12/04/2017

Paterson de Jim Jarmush

PATERSON

de Jim Jarmush

avec Adam Driver et  Golshifteh Farahani

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Paterson vit à Paterson et conduit un bus à son nom, un bus de Paterson. A Paterson sont nés William Carlos Williams ou Allen Ginsberg, des poètes. Bud Abbott, l'humoriste qui faisait duo avec Lou Costello, est aussi originaire du coin. A Paterson, New Jersey, on trouve poètes et humoristes. Paterson, lui aussi, bien que n'ayant rien édité encore, est poète, il se ménage des temps d'écriture, il vit avec sa femme, Laura, très amoureuse, éprise de son talent poétique, pleines d'initiatives farfelues et charmantes. Ils ont un bouledogue capricieux et malveillant, Marvin. Paterson écrit des poèmes dans un carnet. Nous assistons à la naissance de ses poèmes, à leurs prises d'élan, à leurs balbutiements, à leurs envols. Nous entrons dans le rythme lent, répétitif, appliqué de leur conception. Nous entrons dans le rythme distinct, étrange, insolite, alenti de la conception des poèmes. Nous vivons une semaine avec le couple, nous passons sept strophes avec eux. L'écran est lui aussi une sorte de carnet sur lequel les poèmes se déposent dans une belle police de caractère. Le bus de Paterson est un grand miroir qui boit les images de la ville, les place dans des positions originales, c'est une chambre d'échos qui reçoit les commentaires drôles, touchants, ingénus des passagers. C'est un théâtre poétique du quotidien qui roule à travers la vie de la ville. Sept jours, sept strophes, la merveille sans cesse toute proche de l'ordinaire, le circuit habituel toujours orné d'une perle, d'un instant de rire, d'une émotion, d'un rire sur le dos d'un drame échoué. Le soir, lorsque Paterson va promener son bouledogue anglais, il fait un petit détour par le bar pour prendre une bière, discuter avec un ami, une amie. Il laisse son chien à l'extérieur, comme un poète mis à l'écart de la cité. 

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Ce film, construit comme un poème (les poèmes de Paterson sont libres, non versifiés) est savoureux, délicat, pudiquement sensuel. Ce film rit et charme, il touche aussi au tragique mais avec l'élégance étrange, le tact farfelu d'un clown de talent. Sa lenteur est bienfaisante et hallucinante, un bercement. Sa lenteur est habitée, inspirée. Le film est délectable, savoureux comme les gâteaux artistiques que Laura prépare avec minutie, comme les robes ou les rideaux qu'elle peint, comme son désir candide et ravissant d'apprendre la musique folk avec une méthode et une guitare qu'elle acquiert pour deux cents dollars.C'est une oeuvre sur l'écoute de sa propre singularité, de ses voix intérieures, sur la disponibilité à l'autre, sur la capacité à reconnaître l'attrait de l'autre, son talent. C'est une oeuvre sur la sérénité, tout à fait distincte du cinéma américain par ses moyens et ses propos. C'est un semis de poésie sur une ville moribonde. Un ville qui produit soudain des fleurs, de somptueuses images d'eau, des poèmes, des rencontres extravagantes. Il y a une harmonie possible, même lorsque le réel est cerné de vestiges, même lorsqu'une immense déconvenue survient.

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Le film de Jarmush nous propose de respirer à son diapason et lorsque l'on y consent, c'est une fête pour le corps et pour l'esprit. Pour l'âme, ai-je envie d'écrire. Le pouls qui assure les battements du film (coeur et ailes) laisse une enivrante impression de fièvre délicieuse, de frisson et d'humanité sensible. 

Adam Driver, à l'abri de tout sens de l'exploit, crée un personnage de poète captivant et poignant, habité et distrait, présent et presque absent, disponible à la culture de son jardin secret. Golshifteh Farahani, la somptueuse iranienne, crée un rôle féminin inaccoutumé, poétique, délicat, tendre, volontaire et, dans un rassérénant sens du partage et de l'équilibre, à l'écoute de son conjoint et à l'écoute de ses propres rêves.

Sans doute Jarmush nous rappelle-t-il que l'écran de cinéma peut être, lui aussi, un lieu où la poésie est déposée, où elle peut être reçue, où elle peut vivre.

Voilà une pépite, deux heures liquides sur lesquelles celui qui possède un voilier dans sa tête pourra naviguer.

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13/03/2017

Manchester by the sea (Kenneth Lonergan)

MANCHESTER  BY  THE  SEA

D u   g r a n d   c i n é m a

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Encore un film de qualité. Lent. Douloureux. Éprouvant. Passionnant. Souligné par une bande originale étonnante, avec des bouffées parfois intenables en densité émotionnelle.

