18/10/2013

"Comme un week-end à la mer" - collectif d'artistes (3/3)

Comme un week-end à la mer

collectif d’artistes

http://www.commeunweekendalamer.be/

Poursuivons la découverte de ce collectif et entamons le troisième et ultime volet de notre présentation.

JEAN-MICHEL UYTTERSPROT

Jean-Michel Uyttersprot est graveur et photographe, c'est un artiste très talentueux de qui j'aime énormément le travail et je lui ai consacré deux articles que je vous prie de consulter ici.

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/archive/2013/05/1...

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/jean-michel-uytter...

Toutefois, l'iconographie du collectif étant plus dense, je vais avoir le plaisir de vous présenter quelques nouvelles œuvres de mon ami Jean-Michel. On y retrouve sa belle griffe paysagiste, on découvre ses hantises, ses fantômes, quelque chose autour du flottement de l'être, sa presque présence et une prospection dans les ténèbres, les poutrelles, les ossatures et la forêt intérieure de l'être. Les portraits, par leur conception, nous font errer dans le filigrane de l'être. Tous ces angles, ces manières de regarder sont passionnants. Le magnifique loup en aquatinte me remet en mémoire les longues lectures de Jack London que, au demeurant, j'aime toujours aujourd'hui. J'ai dit déjà à quel point j'aime la forêt chez Uyttersprot, l'âme qu'il y met, la présence, l'intensité, le frémissement de vie. J'aime son bestiaire aussi où le loup fait retour, avec l'ours, des animaux chargés de légende et superbement iconographiés, ici, pratiquement comme des chefs-d'oeuvre en péril. La photopolymère, avec sa technique consiencieusement expliquée dans l'espace du collectif, propose une nouvelle  et hallucinante approche de la perception des choses.

Lithographies vietnamiennes

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Petite gravure et sténopés

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Aquatintes d'après sténopés

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Aquatintes issues de"La forêt, la nuit"

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Portraits (carburundum et pointe sèche)

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Xylogravure

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Photopolymère

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MICHEL VRANCKX

http://www.galerieprivee.be/

Michel Vranckx, né en 1956, est, à l'origine, un caricaturiste et un dessinateur de presse connu. Depuis quelques années, il est passé à la sculpture (céramique ou raku). Découvrons d'abord la patte alerte, le coup de griffe acéré du caricaturiste. J'aime ça. Pas besoin, comme chez certains, de sous-titrer les dessins pour qu'on puisse identifier le personnage. Ici, cela saute immédiatement aux yeux, l'essence et la nature du sujet sont immédiatement épinglés. J'ai une prédilection pour l'allégresse un peu penaude, la pose à la Tex Avery de son Albert II. Dans la Terracothèque de Vranckx, je reproduirais tout. Ce magnifique petit monde, par les thèmes et par la façon, a quelque chose de fellinien (Fellini était lui aussi un grand caricaturiste), de profondément drôle et réjouissant, quelque chose aussi de délicieusement poétique et charmant. L'absurde, la justesse de l'observation, la jubilation à incarner, une certaine et exaltante vacherie, une tendresse, la singulière et captivante façon de fixer le mouvement,  le bond, l'élan, l'allégresse générale et le vent de dinguerie qui décoiffent cet univers, l'inhabituel charme plastique des créations, tout retient l'attention et séduit. Un magnifique lieu qu'on pourrait sonoriser avec quelques pièces de l'excellent Nino Rota. De son trait intelligent et subtil de caricaturiste et de son pointu sens de l'humour, Vranckx assure le transfert dans son travail de sculpteur. Mais je le répète, quelque chose de poétique se dépose et plane sur sa création. J'ai cette impression que ces œuvres émettent une palpitante émotion, un sentiment de joie, un goût ravissant et parfois audacieux pour la taquinerie et l'insolence, une rafraîchissante plongée dans le nonsense, un plaisir à être et à se montrer que je reçois avec gratitude et bonheur. Je biche. C'est beau, c'est bon, j'aime beaucoup. Même le rire que fait naître cette belle statuaire est de qualité, c'est un rire inspiré. Vranckx trouve une nouvelle mesure dans la troisième dimension et quelquefois, en admirant ces superbes personnages, je rêvais à les voir en mouvement, dans un film d'animation. Vous n'aurez aucune excuse en paraissant devant moi si vous n'avez pas visité le site de Michel Vranckx.

