S É     S A B O G A L

Je découvre ce peintre péruvien, José Sabogal (1888-1956). Pour présenter l'artiste, je reproduis des extraits d'un article de L'Express dont voici les références :

http://www.lexpress.fr/actualites/1/culture/perou-hommage-a-jose-sabogal-peintre-indigeniste_1267296.html 

Sabogal (1888-1956) "est une des figures majeures du mouvement indigéniste péruvien", indique à l'AFP Natalia Majlouf, directrice du Musée d'Art de Lima (MALI) et commissaire de l'exposition qui regroupe, réunies pour la première fois, quelque 300 œuvres du peintre. 

Le courant politique et culturel de l'indigénisme lancé au début du XXe siècle se proposait - un siècle après l'indépendance du pays en 1821 - de redéfinir la "péruvianité" en y intégrant l'héritage indigène, foulé aux pieds par la conquête et la colonisation espagnoles. 

Bien avant la photographie, la télévision ou le tourisme, Sabogal déroule les images de la richesse et de la diversité du Pérou pour des contemporains qui découvrent avec sa peinture leur propre pays. 

Les imposants portraits en pied de notables locaux et de leurs épouses en habits traditionnels, les scènes de la vie quotidienne, les artisans, les animaux - dont une série sur les lamas - les paysages de la Cordillère ou du littoral Pacifique, les barques du lac Titicaca ont été "des images accueillies comme venant d'un pays exotique", avait relevé le propre Sabogal. 

Reconnu comme "le maître de l'authenticité", il est "avant tout le premier peintre péruvien", comme le décrivit son contemporain, chef de file d'un mouvement indigéniste radicalisé, l'écrivain marxiste et fondateur du Parti communiste péruvien José Carlos Mariategui. 

José Sabogal, originaire de la province de Cajamarca (nord) voyage tout jeune en Europe puis en Argentine et au Mexique où il s'inspire des grands peintres et muralistes de l'époque. "Sabogal est en quelque sorte un (Diego) Rivera mineur d'Amérique du Sud", indique Natalia Majlouf. 

Le peintre effectue un long séjour à Cuzco, la capitale de l'ancien empire Inca qu'il peint sous tous les angles. 

Sa première exposition à Lima (1919) fait sensation et lui apportera immédiatement succès et reconnaissance mais aussi critiques et dédain de ceux qui le surnomment "le peintre des indiens". 

Professeur puis directeur de l'école des Beaux Arts de Lima, il meurt en 1956, non sans avoir formé toute une génération d'artistes péruviens et amassé une oeuvre prolifique mais considérée ensuite comme datée, "justement parce que très identifiée à l'indigénisme et reléguée dans l'histoire de l'art en général", estime Gérard Borras directeur de l'Institut français d'Etudes andines de Lima. 

"Le génie de Sabogal, c'est de produire de l'art qui va au delà de l'aspect militant d'une époque", dit-il à l'AFP. La rétrospective permet également de découvrir d'autres facettes de sa peinture, dont une série de portraits d'écrivains, de syndicalistes, d'élégantes de la haute société de la Lima créole des années 30 et 40, ainsi que des peintures murales, des xylographies, des aquarelles, des poteries. (...)

"Sabogal a su construire une image de la nation et particulièrement du monde indigène au Pérou au XXe siècle qui a perduré jusqu'aux années 1980, lorsque cette image s'est fissurée en raison de facteurs sociaux et politiques, des mouvements armés, des changements urbains comme la migration andine vers les villes", termine Natalia Majlouf.

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16/09/2015

Les Chroniques du Poisson Pilote n°15

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Dans ces temps odieux, ces temps de grands flux migratoires, de désastres humains, ces temps d'une générosité qui à peine annoncée se rétracte, ces temps de corps éteints jonchant les plages face à des touristes que tant d'impudeur indispose, ces temps d'abois fascistes et de vociférations religieuses, ces temps sinistres où le premier imbécile (un frère, un semblable, en quelque sorte) se sent autorisé à vomir sa bile en guise d'opinion, je reste dans cette idée que le faible et le menacé doivent être secourus, qu'il n'y a aucune dignité dans le rejet même si l'on sait que l'hospitalité ouvre aussi la porte aux rats. C'est et cela a été ainsi de tout temps, il a toujours été plus facile de duper un homme de bonne volonté qu'une crapule. Je reste, à l'écart de l'angélisme et des exaltations chronométrées, un fervent adepte de la bonne volonté. Le monde des uns se déchire, est piétiné, saccagé, celui des autres est en proie au doute, d'autres mondes encore se recroquevillent  et cognent ou ignorent et folâtrent. Un fait les relie : des menaces, lourdes comme des enclumes, s'accumulent au-dessus de nos têtes, qu'on se voile la face ou qu'on ouvre les yeux, nous entrons tous dans des ères très problématiques, dans des temps convulsifs dont nous ne sortirons pas indemnes. Mais rien n'est en mesure de m'écarter de ma quête artistique. Ma curiosité est plus sensible, plus éveillée que jamais.

D I A N E    M E U N I E R

Je commence à découvrir lentement son oeuvre. Je laisse d'abord une adresse pour lui rendre visite :

https://www.facebook.com/diane.meunier.5

Je suis emporté dans ses abstractions aériennes, originales, fluides, festives et folles. Ses fragiles et superbes édifices de vent et de lumière me touchent et m'enchantent. Calicots, bannières, ficelles, tout un monde de légèreté altière, enivrante. La couleur y vit en essaims intenses, allègres, poétiques. J'aime l'allégresse du trait, sa nervosité adroite, son empressement habile. Un univers de dédales et de labyrinthes pavés de couleurs qui se chevauchent achève de nous désorienter heureusement, de nous égarer pour notre bien. J'aime les poèmes-affiches et celui-ci, qui dit assez bien, l'univers de l'artiste. 

