04/04/2016

Les Chroniques du Poisson Pilote n°25

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n u m é r o    2 5

Martial Rossignol

http://denyslouiscolaux2.skynetblogs.be/martial-rossignol/

http://martial-rossignol.fr/

https://www.facebook.com/martial.rossignol.photographe

http://rossignol.bookfoto.com/

et Orchid Lachaise, modèle

https://500px.com/mistyorchid

https://www.facebook.com/profile.php?id=100009226879857

Je souhaite à nouveau recueillir, pour leur puissant magnétisme, des photographies de Martial Rossignol. Je visitais à nouveau les couloirs de l'oeuvre, tout à l'heure, j'y trouvais, par abondantes grappes, à l'écart de la mesure et de la pondération, mais à l'écart aussi, toujours, de l'obscène et du racoleur, des fleurs somptueuses, singulières, bizarres, baroques. J'y trouvais, incarnés côte à côte, souvent dans une fulgurance captivante, la fièvre, le morbide, le linceul transparent, le satin translucide, la grimace de mort, le couloir de l'enfer, l'ingénuité, l'asphyxie, la beauté inédite, la transe, la déclaration de vie. La qualité tranchée, fascinante de son noir & blanc, l'intensité ardente ou la sérénité extravagante des images, la subtilité des effets, la singularité souvent nuancée, tamisée de ses couleurs, la pincée d'étrangeté ou de fantastique qui épice l'oeuvre, quelque chose de parfois hiératique dans les allures, quelque chose de parfois proche des convulsions qui captivent Egon Schjiele, des portraits tendus du pictoraliste Alfred Stieglitz  fixant Georgia O'Keefe, l'expressionnisme même de ses modèles me passionnent. Je me plais parmi ses mises en scène originales, son iconostase profane, son ton soutenu, volontiers exorbitant, ses femmes bâchées de transparence, cette ferveur atmosphérique, cette approche singulière de l'être féminin. La femme serait le serpent à plumes de Rossignol : c'est par elle que corps et esprit, ciel et terre ne sont qu'un. D'abord, quelques photographies de Martial Rossignol avec un superbe modèle, Orchid Lachaise. Ensuite, une nouvelle petite sélection opérée dans son abondante oeuvre.

ORCHID LACHAISE

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Petite sélection

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Jérôme Delépine

Invariablement, le grand Jérôme Delépine, peintre superbe dont l'oeuvre m'envoûte, fait opérer, - dans la magie, l'onirisme, une spiritualité poétique unique -, le nimbe qui fleurit son iris, qui infuse dans les cheveux mouillés de son pinceau et enveloppe, diffuse, élève sa peinture. Tout cela est aérien, toujours, conçu un peu au-dessus de la matière, dans une atmosphère où tout est neige, feutre, souffle, laine, ouates, couleurs subtiles, savantes, où les choses semblent soulagées de leur masse pour atteindre à la traduction poétique. Les êtres, les arbres, les nuages, les eaux sont présentes comme on pourrait dire d'une idée qu'elle est présente, qu'elle volette, presque palpable, presque volatile dans la voûte crânienne. Il y a une impression de densité, souvent, mais une densité nuageuse, une densité suggérée par l'enveloppe. Il y a ici l'invention d'un état intermédiaire entre le vu et le ressenti, le vrai et le délayé, la matière et l'essence.  Delèpine, artiste majeur, a inventé ses propres huiles, ce sont des apprêts personnels de la quintessence.  

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17/01/2014

Jérôme Delépine

Jerôme Delépine

Envoûtement & introspection

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Sur l’artiste, je trouve cette notice biographique sur l’espace de la Galerie Vendôme :

http://www.galerievendome.fr/index.php?option=com_zoom&am...

« Naissance à Massy (Essonne) le 29 juin 1977. Atteint d’un glaucome congénital. 

Aujourd’hui monophtalme, avec une vision réduite à 3/10ème, cette situation fait partie intégrante de ma vocation. 