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Terracothèque

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BRONZE

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MONIK MYLE

http://www.monikmyle.be/monik_myle_7/monik_myle.html

Monik Myle, comme son nom l'indique, est une artiste polymorphe. Son oeuvre, essentiellement picturale, s'ouvre en un large spectre qui comprend la sculpture, le collage, la vidéo, la danse, la couture et toutes les intersections possibles entre ces différentes disciplines. Quoi qu'elle entreprenne, il me semble qu'elle apporte une nouvelle manière de respirer à tout ce qu'elle approche. J'incite, pour commencer, le visiteur à voir toutes les vidéos de M. Myle et, pour l'encourager à entreprendre cette démarche, je propose cette vidéo, une sorte de danse minimaliste de l'extraction, une lente levée du gisant vers l'orant, un mouvement très plastique, une sculpture en mouvement, une entrée dans la respiration et l'existence. C'est un moment très intense, formidablement beau, l'entrée dans la vie humaine d'un marbre inerte ou la lente et progressive sortie de l'argile d'une statue vivante  : http://vimeo.com/32662939. Les vidéos de Myle sont aussi l'occasion d'un très intéressant travail sur le son et l'atmosphère sonore. Mais je vais ici me centrer sur son oeuvre peint.  Monique Myle explore depuis peu le graphisme libre. Son langage artistique est issu de l'univers du cinéma : sorties de leur contexte, les images prennent une certaine distance et acquièrent un sens nouveau. Les thèmes de l'être humain et de son environnement occupent une place centrale. Je suis très exalté par la violente vitalité, l'énergie puissante, la nerveuse électricité qui émanent de la création picturale de Myle. Comme en contrepoint, on trouve des suspensions, des équilibres singuliers, des associations chromatiques qui semblent dire un apaisement, une paix intérieure, une quête philosophique de l'ataraxie. Comme s'il y avait la double postulation d'une participation ardente au monde et d'un retour tranquille, d'un ressourcement serein dans la conque personnelle. Je perçois aussi un humanisme effaré mais profond et douloureux, un humanisme compliqué et peut-être bouleversé par les relents nationalistes, les rejets, les refus. Entre l'immense de l'humanité et la réflexion individuelle, l'oeuvre de Monik Myle promène de grands et puissants courants dans lesquels on se sent emporté, élevé, secoué, elle affrète d'immenses vaisseaux et les jette à l'eau, et on est de cette monumentale navigation en eaux agitées. Et puis, l'oeuvre tient en un frêle esquif et, par une aimantation nouvelle, on est aussi et pleinement de cette tranquillité qui songe. Il va de soi que pour chacun des artistes, je n'ai abordé très personnellement, dans la pleine conscience de ma subjectivité assumée, que quelques aspects de l'oeuvre. Mon objectif était de partager des trouvailles passionnantes, de donner le goût de l'iode et de communiquer un peu du plaisir que j'ai pris à vivre cette fin de semaine au littoral.

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17/10/2013

"Comme un week-end à la mer" - collectif d'artistes (2/3)

Comme un week-end à la mer

collectif d’artistes

http://www.commeunweekendalamer.be/

Poursuivons la découverte de ce collectif et entamons le deuxième volet de notre présentation. Je vous propose à présent de découvrir Cat Deneufbourg.