J'ai besoin
j'ai envie
d'un monde lointain
inconnu et perdu
d'un monde mystérieux
fantastique
harmonieux
exquis et
inexploité

Je reviendrai sous peu dans l'univers bienfaisant de cette femme arc-en-ciel, femme ruche oxygénée à l'haleine des fleurs et des papillons inventés.

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C a t h e r i n e    R é a l l a n d

Voici un formidable coup de coeur et de foudre. La première oeuvre aperçue, de la série des Mamacitas, m'a cueilli comme une fleur, tendrement, imparablement. J'ai le goût de cette rare simplicité, de cet accès à la poésie picturale, de ce raccourci vers l'essentiel. Autant de délicatesse, autant d'humanité, autant de tendresse, Catherine Réalland fait resplendir l'humilité. Elle lui donne un visage avenant, irrésistible. Donnons, pour l'amour de l'humanité comme dit Don Juan, quelques accès à l'oeuvre de la peintre française : 

https://www.facebook.com/realland.art?pnref=story
https://vimeo.com/77293037

Je vous recommande de visiter l'oeuvre, c'est un recueil rare où la bienveillance et la beauté sans fard se rencontrent et s'entendent. J'aime les paysages peints à l'huile essentielle de paysages, ces natures mortes enflées de vie et, superbe événement poétique, la merveilleuse série des Mamacitas.

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G i a n n i    P o n t i r o l i

Je tombe sur ce merveilleux portrait du Chilien considérable, Pablo Neruda, que j'aime et que je trouve ici merveilleusement représenté. Je suis ému en rencontrant sous cette forme, dans ces couleurs célestes, l'auteur du Chant Général et des Vingt Poèmes d'amour et une chanson désespérée. Pour découvrir l'oeuvre du peintre italien :

https://www.facebook.com/gianni.pontiroli

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Je prends congé, je rentre 
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète 
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :
dans ma patrie 
on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître 
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises.

Qu'aucun de vous ne pense à moi. 
Pensons plutôt à toute la terre, 
frappons amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs,
la musique: je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
Que nous allions au cinéma, 
que nous sortions 
boire le plus rouge des vins. 

Je ne suis rien venu résoudre. 

Je suis venu ici chanter
je suis venu
afin que tu chantes avec moi. 

( extrait du Chant Général)   

03/08/2015

Les Chroniques du Poisson Pilote n°15

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C H A N T A L    R O U X

Je reviens, dans cette chronique, à des œuvres qui m'ont considérablement et profondément marqué. C'est la raison pour laquelle je reviens vers l'artiste peintre française Chantal Roux, à son univers simple et profond fondé sur une poésie tendre, mélancolique, parfois proche du désespoir, toujours captivante. Je lui avais consacré un premier article :

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/chantal-roux/

En revenant dans les galeries de Chantal Roux, je m'aperçois que mon admiration ne décroît pas, que j'aime plus que jamais ce petit monde immense, ces bains de couleurs tièdes, ces traits d'une troublante et savante simplicité, cette humanité attachante, poignante même et ce regard bienveillant et inspiré sur elle. Je suis infiniment réceptif à ces élégies dessinées, à ces étreintes amoureuses, à cette petite musique jouée sur la corde sensible, à cette sorte de dénuement poétique, à cette humilité qui frémit, cette quête d'essentiel. Ici, j'ai rendez-vous avec le frisson.

Jusqu'à la mi-août 2015, Chantal Roux expose au Cri d'Art, au 1, rue d'Enfer à Metz (France). 

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L N    A F T E R

https://www.facebook.com/profile.php?id=100006608748279

Sur celle-ci, je n'ai rien eu l'occasion d'écrire encore. Ma découverte est toute récente. Mais le choc est décisif, l'enthousiasme est immédiat, franc, massif. Ln After (le pseudonyme sous lequel l'artiste se donne à connaître) s'impose par une très rare force expressive, dans une veine sombre et contrastée, marquée, tranchante. Oui, la geste est expressionniste. L'âme vient vigoureusement s'imposer, s'afficher dans ses portraits avec ses contrariétés, ses tourments, ses difformités parfois. Les visages sont matiérés comme des ciels de nuit, des lunes blafardes et tavelées, ils sont accidentés. Derrière cette brutalité évocatoire, on devine une maîtrise technique rare. Née en juillet 1980, elle n'a à peu près rien fait voir encore. Mais il semble que son heure soit arrivée. 

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 J É R Ô M E    D E L É P I N E

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/jerome-delepine/
http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/archive/2014/12/1...

A deux reprises déjà j'ai évoqué mon admiration pour cet artiste. J'ai l'impression de n'avoir pas assez insisté, de n'avoir pas dit avec assez de ferveur l'estime que m'inspire l'oeuvre. C'est une sorte d'inventeur de la vapeur picturale, il a placé le halo à l'intérieur du sujet et le sujet rayonne comme une lune. A cela, il a annexé une sorte d'indécision verlainienne. Son tableau acquiert une luminosité magique absolument fascinante. Ici, je fais voir quelques tableaux de sa somptueuse série consacrée à Don Quichotte. Ici, les proportions inhabituelles, l'équilibre et la composition, la façon de signer une silhouette, tout est exceptionnel, tout opère formidablement bien. 

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 A L A I N    A D A M

Et puis, omniprésent dans mon univers, pour le bonheur de demeurer en contact avec lui, pour l'amour de l'oeuvre, pour la qualité de l'artiste, il y a mon ami le peintre belge Alain Adam. 

