25/12/2016

Un pot, pourri de femmes - Valérie (textes) et Jack (collages) Ross

UN POT, POURRI DE FEMMES

Valérie (textes) et Jack (collages) ROSS

a val ross.jpg

Voilà mon coup de cœur de la fin d'année 2016. J'ignorais que cet ouvrage existât. Il met en lumière une suite de textes satyriques de Valérie Ross illustrés par des collages de Jack Ross, sa mère. C'est un beau livre gratiné et inattendu, un bel objet dans lequel j'identifie trois signatures amies. Jack, je l'ai rencontrée à Liège. Jacques Izoard m'avait fait l'honneur de m'inviter pour une lecture et là, dans un coin, j'ai fait la connaissance de Jack. Tout de suite, j'ai reconnu en elle une amie : voix chaleureuse et proche, regard bienveillant, grâce, écoute, proximité. Et puis, il y a l'auteur de l'ouvrage. La comète Valérie. Je la connaissais au travers de quelques poèmes. Elle est passée sur l'autre versant des choses en 98, à l'âge de 31 ans. Cette idée me déchire le cœur. Plus tard, Jack m'a fait lire des poèmes de Valérie. Je les ai aimés. Et puis, il y a la préfacière de l'ouvrage, Doro T, qui fut, jadis, à une mémorable reprise, ma propre et fascinante lectrice lors d'une soirée dans une maison de la poésie juchée par-dessus un centrale nucléaire. Bien que les organisateurs refusassent obstinément (pour l'auteur ou pour sa lectrice) le moindre défraiement, (c'est pour l'amour de l'art, voyons !) la jolie Doro T était venue. Gracieuse, elle avait lu. Son talent a embelli la soirée. Je me souviens de son souffle élégant et vigoureux prêté à mes mots, des sonorités riches de sa  magnifique voix qui animaient mes vers et j'avais trouvé cela touchant et raffiné. Sa beauté, je l'avoue, ajoutait à mes yeux de la lumière à mes poèmes. Et voilà que je retrouve ces trois fées à bord d'un ouvrage étonnant que j'ai dévoré dans la nuit. 

Ce livre, de l'aveu de son auteure, frise l'abjection. Le ton est donné. Il y a un appel à la complicité. je marche. sans réserve. La manière est au point. l'effet d'annonce va se justifier. C'est une autre Valérie Ross que je découvre. Une vraie rosse, très teigne, furieusement vache, persuasive. Une furieuse et hilarante humoriste, pointue, allègre, incisive, formidablement déraisonnable, douée d'un remarquable sens de la frappe. Ce livret, c'est un bijou satyrique. C'est méchant en diable mais c'est surtout un ovni désopilant et d'une efficace redoutable. Ce virulent empilage de caricatures constitue un bel exercice de style dans une veine assez unique. C'est échevelé, c'est-à-dire mené sur le rythme d'un one woman show hilarant, mais c'est conçu avec brio, c'est écrit, ciblé, imparable.Ces textes ont plus de vingt ans mais ils ont une santé épatante, ils sonnent, ils retentissent, ils font mouche. Disent-ils la vérité ? Ils en disent une, celle qui ouvre la cage du rire et qui ne rompt pas, jamais, toutes les amarres avec le réel. Tout est vrai, même l'excessif, tout est paré, sapé, maquillé comme un carré d'as. Le livre est articulé autour de treize portraits de femmes, treize caricatures qui constitueraient un vrai spectacle d'humour. Et, peut-être l'exploit de ce court ouvrage, tient-il en ceci que la férocité qui sévit laisse parfois passer quelque chose d'absolument inattendu et qui pourrait ressembler à de la tendresse. Une tendresse jamais désarmée et d'autant plus convaincante. Pour châtier ainsi, il faut aimer beaucoup. Mais ça châtie bien, très bien. Et les hommes, parmi ces portraits poilants et vitriolés, sont à peu près des fourmis décoratives. 

Pour les illustrations, mon amie Jack, très opportunément, pioche dans une faune et une flore de nature à s'accorder au texte : Charlie-Hebdo, Fluide Glacial, Hara-Kiri, Pilote. C'est bien dans cette veine irrévérencieuse et réjouissante que s'inscrit la saveur du livre. Mais le travail de la collagiste dépasse de loin l'anecdote et Jack réussit quelques superbes compositions dans un esprit pop-art et ou surréaliste très abouti. Quelque chose me touche et m'étreint le cœur : cette complicité entre mère et fille. Cette compréhension fine, amoureuse. C'est beau comme tout. Et cette fidélité. Je salue ces sentiments, or essentiel de nos pauvres vies.  