Je suis divers cours en pastel, dessin, gravure et peinture jusqu’en 1999, dont les cours de l’Académie de Port-Royal à Paris (Prix Hélène Gauvry en 1998). Expositions personnelles et collectives à Verrières le Buisson, Paris (la Sorbonne, 1999) Osny (Château de Grouchy, Val d’Oise, en 2001), Galerie Breton Prouté à Verrières le Buisson en 2003. Prix de la jeune peinture au Salon de Moisse en 2002. Premier prix au Salon de Osny en 2000. Prix de la peinture à l’huile à Pontoise en 2005.

J’aborde des sujets aussi divers que la fonderie, l’atelier, le paysage urbain ou champêtre, le nu, le portrait. D’une vision tantôt mélancolique, rêveuse ou simplement émue des scènes que j’aborde, je tente de traduire un sentiment à travers dessins, aquarelles, monotypes ou peintures, comme autant de plaidoyers pour la lumière, qui reste le sujet essentiel de mon travail.

Quelque soit le sujet ou la manière abordée, la lumière reste une constante pour apporter, tantôt son mystère à ces paysages entrevus ou rêvés, sa douceur et son intimité devant une nudité, son éclairage introspectif ou goguenard devant tel ou tel autre portrait. »

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L’artiste possède un espace personnel où l’on peut lire cette notice :

http://delepinesurlatoile.over-blog.org  

« 1977    Naissance à MASSY. Un glaucome congénital et d'autres complications me laisseront à terme monophtalme,  avec une vision basse de 2/10è. Cette situation me fermera la porte des écoles d'art parisiennes. Résilience aidant, c'est par des voies détournées, et après une tentative de devenir illustrateur, que je décide de me consacrer à la peinture dès 1997, à l'âge de 20 ans.

1977    Naissance à Massy, FRANCE. Première rencontre (à onze ans) avec le peintre Eric LEPOUREAU.

Expose de manière régulière depuis 1997

Quelques expos marquantes :

1999    Exposition à la galerie Soufflot, université PANTHEON-

                           ASSAS, PARIS.          

2001   Exposition au château de Grouchy (95).

2003    Exposition de monotypes et dessins à la galerie BRETON-

           PROUTE, à Verrières-le-Buisson (91).

2007    Enseigne depuis 2007 la peinture à l'Université Inter Ages de

                          PONTOISE.

2008    Exposition à la Fondation TAYLOR, PARIS.

           Article dans le n° 33 de la revue AZART.

           Radio: émission "à portée de mots", France Musique,

           du rapport de la musique à la toile.

           Exposition à la galerie En ApARTé, Limoges.

           Exposition à la Villa Daumier, Valmondois.

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2009   Exposition à la galerie d'art contemporain, Auvers sur Oise.

           Exposition à Annecy, galerie Au delà des apparences,

           octobre 2009

           Exposition à la Villa Daumier, Valmondois, décembre 2009

           Don contre don, expo de groupe, galerie En Aparté, Limoges

           décembre 2009

2010    Exposition à la galerie Australe, Saint Denis de La Réunion,

           février 2010

           Exposition au Salon Mammuti, La Flotte en Ré.

           Exposition à la galerie Au delà des Apparences, Annecy

2011   Invité d'honneur au Salon de Maisse.

          En permanence au Salon Mammuti, à la galerie Au Delà des

          Apparences (Annecy), à la galerie Australe (la Réunion).

           Exposition à la galerie 170, Poitiers

           Salon Mac 2000 Paris en novembre

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2012    Galerie l’œil du Prince et galerie Héno en février, pour une

           double expo personnelle sur Paris        

           Galerie du Saint James Bouliac

           Galerie Au-delà des Apparences Annecy         

           Création de l’association Rémanence, collectif d’artistes pour des

                        Projets regroupant galeries, collectionneurs, amateurs d’art,

                        Intellectuels, poètes…

                        Première exposition (« un avant-goût de la genèse ») en juin,

                        Galerie Laurent Mueller, Paris.