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/alain-adam/

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01/08/2015

Les Chroniques du Poisson Pilote n°14

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F R A N C I S    C A M P I G L I A

Je reviens, une fois de plus - ce n'est pas la dernière - sur le photographe français Francis Campiglia (à qui j'ai déjà consacré une longue suite d'articles : http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/francis-campiglia/). Maître Francis. Valeur sûre, refuge ! Art chaleureux, raffiné, franc, sensible, marqué par la rencontre. Un sens de l'instant clé. J'y reviens par goût, comme on revient à un cru savoureux, comme on passe l'après-midi avec un ami, une formidable paire de moustaches. J'y reviens par amour de la photographie habitée, du savoir-faire, pour la saisie enthousiaste et futée de la lumière, pour le feu rutilant des couleurs, le velouté du noir & blanc, pour la manière savante, l'esprit qui traverse l'image. L'esprit. La fleur d'esprit, comme on parle de la fleur de sel. J'y reviens pour la façon de regarder la femme, de l'écouter, pour la façon d'entendre le paysage, d'en orchestrer les beautés, pour m'asseoir un instant dans le Paris singulier et frémissant de Francis. C'est un beau pays, un pays agréable, une France ouverte, cosmopolite, aérée, hospitalière chez Francis, les autochtones (des choisis, des élus, pas le tout venant !) ont une petite flamme au fond de l'âme, une plume invisible, un parfum qui ravit. La poésie est ici à l'aise, exigeante et inspirée. Et il y a la saveur intelligente que l'oeil transmet à l'image, cette épice qu'il y fait infuser. 

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ANGÉLIQUE FRAGNIER

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a ange ç.JPGJe parle ensuite de l'artiste peintre française Angélique Fragnier.

Elle exposait (12 avril au 18 mai) ) la Puerta Del Sol, rue Général de Gaulle à Pornichet une belle suite d’œuvres rassemblées sous l'intitulé de Corpus.

Pour peindre, elle associe des médiums comme l'huile, l'acrylique, le fusain ou les aérosols, ce qui confère à sa geste picturale une allure très originale, un cachet assez inédit. Ce rendu des corps (jambes et têtes sont absentes) crée une espèce de pont entre la fresque antique et le tag urbain, entre l'éternel et le circonstanciel.

Vifs, lumineux, fluorescents ou craquelés comme des œuvres de la statuaire antique, ces corps sont enfants du strass, de la vitesse, de la liberté et de la prison de l'instant, et, en même temps, fruits étranges de la mémoire. Ils sont en dynamique équilibre entre le désir de la perpétuation artistique et la volonté d'incarner l'instant nu, la palpitation même de l'instant. La Grèce qui adorait les corps est en filigrane, quelque chose des étincelles psychédéliques éclabousse, quelque chose de la manière pop art est perceptible, le tag insolent s'y discerne et le tout forme un curieux étirement du temps, une poésie spatio-temporelle qui dit l'oxymore d'une vénusté d'aujourd'hui, d'une esthétique flashy. Graffitis aériens ou minéraux entre hiératisme et sensualité, légèreté et phantasme. Ovnis picturaux, fleurs d'un singulier érotisme sulpicien, icônes de la vitesse, adonis et venus de rave party, vitraux de discothèque, mythologie d'écran, les œuvres d'Angélique Fragnier sont des infusions de la beauté dans l'ère du temps, une ère que sa manière singularise et signe.

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 STÉPHANE WANCQUET 

a nad a.jpgOuvrier depuis l'âge de 20 ans, délégué syndical à la FGTB durant une dizaine d'années, Stéphane est un excellent photographe amateur belge, portraitiste (son égérie et modèle de prédilection, sa femme Nadine, est une sorte d'exquise Vénus belge d'une beauté singulière et charmante), et paysagiste. Humble, discret, persévérant, inspiré, animé, amoureux, c'est un artiste qui cherche, qui explore, qui expérimente. C'est un type qui trouve aussi, qui cueille quelques superbes icônes. Stéphane a 41 ans, il est né à Soignies et habite Ecaussinnes durant son enfance et son adolescence. Son père était menuisier. Un ancêtre considérable, - son grand-père, marque l'artiste. Ce grand-père est carrier, antimilitariste et anticlérical. On devine le beau personnage. En matière d'antimilitarisme, il a eu l'occasion de se forger une opinion, il a fait la seconde guerre, a été prisonnier de guerre et s'est échappé. Il a ensuite travaillé dans les mines et a fini par exercer la profession de tailleur de pierre à Ecaussinnes. C'est ce grand-père charismatique qui offre à l'artiste son premier appareil photographique. C'est un Kodak. Stéphane s'en servira pour photographier la région. Plus tard, il découvre l'Urbex, (urban exploration, la visite souvent clandestine des lieux industriels abandonnés ) et renoue avec la passion de la photographie. Le goût pour le portrait est plus tardif. Un ami photographe (Gaetan Lelong) lui permet de réaliser ses premiers portraits. La complicité avec son modèle d'épouse crée quelques superbes photographies. Patient, obstiné, perfectionniste, passionné, Wancquet crée progressivement un bel imagier. Je vous invite à une visite dans la galerie de l'artiste.

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20/02/2015

LCPP n° 13

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A nouveau, comme un vieux chineur bien éveillé de retour du pays des merveilles, je reviens la hotte chargée. J'ai trouvé des choses admirables et d'autres. Je les partage avec le visiteur. Qui est curieux du monde ne connaît pas l'ennui.

A tout seigneur tout honneur, ceci, de mon ami ALAIN ADAM

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Puis, il y a mon épistolière de Chauny, PATRICIA-ELOY VELTIN à qui je demeure affectueusement fidèle et de qui j'aime revoir et diffuser le mail-art poétique.

