20/05/2014

Magdalena Lamri

MAGDALENA LAMRI

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Ce qui d’emblée m’a plu chez Magdalena Lamri, c’est qu’elle crée des métaphores visuelles. Elle crée une transposition graphique de la métaphore. C’est une poétesse picturale. Bien sûr, j’ai tout de suite été happé par son talent, sa griffe, son graphisme particulier, sa singularité, sa formidable originalité, son habileté virtuose au dessin et à la peinture. Tout cela est ici déposé comme une ornementale petite suite de précautions oratoires. Lamri est dans la pleine possession d’un art très sûr, maîtrisé et raffiné.

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Mais en tout, dans cet art inédit, j’ai senti un petit plus, un petit halo, une plume spéciale au chapeau, un ingrédient supplémentaire dans le carburant essentiel, une aération délicieuse du cerveau et une merveilleuse oxygénation du lieu cérébral de l’imagination.C’est une artiste simultanément pleine de tact et d’audace, c’est un être étrange qui a commerce avec les fées, avec les vrais individus du réel et de ses contingences, ses âpretés, ses joliesses, avec une sorte d’alizé surréaliste qui viendrait habiller et déshabiller ses modèles. Un ange du rêve est dans son univers, à côté de l’ange de la réalité dont Eluard garantissait l’inexistence. Le songe touche le réel, le gong du songe fait tinter la cloche du réel et inversement.

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Les choses se passent dans un état intermédiaire, un lieu exceptionnel, une dimension nouvelle. Une enfant et une femme en elle combinent leurs rêves et leurs désillusions, leurs bonheurs aussi.Il y a chez elle l’invention de  l’équivalent du mot-valise : le dessin-valise. Les trouvailles sont merveilleuses, exquises et profondes entre la fillette-papillon et la femme-faon ou la femme-forêt, la femme-puzzle. Il y a dans ce monde extra-ordinaire et singulièrement vraisemblable, singulièrement semblable au vrai, ce curieux jardin comme en suspension dans l’air à l’instar d’un tapis volant ou d’un colibri, il y a, outre ces formidables formes et ces émanations poétiques, les signes désarçonnants d’un humour inattendu et d’autant plus savoureux.

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Ici, bien sûr, il y a le conte, le fantastique, le fabuleux, le cocasse, le farfelu et le grave est là aussi sans toutefois arborer le masque repoussant de l’allure de gravité. Le sérieux est démasqué au bénéfice d’une gravité singulière, presque légère, d’une gravité sage et capable comme un aérostat de s’élever. Nietzsche disait des Grecs qu’ils étaient « superficiels par profondeur ». En ce sens, il me semble qu’il y a, par filiation philosophique, de la Grecque en Lamri. C’est dans le battement d’ailes qu’elle va à la profondeur. C’est un don merveilleux et qui m’enchante. Mais elle est tout autant capable d’assener une image écrasante, une image lourde et qui fait poids parce que Lamri n’est pas de ces artistes qui s’enferme dans un système et qu’elle ne s’interdit rien. Une grande liberté anime l’oeuvre.

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Quand j’y regarde de plus près, il me semble que Lamri fait cohabiter et étinceler dans les beaux aspects de son art pictural toute la multiplicité de ses états : sa féminité singulière et séduisante, sa volatilité, sa sagesse, sa paix intérieure et son brouhaha secret, sa maternité, sa culture et son animalité, la belle quête d’une image de soi singularisée par une dimension parfois caricaturale, son sens de la farce et du rire, son imaginaire et son sens poétique, sa contagieuse félicité créatrice, son goût de l’esthétique, la rencontre étonnante et intelligente dans son univers contrasté entre le sens de la légèreté et des sensations de pesanteur et de masse. A l’intérieur de l’oeuvre, la fragilité et la force coexistent, la douceur et l’image offensive se succèdent, la pudeur et une sorte de cynisme se rencontrent. Tout cela soulève l’oeuvre, lui confère une énergie passionnante, une diversité captivante en même temps qu’une légitimité. Tout cela lui donne quelque chose de labyrinthique, on pense, enchanté et désarçonné, à une galerie-dédale, un lieu mystérieux, fascinant et hanté par un talent particulier.

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