CAT DENEUFBOURG

http://catdeneufbourg.skynetblogs.be/

Elle peint, elle dessine, elle sculpte (elle assemble). J'aime ici, dans la veine picturale de l'artiste, le rapport à la lumière et à l'ombre, ce qui est vu et ce qui est tenu en suspens ou caché, la matière même de la peinture, comme vivante, lourde, pleine, révoltée parfois, j'aime la singularité, l'étrangeté de l'univers dans lequel l'oeuvre nous jette. J'aime cette coexistence du massif et du dilué, de l'évanescence parfois, un rhéostat qui irait de l'affirmation catégorique à l'orée du silence. J'aime beaucoup ce tableau intitulé "Si les animaux parlaient". Il me semble qu'il réalise un bond faramineux dans le temps et dans l'histoire de l'art entre la peinture rupestre et la galerie d'art contemporain. J'aime ici ce que je ressens comme un retour à l'aventure des couleurs : on sent, on éprouve la passion de la recherche, la jubilation, l'envol dans la rencontre des couleurs. C'est très exaltant. Comme me plaît ce travail d'assemblage autour des matières dures et métalliques qui crée une sorte d'industrialisme primitif, un territoire de réaffectation des matières mortes en objets chargés d'âme, un lieu de requalification des rebuts en totems. Et je suis enchanté et ému, presque à l'autre bout de la chaîne créative de l'artiste, de trouver ce magnifique papier artisanal bleuté traversé par un morceau de semelle et qui s'intitule "Attente pour Waterloo". Oui, il y a une puissante injection d'humanité et de sensibilité dans cette entreprise de "recyclart" poétique. Ses aventures dans le Land Art et la peinture des arbres morts me ravissent. Enfin, j'aime énormément, pour les nuances et la délicatesse et la beauté des encrages, la suite de gravures intitulée "Petites Traces". Deneufbourg, comme son patronyme l'indique très clairement, connaît et utilise un grand nombre de moyens d'expression pour livrer en une suite de passionnantes variations cette grande idée d'une réparation par l'art. Allez donc, je vous y invite, passer une heure ou deux dans cette espace.

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 CATHO HENSMANS

http://catho.hensmans.over-blog.com/

a catho 1.jpgEh bien, tout de suite, en ouvrant son blog, on apprend qu'elle n'est pas contente, Catho Hensmans, mais alors là, pas du tout. Pourquoi ? Parce que trop d'obligations (être heureux, maigrir, jouir, être politiquement correct, etc.) pèsent sur l'être et altèrent sa liberté. Oh, bon sang ! Mais pour endiguer cet afflux de contraintes, il suffit de penser aux gens radicalement malheureux, à ceux que la privation de nourriture rend squelettiques, aux femmes violées par un escadron entier ou à l'incorrection politique de Luther King, de Che Guevara ou de Mandela ! J'écris cela sans agressivité aucune, simplement incommodé par le sans doute très involontaire et curieux relent d'encens et de sacristie qu'émet ce patronyme (catho ; abréviation de catholique et hensmans : en semence, séminaire, etc...). Bon. Pour le reste, j'exulte (sans accessoires) en ouvrant tous les tiroirs du blog et en admirant les beautés et les acides très mordants qu'ils renferment. C'est puissant, libre, audacieux, c'est virulent, corrosif, pas catho du tout, mais alors là, pas du tout ! Les eaux-fortes sont très fortes, costaudes, des eaux-de-vie qui arrachent et qui sont d'une sacrée veine satirique. Les relents d'encens se sont dissipés, les séminaristes ont fui. Les dessins, délicats et drôles, attestent que l'artiste a gardé un petit solde d'humanité sensible. Les cartes à gratter font une intersection entre la virulence des eaux-fortes et la poésie des dessins : je trouve là quelque chose de très profond, de douloureux, d'impressionnant. J'aime ce travail même si je n'en comprends pas clairement la technique. Le résultat est tranchant, marqué, visuellement très accrocheur. Dans la peinture et les collages (où la sauvagerie, la férocité, l'humour choc et sans doute une sorte de souffrance font retour), je pourrais tout reproduire. Cet art virulent et sauvage me botte tout à fait, il me convainc et s'il est, comme le titre du remarquable film de Scola, affreux, sale et méchant, il est aussi déchirant et poignant. Il est encore poétique et rebelle et traversé par un frisson qui me plaît. La main qui trace ces œuvres va de la caresse au coup de poing en passant par la gifle, une belle suite de giroflées à cinq feuilles. Je pense que ces humeurs sont indispensables à l'art, je pense qu'elles nous rendent service et que cette façon d'asséner les coups révèle un réelle tendresse, une grande humanité et une perforante clairvoyance. Cette manière chez Hensmans d'être picturalement incorrecte et de déranger me transporte d'aise. Cet art, dans ses différents et parents visages, a quelque chose d'une violente bouffée d'air frais, d'un puissant rappel à la vie, à la liberté. Par ailleurs j'en aime énormément la facture, je la trouve très touchante. L'espace Polychromie fait la fête, c'est l'été du blog, c'est son versant presque jovial et j'y trouve de beaux poèmes-objets. Allez, païens, rebelles, crédules et incrédules, chrétiens et crétins, agnostiques et agneaux mystiques, hérétiques, athées, gentils, méchants, croyants et incroyants, renégats, abrutis, prix Nobel, savants et incultes, frères humains, je vous recommande l'exceptionnel espace de Catho Hensmans. 