Lee Chandler est ouvrier d'entretien. C'est un type étrange, lent, détaché, presque somnambulique. Il est appelé en urgence, son frère Joe, atteint d'une maladie cardiaque, vient de faire un malaise. Quand Lee parvient à l'hôpital de Manchester, son frère vient de mourir. Lee va devoir affronter cette réalité sordide, il va être chargé de l'éducation de son neveu et il va renouer avec la tragédie de son passé familial.

Le film est très construit  par vagues de flash-back intimement serties dans le présent. Le rythme est lent. Le film prend son temps. L'image, même urbaine, est soignée mais demeure sobre, pleine pourtant de trouvailles, de vues touchantes. Mais l'image, dans la trame de l'histoire, ne cherche pas ou peu l'effet dramatique. La musique apporte souvent cette dimension de soulignement intense et soutenu. 

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Le film respire d'une façon oppressante, d'une oppression communicative et son atmosphère de tragédie ordinaire a quelque chose de plus, une intensité, une profondeur, une acuité rares. La vibration tient du début à la fin. A l'écart de la démonstration, ce film vaut par son désir, souvent exaucé, de toucher à l'essentiel, à l'âme enfouie des personnages, il vaut par sa volonté de chercher l'être et sa vérité (fût-elle fragile, aléatoire, changeante).

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Le film découvre progressivement, comme on lève un voile, l'ampleur terrible du séisme. Son étoilement. Ses séquelles.

Dans des décors modestes, dans la trame pénible de vies ouvrières simples, sur des vues de la petite cité balnéaire de Manchester, la musique produit des effets faramineux. Haendel, Albinoni, Massenet entrent ici pour insuffler de la dimension, pour attiser et dilater l'âme du film. C'est une réussite considérable. Comme en est une autre la musique hallucinante, hypnotique, dense et flottante à la fois de la compositrice et musicienne canadienne Lesley Barber. C'est aussi un grand atout de ce film.

https://www.youtube.com/watch?v=b9iKo5piMwk 

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Il y a le martyre d'un homme revenu à la source de sa tragédie. Il y a sa presque extinction et la façon pressante, urgente dont le monde l'appelle. Il y a son dénuement et les trésors qui sont exigés de lui. Il n'y a pas d'héroïsme, il y a l'ordinaire, le quotidien, la démesure insupportable de la vacherie du destin. Puis, affleurant par instants (des instants qui sont ici sublimes), on aperçoit subrepticement la beauté des êtres, leur sensibilité, leur fêlure. 

Il y a cet aboutissement fameux d'un cinéma qui réfute l'apparat, la pompe, l'artifice. Et des prestations splendides. Casey Affleck (virtuose), Michelle Williams (déchirante) et une formidable distribution.

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11/03/2017

Fences (Denzel Washington)

F  E  N  C  E  S

C h e f - d' o e u v r e

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Je n'ai pas envie de faire le tri dans mes sensations, mes sentiments, mon désordre, de faire ouvrage de critique. Je veux rendre compte d'un état d'ébullition. Je veux, comme à la volée, noter par traits les impressions et les sentiments sur lesquels me laisse le film. Entre les crétins qui décrètent l'oeuvre trop bavarde et ceux qui considèrent que Washington se mire dans son oeuvre, il n'y avait guère d'encouragements ou d'incitations à regarder le film. Dieu merci, ces sinistres cancres et ces sordides minables ne sont pas parvenus à m'en dissuader.

Le film se passe à Pittsburgh, USA, dans les années 1950. Maxon est un ouvrier noir qui ramasse les poubelles. Il est affecté à la charge à l'arrière du camion. Les Noirs se sont pas autorisés à conduire le véhicule...  Les espérances du père n'ont pas abouti parce qu'il est noir. Avec une rigueur implacable, malade, obnubilante, le père veut mettre les siens à l'abri du rêve. Lui, l'intransigeant, le dogmatique qui cédera pourtant à l'incartade. L'amour, l'autorité, le délire, le monologue, le réel, le passé nouent ensemble l'histoire de cette famille.

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C'est un chef-d'oeuvre noir et un chef-d'oeuvre tout court de Denzel Washington (réalisateur/acteur) d'après la pièce éponyme d'August Wilson (Washington et Davis avaient tenu les rôles à la scène). C'est une tragédie noire, imbibée de l'esprit blues, de l'esprit jazz, habitée par le calvaire de l' histoire noire américaine, une tragédie déchirante, terrible, un film disert, ample, étouffant sur la condition humaine noire dans les années 50, sur un être blessé (Troy Maxon, éboueur noir et père de famille), despotique, obsessionnel, baseballeur empêché, croit-il, en raison de sa couleur de peau, égocentrique et profondément inquiet du destin des siens, embourbé dans la poisse et les désastres du sien, égaré, consciencieux, sentimentalement invalide, et qui fait voir le meilleur et le pire en lui.