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Je remarque et emmène sous mon bras ces très belles toiles abstraites d'EMMANUEL GONNET. La première est à dominante rouge, elle danse et tourne, trouve des élans, des queues de comètes de neige. Étranges astres fruitiers tranchés, pointillés, cousus, ailes en route vers le pays de la peinture. L’œil entre dans le tableau et l'accompagne longtemps dans ses mouvements et sa densité, dans son allure de nature vive. La seconde, dans son allure de pavée solaire, est un poème chromatique chaleureux et enthousiasmant, une énigme paisible dans laquelle la géométrie est comme dominée par les couleurs, fécondée par elle, par ses alliances et ses mélanges. 

http://www.e-gonnet.com/

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Ah, je retrouve une artiste que j'apprécie énormément, je veux parler de la très talentueuse peintre iranienne Mansoureh Hosseini. J'ai chanté cette artiste déjà, je la propose à nouveau à votre attention : l'oeuvre est un grouillement faramineux dans lequel la danse, la chorégraphie, l'attrapade, la guerre tournoient sans cesse, comme un schéma d'évolution de la vie en perpétuelle rotation, avec caresses et morsures.

http://colaux8.rssing.com/chan-5038980/all_p2.html

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Je découvre VINCENT LIGNEREUX, un peintre français dont, dans les jours et les semaines qui viennent, j'irai plus longuement prospecter l'oeuvre. Oui, il y a une grande vitalité dans ce travail, un mélange singulier et attractif de Pop Art, de Surréalisme, de réalisme et d'art pratiquement classique. Un graphisme à très forte puissance expressive caractérise les éléments que j'ai prélevés : ces compositions ont la puissance de captation des bonnes affiches, avec des intentions beaucoup plus louables, poétiques ou éthiques. Les œuvres affirment leur impact, s'imposent, se saisissent brutalement de votre attention. Il y a là, dans ce travail d'accroche, comme une synthèse ardente du propos, une simplicité efficace, une poésie élémentaire qui part à l'assaut. Comment dire ? Il y a une puissance de frappe poétique.

http://www.vincentlignereux.com/fr/accueil.html

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On sait (ou on l'apprend ici) l'estime que je porte au photographe MARTIAL ROSSIGNOL.

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/martial-rossignol/

Eh bien, il n'y a pas de raison pour que cet enthousiasme s'essouffle. Je découvre, en flânant, un joyau photographique dont il est l'auteur. Je m'en saisis avec la délicatesse décidée d'un cueilleur d'edelweiss. 

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La talentueuse et exquise FREDERIQUE FENOUIL (j'ai parfois l'envie de l'appeler Féérique Fenouil) est une sculptrice admirable et raffinée (et une chanteuse bouleversante). J'aime et célèbre son délicieux Olympe féminin.

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/frederique-fenouil/

Elle l'associe, avec une grâce et une élégance poignantes, à un mouvement de solidarité auquel je suis extrêmement sensible. Voici.

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Je découvre un peintre et dessinateur suiisse (1963) établi dans le Valais. Il s'appelle PIERRE-ANTOINE MOIX. J'aime son univers dans les réserves duquel j'ai, dans le plaisir de la découverte, capturé quelques œuvres. Oui, ses arbres ont le sens de la poésie, leurs représentations sont proches, elles sont parentes de la manière dont je regarde les arbres, dont je les sens, les éprouve. Son trait est singulier : volant, profus, habile, intense. Ses femmes me surprennent, métaphoriques, estompées ou très réelles, surinscrites. Elles ont peut-être quelque chose de végétal. Dryades suissesses. Exaltant. Je prends. Et sa peinture abstraite, lieu très musical, parfumé, d'une délicatesse sauvage, feutrée. Impulsion raisonnée. 

https://www.facebook.com/pierreantoine.moix

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Il y a cette artiste peintre française, tourangelle, BERNADETTE LECLERCQ. Très beau rendez-vous. Un monde singulier, étrange, onirique. Cette peinture est un lieu de passage entre le réel et le rêvé, une frontière fluctuante entre l'image et l'imaginaire. Ce n'est pas estompé, c'est très intense, c'est une sorte d'intensification du réel qui crée une impression de dépassement, de traversée. Il y a une sorte de vérité affirmée de l'invraisemblable. Un fantastique conçu par des moyens nouveaux, psychédéliques parfois. C'est passionnant.

http://www.bernadette-leclercq.com/

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SANDRINE MARIA est une artiste peintre française remarquable par ses fééries chromatiques, la beauté désolée, indécise, irrésistible de ses créatures. Merveilleuses fleurs de spleen, de poésie lente, lucioles féminines ou efféminées, créatures doublement peintes, elles affichent sans insolence l'arc-en-ciel de leur prodigieuse beauté mélancolique. A mi-chemin du poignant clown triste et de la fée, de l'être-aquarelle et de la créature-vitrail, de l'enfant et de l'adulte, du désir et de la distance, du mannequin de rêve et de l'âme en infusion dans sa mélancolie, de la ballerine et du ballerin, de la femme et de l'éphèbe, ces créatures dessinées dans le ballet du kaléidoscope vivent, pleurent, éclosent dans de magnifiques eaux troubles. Le vice ou la vertu n'ont rien à voir là-dedans, ces eaux troubles sont les eaux qui font naître le trouble, l'émotion, l'ensorcellement. En même temps, il me semblait, en admirant les créatures de Maia, qu'elles fondent le type d'un métisse universel, une créature qui serait le fruit des croisements entre la femme peule, le danseur russe, l'Esquimaude, la cavalière mongole, l'Aborigène, la Gitane, l'Aztèque, la Squaw, enfin, la conjonction harmonieuse de toutes ces déclinaisons de l'être humain. La créature de Maia est la somme ajustée d'une formidable suite d'identités. Elle est aussi une ensorcelante leçon d'humanité. 

