14/11/2016

Misty exposant Misty

MistyMisty

à l'enseigne de la belle Orchidée

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Splendeurs de l'autoportrait

a lan 35.jpgSi quelque chose est sacré, le corps humain est sacré. (Walt Whitman)

C'est le problème, pour cette belle Orchidée sauvage et asiatique, pour cette talentueuse petite beauté atypique et libre, les censeurs pusillanimes de facebook, les pudibonds amerlauds (ces mêmes branques qui élisent Trump et qui ne supportent pas la vue d'un sein) la traquent sans repos, la dénoncent, se signent, outragés et abasourdis, et cherchent à l'exclure, à la vaporiser ! "Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets, les âmes sont blessées. Et cela fait venir de coupables pensées". Ah, les perfides tartufes bien sentis par Molière ! Oh, les malades de leurs propres pulsions. Car le spectacle de la beauté, - loin d'avilir l'être -, est une merveille qui apaise, qui enchante, qui enivre, qui réconforte, qui exalte, qui met en communication avec de nouvelles mythologies, avec d'autres poésies. On ne parle pas ici d'exhibition ou de trivialité, de grâce, ces arguments sont vulgaires et irrecevables, on parle d'une femme inventive, poétique, originale, audacieuse qui se passe à son propre crible, d'une ballerine qui se lance dans de grands et vertigineux jeux spéculaires, qui vit et fixe le chapelet de ses identités, de ses possibles, de ses grâces, de ses accès de fièvre. D'une artiste qui nous reçoit au théâtre de ses pluriels. D'une femme artiste qui interprète tous les rôles qui forment son caractère et son tempérament. Que celui qui voit de l'offense dans cet imagier se retire, qu'il disparaisse. Il s'est trompé, sa place n'est pas ici. Comment peut-on vouloir bannir la beauté, quand elle prend les formes, les allures, les inventions, les gestuelles, les grâces, les hiératismes, les effigies, les féeries dont Misty l'Orchidée la pare, l'enflamme, la peint. Dans l'autoportrait, Misty (amie virtuelle que sans doute je ne rencontrerai jamais à la ville - mais une vraie rencontre a lieu à la scène) livre tous les états qui la constituent : cris immenses, prodigieux, danses, bonds, recroquevillements, éclats, fluidité, combat, charme, colère, douleur, volupté, repli, éclosion, évanescence, resplendissement. Il y a là un magnifique et puissant alphabet de l'émotion. Un formidable livre de nuances. Une vitale affirmation de présence, de vie intérieure et d'apparence. Il y a volonté d'apparaître et d'habiter pleinement son être. La nudité n'y est pas gratuite mais elle n'est pas niée, elle est de la fête et de toutes les icônes : elle vit là avec son système solaire, ses éblouissements, ses obscurités, ses oublis, sa chaleur bienfaisante, ses passions, ses rudesses, sa liberté. Rien ici ne s'abaisse, rien ne s'humilie, rien ne renonce, tout est à hauteur de femme, c'est-à-dire, selon moi, la hauteur qui me convient, et en la présente occurrence, la hauteur de l'art et de la création. Depuis l'origine de la création, jamais la nudité n'a nui à l'art. Toujours, elle a prêté des carats à son rayonnement. Par ailleurs, la nudité n'est qu'un habit des cérémonies auxquelles l'artiste nous convie. Je ferai peut-être de la peine au censeur, mais ici, dans la galerie que je vous invite à traverser, on est au plus proche du sacré de l'être. On l'entend respirer, prier, maudire.On le sait, ne nous leurrons pas, les rues abondent de beaux corps féminins. Ils passent, nous les oublions, nous avons d'autres omelettes sur la gaz. Mais celui-ci, qui est beau, qui est original, qui est vigoureux, est aussi un modèle fameux, un conteur exceptionnel, un acteur dynamique, une sorcière et une fée, un instant de foudre, une fauvesse étrange entre la libellule et la lionne, une force d'action, un faramineux moyen d'expression, un tonus sidérant, un outil d'écriture, une panoplie de gestes, un objet métaphysique, une légende, un pur satin, une seconde de poésie, un tableau vivant, une Vénus étrange, imaginative venue d'Asie. Je l'ai dit aussi : elle est folle, rebelle, colérique, paisible, humble, fragile, féroce, touchée par la spiritualité, formidablement touchante, furieusement en vie. Tout cela est inséré dans son travail et l'exhausse.  