C'est un film construit, intelligent, loquace où la parole soulage et envenime, ouvre et engendre des rotations folles. C'est un film sur la différence au sein de la même tribu, sur les ressemblances cachées, secrètes. Cela tourne jusqu'à l'ivresse, l'ébriété, le vertige. 

C'est un film sur l'amitié, l'intensité de l'amitié, les embûches qui la guette, la menace. 

C'est une attrapade avec la mort, avec l'obsession de la mort et de ses sordides métaphores, sur la mégalomanie et la fragilité ensemble, sur l'impossibilité des guérisons et sur le salut quand même.

Un film sur le désir, l'oxygène, la faute, un film sur la folie, le délire, le vertige. Un film sur les murs entre les êtres, sur les barrières qui protègent et qui enferment, sur la porosité invisible entre les êtres. 

Oh, c'est filmé, savamment, généreusement, chacun y a sa place, tout rôle - au-delà de et malgré l'attitude tyrannique de Troy Maxon - y trouve une place pour établir sa présence, fût-elle péniblement accessible, difficilement tenable, périlleuse. 

C'est une réflexion abyssale sur l'hérédité, la transmission, la construction d'un être. C'est un grand film sur l'amour, le tourment, la débâcle existentielle, le salut, le pardon.

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Un film sur la générosité et la sanction, sur l'échec, sur le refus de renoncer, sur la passion.

Autour du despote aux pieds de cristal, chacun des personnages existe et étouffe, adore et suffoque, se perd ou se fraie un chemin. Une parole abondante, ivre, féroce mène et noie le film, l’égare et le légende, le propulse.

Je n'en veux pas dire grand-chose d'autre. C'est trop tôt. Je suis épuisé, admiratif, épaté, bouleversé. L'oeuvre - difficile, dérangeante, captivante - est interprétée supérieurement par des acteurs totalement investis dans leurs rôles, des rôles pénibles, brillants, ambigus, puissants, tordus, marqués, meurtris, aimants, haineux, perdus. Viola Davis est époustouflante. Comme acteur et comme réalisateur, Denzel Washington réussit un coup de maître. Toute la distribution étourdit par son implication.

Je dis ceci : ce film noir, doublement noir et qui s'ouvre à la lumière, est à mes yeux une grande chose. Je me fous de ne pas faire l'unanimité et je conchie l'avis des clercs (petites têtes dispensées de l'impression de tournis ou d'enivrement) qui réprouvent laconiquement, misérablement l'excès de mots, de paroles,de saveurs, de minutes, qui n'y pressentent ni l'intense, ni l'ardent, ni le feu qui cherche périlleusement à dire l'essence, l'existence.

L'art noir place, avec Fences, un nouveau joyau à sa couronne. L'art tout court bénéficie de son éclat. 

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Le film est encore servi par une bande originale exceptionnelle. Détails prélevés sur youtube, au lien mentionné ci-dessous. Fences (2016) Original Motion Picture Soundtrack composed by Marcelo Zarvos. The Soundtrack consists of thirteen original songs by Zarvos along with others by Gene de Paul, Don Raye, Dinah Washington, James Cleveland, Sammy Cahn, Axel Stordahl, Paul Weston, Little Jimmy Scott.

https://www.youtube.com/watch?v=N7jXfzhWVbw

En guise de synthèse, un film époustouflant, historique, servi par des acteurs inspirés, engagés. Le talent et la présence des deux acteurs (Davis et Washigton) m'ont subjugué. J'ai la certitude qu'ils sentaient tous les deux qu'ils ne faisaient pas simplement un film mais qu'ils accomplissaient un pas dans l'histoire du cinéma.

00:28 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent |  Facebook |

27/11/2016

Coup de coeur : Nuit # 1, Anne Emond

NUIT # 1

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19421905&a...

Le film n'est pas tout à fait nouveau, il est sorti en 2012. Il est l'oeuvre d'une jeune cinéaste québécoise, Anne Emond. Je viens de le découvrir cette nuit. Il était tard, je n'étais pas disposé à regarder un film. Il a commencé, je ne l'ai pas lâché d'une seconde, pas d'une précieuse seconde. Je me fous un peu des cotes qu'on lui a attribuées. C'est une oeuvre nouvelle, dure, intense, audacieuse. Une profonde descente dans le désastre existentiel, un film féroce, tendre, humaniste. C'est l'histoire d'un couple de trentenaires largués, incapables et indésireux de se faire une place dans le monde, de s'intéresser à son actualité, son évolution, ses impasses, l'histoire de l'être en difficulté avec le péril de s'habiter soi-même. C'est un film ardent sur l'imminence du naufrage, l'errance désespérée, l'appel au secours. Et sur la rencontre. La quête du sens, la quête de l'autre.

