29/03/2016

Hélène Desplechin (2)

Hélène Desplechin

a hel a.jpgLes lecteurs de mes chroniques connaissent la photographe Hélène Desplechin. Elle est de retour dans mon espace. Je suis sous le charme de ses photographies et de son savoir-faire. Enchanté par tout ce tendre, tout ce délicat, cette minutie délicieuse, cette originalité du point de vue. Dans le monde de l'image, elle est sirène favorite, ma dentellière préférée. Elle a trouvé un point de jonction entre le naturel et la sophistication, entre le réel et le spéculaire. Son imagier subtil rend souvent, d'une façon presque chorégraphique, le mouvement, le déplacement. Dans le milieu aquatique, elle trouve une épatante relecture des formes, une harmonie fluide et étrange. Elle aime les miroirs, l'eau des miroirs, les miroirs cubistes, les miroirs brisés, où elle va saisir des éclats, des tessons de beauté. C'est une amoureuse des visages, de l'eau, de l'eau des visages. Ses portraits portent un frisson, une rencontre d'âmes : l'âme qui saisit et celle qui se prête un instant. Le portrait, chez Hélène Desplechin, tient plus de effleurement que de la capture. Elle s'approche bellement de la beauté, elle en est la complice. Elle développe une proximité, une entente avec ce qu'elle recueille dans son objectif. Qu'elle photographie les siens, ses proches où une image du monde. Hélène Desplechin est une artiste qui recueille. Ses photos ont une parenté avec les poèmes. Je crois que, même dans l'instantanéité, elle apprivoise. Elle émet, je pense, des ondes positives, des parfums agréables. Il entre là-dedans une once de magie. Beaucoup d'amour, d'abord. Et de la magie, des enchantements. Oh, j'aime beaucoup ses superbes loups d'ombres, ses masques à même la peau, peintures solubles dans la lumière, vapeurs d'écriture sur le livre du visage, caresses d'encre délébile. Médaillons noirs, joyaux d'ombres, parures volatiles. J'aime la façon singulière, inattendue dont elle combine, écrits les formes, les élans. Elle a des couleurs romantiques, chaleureuses, languides, sensuelles. Elle sème des merveilles que je reçois comme une pluie de pétales. Un exemple, au hasard ? Le profil flou d'une jeune femme auréolée par le feu mourant du soleil au déclin. Tableau supérieur, magnifique. Un autre ? Un épaule ornée d'une chevelure folle. Ou des yeux d'enfant illuminé par le regard porté sur elle. Ou quelque chose d'aérien dans un paysage,... Le vase regorge de fleurs délicieuses. Des instants de bonheur, récoltés avec une infinie tendresse, vous émeuvent comme une pièce de Chopin, un poème de Verlaine. Viennent les velours noirs, lourds, au cœur desquels se lève la nacre tamisée d'un visage, nuances, art de l'estompement. Des parterres singuliers, raffinés de jambes de femmes. Images qui nous ramènent au tremblement délicat, enveloppant, chaleureux du monde. J'aime la variété de l'oeuvre. Camées, vitraux baroques. Images ciselées. Jeux sur la vérité séduite par ses reflets. Maillage savant des corps. Pointillisme dans la lumière. Curiosité bienveillante pour l'autre, ouverture d'esprit. Attention délicate, poétique, chaleureuse à la présence de l'autre, des autres. Cent mille raisons d'aimer, de prendre avec soi comme pour s'apaiser, pour désirer quelque chose encore, pour continuer d'aimer, pour redire avec majesté l'intérêt de l'être, ces soirs d'apocalypse, par exemple, quand Bruxelles tremble dans les flaques de sang et les débris mêlés des êtres et des choses. Ces images exquises infusent quelque chose dans l'air, une qualité d'oxygène, des bouffées d'iode, une pincée de sagesse et d'amour. Précieux bienfaits, vous dis-je. 

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24/11/2014

Hélène Desplechin

H E L È N E   D E S P L E C H I N

esthétique, vibrations et sentiments

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a hel 1.jpgVOICI UNE RÉELLE ESTHÈTE

Voici une réelle esthète, une amoureuse de la belle image. Ce disant, je n'évoque pas une esthète méthodique et glacée, ni une artiste investie dans une quête purement plastique, je parle d'une créatrice amoureuse d'une belle image qui vibre, qui frissonne, qui souvent émet une chaleur humaine dense, une émotion, un charme, un sourire. Qui révèle l'âme d'un lieu. Je parle d'une femme qui prend un contagieux plaisir à saisir le beau, l'insolite, l'étrange, à l'inventer aussi. Chez Hélène Desplechin, c'est parfois le paradis. Un jardin d'Eden. Des parfums de fleurs, la fraîcheur mouillée des ronds dans l'eau d'un étang. Rien n'est strictement formel chez elle. Être de l'eau, de toutes les eaux, de la lumière, de la dentelle et de l'orfèvrerie d'ombres, Helène Desplechin toujours se partage harmonieusement entre le monde et l'intime, appelée par l'un et par l'autre et y répondant avec le même enthousiasme talentueux et la même personnalité entière. Il y a en elle le merveilleux et très abouti goût d'inventer comme ces chercheurs qui inventent un trésor, le mettent à jour, admirent leurs scintillements. Mais il est ici question de l'or liquide de la lumière, (l'encre de la lumière adaptée à une nouvelle typographie), des flux bleus de l'eau (oui, cette photographe est une chercheuse d'eau, de scintillantes pépites d'eau, de "perles de pluie"), de la valse et du ballet allègre du clair-obscur (ici, on en fait une prodigieuse mercerie d'art). Oui, quelque chose d'allègre soulève et transporte le travail de cette photographe. Même ce qui est grave, profond, recueilli dans son travail, semble apte au vol et à la compagnie des papillons. J'écoute l'enthousiasmante Water Music de George Frederic Haendel en glissant parmi les majestueuses éclaboussures, les gerbes splendides, les marines, les vagues, les sirènes, les enfants d'eau qui éclairent et animent l'oeuvre.