                        Emission « les traverses du temps », France Musique

                        Article dans la revue Artension

                        Article dans la revue Artension, « spécial paysage »

2013   Programme des expositions 

           Salon Lille Art Fair, avec la galerie Au-delà des Apparences

           Galerie Au-delà des Apparences, Annecy

           Galerie Mammuti, Bruxelles

           Exposition sur Paris et Pontoise avec Rémanence

           Participation à la Kitsch Biennale de Odd Nerdrum à New York

Je recommande aussi la vision de ce petit clip : http://www.youtube.com/watch?v=gCYMYwkrCWo

a delépine 3.jpgCe que nous pensons de l’artiste : Voilà donc  un artiste monophtalme (qui ne voit que d’un œil) avec une vision extrêmement réduite. Cet état de fait a nécessairement eu des conséquences pour l’artiste (à qui des accès ont été refusés) et pour l’œuvre qui a dépassé, transcendé l’obstacle, le transformant en vertigineux tremplin.  C’est, nous apprend l’artiste, le secours de la résilience (stratégie, processus psychologique, réflexion pour rompre avec une trajectoire négative) qui va lui permettre d’assumer sa vocation. Toujours est-il que chez le peintre, la lumière semble respirer, se répandre comme un lumineux oxygène, une buée radieuse, rayonnante. L’œuvre, habitée par cette étrange et fascinante qualité de lumière, entre dans une dimension double de vie à la fois intensifiée et fantomatique, réelle et suréelle, vraie et fictive, une vie hantée, exhausée par une présence lumineuse extra-ordinaire. La peinture de Delépine appartient à la vision : elle est l’aboutissement non pas d’un regard malade mais d’une volonté de regard portée à l’état de vision.  Elle est la sublimation d’une épreuve mais elle est surtout le lieu étonnant, singulier de la création d’un univers., le lieu d’une rencontre amoureuse, poétique et passionnée avec la lumière.  Une lumière merveilleuse et multiple qui donne à penser aux clartés lunaires du poète Leopardi, au lait de la tendresse humaine dont parle Shakespeare, à de l’opale liquide,  aux voiles des brumes matinales et des vaisseaux fantômes,aux embruns, aux vapeurs spectrales, aux halos et aux auras, à un temps d’infusion et de suspension, à un recueillement musical. Il y a ici rencontre et complicité entre le clair et l’obscur, l’aube et la nuit, l’un(e) s’allongeant de l’autre.  Ces rapports à la lumière, ces scènes curieuses, ces paysages envoûtants, ces marines somptueuses, ces nus laiteux et nacrés  sèment dans l’œuvre de curieuses balances qui oscillent entre le trouble et la paix, l’inquiétude et le charme, le fantastique et le tranquille, l’enfance et le tourment, le vertigineux et le moelleux. Ce que nous aimons, c’est que quoi qu’il peigne, Delépine semble être l’inventeur de son sujet : son traitement, son aura, sa densité, ce mélange pratiquement verlainien (la nuance et cette geste bleue et grisée où l’indécis au précis se joint) sa fluidité, sa charge émotionnelle en font une représentation unique et singulière qui semble le produit d’une percolation encore en action.  Le thème très récurrent de l’enfance (garçonnets et fillettes, pierrots lunaires,  jumeaux et  jumelles - nostalgie douloureuse de l’œil perdu ?)  semble ici un point culminant de la rencontre singulière et bizarrement complice des contraires : candide et fantastique, touchant et inquiétant, blanc et noir, vie et mort. L’œuvre laisse sur une inhabituelle impression de vertige et d’hypnose. Tout à la fois elle désarçonne et orchestre un bercement étrange, son charme ambigu (les autres nous laissent indifférents) nous possède. Devant cette œuvre qui appartient à l’histoire de la peinture et en porte la mémoire et qui impose sa troublante originalité, je me sens à la fois déconcerté et heureux.  Quels échos cette œuvre tire-t-elle de nous, quelles cordes fait-elle vibrer,  quels voiles soulève-t-elle, quelles suites de sentiments met-elle en mouvement ? C’est, semble-t-il, sans violence et avec des sortilèges secrets, au fond de notre propre puits, dans les refuges de nos silences que la peinture de Delépine nous emmène en visite ou en expédition.

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