22/05/2013

Francesca Woodman

Francesca Woodman

éternelle étoile filante de la photographie

A1.jpgArtiste singulière, fascinante, remarquable. Jeune fille surdouée, obsédée par l'image, maintenue en vie et précipitée vers la mort à travers l'image. A peine femme, pas le temps. Elle se défenestre à l'âge de 22 ans. Le génial et intrigant album de sa création nous révèle son absence, nous révèle le parcours de quelqu'un qui se signale par son absence, par une sorte d'élan ininterrompu vers la disparition. 

L'étoile est née à Denver, Colorado, en 1958. Elle est morte le 19 janvier 1981, à New York. Pendant 22 brèves années, l'artiste, discrètement, à l'insu du grand public, tisse une oeuvre qui est entrée dans le patrimoine de la création photographique du XXe siècle. 

Dans une geste noir & blanc inédite, Woodman se met en scène et se photographie nue, dévêtue, dissimulée. Elle se cache dans sa représentation. Elle s'absente dans une prolifération d'images remarquables. Le lieu est un vide à peine aménagé. Désaffecté. Andaonné. Un peu vandalisé. On dirait d'un endroit déserté, d'une maison hantée par une jeune fille sans visage. Woodman prépare le fantôme qui va hanter l'histoire de la photographie américaine. Elle entre dans l'ubiquité de l'anonymat et de la célébrité. 

Woodman est une poétesse de l'image. Parfois, subrepticement, son visage se lève, comme une lune sur la nuit. Il est superbe. Woodman est une beauté. Un oiseau éphémère, singulier. Woodman déploie un mystère. C'est aussi une créature fantastique. Et un être hanté.

Son père, artiste reconnu, George Woodman, est peintre, céramiste, photographe. Sa mère, Betty Woodman est une célèbre sculptrice et céramiste. Les voici. Aujourd'hui.

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La photo, où sont visibles des oeuvres des deux artistes, est de Benjamin Norman pour Le New York Times et un article signé par Ted Loos : http://www.nytimes.com/2011/12/04/arts/design/francesca-w... . Douleur monstrueuse de la perte d'un enfant. Woodman est née d'un couple d'artistes. Il fallait qu'elle fût une artiste.

Dès l'enfance, Woodman élit la photographie. Woodman a toujours été photographe. Elle a ouvert le débat avec la lumière très tôt, à l'aube de sa vie.

Dans ce jeu spéculaire, s'exerce-t-elle à devenir un spectre ? Sa maîtrise esthétique confond. L'oeuvre n'a rien d'un naufrage, elle tient davantage de l'édification d'une île sur l'horizon, une île flottante, aérienne aussi. 

Woodman crée, photographie, invente, cherche à convaincre. Ses démarches pour faire connaître son oeuvre, pour obtenir un financement n'aboutissent pas. On parle d'une relation amoureuse qui échoue. Francesca était fragile, elle avait déjà attenté à ses jours. Le 19 janvier 1981, elle saute par la fenêtre du grenier de la maison de New York. Il y a l'oeuvre, phénoménale, inquiétante, incomparable. Depuis, cette étoile filante ne cesse de passer, de repasser, de cingler très haut dans le ciel de la photographie contemporaine.

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http://www.tumblr.com/tagged/francesca%20woodman

http://en.wikipedia.org/wiki/Francesca_Woodman

http://photonumerique.codedrops.net/spip.php?article86

http://www.photosapiens.com/Francesca-Woodman.html

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20:26 Publié dans Francesca Woodman | Lien permanent |  Facebook |