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http://sandrine-maia.e-monsite.com/ 

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Je terminerai l'article du jour avec un photographe. Il s'appelle PETER FRANS. Très originaux, ses magnifiques clichés, fondés notamment sur une formidable gestion de la lumière dans le noir et blanc et des cadrages inaccoutumés, touchent à la grâce de l'imprécis, à la suggestion poétique, à l'intensité atmosphérique.

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09/02/2015

LCPP n° 12 - Assunta Genovesio & Marine Daubersies

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M A R I N E    D A U B E R S I E S

Je veux revenir sur deux artistes peintres dont les destinées, pour cause d'estime et d'admiration, m'intéressent au plus haut point. La jeune Marine Daubersies de Lille m'épate, je reviens encore à son oeuvre, elle s'élève, elle grandit, elle est au mieux de son assomption, son art atteint une terrible plénitude, une puissance terrible et formidable. Nous y sommes, je l'affirme, le seuil est franchi d'une oeuvre énorme, bouleversante, d'une force évocatoire considérable. Chaque nouvelle oeuvre confirme le diagnostic : un terrible et incurable talent est là, une geste rouge et noire est en marche. Des vents de tempête sont entrés dans les voiles de Marine Daubersies. Et sa furieuse navigation dans ses mers intérieures me sidère et m'exalte. 

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A S S U N T A   G E N O V E S I O

Je vous parle d'elle depuis assez longtemps. A la première oeuvre d'elle entrevue, j'ai su que j'avais affaire à une grande peintre, une artiste avec une facture originale, une patte, un regard, une vision. Et une personnalité forte et affirmée, totalement engagée dans son art. Une femme vouée à laisser un nom dans l'histoire de la peinture figurative contemporaine. De cette pâte épaisse, profonde, appuyée, de ces formes marquées, insistées, de cette présence résurgente des ombres et des sombres, l'âme et la lumière jaillissent, réinventées, signées. De la vigueur et du doux marquent le travail, du subtil et du vif, du musclé, du hardi. Une façon de rendre le sujet à la fois tranchant et présent au lieu où il est représenté. Il y a de l'oxymore dans l'art de Genovesio : une brutalité ailée. Aujourd'hui - et sans que toutefois j'accorde une importance excessive aux prix - Assunta Genovesio est lauréate, en peinture, du Prix Frédéric de Carfort de la Fondation Française. Ce prix va dans le sens de l'histoire. Il consacre un véritable talent. Ceci nous est la source d'une grande joie. Gloire à ceux qui fleurissent et sacrent les artistes que nous estimons. Nous sommes heureux et nous pensons que c'est justice qu'elle ait été distinguée. 

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31/01/2015

LCPP n°11 Mimia Lichani - Lika Rusadze

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M I M I A     L I C H A N I 

Un souffle d'enthousiasme me ramène à Constantine dans le bel atelier où l'artiste peintre algérienne Mimia Lichani met sa prolifique aventure picturale en scène. Me ramène, oui, car j'ai déjà consacré un premier article à mon amie algérienne :

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/mimia-lichani/

On se rend ici compte de la quête sans fin, technique et esthétique, qu'est l'oeuvre picturale de l'artiste, on prend conscience de la foisonnante diversité de ses recherches. J'aime cette univers de patience et d’insatiabilité, de paix et de fièvre, cette édification d'un temple pictural, d'un sanctuaire. On s'en convaincra en visitant, sur la page fb de l'artiste, cet espace dévolu à son atelier :

https://www.facebook.com/mimia.lichani/media_set?set=a.59...

J'ai le goût de l'oeuvre vaste et complexe de Mimia Lichani parce qu'elle manifeste la présence d'un univers culturel tout autant que celle d'une liberté essentielle : Mimia Lichani prend pleinement possession de sa singularité dans ce mélange très original et fructueux de ses origines et de ses visions personnelles. L'oeuvre palpite d'une formidable sensibilité, d'une paix chaude et lumineuse, d'une féminité développée en arabesques gracieuses, mais elle témoigne aussi d'un monde tourmenté et contraint où les êtres sont traversés, relégués, déformés, raturés, tatoués d'écritures et de signes secrets. J'aime ces êtres-parchemins, ces mains qui hèlent, appellent, ces pharaonnes magnifiques et hiératiques, ces beautés suaves. J'aime que l'artiste puisse rendre le beau et la hantise, le suave et le terrible avec une conviction unie, une même authenticité. La vie est là, superbe et terrible, ouverte et enfermée, festival de couleurs et tragédie, grand large et asphyxie. Femmes accomplies et fantômes comme en douloureuse attente d'une vraie vie, d'un mouvement, d'un élan. Dans une manière très original, il me semble que Mimia Lichani atteint à l'universel, à ce fil fragile de la condition humaine. Quand bien sûr, une condition est possible.

La sinistre réalité est que, en dehors de la formulation littéraire des choses, une grande partie de l'humanité vit sous le seuil de toute condition, dans le chaos. Et j'essaie parfois, en prenant du recul vis-à-vis d'une perception européenne terriblement tronquée, de m'imprégner de cette monstrueuse évidence. Petite digression.

Ceci, tout de même, me porte à considérer que selon le lieu géographique où il est porté, l'art trouve des accueils fort différents, plus encore quand il est le fruit d'une femme. Les chapes religieuses et morales achèvent souvent d'asphyxier la liberté créatrice ou empêchent son essor, disqualifiant la quête artistique, l'aventure profane et excluant la femme du monde de l'art.

Rien ici toutefois pour m'empêcher de voir l'oeuvre de Mimia Lichani de Constantine, rien pour m'empêcher de le célébrer et de le juger profitable à ma traversée de l'existence. Salut fraternel, Mimia Lichani, d'un auteur belge qui a le goût de votre travail.   