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Il raconte la rencontre dans une rave party de Clara (Catherine De Léan) et de Nikolaï (Dimitri Storoge). Le couple se forme, dans la nuit gagne le miséreux appart de Nikoloï. Ils font d'abord l'amour. Ensuite, après une tentative de départ discret de Clara, ils vont parler longuement, chercher à se découvrir, s'avouer, se quereller douloureusement, se chercher à nouveau.  Il se dit, au fur et à mesure de la nuit, autre chose que la tremblante promesse des amants. Chacun, petit à petit, à sa manière, ouvre son enfer à l'autre et se met à l'écoute de la débâcle de l'autre. Il n'a pas de place, s'en fout, s'en inquiète, elle est institutrice et se sent totalement paumée. Le film est riche, terrible, soutenu, ardu, tendu, âpre, saisissant. 

Au terme de cette formidable navigation agitée dans la nuit, les amants s'éveillent sur le toit de l'immeuble, emmitouflés et unis, devant le vide et le soleil levant. Le film s'ouvre alors sur une fenêtre inattendue et, à mes yeux, singulièrement inspirée. Une trouvaille superbe.

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Ici, j'ai aimé la construction singulière et appliquée de l'oeuvre, le vertigineux travail de dialoguiste, la présence du verbe, l'intelligence des prises de vue, la lumière en accord avec le propos,  la nudité désolée du lieu et des êtres, le magnifique duos d'acteurs. La nouveauté du ton. Et, qu'on m'excuse du peu, une lointaine parenté avec le cinéma de Bergman. Le film est précieux, c'est un joyau éprouvant. Fondé. Une oeuvre.

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01/11/2016

Moi, Daniel Blake

Moi, Daniel Blake

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J'ai vu le film en vo. J'ai découvert ces étonnants accents qui tordent étrangement les rudiments de la prononciation anglaise telle qu'on nous l'enseignait, jadis. L'anglais du pauvre. I, Daniel Blake, c'est évidemment un film de Ken Loach (2016), le grand cinéaste humaniste anglais, Daniel Blake, rôle titre, est interprété par Dave Johns (un humoriste et acteur de télévision anglais, tout à fait crédible et captivant dans son rôle d'humble tombé sous les coups du sort) et Hayles Squires incarne avec une humanité confondante le rôle de la mère de famille déclassée et qui encourt le risque de perdre la garde de ses deux enfants, Daisy (Briana Shan, très inspirée) et Dylan (Dylan McKierman).

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D'abord, je veux écrire ceci : le film est généralement très bien accueilli. Quelques-uns dénoncent son misérabilisme et sa volonté délibérée de faire pleurer les foules. Ces quelques-uns sont évidemment toujours, - disons souvent !, des gens très à l'écart du sordide de la réalité sociale, à l'écart du désarroi des paumés, à l'écart de cette volonté libérale de plus en plus décomplexée d'écraser les miséreux et les déclassés, de les bannir d'un horizon prétendument sain et bien portant. Ces critiques semblent, sans même en prendre conscience, attester les  propos du cinéaste : c'est une tentative de disqualification du cinéma à caractère social et militant qui reviendrait à affirmer que traiter de la détresse des déclassés, c'est du populisme, du Dickens de retour, du sentimentalisme bas de gamme. Je n'en crois rien. Je m'offusque de ces réactions sordides et foutrement intempestives. Toujours, comme l'écrivait Richepin, plus tard chanté par l'immense Brassens, les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux. C'est ce trouble mal vécu, c'est ce trouble dégueulé, inassumé, nié, ce trouble enflé de mépris qui pousse à noyer dans les prétendues larmes d'une sentimentalité évidemment étiquetée démago le regard incisif et consterné d'un artiste sur les pièges assassins du libéralisme offensif. Je lisais le compte rendu des enquêtes menées par Loach chez les chômeurs en quête d'emploi pour bâtir son scénario et la réalité quotidienne est une leçon d'horreur et de dèche morbide. Il y a chez Loach quelque chose d'un prophète de malheur : le malheur qu'il annonce - pour le contrer, pour éveiller les consciences, pour ranimer une lueur de justice sociale - est hélas à nos portes et décime et sacrifie. Loach est un cinéaste de la conscience et du désir de justice, c'est le grand cinéaste humaniste de notre temps. Il agace évidemment, il indispose les castes de la prospérité aveugle, de la grosse machine inhumaine de la prospérité. Que la chanson nous serve, sur laquelle depuis longtemps nous nous appuyons : le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté. Bien sûr, nous savons ce qu'il faut penser d'une vérité unique, d'une vérité exclusive. Mais nous savons encore que la vérité que nous décrit Loach vit réellement dans nos rues, pas loin de chez nous et qu'il suffit parfois d'entrouvrir sa fenêtre pour l'apercevoir. Donc, oui, donner la parole aux gueux, aux réprouvés, aux humbles, aux menacés par la débâcle organisée, oui, c'est dérangeant, inconvenant, c'est faire un peu d'ombre au capitalisme carnassier.

