02/12/2013

Harald Calle

Harald Calle

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J’apprends, en consultant son espace, deux ou trois choses sur lui : http://www.haraldcalle.be/

a cal 25.jpgHarald Calle, né à Gand en 1960, a étudié le dessin et la peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Gand. Son travail porte sur l'être humain dans toutes ses facettes - imperfection, la solitude, l'érotisme, la peur et la vulnérabilité. Avec de la craie de Sibérie, l'huile ou le chemin du dessin, il tente de créer une lumière et de générer  la libération des émotions, une lutte perpétuelle du noir et blanc.

Voilà. C’est tout.  Calle, on dirait que ce n’est pas un bavard, pas un expansif. Ne s’aventure pas dans le commentaire. Il est tout entier centré sur sa besogne picturale. Oui, ses hantises, ses grâces, ses exaltations, ses inquiétudes, tout ça, son art le dit, l’évoque. Il a pour lui une force évocatoire peu commune. Si vous jetez un œil sur l’œuvre, vous êtes pris à son magnétisme, vous entrez, vous vous attardez longtemps. Vous êtes dans un univers qui vous dit quelque chose sur vous. Oui, les compositions, les images, les silhouettes vous parlent dans une langue que vous comprenez. Vous demeurez longtemps dans ce travail qui « porte sur l’être humain dans toutes ses facettes ». C’est quelque chose qui vous rejoint au cœur de vos secrets, dans votre intimité, dans les gouffres et les collines de votre être. Calle a un accès à la solitude de l’être, à cette dimension à laquelle, malgré de vaines et parfois lourdes résistances, personne n’échappe. L’œuvre vous rend aussi visite dans vos obscurités, dans ces lieux où vous êtes peint sur vos propres parois, où vous êtes le troglodyte de la nuit des temps. Elle va dans votre nuit, dans vos cheminements délicats, dans vos inquiétantes errances, dans l’inquiétude que vous vous inspirez à vous-même. Elle entre dans vos projections intimes, dans le cinéma que vous vous faites, dans les coulisses de votre réalité privée. Il y a de la spéléologie mentale dans l’œuvre. Une capture de scénarios secrets, phantasmatiques. L’œuvre connaît la lumière de votre chevet, la clarté même qui résiste à la nuit au fond de votre âme.

a cal 26.jpgOn le dirait, Harald, dégagé de pas mal de tentations : la possession, le luxe, la loquacité, la vanité. Il n’en est pas. Il est présent, bien sûr, mais comme à l’écart, à distance. Le pouls d’une réelle humanité martèle cette œuvre, ce parcours dans la compagnie de l’être, là où il est beau, plaisant, ambigu, obscur, paumé, perdu, maudit. Calle a quelque chose d’un passant doué qui regarde le monde et qui, sans doute, se regarde passer. Il est à distance du monde mais je pressens qu’il est pleinement présent dans l’œuvre, qu’il n’est pas seulement celui qui regarde, il est à l’intérieur, il marche en elle, quelque chose de lui vit à l’intérieur. Il est impliqué. C’est sans doute parce ce qu’il se connaît lui-même qu’il connaît bien l’autre. Il connaît et rend comme personne cette brume indécise, cette fumée incertaine dans laquelle respire l'être, ce nuage obscur qui navigue dans son ciel intérieur ou ce lieu blanc et vide qu'il traverse parfois.

Ses affolantes silhouettes sont des fleurs de la beauté telle que je l'aime, telle qu'elle m'inspire, telle qu'elle m'attache à ce monde que j'aime très modérément. Son art est si insistant, si profondément original que j'ai l'impression qu'il répète des choses différentes. 

J’aime sa poésie visuelle sombre, l’intensité dramatique de ses créations. Ces choses se gravent profondément ou se déposent durablement en moi. Ces signes de vie, d’amertume, de noyade, de désir. Ces échos douloureux de l’existence, ces ardentes traces de vie, tout cet indispensable dérisoire. J’aime la façon dont, lorsque j’ai fermé l’espace où vivent les créations de Calle, l’œuvre continue à m’accompagner.  Et je juge qu’il s’agit d’un bienfait. C’est une compagnie sensible, douloureuse et salutaire.   

On peut aussi rencontrer l’œuvre sur facebook : https://www.facebook.com/harald.calle?fref=ts

VOYAGE LIBRE DANS L'OEUVRE 

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