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L I K A    R U S A D Z E

un véritable événement pictural

Lika Rusadze est une jeune artiste peintre de Tbilissi (Géorgie). Je ne dispose pas d'éléments biographiques. Attention, Rusadze, c'est énorme, c'est un choc, c'est une révélation. Voilà une artiste qui a trouvé un chemin ahurissant vers la grâce, un chemin chaotique, secoué, bousculé, mouvant, instable, tendu. Mais au bout du compte, chaque oeuvre est un instant de poésie intense, hypnotique. C'est naïf, brut, rudimentaire, tout ce qu'on voudra, c'est surtout une sorte d'opération alchimique, une transmutation, et d'une façon inédite, c'est à chaque fois touché par la grâce, par le frisson. Voici d'abord des liens pour entrer dans l'oeuvre :

https://www.facebook.com/likarusadzesart 
http://www.saatchiart.com/LikaRusadze

a lika 20.jpgD'abord, une personnalité puissante, tellurique, sauvage et savante règne sur l'oeuvre. Rusadze est une sauvage qui aime la peinture, la culture percole en elle sans altérer son geste, sa vision, son tempérament. Sa manière ? Tout dire, avec force, dans la tension, dans la puissance expressive, dans la grâce, avec un art qui semble rudimentaire. Dans un monde instable, mouvant, insoucieux de la perspective, dans des applications de couleurs chahutées, sur un mode qui évoque la façon de faire des enfants, Rusadze propose ce tableau avec enfants, une maison, une poule. Elle propose surtout une façon de regarder, de sentir, de rendre les choses, d'être au monde. Rarement un tableau ressemble comme celui-ci à une réalité traversée de part en part, de fond en comble par la poésie. Chaque centimètre de l'oeuvre vit intensément, chante, gargouille, hurle. L'enfant dans le monde, à la fois établi en un lieu et perdu dans une petite et fulgurante métaphore de l'immense, c'est cela. Ce petit qui vibre à l'échelle de l'humanité. Et, par miracle, la représentation élémentaire, la boue de couleurs vivent intensément, vibrent au diapason du monde, se subliment pour entrer dans une vision dynamique et contrastée du monde. Ici, le primitif entre en subtilité, l'embryonnaire semble dire la complexité du monde. Rusadze est une poétesse picturale qui a une accès rare au monde, à son épaisseur, à sa terrible et fascinante instabilité. Par des moyens qui lui appartiennent en propre (perspective, couleurs vivantes, salies, ornées par la vie, application violente de la couleur qui rend les spasmes du monde, le vent, la vie des choses, des végétaux, mélanges et rencontres marqués et visibles des couleurs, coups de pinceaux, frottements visibles, surprésence, rayonnement des êtres, manière presque grossière...), l'artiste géorgienne va à l'art qui bouleverse, qui capture et éberlue par des moyens primitifs, presque buissonniers. Tout témoigne de ce qu'elle veut rendre : cette peinture d'un jeune homme sur un banc est à des lieues de la rigueur technique. Mais elle rend à merveille le souvenir de quelqu'un, l'effet qu'il produit, la manière dont il marque sa présence, la façon qu'il a d'habiter un lieu et d'habiter en nous. Au-delà de la précision anecdotique, l'âme du type au pull rouge flotte sur la toile et sur les accidents, les agitations du lieu. Cet art rudimentaire ne dit que l'essentiel. Son regard, sa pose, sa géométrie, ses ectoplasmes sont inoubliables. Tout, là-dedans, est en vie, tout intrigue, hèle. La peinture représentant une jeune fille au chat dans son salon me stupéfie et m'enchante. Tout ce faux de la représentation est plus vrai que le vrai, plus sensible, plus poignant. Ah mais oui ! La dune du salon, inquiétante et paisible, la pose charmante, irrésistible de la femme, sa vitalité chromatique, l'impression de pente, la rupture d'équerre, l'éloquente difformité des choses, le regard du fauve domestique glissant sur le sable mouvementé du tapis, tout agit formidablement sur le regardeur. 

Je ne veux pas ici détailler chaque oeuvre. Celui qui a des yeux et sait s'en servir va sentir, j'ai bien écrit sentir, qu'il se passe quelque chose d'inhabituel, il va se sentir empoigné, désarçonné et charmé par cette volonté de rendre le sujet au-delà des apparences, de le traduire, d'en livrer des formes et aspects injectés d'âme, de trouble, de formidables condensations de vie. Quelques mots encore sur la jeune fille en robe rouge devant les arbres. Ceci n'est pas une photo d'album, ni une photo d'âme. C'est la captivante, la persistante perception de quelqu'un, de sa voix, son odeur, sa gestuelle, sa personnalité, ses craintes, ... Tout ce qui émane d'un être est ici et rencontre ce qui émane de l'artiste qui le peint. 

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07/01/2015

LCPP n°10 Charlie-Hebdo, Iryna Yermolova, Elena Bovo, Jacky Terrasson, Sarah Jane Morris, ...

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n  u  m  é  r  o     1 0

Si je comprends quelque chose à des matières comme le désarroi, la détresse, l'effroi (etc.), je ne peux résolument pas comprendre les gens rassasiés, blasés, incurieux, je ne peux pas comprendre l'ennui, la dérive inerte, l'insensibilité à l'aimantation dynamique de l'art. L'insensibilité au désarroi des autres, à leur déveine, leur catastrophe, leur naufrage. 