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Daniel Blake  un menuisier anglais de 59 ans, a longtemps assisté le déclin et l'agonie de son épouse. Brisé, épuisé, usé par son décès, par une éprouvante vie de labeur constant (Blake aime son métier et l'a exercé avec talent), il est sujet à de graves problèmes cardiaques. Son médecin lui interdit de reprendre le travail. Mais en Angleterre, c'est une compagnie privée qui sous-traite pour l'administration le problème de la chasse aux resquilleurs et aux tire-au-flanc. Cette Angleterre néo-victorienne, meurtrière, exécutrice, c'est une métonymie de notre Europe délivrée de tout scrupule, Europe dichotomique des vainqueurs écrasant impunément les vaincus, Europe de la jungle et du struggle for live. Et cette compagnie, fondée sur un principe d'indifférence érigée en système,  conduite par des exécutants généralement aveugles, sourds, et d'une obéissance parfaitement inscrupuleuse, le déclare apte. On notera, à l'écart de tout manichéisme, qu'une employée du job center fait preuve de compassion, compassion pour laquelle elle est au demeurant sanctionnée. Durant ses rendez-vous infructueux au job center, durant la multiplication absurde et délibérée des démarches contradictoires qu'il est contrait d'accomplir pour trouver une solution à son dilemme (se savoir incapable de reprendre un emploi et prouver qu'il multiplie les démarches pour en trouver un), Blake fait la rencontre d'une jeune mère de famille célibataire qui a deux enfants (de pères différents et absents) malmenée elle aussi et éconduite par l'administration. Ces deux paumés vont tenter de s'entraider. Leur réalité est terrible, c'est celle de la chute, de l'indigence, de la détresse. Celle où parfois, on crève littéralement de faim, celle des restos du cœur, celle où l'on revend ce peu que l'on possède, celle où l'on trafique et où l'on triche pour subsister, celle où les autres vous désignent et humilient pour vos souliers déchirés, celle où quelquefois on se prostitue pour subvenir aux besoins des enfants, au besoin élémentaire de soulager une faim terrible. Voudrait-on croire que ce sont là des chromos destinés à faire chialer les foules ? La vie quotidienne d'une franche de la population ressemble à cela, à cette noirceur sans perspective, à cette précarité en bord de falaise. 

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Daniel Blake, dans son combat perdu contre cette fatalité sociale mise en branle et organisée va pourtant, au péril de sa vie, réussir quelque chose de sublime et de dérisoire : rappeler qu'il n'est pas un animal, pas un être obéissant et asservi, qu'il est un être humain, capable d'altruisme, de sensibilité et d'humanité. Daniel Blake sera aimé de quelques-uns, il aura tendu la main. Le flm, à rebours d'une déclaration de renoncement ou d'un aveu d'impuissance, sollicite un regain de conscience et constitue un vigoureux appel à la solidarité et l'affirmation d'une humanité qu'on ne saurait mettre en péril sans mettre le monde en péril. (Denys-Louis Colaux)

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La chronique de Jacques Arfeuillere sur le film (professeur au Collège René Descartes, Chatelleraut, France et militant du Parti de gauche)