Pour conclure, quelques mots de Doro T, les dernières phrases de sa préface : Les mots claquent sous la langue fouettante, c'est pour nous faire avancer, débridées, fières et dansantes, jusqu'au rendez-vous solaire, sœurs, enfants, mère, vers d'autres éternités. Sans ambiguïté, femmes ! Aimez-vous vous-mêmes vraiment, si vous voulez exister !  

Je recueille avec bonheur cette fleur atypique à trois calices. C'est une belle surprise, une surprise cinglante, vigoureuse. Je vous salue toutes les trois avec affection et estime. 

Valérie Ross est née à Bruxelles le 22 octobre 1966 et décédée à Cuba le 27 janvier 1998, à l'âge de 31 ans.

11:40 Publié dans Coups de colère | Lien permanent |  Facebook |

14/10/2015

Soutenez 15 militants angolais des droits de l'homme incarcérés arbitrairement

APPEL A LA SOLIDARITÉ

Manifestez-vous contre l’incarcération arbitraire de 15 militants angolais

Consultez et signez cette pétition

http://www.amnistia-internacional.pt/index.php?option=com...

Quinze militants des droits de l'homme et activistes Angolais emprisonnés depuis trois mois entament une grève de la faim. Ce sont des pacifistes incarcérés pour divergences d'opinions avec un pouvoir établi depuis 36 ans. La divergence d'opinion est en Angola qualifiée de tentative de coup d'état. De grâce, cette injustice est intolérable. Manifestez-vous. Lisez la pétition et les articles connexes, signez. Consacrez quelques minutes à quinze êtres humains en grand danger. Après 3 mois de prison quelques activistes ont commencé une grève de la faim. Aidez-nous à les protéger !

anagolais.png

Voici le contenu de la pétition
(traduction à l'usage des francophones) 

 

Les activistes politiques et militants des Droits de l’Homme Henrique Luaty da Silva Beirão, Manuel Chivonde (Nito Alves), Nuno Álvaro Dala, Afonso Mahenda Matias (Mbanza Hanza), Nelson Dibango Mendes dos Santos, Itler Jessy Chivonde (Itler Samussuko), Albano Evaristo Bingocabingo, Sedrick Domingos de Carvalho, Fernando António Tomás (Nicolas o Radical), Arante Kivuvu Italiano Lopes, Benedito Jeremias, José Gomes Hata (Cheick Hata) et Inocêncio António de Brito ont été arrêtés par les forces de sécurité angolaises le 20 Juin à Luanda (capitale d´Angola). Ils se rencontraient à l´occasion d´une réunion pour discuter des sujets politiques et de gouvernement. Quelques activistes n´étant même pas présents à cette réunion ont été emmenés en prison. Domingo Cruz, étudiant et journaliste, a été arrêté le 21 Juin, ainsi que Osvaldo Caholo, le 24 Juin. Le Ministère de l'Intérieur du pays a publié une déclaration publique le 20 Juin informant que les militants arrêtés se préparaient pour perturber l'ordre public du pays et la sécurité publique. Les forces de police ont effectué des recherches sans mandats et ont saisi, ordinateurs, documents, et caméras dans les résidences de certaines des personnes qu'ils soupçonnaient d'être impliquées avec la réunion. Le décret par le Bureau du Procureur Général a imposé un régime d'isolement sur les militants du 26 Juin qui les empêche d'avoir des contacts avec leurs avocats, famille et amis pour une période de 10 jours.

15:18 Publié dans Coups de colère | Lien permanent |  Facebook |

16/07/2013

La ligue du nord italienne & les étrons qui parlent

LA MERDE N'EST PAS UNE OPINION

A1 Cal.pngLe sénateur calderoli, attaché à la ligue du nord et vice-président du Sénat italien, a déclaré en début juillet 2013 : "Quand je vois des images de Kyenge, je ne peux m'empêcher de penser à des ressemblances avec un ourag-outan, même si je ne dis pas qu'elle en soit un". A propos de Cécile Kyenge, première ministre noire (ministre de l'Intégration, originaire de la République démocratique du Congo) ) de l'histoire politique italienne, il a encore ajouté : "elle fait bien d'être ministre mais peut-être devrait-elle le faire dans son pays".