M a n i f e s t o n s   n o t r e   é c o e u r e m e n t 

Le refus d'inhumer un nouveau-né rom victime d'une mort subite décrété par le maire de la commune française de Champlan est une décision qui m'écoeure, qui empeste la salauderie et la crapulerie. Cette décision infâme prise par un magistrat de la République inspire la honte. Nous ne pouvons pas nous habituer à cela. Ni nous voiler la face sur ce que cela induit. Cet événement est une tache indélébile sur notre présent. Ceci est le signe d'une pensée ignoble contre laquelle nous devons nous dresser de toutes nos forces. Nous ne pouvons supporter l'intolérable sans nous disqualifier nous-mêmes. 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/champlan-le-refu...

Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique. Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester.  MARTIN NIEMÖLLER

Mais je persiste à cueillir des merveilles dans le jardin du monde. Non par optimisme mais par appétit, par ce que, dans ce foutoir effarant, des fleurs étranges, des oiseaux singuliers, des gens remarquables continuent à croître, à nidifier, à semer des indices d'art. Voici les fruits de ma dernière récolte :

La magnifique voix de Sarah Jane Morris

a sarah.jpghttp://en.wikipedia.org/wiki/Sarah_Jane_Morris_%28singer%29

Quinze minutes en compagnie de la diva anglaise (Southhampton, 1959) :

https://www.youtube.com/watch?v=WrKdp4-dHxU&app=desktop
https://www.youtube.com/watch?v=x13lDf1p-c0

L'album Cello Songs - Sarah Jane Morris et Enrico Melozzi (arrangement et direction d'orchestre) - est une merveille :

https://www.youtube.com/watch?v=Xvl7pCrtIdg
https://www.youtube.com/watch?v=7xFQlsXyskE
https://www.youtube.com/watch?v=K7vgQ3AHR24

a sar.pngUne variation du très grand pianiste jazz Jacky Terrasson

Mon ami Eric Allard signale cette pièce. Je la recueille avec mille précautions, c'est une perle sublime. Terrasson est déjà dans mon orchestre idéal :http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/index-21.html

Ici, je transpire d'aise à l'écoute de cette magnifique, de cette époustouflante, de cette ahurissante reprise du Jardin d'hiver :

https://www.youtube.com/watch?v=DcsUAZjITKU

Je suis épaté par les couleurs du morceau, par sa fluidité et ses syncopes, sa soie sonore, ses subtilités et son électricité. Il y a décidément des bonheurs et des voluptés qu'on ne trouve que dans le jazz. 

La vénitienne Elena Bovo

La photographe et peintre Elena Bovo est déjà dans mon choix d'artistes.

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/elena-bovo/

Je trouve d'elle cette oeuvre que je juge admirable (on sent ici qu'Elena est à la fois peintre et photographe) et que je souhaite partager avec le visiteur :

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Iryna Yermolova

Voici une jeune peintre ukrainienne (établie en Angleterre depuis 2005) que je viens de découvrir. Quelques liens pour faire sa connaissance :

http://www.irynayermolova.com/
https://www.facebook.com/iryna.yermolova 
https://www.pinterest.com/margotegan/art-by-iryna-yermolo...

Je suis ici frappé par la sensibilité, la prestesse, l'élégance, une sorte d'alternance entre le plein et le vide, les belles petites accentuations dans des éléments plus suggérés que représentés, une fluidité charmante, la vigueur des couleurs, la façon de les aplatir et de les appliquer, les reliefs crées entre précis et imprécis, proche et distant, j'aime les effets de transparences, les gammes de rouges, mais plus généralement l'exploitation très originale de la couleur, la façon dont les éléments, les êtres semblent baigner agréablement dans la couleur. Mais j'aime surtout ces féminités délicates, ces présences féminines que la lumière frôle et éclabousse, ces grâces à quoi la lumière des lieux s'accordent comme le pollen aux fleurs ou le nénuphar à l'eau, ces êtres presque mimétiques que de très fins ourlets détachent et font vivre. Tout ceci palpite. Et tout est si bien assorti, chaque élément méticuleusement répandu dans le tout, que je songe à de merveilleux poèmes transcrits sur papier encre.

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 N O M    D E    D I E U   !

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Je n'attends pas d'avoir digéré cette horrible actualité pour la commenter. Elle ne peut être digérée. Il ne faut jamais se résigner à l'insoutenable. Toutes ces vies, ces talents détruits, anéantis. Quelle honte, quelle douleur insupportable, quelle colère immense, quelle consternation, quelle abomination ! Une violence inouïe. 

Pauvres crétins en arme, porte-flingue de la misère intellectuelle, pitbulls d'un livre triché, trahi, renié, rats et petit personnel du fascisme religieux, vous êtes sans dieu, sans morale, sans conscience, nus, vides et sanglants : votre guerre est morte à toute spiritualité, à toute transcendance, vous êtes des bouchers immondes. Allah (ni personne) n'exige ceci de vous. Allah pleure et saigne de votre salauderie. Allah a honte de vous. Vous êtes indignes de lui. Et de Dieu et des athées, des hommes, de la culture, de la pensée et des consolantes vierges promises qui serrent déjà les genoux à l'idée de votre approche. Oui, vous êtes des hommes, des hommes perdus, ignares, dressés, formatés, radicalisés, infectés, enflés, gavés de rage, aveugles à vos semblables. Vous êtes des exécutants : vous chiez, dégueulez, flinguez là où et comme l'on vous dit de faire. Vous êtes la caricature grotesque, offensante, outrageante, blasphématoire de Mahomet.

Nous, notre dignité est aussi dans le rire, dans l'acide brûlant de l'ironie, dans l'insoumission, la résistance, le goût de la liberté. Ce sont les insolents, les réfractaires, les anars, les audacieux, les inflexibles, les alliés du rire, les bouffons talentueux, les surdoués de l'arrogance que l'on vous a désignés et vous les avez pris pour cible. Vous avez fusillé à bout portant des gens assis, un feutre, une feuille de papier ou un stylographe à la main. On ne peut mieux culminer dans la lâcheté ignoble. Vous êtes des recordmans du monde de la lâcheté. Vous n'avez pas pu commettre ces actes infâmes au nom de qui ou de quoi que ce soit de grand. A l'altitude audacieuse, vertigineuse de l'humour, du rire libératoire, du rire protestataire, vous avez répondu par la bassesse, la kalachnikov, le dépeçage.