Je viens de voir "I, Daniel Blake". En sortant de la salle, sur le coup de l'émotion multiple (colère et frustration mêlées, mais aussi amour pour ces rencontres qu'on vient de faire), on n'aurait qu'une envie : traîner tous ceux qu'on croise sur le chemin du retour, devant l'écran. Et leur dire : venez voir, venez voir en face les visages de l'autre, de celui qu'on ignore, tellement pris dans nos vies, ou de celui dont on se détourne, égarés que nous sommes par les discours tout faits, par les images-mensonges des médias déformants.
Ken Loach nous offre un charpentier malade, une femme courageuse qui ne sait plus vers où se battre, deux enfants qui aiment et qui souffrent, et même un voisin qui trouve des expédients pour échapper à la misère de tous. Et sur l'écran qui scintille de l'illusion du cinéma, il nous donne un billet, un billet pour nos vies. Un billet pour courir s'engager un peu plus, un peu mieux et rejoindre cet homme qui combat l'inhumain,et déterrer en nous le peu d'humanité qui reste.
Et puis on s'interroge. Oui le film est vibrant de vérité, tremblant d'émotion vraie, chancelant de tristesse et d'espoir. Oui le film a été reconnu, (Palme d'Or, rien moins que cela, distingué par ceux qui dorment le soir dans les palaces de Cannes, qui parlent sur les écrans des médias dominants). Oui le film atteint le public d'aujourd'hui, les fidèles de Ken Loach, et les autres, qui croient au pouvoir politique du cinéma. Mais jusqu'où cette vague peut-elle porter le petit peu de lucidité que Daniel nous fait gagner, le petit peu de révolte que fait naître Cathie, le surcroit de tendresse qui naît du regard grave de la petite fille ?
Pas bien loin, je n'en doute pas. Mais je voudrais quand même traîner un peu de ceux qui embarrassent de mensonges le drame de la pauvreté d’aujourd’hui, devant l'écran du cinéma. Je voudrais entraîner un peu de ceux qui parlent de conditionner le RSA, de sanctionner la maladie, de récompenser le mérite, d'évaluer l'homme toujours un peu plus, à la rencontre de Daniel Blake; je voudrais inviter enfin un peu de ceux qui soulignent les postes non pourvus pour faire oublier la pénurie d’emplois, qui font de Pôle Emploi un lieu de libre concurrence entre les misères qui s'y côtoient, à regarder dans les yeux la jeune Cathie.
Et espérer que quelques larmes au moins trouveront leur chemin quand ils découvriront la faim qui terrasse la jeune mère qui nourrit ses enfants. Je voudrais au moins qu'elles fassent taire l'arrogance même si je sais qu'elles ne pourront pas grand chose face au cynisme.

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03/10/2016

Comancheria

C O M A N C H E R I A

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a com 1.jpgComancheria (Hell or High Water) est un thriller américain réalisé par David Mackenzie en 2016.

Toby (Chris Pine) et Tanner Howard (Ben Foster) sont deux frères très distincts mais qui s'aiment profondément. Après la mort de leur mère, pour éviter que le ranch familial soit saisi, les deux frères se livrent à de petits braquages. Mais ils n'attaquent  que les succursales d'une seule banque, celle qui tient la propriété familiale. Ils attaquent une banque inscrupuleuse, destructrice, une banque qui exploite et met à mort les petits propriétaires. Ils ont conçu le projet de rembourser la banque avec l'argent qu'ils lui dérobent. Toby a assisté au décès de sa mère, Tanner était en prison, c'est un délinquant, un hors-la-loi, il aime le danger, les grosses décharges d'adrénaline. Plus secrètement, comme son frère cadet, il a un vrai sens de l'honneur et veut venger le sort injuste fait à sa famille. Deux Texas Rangers se mettent sur la piste des deux braqueurs : Marcus Hamilton (Jeff bridges), un vieux type cynique et futé et son adjoint, Alberto Parker (Gil Birmingham), un homme posé, ironique et d'origine commanche. Là aussi, le duo, derrière un paravent d'humour chaleureux, est constitué de deux hommes très différents qui s'estiment et se complètent. Fraternité presque du vieux cow-boy et de l'Indien. 

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Derrière cette fuite en avant, cette course sauvage vers un objectif salvateur et périlleux, cette poursuite acharnée et pensée, le film multiplie les paris. Le pari esthétique d'engendrer, dans l'univers de poussière, de violence, de dénuement et de grâce du Nouveau-Mexique, des images d'une puissance émotive et d'une beauté esthétique étonnantes. Le pari de créer dans l’ambiguïté, à l'écart d'un consternant cinéma prêt-à-penser, le pari de la complexité, de la subtilité que Mackenzie formule ainsi :  ce qui m'a intéressé dans ce projet, c'est qu'il met en scène ce que j'appelle la “criminalité rédemptrice”, autrement dit, il s'attache à des personnages honnêtes qui transgressent la loi pour des raisons légitimes. C'est aussi un croisement très rare entre le western, la comédie, le film de braquage et le road-movie. Le pari de surfer sur les genres avec une aisance superbe et féconde. Le pari d'injecter de la politique, de la réalité sociale, des instants de poésie dans le thriller. Le pari d'un art de dialoguer exceptionnel, de faire penser les personnages, de faire s'aimer, s'opposer et se reconnaître les hommes sans jamais tomber dans la loquacité, dans la déclaration, dans le lyrisme. Le pari de revenir, par des portes nouvelles et étranges, au sens de la tragédie. Le pari capital, audacieux, déterminant - après le bâtiment d'un scénario faramineux - d'une remarquable fin en suspension.