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FRANÇOISE LAPORTE

http://francoiselaporte.over-blog.com

Mon Dieu ! Sur le blog, une photo, Laporte semble belle comme Simone Signoret. Signoret, quelle beauté ! Un astre ! Dès que je pousse la porte du blog (vertigineuse plaisanterie qui ravira les cancres et les attardés mentaux qui pullulent sur le net - il faut soigner la clientèle), l'artiste, "créatrices de petites choses" pour la citer, se confie à nous d'une touchante façon : "En ce moment, j'aborde  essentiellement la légèreté, les (dés)équilibres de l'être". Dites, Françoise Laporte, c'est léger, ça, le déséquilibre de l'être ! Voyons ! Bien sûr, dès que j'entre dans l'espace, je m'aperçois que les annonces de l'artiste sont mensongères ou erronées, je me tâte. Fausses, totalement. Humilité ou ruse ? Remettons cela à huitaine. Différons. J'aime mieux à faire. Plus urgent. Dire que j'aime ce que je découvre. Décidément, il n'y a que des gens de qualité dans ce repaire de brigands artistiques. Gravures et monotypes, oui. Sans conteste. Je prends. De la lourde, de la vraie, de l'insoutenable légèreté ! Avec de la grâce et quelques compositions inquiètes, le tout, convaincant. Les dessins & peintures me sidèrent. Entre une abstraction colorée étrange et énigmatique et des n&b cruciaux qui touchent à la tragédie de l'être, j'aime tout. J'avais oublié la légèreté et comme un sournois boomerang, elle vient me frapper à la nuque. Légèreté, mon œil ! Nous voici dans les abysses, les abîmes, les gouffres de l'être, dans son chancellement, son vacillement existentiel. C'est fort. Et cette frémissante empreinte de main, dernier geste, dernière tentative de saisir avant l'écroulement. Je reste ici et contemple. En haut de l'escalier où une dramatique et superbe peinture de la chute est accrochée, une accorte jeune fille sourit. The Laporte way, I presume, the Thedoor griffe. La souriante marque de la légèreté ! Ah, quelle coquetterie intellectuelle ! Je la pardonne en raison de la circonstance atténuante du talent ! Bon, la sculpture, - tout ce que je trouve dans l'espace sculpture -, est reçu à bras ouvert dans mon panthéon imaginaire. Madame Laporte est superbe au centre de ses beaux caprices d'imagination, en entomologiste onirique, en dompteuse de libellules conceptuelles, en ses précieux songes ornithologiques ou dans ses beaux songes de maître-à-danser. Tout ce bestiaire superbe et frêle, cette délicatesse, cette magie et cette féerie pleines de charme, ces animaux-étincelles, ces femmes-ballets, ces curieuses et séduisantes suspensions terrestres me bouleversent. Ceci aussi est autre chose encore que léger : ce sont des vers poétiques solides, des rimes palpables, c'est de l'aérien posé et qui se livre au regard, ce sont des notes de musique incarnées, c'est du solde d'enfance transformé en objet magique. Une alchimie du bout des doigts, une alchimie tricotée, cousue, collée, de la mercerie alchimique. Je succombe de joie. Que celui qui, ayant lu cette louange (car c'en est une), ne se rend pas sur le blog de l'artiste considère que je le renie à tout jamais et que je piétine jusqu'à l'ombre de son souvenir.

