04/01/2014

Joanna Flatau

JOANNA FLATAU

artiste peintre

http://www.joannaflatau-leblog.com/
http://www.veroniquechemla.info/2012/04/etats-dame-de-joa...
https://www.facebook.com/pages/Joanna-Flatau/64487925660
http://www.galeriecorcia.com/Joanna_Flatau.html

Joanna Flatau est une artiste peintre polonaise née à Varsovie. Elle est diplômée d'Histoire de l'Art de l'Université de Varsovie et de l'Académie des Beaux-Arts de Varsovie. Depuis 1971, elle vit et travaille dans la capitale française, successivement comme graphiste et peintre. Sa notoriété est aujourd'hui établie, des expositions internationales l'attestent. Sa peinture est expressionniste et figurative, violente, fiévreuse, la braise ardente des regards dilatés et hallucinés de ses modèles répète cette frénésie en même temps qu'elle constitue une affirmation obstinée de la vie à tout prix, de la présence au monde. Le trait est à la fois féroce et dansé, appuyé, frappé et saisi par le vertige de la volute. Le contraste habite l'oeuvre, la dynamise furieusement. Quelque chose halète dans cette peinture et vous prend à la gorge et au cœur, accélère votre pouls. Ces personnages semblent former une condition humaine, une humanité fragile, orgueilleuse, à fleur de peau. Une humanité exacerbée, intense. Une humanité jaillie à l'écart des coquetteries, une humanité démasquée, animale ou plus exactement proche de sa vitalité instinctive et une humanité douloureuse. En même temps, il y a comédie humaine : grimaces, séductions outrancières, putasserie, désirs et désirs d'inspirer le désir, cirque tragicomique, tout ce grouillement des sens qui a toujours alerté l'expressionnisme et cette aspiration désespérée à la paix et au bonheur, il y a ce confondant sourire terriblement spéculaire. Il y a moi chez Flatau, moi à la galerie Flatau. Tout regard, clame l'oeuvre, tout regard exigeant porté sur le barnum humain est équivoque, ambigu : il s'y trouve, comme au secret de tout individu, de la farce et du tragique, du nonchaloir et de la tension, du sinistre et du beau, du poignant et du caricatural, des chapelets d'aspirations inconciliables. L'art, - celui de Flatau -, c'est d'asséner cela avec une vigueur poignante, dans la force sauvage de la nudité et du dénuement de l'être, dans ce qui fait de lui un gravier autant qu'un astre. Je vois là l'être souverain et négligeable, Degas qui s'enivre avec Ubu, Chagall avec Beckett. Car bien sûr, ce qui dénude à ce point, ce qui cherche ainsi le point de rencontre de l'essence et de la substance, ce qui jette tout décorum à terre, ce qui va à l'aspérité de l'être, à l'os, ce qui le défarde ainsi en le maquillant à outrance est le vertigineux produit d'une longue quête, d'une introspection faramineuse. Il y a chez Flatau, - être de grande maîtrise qui semble tout en haut de son art parvenue au lâcher prise -, une vérité vertigineuse. Il y a, - à l'abri des complaisances, des sutures, des sparadraps et des ornements -, la terrible instabilité d'une vérité crue, son épouvantable inconfort, son odeur, quelque chose qui vacille entre la vanille délicate, le flacon bon marché et le remugle. Il y a une puissance expressive et évocatoire tout à fait inhabituelle. Il y a cette souveraineté chaotique de la femme. A rebours, à contre-poil des représentations polissées, phantasmées, érotisées et ergonomiques de la créature féminine, la femme tellurique et séismique de Flatau débarque avec ses aspérités, sa liberté brutale, son grotesque insoumis, sa nocturne et opaque ingénuité, sa fascinante difformité, plus exactement sa redoutable "inconformité". Elle vient agiter sous notre nez indécrottablement et sinistrement romantique, l'éternel féminin empaillé, transmué épouvantail, l'icône chiffonnée, bousculée. Elle vient d'un revers de ses ongles peints souffleter le mythe domestique, le découronner, le déboulonner, lui substituer une présence du désordre. L'art retrouve ici une de ses vertus fondamentales : déranger, mettre les rangs en désordre. J'aime passionnément dans cette oeuvre magistrale, la rupture, la coupure tranchante avec la courtoise et l'heureux rendez-vous que le talent fixe à la brutalité. J'aime son arrogante et salutaire façon de ramener le chien de l'instinct parmi les poules du salon. Et que dans son aboiement, le verbe du cynique invente un curieux et inédit accent d'altruisme. Font ici gerbe ensemble, la gifle, le direct, la caresse, le réflexe et le geste. Il s'agit finalement moins d'un monde déformé que d'un monde formé à nos images.  

a jaonna.jpg     a jo anna f.jpg     a jo Joanna Flatau Dame blonde.jpg

a jo Joanna Flatau L'attente 2012.jpg     a jo Joanna Flatau Tableau.jpg     a joanna a.jpg

a joanna 1.jpg  a joanna 2.jpg  a joanna 3.jpg

a joanna anana.jpg     a joanna b.jpg     a joanna f aa.jpg

a joanna f.jpg     a joanna gh.jpg     a joanna kl.jpg

a jojoananaa.jpg

a joanna mn.jpg     a jojoanana.jpg     a joa 1.jpg

14:32 Publié dans Joanna Flatau | Lien permanent |  Facebook |