30/11/2014

Emili Bermudez

E m i l i    B e r m u d e z

Photographe & plasticienne de l'image

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Emili Bermudez écrit aussi mais la barrière de la langue ne me permet pas d'accéder à ses poèmes. Je m'en occuperai dès qu'ils seront bien traduits. J'ai longtemps échangé avec elle, dans une amitié spontanée et enthousiaste, nous nous envoyions des pièces de jazz de Chet Baker pour qui nous avons une passion commune. J'ai longtemps proposé ses œuvres à mes amis. J'étais persuadé de lui avoir consacré un long article. En le cherchant, je m'aperçois qu'il n'existe pas ou plus. Je remédie à cette injustice. Voici donc un univers visuel auquel je suis profondément attaché.

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a emi b.jpgEmili est un genre de pictorialiste contemporaine. Une artiste qui photographie et soumet ses images à un long et patient traitement. Pour obtenir un monde un peu parallèle, à mi-chemin du rêve et du réel. Un monde un peu magique, un peu évanescent aussi. Un monde un peu imaginaire, un presque réel qui flotte dans une brume de jazz mélancolique. Une atmosphère où les êtres sont presque là, où les lieux sont un peu hantés, un peu habités, où la force d'un pinceau étrange conduit la photographie sur le seuil de la peinture. Et le figuratif à la frontière de l'abstrait, parfois. Cet élégant entre-deux feutré, délicat, étrange quelquefois, est un territoire qui me convient parfaitement. Cette lumière glissée, brossée, pastellisée, cette lueur Bermudez enveloppe les êtres et les choses, les lieux, dans un tulle étrange, une brume qui semblent les alentir, les suspendre, les prendre dans une sonorité lente et mélodieuse, une musicalité verlainienne. Ces images ont aussi la consistance et la singularité du souvenir : un détail revient, l'esquisse imprécise d'une silhouette, la chute d'un pan de robe, un corps presque traversé par la lumière. A travers les oxydes et les obstacles de l'oubli ou de l'éloignement, le souvenir rétablit des pans, des éclats, un détail, des indices de l'être ou de la chose. Ces fleurs de la mémoire, ces résurgences, ces souvenances visuelles me touchent et me ravissent, ces visions altérées, brouillées, scindées rencontrent une forme de grâce, douloureuse parfois. Elles ont été, dirait-on, sinon conçues du moins effleurées par le pinceau. Il me semble que toutes ces compositions disent, - dans un langage plein de charme, de force aussi, de magie et peut-être de nostalgie -, le fragile des choses, les menaces d'effacement, de délayage qui pèsent sur elle. L'artiste nous montre comment le monde se compose aussi, - derrière ou à l'écart des pullulements de la laideur et de l'ordurier -, d'instants magiques, éphémères, cristallins, de détails sublimes, de fleurs émouvantes, de lieux poignants. Mais dans ce travail de capture, c'est sans doute aussi autre chose que ce que l'oeil voit qu'Emili cherche à nous faire partager. Le son des choses (il me semble que je les entends tinter, respirer, chanter, émettre un pouls feutré), le parfum des choses (odeur tiède de la nuit, fragrance des fleurs, parfum de femmes, senteur d'un atelier de peinture, l'essence d'une pincée d'épices) l'âme, la respiration, l'haleine, le chagrin, la joie, l'indécision, la beauté des êtres, l'ambiance, l'attrait des lieux et des choses, et peut-être plus encore, l'âme de l'artiste prise dans l'âme de ce qu'elle regarde et écoute. Une rencontre capable d'engendrer une nouvelle dimension. Ces images pourraient bien être la réaction (al)chimique formée le frôlement des âmes, des sensations, des émotions. Ces images nous montrent peut-être comment, dans le temps où elle entre en poésie, Emili Bermudez participe au monde, comment ce qu'elle émet et capte rencontre ce qui est émis et capté. Comment une communication singulière, subtile, féconde, - hors du tapage, du chahut, des cris, des voix -, s'établit entre les êtres, entre l'être et les objets, les fleurs, les arbres, les endroits, le temps. Cette lueur Bermudez serait alors la légende même de cette communication. De ces instants de communion, peut-être. De cette façon inédite et séduisante, subtile et poétique, d'être au monde. Ces visions sensibles me sont chères. J'écris mes petits articles pour cela, en fin de compte, pour rendre justice à des gens qui m'émeuvent, qui me troublent, qui m'éveillent à des choses à quoi je demeurais aveugle, qui versent dans ma tasse quotidienne un soupçon de saveur, qui jettent devant moi un point de lumière, pour célébrer des gens dont le regard m'aide à vivre ou font avec moi, sans le savoir peut-être, route commune pendant quelques kilomètres. La lueur Bermudez, c'est ça, un oiseau intense au-dessus de moi quelques instants, un ange invraisemblable croisé dans la rue, un son doux et léger, la trompette de Chet un matin lorsque je marche dans l'aube ou que je m'aventure dans la nuit obscure, un nuage cousu de pastel, un bienfaisant instant de pluie tiède, l'ocre dansant et triste de l'automne, quelques-uns de ces bouillons de brume dans lesquels j'aime m'abîmer, la porcelaine liquide d'une jolie pensée qui passe, ce moment étrange où un morceau de robe traverse la rue devant moi, où un filon de parfum subsiste au passage d'un être. L'association se fait dans mon esprit entre la chose qui a furtivement lieu et le bel imagier d'Emili. Il a une place en moi. C'est un petit vitrail par lequel la lumière se filtre et me parvient. Voilà, c'est ça, la présence d'une œuvre en moi un bienfait, une petite preuve de vie, tremblante, petit linge parfumé qui sèche au fil de l'horizon. Voilà, Emili, mon amie, le témoignage de ton vieil et lointain ami. Porte-toi bien. Merci pour tes petits bijoux visuels. Tu le vois, ils m'accompagnent. Ils me sont précieux. Ils mettent un peu de saveur dans mon existence.

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