Voilà l'artiste pour laquelle je me mobilise. Et me mobiliserai dans l'avenir. Il faut à des gens de cette nature, de l'espace (libre), du ciel, de la terre, des galeries, des salons d'exposition. Moi, conscient d'accueillir une artiste, j'ouvre tout grand mon blog, je recueille les perles, je propose et j'admire. 

Pour le reste, - pour l'essentiel devrais-je écrire - il y a le charme, l'attrait, la fascination qu'exercent sur moi l'intelligence, la ligne esthétique, le sens de la composition, la quête existentielle, le sens de la capture, le souffle, la singularité de la photographe. C'est une artiste en pleine ébullition. Et une flamme bleue, dansante, dévorante, une flamme des cuissons alchimiques.  

Ici, nous sommes dans le monde particulier de l'autoportrait. Et, quand nous aurons vu cet album, nous aurons approché un instant de l'être. C'est à cette approche respectueuse, émue, charmée, enchantée, bouleversée, précieuse que je convie mes visiteurs. 

Poème en prose pour les images de Misty et pour Misty elle-même

a misty a.jpgNous n'avons plus, nous qui sommes sans dieu, nous qui sommes sans espérance, nous qui n'avons plus de spirituel qu'un lointain petit feu de camp derrière l'iris, qu'un quinquet singulier au fond de nos poumons, nous n'avons plus d'icônes que vous avec votre Orient personnel, avec vos étrangetés d'Esquimaude ici et d'Amazone là-bas, d'albatros féminin là-haut, avec l'enfance en vous associée au torse de l'instinct, avec votre neige et le gypse que vous en faites. Nous faisons halte devant votre chair, contents quand même des dessins de sa pulpe, des cercles, des sinus, des anneaux qu'elle met en lumière. Vous paraissez à livre ouvert, parfaitement illisible, protégée de tout eurêka, parée de hiéroglyphes, parfumée des feuilletements que font entendre les livres dans la nuit. Vous vous estompez pour mieux renaître, vous promenez votre fantôme en laisse et votre poids en lait, en sirop de pétales. Vous mettez avec la volupté, les ingrédients de la force, de la fureur, de la délicatesse d'oiseau. C'est avec de grands yeux de nuit, avec des torches de jadis et de tout récents faisceaux que vous vous dévisagez. Il ne faut rien manquer quand le désir de voir habite la cérémonie : la majesté des fesses avec l'élan de l'âme, le violoncelle des hanches avec la mélodie de l'être, le pavillon noir des cheveux avec la nuit intime. Misty entre. Tout le corps chante, se crispe, rue, se couche, saute, se cabre, voltige, se tend, se renverse, s'élève : c'est-à-dire qu'il s'oppose au naufrage que c'est d'exister, qu'il se refuse à l'abîme d'exister, qu'il affirme son orgueil d'outil métaphysique, son au-delà de la matière, l'encens que fait monter sa substance, la prière obstinée qu'il lance à l'assaut du silence absurde. Le silence, l'absence définitive de tout exaucement ne sont rien devant l'essor d'un corps qui prie. Son génie, c'est le défi de la prière. Il dit aussi, sans doute, je l'espère, le bonheur qu'il y a, de temps en temps, à être belle. Il dit, ce corps, ce zeste d'assomption qui grandit l'être nu, dépouillé de foi, face à lui-même, à ses rêves et à ses impasses. Il dit ce chant de gestes, cette hallucinante prédilection conjugale qui lie l'écorce et l'arbre, l'arbre et la foudre, la foudre et le feu, le feu et la lumière, la cendre et le vent. Alors, devant vos images, grâce à elles, le désir, la peur, la vitalité, la porte fermée et secrète de chacun, le goût de la fête, l'appétit du beau, l’attraction de l'étrange et de l'audace, la quête d'une braise ardente concertent ensemble comme les instruments d'un orchestre. (DL Colaux, novembre 2016)

Galerie parfumée de bouffées de Charles Baudelaire

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Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

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Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ...