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16/10/2013

"Comme un week-end à la mer" - collectif d'artistes (1/3)

Comme un week-end à la mer

collectif d’artistes

http://www.commeunweekendalamer.be/

Je me renseigne sur la chose, le collectif. Je mène ma petite enquête. Je suis un homme curieux. La curiosité n’est pas un vilain défaut, la curiosité est le moteur même de toute vie intellectuelle. Les légumes sont incurieux. Eux et les imbéciles, les électeurs du front, et un grand nombre de gens que je n’ai pas ici le temps ni le goût de répertorier. J’ai eu vent de ce collectif par mon ami Jean-Michel Uyttersprot, graveur et photographe belge né en 1962 à qui j’ai consacré un article déjà, Jean-Michel qui est membre de cet équipage de fin de semaine. 

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/jean-michel-uyttersprot/

Dès lors, vieux chevalier errant dans la Mancha internautique, je m’enquiers du moindre indice, je hume, je gratte, je flaire, j’écoute, je porte la moindre conque à mon oreille, je feuillette, j’interroge, je scrute, je lis et consulte. Savoir, telle est ma quête. Où sont-ils, qui sont-ils, que font-ils, pourquoi, comment, avec quelle intention ? Premier fruit de ma quête, ceci, une déclaration qui inaugure l’espace du collectif et qui est signée Benoi, (Lacroix, je présume) :

« Comme un week end à la mer », quel drôle de nom pour un collectif d’artistes. La mer inspire, on y respire de l’air iodé, on y tombe la veste et on y voit large. Voilà donc un collectif de plasticiens qui ne sont pas « collet monté », qui se mouillent, se retroussent les manches, s’inspirent collectivement, voient large et ricochent pour ne pas sombrer dans une quelconque routine. Un collectif qui travaille et expose souvent en groupe, mais qui a pris l’habitude d’inviter des autres artistes à les rejoindre. Un collectif qui s’est aussi récemment lancé dans la micro-édition de livres d’artistes en série limitée. Deux livres sont déjà parus mais d’autres livres sont en préparation. On reconnaît « Comme un Week end à la mer » à la présence récurrente du noir et blanc, à l’esprit décalé et urbain de plusieurs œuvres, à des thématiques sans cesse renouvelées, à l’envie de découvrir de nouvelles connivences.

Les signes de ralliement ? Des artistes plasticiens décident de fonder un groupe moins sur des objectifs théoriques communs que pour créer une émulation et vivre une expérience collective de soutien mutuel. Le collectif qui travaille et expose en groupe se tourne aussi vers l’extérieur puisqu’il invite d’autres artistes à les rejoindre ponctuellement. Le groupe a conçu un exaltant projet éditorial qui a déjà abouti à la parution de deux livres d’artistes. Un beau blog bien conçu évoque les activités éditoriales du collectif (micro-édition) : livres d’artistes, affiches signées et numérotées.

LES EDITIONS "COMME UN WEEK-END À LA MER"

http://www.commeunweekendalamer.be/spip.php?rubrique85

Des très belles affiches réalisées ici en format 59x85 à partir des œuvres passionnantes d'Antoinette Smars :

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Et une suite de quatre ouvrages tirés à 250 exemplaires (en voici deux) :

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La Forêt, la nuit (Maud Constant, Jean-Michel Uytterssprot) - L'Abîme, Benoi Lacroix

Voilà pour une présentation sommaire des Editions. Cherchons à présent à connaître les artistes du collectif. 