calderoli est vice-président du Sénat. Ceci nous indique l'état de délabrement dans lequel se trouve l'Italie politique et nous renseigne sur la production en fruits avariés et en nostalgie musolinienne de la Botte. On a longtemps tenu la ligue du nord italienne pour une sorte de puante fosse septique de la politique, un cloaque, un égout en ruine, il faut à présent admettre qu'elle produit des étrons qui parlent. Qui parlent singulièrement mal mais qui parlent. Il faut, me semble-t-il, saisir cette chose fumante (calderoli) à la hauteur où elle se situe : une déjection sur le sol. Rien dans ce machin ne peut être assimilé ni à la pensée, ni à l'effort de pensée, rien là-dedans qui s'apparente à la subtilité, à l'intelligence, aux exigences du discours, rien qui fasse songer aux caractéristiques les plus rudimentaires de l'être humain. calderoli, en aboyant ainsi, aussi mal, aussi désespérément mal, - avec cette autosatisfaction si ordinaire à cette espèce qui prend sa merde pour une opinion -  n'est somme toute qu'une chose bruyante, inepte et obscène. L'Italie se traîne dans la fange en admettant que son rayonnement extérieur soit terni par ce truc bavard et fécal.  Certes, l'Europe, émue par sa propre crise, manifeste de lâches relents de xénophobie. Mais il faut aller en Italie, au coeur (à l'estomac devrais-je écrire) de la ligue, pour trouver une protestation aussi excrémentielle et écoeurante.

Pour conclure, calderoli serait un gros con navrant et malfaisant, un de ces consternants et regrettarbles beaufs qu'on entend rôter er dégueuler au coin de table des banquets familiaux, une grosse crotte anonyme sur la pelouse s'il n'était vice-président du Sénat. En exhibant cette glauque et puante chose à son balcon, - il est vrai après avoir vécu le règne du palefrenier Berlusconi -, l'Italie expose ses hémorroïdes politiques à la face du monde. Tudieu, terriblement incommodant !     

08:52 Publié dans Coups de colère | Lien permanent |  Facebook |

16/05/2013

Pourquoi j'ai supprimé un de mes articles : non à Patricia Robert Smith

Le pillage photographique

les supercheries de Patricia Robert Smith 

Assez ! Assez de crédulité ! Cette femme, dont les espaces prolifèrent sur le web, est une spécialiste de la supercherie. C’est une authentique calamité, un parasite de l’internet ! Elle vole les images de jeunes photographes ou d’artistes confirmés, les découpe, les floute et les donne ensuite pour des œuvres personnelles. Elle est partout ! C’est écœurant ! Positivement insupportable ! Cette duperie doit cesser. Réagissez ! Non contente de déposséder des artistes de leurs oeuvres, dans une attitude pratiquement compulsive, elle multiplie les identités, elle se donne aussi pour Patricia Robert (attention, il existe des Patricia Robert parfaitement étrangères à l’imposture) ou Patricia Robert Des Roches, Elffie des Roches, Agence Lézards vivants. Elle se moque éperduement de toutes les mises en garde. Ceci nous contraint à insister. 

Des gens assez observateurs m'ont demandé, par mails, pourquoi j'avais supprimé mon article consacré à Patricia Robert Smith. Je m'en serais volontiers expliqué avec elle mais elle a jugé opportun de me bloquer sur FB. Comme elle bloque tous les artistes qui lui réclament des comptes. Je consacre quelques lignes à m'expliquer. Tout simplement, j'aime promouvoir les artistes qui me plaisent, j'aime présenter et évoquer personnellement leur oeuvre et tenter de la faire découvrir à ceux qui visitent mes blogs. J'avais donc proposé un important article sur Patricia Robert Smith. Dans l'immédiate foulée, j'ai été instruit, par des artistes ulcérés, de certaines inconcevables pratiques de PR Smith. Je ne me pose pas en législateur, en avocat ou en moraliste mais en artiste qui a le respect de son travail et de celui des autres. Or, la façon de procéder de PR Smith m'est apparue écoeurante, obscène, fondamentalement irrespectueuse du travail de ses pairs. Je vais apporter ici la preuve de la façon dont elle pille éhontément le travail des autres. Qu'on ne s'y trompe pas, nous n'avons pas affaire ici à un Marcel Duchamp qui peint des moustaches à la Joconde (et qui ajoute au réjouissant blasphème l'effarante inscription "LHOOQ"). Dans le cas de Duchamp, il s'agit d'un pionnier de la rébellion outrageant délibérément une oeuvre mondialement connue, un fleuron de musée, l'oeuvre incarnant l'art établi et assis, la Joconde. Personne, en voyant une Mona Lisa moustachue, n'a pensé que le marchand du sel avait plagié la Joconde. Tout le monde a senti la vaillance et l'humour, l'horreur (pour beaucoup) du geste attentatoire. Dans le cas de PR Smith, c'est autre chose. On frise la correctionnelle. Elle s'en va, sans le moindre scrupule, piller les albums de jeunes photographes, espérant qu'en agrandissant ceci, en floutant cela, en maculant un peu ici, en gommant là, personne ne s'apercevra de sa supercherie. Plus effarant encore, s'enhardissant devant l'impunité, elle va même faire son petit marché en morceaux d'images chez des artistes renommés et mondialement célèbres, comme on le verra ci-après. Offusqué par ce sans-gêne et ces honteuses appropriations, je juge utile de publier ceci. Ce que vous allez voir, PR Smith se l'attribue sans réserve et sans partage, elle fait sienne, - après quelques retouches et découpes, souvent sommaires - l'oeuvre d'un autre. Par ailleurs, exploitant au mieux ses vilaines manies de cleptomane, PR Smith est partout sur le web, elle se répand, elle prospère, elle pullule, elle prolifère. Regardons ceci :