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UN ART DE FIXER

Cette façon de fixer le mouvement et de s'en émerveiller, de capter ses furtives sculptures de cristal liquide, de voir et de sauvegarder ces traces merveilleuses, ces giclements affolants, ces ornements baroques, tout cela touche à une sorte de réenchantement du monde. La terre n'aurait plus qu'une heure à vivre qu'il faudrait saluer avec ferveur ces gens qui sont doués pour semer un zeste de féerie dans le monde, pour l'ondoyer d'étincelles. Pour le faire avec cette élégance sertie d'une palpitation. Hélène Desplechin, dans ses univers d'eau, nous entraîne dans un magnifique vertige de reflets, de danses, de renversements, de distorsions ludiques et, dans le même temps, nous immerge dans une espèce de déboussolement magique. Une ligne semble alors franchie, une frontière, une nouvelle dimension ouverte. Hélène Desplechin est celle qui regarde encore quand le réel se défait, se dilue, se dissout, quand autre chose se crée, apparaît, s'étire. Elle est celle qui va cueillir l'inattendu, le défait, le difforme pour en faire oeuvre. 

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POÉSIE

Immersion, ascension dans les hautes profondeurs de la poésie. Car, si la photographe atteint à l'allégresse, la palpitante allégresse, je l'ai dit, elle est également douée pour le profond et le recueilli, pour le sensible, pour les cisèlements artistes, pratiquement picturaux de l'ombre, les superbes résilles d'ombres, majestueux ornements de traits, elle excelle à rendre une mélancolie pensive et habitée, parfois même le seuil d'un désarroi, une patiente attente, une troublante dimension d'intériorité. Hel est encore capable de nous entraîner dans un lent glissement vers l'abstraction, la presque dissolution des choses dans l'eau des couleurs. Présences floues, fantômes, fragments, indices, vapeurs, bains de couleurs, une troisième dimension prend vie et notre voyage dans cet univers double un nouveau cap. Corps une seconde revus, tatoués, scarifiés comme en Afrique ou chez les Aborigènes d'Australie, jetés dans le mystère des signes. Présent et nuit des temps, ici et ailleurs, ensemble. Merveilleux chiffonnement de la ligne du temps, redistribution des cartes géographiques. Étranges et fascinants corps de Rosette. Corps devenus livres l'éphémère instant d'un poème d'ombre et d'encre de chine.

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J'aime cet estompement dans la transparence, cet immeuble que la pluie semble diluer. Poésie. Le monde d'Hélène Desplechin est un monde poétique, sensible, tout enflé d'âme. J'y suis comme un poisson dans l'eau.

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Do enfants d'eau
pirates de l'écume
beaux oiseaux amphibies
solubles dans
un rêve d'albatros
voyez au fond du ciel
cingler vers le fond de l'azur
les essaims d'exocets
mariés aux larmes de la pluie

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LES ÊTRES PRÉCIEUX

J'aime ici, cela est très réjouissant, que les êtres soient regardés comme précieux, uniques. Comme les délicats supports que la lumière et les ombres ensemble viennent teinter et nuancer, parer d'un henné virtuel. La lumière vient les traiter en chefs-d'oeuvre. J'aime cette attention, cette irrésistible tendresse, cette qualité de regard et sans doute de pensée. Il y a beaucoup à prendre, à apprendre chez un être qui regarde ainsi les siens et ses semblables. Il y a un vent d'humanité à humer longtemps, une qualité d'oxygène.

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Une façon que j'aime. Ceux qui sont terriblement visibles parce que tout petits, celui qui ne se donne, en course, que dans le bouillon de son reflet, dans les perles de son clapotis Toute cette vie qui tourne au bord de l'eau, comme un enfant dans les parages de sa mère.

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FEMME

Il y a la vie perçue avec générosité, avec orgueil, la vie considérée. Il me semble que l'oeuvre resplendit dans sa féminité mais aussi dans la haute perception de ce qu'est la maternité. De ce qu'est l'amour maternel. De ce qu'est la femme dans et hors de cette responsabilité. Cet imagier m'assaille de toutes parts. Tout me hèle, me retient, il y a pourtant abondance. Mais tout ce que je vois me parle, me concerne, me touche.

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ENTREZ DANS L'ALBUM

Cette belle folie d'un être au ciel. Me reviennent, tandis que je regarde longtemps, mes vieux anges, pointe de nostalgie émoussées par la tenaille de l'ironie, rappel de mes oiseaux humains, souvenir brutal d'Icare tombé. Le vertige d'un parcours. Maïeutique des images. Ouvertes des âmes. Les images d'Hélène nous donnent accès à nous-mêmes. On me comprendra, je veux montrer encore. Montrer parce que, si l'on tombe sur un filon qui nous enchante, on a encore la tentation du partage. Il pleut des pépites légères, des flocons et des plumes d'humanité, fermez vos parapluies et sortez dans les rues de l'album. 

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Ce que l'on aime dans ces photographies, c'est leur savoir autant que leur saveur, la portée de leur vision. Sans vanité, sans prétention, elles sont emplies de chant, de mémoire, de prémonition, de souffle.

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Mon tendre enfant
pétale humain
sur l'eau mouvante du destin
mon cher enfant
détail tremblé
beau vitrail essentiel
dans la voûte de l'horizon

16:17 Publié dans Hélène Desplechin | Lien permanent |  Facebook |