ANTOINETTE SMARS

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L'oeuvre est singulièrement intitulée Le Rêve de gnou (autoportrait). Sans doute le bestiaire a-t-il une grande importance dans l'univers d'Antoinette Smars. Mais, alors que je visitais son espace personnel, son blog, (http://antoinette.smars.over-blog.com/), j'ai été happé par une série qui s'intitule DÉSIR et qui m'a enchanté. Cette suite d’œuvres étranges et captivantes rend merveilleusement la complexité de l'état et du sentiment de désir : une sorte d'irréalité, une hantise, une attente, une hypnose, une curieuse simultanéité de la pesanteur et de la légèreté, une dépendance et un rêve, une espèce de dilution ou de fragmentation de l'être, une tension inquiète, une intensité presque douloureuse, un mouvement d'espérance. Enfin, il me semble là que l'art de Smars se révèle pleinement dans sa capacité à rendre et à faire éprouver l'état psychologique de l'être. Et la métaphore de son divan blanc, nu et vide me fait l'effet d"un superbe poème visuel. Pourtant, en m'attardant dans l'espace, il me faut dire que la séduction est générale et que c'est tout l'univers de Smars qui me plaît : ses aspects aérés ou convulsifs (tout cela vit et palpite formidablement), ses lumières oniriques et sa spiritualité diffuse, son tempérament parfois symphonique et son intériorité subtile, sa charmante singularité, la magie et la hantise de ses reflets, les âmes de ses arbres, des arbres essentiels, l'atmosphère de ses énormes ciels tempétueux, ses superbes marines et ses bateaux semblables parfois à de lourds monstres marins, et son bestiaire, que j'ai longuement admiré, est d'une grâce touchante et d'une beauté confondante. Le trait s'affirme là dans toute sa merveilleuse vitalité. Que ceci, cette petite iconographie, vous donne l'envie, et, mieux encore, le désir de vous rendre dans le bel endroit de l'artiste.

DÉSIRS

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Pêle-mêle 

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BENOI LACROIX

http://www.benoi.be/fr/index-action-home.html

A special one. A strange fellow. On his website, he appears in English, as if he was a colleague of Shake Speare or of her sister Britney Speare. But if you push on a certain button, miracle, Lacroix parle français. Lacroix, selon son propre aveu, est toujours sur la planète de l'enfance, assis sur un nuage ou rêvant dans un arbre. Oui. Il sculpte, grave, dessine, illustre. C'est un bédéiste aussi. Lacroix est de Wépion, en Belgique, dans la province de Namur, il est, inutile de le cacher plus longtemps, issu du pays de la fraise. Son espace doit être visité, c'est un lieu de qualité rempli de travaux d'un intérêt capital. Lacroix a une patte formidable. La main est habile, virtuose et l’œil d'une grande sensibilité. Quelque chose vibre dans son travail. Il croque à merveille et la jubilation qu'il éprouve à recueillir et à rendre se marque dans son dessin. Il a aussi, par moments, le trait alerte et pointu du caricaturiste. J'exulte à la consultation de ses gravures : intelligence imaginative, trouvailles, poésie, délicatesse. De la très belle ouvrage. C'est extrêmement réjouissant, et comme en sutile relation avec l'univers du conte et de la féerie, du fantastique. Avec le réel aussi. Dans la veine amoureuse, j'aime, pour le trait alerte, allègre, en volutes, et la composition, les deux œuvres nommées baiser 1 et baiser 2.  La série des Nus contient de réelles perles. Il faut tout visiter, prendre le temps, savourer dans la lenteur. 

CROQUIS

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 Etang du Baconval, Thy-le-Château - Palais de Justice, Bruxelles

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Cathédrale de Chartres - Terrasse du Zebra à Bruxelles

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Bois du Cazier à Marcinelle -  Chanteurs de rue (Budapest, Hongrie)

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Ferme à Villers-Poterie

 GRAVURES

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BAISER 1 - BAISER 2

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NUS

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(à suivre, notre volet 2 consacré au collectif)