Et nous sommes affligés, consternés, abrutis de tristesse devant ces dépouilles terribles.  

04/01/2015

LCPP n°9 - Paule Lagacé

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n  u  m  é  r  o     9

P A U L E    L A G A C É

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http://www.paulelagace.com/
https://www.facebook.com/paule.lagace?fref=ts

Aujourd'hui, à titre exceptionnel, je consacre la chronique à une seule artiste, une peintre québécoise sur qui mon amie la très talentueuse Claire Bienvenue a eu l'excellente idée d'attirer mon attention.

Voici ce que dit Lagacé dans son espace personnel à propos de sa peinture : 

La peinture, pour moi, c’est la recherche de la vie actuelle. L’important c’est beaucoup l’expression de mes personnages, ce qu’ils dégagent, leur émotion, leur personnalité, leur actualité.  Ils vivent aujourd’hui et avancent avec moi à travers la vie.  A 20 ans mes personnages étaient ”fleur bleue”, depuis ils ont traversé et traversent encore toutes sortes d’étapes.  Ils sont arrivés à Montréal en même temps que moi en 1979, enfant en 1981, sensualité, bonheur, passion, malheur, tristesse, voyages…   En fait, la peinture c’est la poursuite de la vie.  L’important c’est d’avancer et de toujours chercher plus loin. 

a alg 10.jpgLagacé, sur qui je ne sais à peu près rien, m'a d'emblée paru une artiste exemplaire. Son art campe une synthèse de la geste picturale actuelle : peinture, vitesse, sauvagerie et maîtrise, impétuosité et savoir-faire, gestes brusques et tendresse, jaillissements bruts, coulées, éclaboussures, présence du hasard et de l'aléatoire, tags, techniques mixtes, une exploitation de la couleur parfois vive et acidulée, toutes les influences du jour combinées à une mémoire de l'art sont ici présentes, brassées et comme alchimisées, sublimées pour constituer une geste picturale originale et tranchante, souvent poignante, douée d'un charme puissant, différent comme, jadis on en observa chez Modersohn-Becker ou Hélène Schjerfbeck, pour mentionner quelques-unes de ces femmes supérieures qui avaient compris que pour camper durablement son temps, il faut le signaler à travers soi, à travers sa propre singularité, sa difformité parfois, son émotivité, sa façon singulière d'être au monde et de le ressentir, de le penser, de le traverser. Il faut le rendre dans l'hallucination où il nous apparaît. Ici, l'esquisse atteint à la durabilité, le geste nerveux comprend l'écoulement du temps, je présume qu'il le traversera. Je le pressens. Lagacée prend l'image de la femme contemporaine, se l'approprie, la traite selon ses recettes et ses savoirs, la jette dans des lumières et des opacités, visite ses mondes intérieurs et la fait entrer dans l'histoire de l'art.

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Paule Lagacé rend son temps, elle rend surtout la féminité contemporaine, ses représentations, la quête de son type, ce partage d'aujourd'hui entre l'esthétique, la fashion, le look et une idée de la beauté, elle saisit l'essence de tout cela et en fait oeuvre. Une oeuvre profonde, qui séduit et bouleverse, Elle réussit surtout à rattacher au mythe (sans doute contesté mais passionnant comme tous les mythes) de l'éternel féminin la femme du début du vingt-et-unième siècle, beauté sensible à sa propre image, caractère, aventurière de l'art, femme à l'oeuvre, mère de famille. Mais avant tout, elle dresse un portrait bouleversant, direct et essentiel de ce qu'est la femme du vingt-et-unième siècle. Son oeuvre constitue un exceptionnel recueil pictural, une superbe galerie poétique consacrée au présent et à la présence de la femme. Dans l'avenir, cette oeuvre magnifique portera témoignage. Je reviendrai plus longuement sur cette artiste de l'autre bout du monde. Mais j'étais pressé de partagé cette formidable découverte.

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02/01/2015

LCPP n° 9 Rafa Chevira, Anna Maria Cutolo

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R A F A    C H E V I R A

Je présente ici, en guise de première publication de l'année, quelques-unes de mes toutes récentes exaltations. D'abord, le peintre espagnol Rafa Chevira dont j'aime l'art de la découpe, de la réorganisation du monde, le sens de la forme, de l'association des droites et des courbes, les couleurs chaudes et savantes. Il s'inscrit de façon originale dans la lignée des Juan Gris, Georges Braque et Pablo Picasso. Pour approfondir votre connaissance de l'oeuvre, voici quelques liens :

 http://rafachevira.blogspot.com.es/
https://www.facebook.com/pages/Rafa-Chevira/1442195079377...

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A N N E - M A R I E    C U T O L O

J'aime son macabre terrible, hallucinant, grandiose. Je lui trouve une puissance exceptionnelle. Je l'ai écrit avec conviction et ferveur.

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/archive/2013/05/1...

La fascination se maintient, s'intensifie, dirais-je, devant l'édification de cette oeuvre étrange, folle et inédite où le conte, le fantastique et le macabre concertent. Et j'aime jusqu'à cet enlisement, cette inhumation des formes dans l'argile de la presque abstraction comme un énorme poème funèbre. Le rêve et le cauchemar s'accouplent pour engendrer des monstres prodigieux. J'aime le souffle qui soulève et enfonce cette oeuvre. Ce regard sur l'humanité, cette vision artistique me captivent et m'impressionnent. 

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