19/02/2015

Gilberte Dumont

G i l b e r t e    D u m o n t

a r t i s t e   p e i n t r e   b e l g e

Montignies-sur-Sambre, 1910 - Charleroi, 1989

a gilberte dumont a.jpgVoilà une artiste belge, talentueuse, originale, singulière, méticuleuse, inspirée et que la formidable inertie des instances parvient à maintenir dans une infamante confidentialité. C'est odieux d'ainsi enfouir ses trésors. 

Une très importante page est toutefois consacrée à l'artiste belge à l'adresse qui suit (et dont l'iconographie de l'article est issue). L'oeuvre y a été photographiée par Hervé Pigeolet. Voici les références de cet espace capital relevant du musée des Beaux-arts de Charleroi. Il fait voir l'oeuvre :

http://balat.kikirpa.be/results.php?linkthrough=VV&li...

J'avais découvert, en visitant le musée des Beaux-Arts de Charleroi, quelques œuvres de Gilberte Dumont. Et je me suis depuis étonné de la discrétion coupable qui voile et absente presque totalement cette artiste.

L'espace de la Galerie du Pistolet d'or nous livre d'intéressants éléments biographiques sur Gilberte Dumont. Nous les trouvons à cette adresse :

http://www.galeriedupistoletdor.com/gdpo/Dumontgilberte.html

Avec Victor Lefèbvre son futur époux, en compagnie de Gustave Camus et de quelques autres artistes carolorégiens, Gilberte Dumont fut à l'origine du renouveau moderniste dans sa région, participant au groupement de "L'Art vivant au Pays de Charleroi". Etudiant attentivement la technique ancienne de la détrempe et passionnée par la lecture d'un traité de peinture de C. Cennini, Gilberte Dumont, de concert avec son mari, affirme dès avant la guerre une vision et un style qui s'apparentent au réalisme magique et la "nouvelle objectivité" allemande. Les œuvres de cette époque, tel le portrait de sa grand-mère, étonnent et fascinent par la vérité du rendu. Une technique minutieuse; digne des primitifs flamands, un amour de la ciselure dans les moindres détails, allaient permettre à Gilberte Dumont d'exalter comme nul autre peintre, l'ingrate physionomie du Pays-Noir. Pourtant l'artiste se résigne à "copier" la réalité, elle n'imagine rien qu'elle ne voit; mais l'acuité de sa vision, la précision du pinceau et la véracité de l'expression confèrent à chaque chose une sublimation du réel. Miracle de son art: transcender la réalité la plus banale, lui insuffler une envoûtante étrangeté sans artifices surréalistes, en extraire des accents de tendre rêverie et la convertir en un message d'une intense poésie. L'œuvre est peu abondante, confidentielle et, sauf exception rare, de petit format; elle n'en est pas moins recherchée par les initiés. Dans un isolement, volontaire, Gilberte Dumont a poursuivi une démarche artistique qui se révèle aussi attachante qu'unique dans le cadre de notre peinture contemporaine.

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Dans le Dictionnaire des peintres belges,

(http://balat.kikirpa.be/peintres/Detail_notice.php?id=2138),

Chantal Lemal-Mengeot évoque ainsi l'artiste :

Peintre et épouse de V. Lefèbvre. Ses peintures sont proches d'un hyperréalisme sublimé par une touche d'irréel et de magie : paysages de faubourgs et banlieues, portraits de proches intégrés au paysage urbain. Elle peint essentiellement des huiles sur panneau et dessine d'après modèle vivant. Elève de L. Van den Houten (université du Travail de Charleroi, 1926/1933). En 1933, elle est membre fondateur de l'Art vivant au Pays de Charleroi. Influencée à ses débuts par l'Ecole de Paris (Gauguin, Modigliani) puis par la découverte (1936) du "Traité de peinture" de Cennino Cennini (technique Tempera). La galerie La Sarbacane de Charleroi organise une rétrospective de son œuvre en 1972 et le Centre Rops de Namur en 1977. Elle participe à l'exposition Mémoire d'un Pays noir au palais des beaux-arts de Charleroi en 1975. Ses compositions sont rigoureusement ciselées, avec acuité, précision, minutie et perfection technique. En 1928, elle signe des tableaux de fleurs et des portraits. Après 1936, elle s'attache au perfectionnement de sa technique dans un style apparenté au réalisme magique. 

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Oui, la peinture de Dumont vous saisit d'emblée, par sa minutie fascinante, son application formidable, ce courant, ce golfe onirique, presque irréel qui la traverse parfois et qui la relie au courant du réalisme magique. Ses autoportraits (qui sont aussi des sortes d'anthologies de la peinture) sont sublimes, virtuoses, hypnotiques, ils sont inscrits dans des écrins étranges et rendent merveilleusement l'étrange type de beauté de l'artiste. Le trait, la splendeur méticuleuse et inspirée des constructions, la rigueur technique, le perfectionnisme, la façon dont elle sublime sa ville, l'habille d'une sorte de hantise merveilleuse, la manière dont elle instille, par petites vaporisations magiques, la singularité de sa vision dans le réel. La geste picturale, qui semble brasser des siècles de savoirs et de recettes, étourdit par sa virtuosité. Il y a chez Gilberte Dumont un univers et un regard singuliers, poétiques et uniques, une traversée perpétuelle du temps, un genre d'infusion du sacré dans le réel profane. Il y a merveille. Il y a, délicieux scandale, quelque chose de profondément flamand chez cette secrète et belle Carolorégienne. 

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