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Le film donne encore à voir deux duos formidablement équilibrés, quatre acteurs au sommet, un Jeff Bridges impérial, et, il convient de le noter, dans le rôle d'une serveuse de resto, une hypnotique et très originale Katy Mixon. 

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11:20 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent |  Facebook |

19/09/2016

The Free State of Jones

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a aa 1.pngTHE FREE STATE OF JONES

Une vérité moins plastique

Le film de Gary Ross, un drame historique, nous apporte un nouvel et terrible éclairage sur la guerre de Sécession. D'abord, la cruauté obscène des combats, sorte de 14-18 américano-américain, déchire l'écran. Des questions, souvent tues, jaillissent, pertinentes et troublantes : faut-il que les pauvres se sacrifient dans une guerre fratricide au profit des gros propriétaires ? Faut-il que nous soyons, nous, pauvres péquenots sacrifiés, des acteurs de l'injustice raciale, de l'esclavage ? Mais plus encore, le film s'oppose farouchement au kitsch de l'histoire, à l'embellissement crapuleux de l'histoire. Le cinéaste, qui réalise ici un film tiré de faits réels, en quelques mots, nous le donne à entendre dans une interview dont voici les références : 

http://cinema.jeuxactu.com/news-cinema-matthew-mcconaughe...

On traite d'une période que les Américains ont découverte dans leurs livres d'histoire dans le style :"la guerre est finie, l'esclavage est aboli et tout est résolu". Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. A peine les esclaves ont-ils été affranchis qu'ils ont à nouveau été réduits en esclavage durant la Reconstruction. Ce n'est pas vraiment un sujet qui intéresse les Américains.

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Le grand acteur Mathew McConaughey, qui incarne Newton Knight - le personnage central - avec un talent et une conviction époustouflants, ne s'inquiète qu'à moitié du demi-succès rencontré par le film aux USA. Il sent que ce film bouscule l'imagier américain, il sent que ce film est une sorte de vent de vérité qui rattrape la légende. Il a une opinion bien claire sur cela, une opinion qui s'accorde bien avec celle du cinéaste :

C'est un film éminemment pertinent. Et cela même s'il n'a pas rencontré un énorme succès aux Etats-Unis. Tout comme Gary Ross, j'en tire une grande fierté. Il gagnera en notoriété avec les années. On peut se perdre en conjectures sur pourquoi le film n'a pas mieux marché. Mais bon, c'est un film dont le sujet est intense. Ce n'est pas un film léger sur lequel on discute en gobant du popcorn. C'est un film qui vous pousse à vous regarder dans le miroir. 

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Le film révèle, né d'un dégoût de l'exploitation de l'être et de la folie meurtrière des combats, un foyer de sédition gaucho-libertaire, égalitaire et coopératif. C'est Knight qui en est le fondateur. Il ne s'agit pas de l'instauration du paradis sur terre. Mais les choses éclosent lentement, douloureusement, comme au travers d'un grand chaos. Une lutte s'engage pour l'émancipation du prolétaire exploité, pour l'émancipation de l'Afro-américain, pour la propriété partagée. On s'en doute, ceci blesse aux entournures le spectateur lambada assis sur l'oeuf un peu rance de son rêve américain. Knight est là, figure laborieuse, humble, déterminée, meurtrie d'un défi qui sera écrasé et qu'on piétine aujourd'hui encore.

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Un grand film original

Après la mort violente de son neveu dans les tranchées, l'infirmier Knight, témoin privilégié de l'horrible boucherie, déserte et se réfugie dans le bayou. Il fonde, avec des fugitifs noirs comme lui cachés, une sorte de communauté à laquelle d'autres, Noirs et Blancs vont se rallier. L'ennemi commun, c'est le riche planteur du Sud. Knight s'éprend d'une jeune Noire avec qui il aura un enfant. Pour lui, tous les êtres sont égaux et doivent se comporter de façon solidaire. Chacun doit posséder sa part de terre et le fruit de son labeur. 

Le film de Ross se distingue de la geste hollywoodienne et de ses avatars. Il est filmé avec une certaine sobriété, un souci réaliste, il est surtout habité par une humanité poignante et pourtant se tient à l'écart de toutes les séductions faciles, de toutes les bassesses du genre. Il est soutenu par une équipe d'acteurs puissamment habitée par la qualité du projet cinématographique. Mathew McConaughy y est inspiré, brillant, personnel. Toute la distribution culmine, et, pour n'oublier pas quelques astres dans le ciel du film, je veux mentionner, dans le rôle de Rachel Knight, la très convaincante Gugu Mbatha Raw ou, dans celui de  Moses Washington, l'excellent Mahershala Ali. 