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Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage 

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Lecteur, as-tu quelquefois respiré
Avec ivresse et lente gourmandise
Ce grain d'encens qui remplit une église,
Ou d'un sachet le musc invétéré ?

Charme profond, magique, dont nous grise
Dans le présent le passé restauré !
Ainsi l'amant sur un corps adoré
Du souvenir cueille la fleur exquise.

De ses cheveux élastiques et lourds,
Vivant sachet, encensoir de l'alcôve,
Une senteur montait, sauvage et fauve,

Et des habits, mousseline ou velours,
Tout imprégnés de sa jeunesse pure,
Se dégageait un parfum de fourrure.

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Il aimait à la voir, avec ses jupes blanches,
Courir tout au travers du feuillage et des branches,
Gauche et pleine de grâce, alors qu'elle cachait
Sa jambe, si la robe aux buissons s'accrochait.

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J'aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,
D'où semblent couler des ténèbres,
Tes yeux, quoique très noirs, m'inspirent des pensers
Qui ne sont pas du tout funèbres.

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Imaginez Diane en galant équipage,
Parcourant les forêts ou battant les halliers,
Cheveux et gorge au vent, s'enivrant de tapage,
Superbe et défiant les meilleurs cavaliers !

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Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu'elle danse,
Comme ces longs serpents que les jongleurs sacrés
Au bout de leurs bâtons agitent en cadence.

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Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !

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Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

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La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc :
" Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles !
Je suis, mon cher savant, si docte aux Voluptés,
Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi ! "

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Les retentissantes couleurs
Dont tu parsèmes tes toilettes
Jettent dans l'esprit des poètes
L'image d'un ballet de fleurs.

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Entre tant de beautés que partout on peut voir,
Je comprends bien, amis, que le désir balance ;
Mais on voit scintiller en Lola de Valence
Le charme inattendu d'un bijou rose et noir

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La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores...

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Elle est belle, et plus que belle; elle est surprenante. En elle le noir abonde: et tout ce qu'elle inspire est nocturne et profond. Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère, et son regard illumine comme l'éclair: c'est une explosion dans les ténèbres.

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Vous pouvez mépriser les yeux les plus célèbres,
Beaux yeux de mon enfant, par où filtre et s'enfuit
Je ne sais quoi de bon, de doux comme la Nuit !
Beaux yeux, versez sur moi vos charmantes ténèbres !

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Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

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J'ai connu une certaine Bénédicta, qui remplissait l'atmosphère d'idéal, et dont les yeux répandaient le désir de la grandeur, de la beauté, de la gloire et de tout ce qui fait croire à l'immortalité.

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a lan 48.jpg a lan 49.jpg a lan 50.jpg

L'Amour est assis sur le crâne
De l'Humanité,
Et sur ce trône le profane,
Au rire effronté,

Souffle gaiement des bulles rondes
Qui montent dans l'air,
Comme pour rejoindre les mondes
Au fond de l'éther.

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Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !

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29/08/2016

Misty Dubateau

M    I    S    T    Y

modèle et photographe

https://www.youtube.com/watch?v=V1lEZ5k6Rhs

En préparant mon papier sur Misty Dubateau, je me suis souvenu (ce qui ne m'arrive pas souvent) d'un poème que j'avais écrit pour l’Intranquille de Françoise Favretto en décembre 2013. Je lui ai trouvé, très subjectivement, une sorte de parenté avec la quête de la jeune photographe. Je l'ai donc placé en incipit. Par goût du dialogue avec les artistes que j'apprécie. Juste sous l'immense version de Chet Baker et Stan Guetz de l'inoubliable Misty