D'abord, la photographie d'Anna Pozarycka (son site : http://annapozarycka.com/o-mnie/)

A1.JPG

L'oeuvre de Patricia Robert Smith :

B1.JPG

L'oeuvre d'Arno Bitschnau (un espace lui consacré : http://www.fotoblur.com/people/arnos)

A2.JPG

L'emprunt de Patricia Robert Smith :

B11.JPG

La photographie de Bintoro Bink (un espace lui consacré : http://www.fotoblur.com/people/bink)

A3.JPG

L'emprunt de Patricia Robert Smith :

B9.JPG

La photographie de Camilla Akrans (un site lui consacré : http://models.com/models/camilla-akrans)

A4.JPG

L'emprunt de Patricia Robert Smith :

B4.JPG

La photographie de Gintare Dainelyte (http://www.tumblr.com/tagged/gintare%20dainelyte)

A5.JPG

L'emprunt Patricia Robert Smith :

B10.JPG

Une photo d'Ivan Palis (son site : http://ivanpalis.com/)

A6.JPG

L'emprunt Patricia Robert Smith :

B12.JPG

Une autre photographie d'Ivan Palis :

A7.JPG

L'emprunt Patricia Robert Smith

B14.JPG

Une photographie de Krass art - Ivan Gobbo (son espace fb : https://www.facebook.com/krass.art)

A8.JPG

L'emprunt Patricia Robert Smith

B5.JPG

La phtographie de Mira Nedyalkova (un espace lui consacré : http://mira-mirabiliaimages.tumblr.com/)

A9.JPG

L'emprunt Patricia Robert Smith :

B8.JPG

Une autre photographie de Mira Nedyalkova 

A10.JPG

L'emprunt Patricia Robert Smith

B13.JPG

La photographie de Paolo Roversi :http://www.paoloroversi.com/diaporama/photographs.html

A11.JPG

L'emprunt Patricia Robert Smith

B7.JPG

La photographie de Patrick Demarchelier, (http://www.demarchelier.net/)

A12.JPG

L'emprunt Patricia Robert Smith :

B3.JPG

La photographie de Vivienne Mok (http://viviennemok.blogspot.be/p/blog-page_16.html)

A14.JPG

L'emprunt Patricia Robert Smith

B6.JPG

La photographie de Yasunari Kikuma (http://www.yasunarikikuma.com/)

A15.JPG

Emprunt Patricia Robert Smith :

B15.JPG

Je suppose que ceci, - qui n'est encore que le produit d'une petite investigation -, suffit à l'édification des foules. Quoi qu'il en soit, le jour où un poète me propose un quatrain (de Baudelaire, Verlaine, Rimbaud ou de quelque jeune poète que je puis identifier) en le prétendant sien, je lui fais brutalement avaler sa copie et je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'il ne publie plus jamais. En quelques mots, cette supercherie me répugne. J'aime la photographie, c'est un art récent, florissant et je le crois noble. Mais c'est une pitié, une calamité d'y repérer ces pratiques de sordide briganderie et de maraudage artistique. Je les conteste férocement. 

02:33 Publié dans Coups de colère | Lien permanent |  Facebook |