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Liens utiles :

BANDE SON

https://www.youtube.com/watch?v=J_22DoDBUhA

https://www.youtube.com/watch?v=chEyPzrHv8g

TRAILER 

https://www.youtube.com/watch?v=y_38WdArR20

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15/08/2015

Nicole Moyson

N I C O L E    M O Y S O N

Peintre belge née en avril 1946. Pour découvrir un grand nombre d’œuvres de l'artiste : https://www.facebook.com/nicole.moyson/photos_albums

J'apprécie d'abord une suite de portraits, des huiles, suite intitulée Déconstruction. Les êtres semblent doucement se métamorphoser en mirages ou peut-être commencent-ils à s'absenter.

Série Déconstruction (huile)

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Je découvre ensuite cette huile, un portrait de femme (70 x 50 cm) qui me surprend par sa simplicité doublée d'une étrange profondeur, ses beaux tons, la beauté presque douloureuse du visage et l'étrange nature morte à l'arrière-plan. Je suis sensible aussi à une impression d'évanescence. Je suis intrigué et captivé par la présence accentuée des mains. 

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Ici, dans une suite de portraits, je suis séduit par la simplicité efficace de la manière, par la clarté, la luminosité de certains portraits, par l'expressivité singulière des visages. Il y a une densité poignante dans ces tableaux, une humanité intense et comme accentuée par l'étrange épice de la mélancolie. Le quatrième tableau est un autoportrait. Il y a là aussi, sans doute, la qualité d'un regard sur l'être. Je songe à quelques vers du vieux Francis Jammes dont j'ai aimé, il y a longtemps, et aime aujourd'hui encore Le Deuil des Primevères. Quatre vers de lui : Vous m'avez regardé avec toute votre âme / Vous m'avez regardé longtemps comme un ciel bleu / J'ai mis votre regard à l'ombre de mes yeux / Que ce regard était passionné et calme. Plus chargées, les acryliques maintiennent cette quête de tendre mêlée d'une pointe de langueur.

Portaits - Huile 

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Portraits - Acrylique

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12/08/2015

Warren Christopher Reeson

WARREN CHRISTOPHER REESON

https://www.facebook.com/WarrenChristopherReeson?fref=photo

Peintre anglais né à Plymouth en 1966. Il a étudié la peinture aux Royal Academy Schools de Londres entre 1985 et 1988. Il a reçu de l’Académie le prix Windsor et Newton en 1986.

EN 2002, il se rend au Canada, successivement en Colombie britannique et à Charlottetown (Ile du Prince Edouard). Là, il s’adonne notamment à la peinture murale sur de grands espaces, dans des locaux publics.

L’artiste a beaucoup exposé au Canada et au Royaume-Uni. Son intention picturale est l’évocation du mystère. Il s’intéresse à l’histoire, à la musique, à l’archéologie, au folklore et aux contes de fées. Il a le goût des livres anciens, des vieilles bâtisses et des musées. Il cherche à distiller tous ces centres d’intérêt dans son œuvre. Il cherche d’emblée à conférer à ses œuvres un aspect d’ancienneté. Selon un processus créatif singulier et original, en peignant, l’artiste additionne les couches afin que la réalisation ultime fasse partie d’une histoire. Il se fie à son imagination en combinant le rêve et le réel. Même si sa composition peut suggérer un récit, l’artiste souhaite aboutir à un travail élusif, ouvert à l’interprétation du regardeur. 

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03/08/2015

Joëlle Roelandts

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Je découvre Joëlle Roeldants, artiste belge, née en 1958. Elle a étudié le dessin à l'Académie des Beaux-Arts en élève libre ainsi qu'à l'école 75 et dans plusieurs ateliers à Bruxelles. C'est, me dit-elle, en amateur qu'elle reprend aujourd'hui doucement le travail. Il y a, à mes yeux, autre chose que du dilettantisme dans ses croquis : une patte, une façon, une rondeur et une sûreté singulières, de la densité et de la légèreté, une féminité forte, une charge poétique (c'est du dessin à poèmes, un trait conçu pour illustrer les vers, pour échanger et correspondre avec eux), un réel sens de l'atmosphère. Quelque chose me hèle dans ces croquis, me rend curieux du travail à venir. Quelque chose m'empêche de passer sans faire halte, sans saluer. Quelque chose me dit que ce retour vers l'art est heureux et porteur. Il me faudra, dans l'avenir, rendre visite aux espaces de Joëlle Roelandts et rendre compte des suites de son retour à l'aventure artistique. 

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