Eclipse, terre, cendre et étoile comme genre complexe à venir  

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Après

la valse est lasse et la valise lourde

et le chemin n’entre plus nulle part

l’âme sait désormais

le poids qui leste son épaule

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Après

l’étoile est pâle dans la flaque

le ciel perd son odeur d’encens

très doucement tout se délaie

et l’encre de la pluie

écrit des lettres

que personne ne lit 

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Après

les trains très loin

audibles seulement

par leurs appels désespérés

descendent sans nous vers le sud

quand tout en haut

vers le sommet de la colline

le cimetière des licornes

 nous hèle

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Après

le grand Nègre qu’on est

s’avance tout nu dans la neige

le lait chaud de ses songes

lève un peu de vapeur encore

et s’absente dans l’aube 

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Après

le Gitan de qui l’aile

laisse un moignon à notre épaule

s’assoit dans l’herbe du fossé

et  regarde verser

l’épave de sa caravane

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Après

l’Inuit enseveli en nous

monte s’asseoir parmi les ombres

et le charbon bleu de sa vie

s’allonge sous les litres noires

puis s’endort au verso du rêve 

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Après

le cœur est presque nu

le cœur reste tenu

dans un cercle de cœurs

car avec le vinaigre

l’éponge du cœur absorbait

l’âme mêlée de sang

des bien-aimés 

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Après

tout le lointain n’est plus qu’un drap

un oiseau noir occulte la fenêtre

la chambre penche

comme une chute d’échafaud 

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Après

lorsque le silence a semé

sa belle blancheur inféconde

les indices et les gestes d’amour

-  leurs silhouettes 

comme des naufragés

s’en viennent battre la surface

des grosses eaux tumultueuses

qu’on laisse derrière soi

DENYS - LOUIS  COLAUX

G  A  L  E  R  I  E

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PRÉSENTATION DE L'ARTISTE

a mis 1.jpgMisty Dubateau, Misty Orchid, Misty l'Orchidée, la Fleur mystificatrice,  Misty, passagère et armatrice d'un bateau ivre qu'elle a conçu à son image, Misty le singulier oiseau d'Asie et d'Ailleurs, Misty l'orchidée sauvage, Misty la perle de jazz, est une jeune femme qui a été et est, notamment, le modèle de mon ami photographe Martial Rossignol. Pertinente et impertinente, farouche, brutale, pétulante, séduisante, merveilleusement expressive, belle et robuste, audacieuse, provocante, rebelle, offensive, canaille, fielleuse, douée d'un tempérament puissant, orageux, insolant, complexe, elle est aussi d'une nature extrêmement sensible, raffinée, très artiste, esthète, inventive et inspirée. Cette créature est un barbare, une Amazone, une fée, un geste de soie, une strophe lyrique, une solide gifle, un nuage de vanille, un haïku feutré, un hurlement. Elle occupe chacun de ses quatre points cardinaux. Quand j'ai appris que cette émouvante fauvesse s'essayait à l'autoportrait, je me suis rendu dans son espace. J'ai été bien inspiré. Nous sommes à l'aube d'un vrai talent. La femme ici se décline très personnellement, ce qui est révélé ici - un peu à l'écart du modèle, mais sans rupture définitive avec son travail - est subtil, poignant, élégant, original, touché par la poésie. L'initiative qu'elle prend d'exister ailleurs que dans le regard de l'autre est heureuse et féconde. C'est une voie de liberté qu'elle s'ouvre, une voie où dire son originalité, un lieu où nous émouvoir et nous charmer, nous surprendre. La femme, dirait-on, entre dans sa propre forêt. Nous sommes à la lisière de quelque chose. L'artiste intègre ses autoportraits dans un espace imparti à Misty Orchid et sous la signature de Sova Lova, qu'elle présente comme un personnage fictif. Lucidité foudroyante, ironie, cynisme ? Le labyrinthe est à la mesure de la personnalité de Misty. En cela, il est parfaitement autobiographique. Ce qui tend vers la vérité, vers le mythe de la vérité est nécessairement multiple et polymorphe. Quelques pépites apparaissent dès les premiers essais. Quelques pièces m'ont littéralement enchanté. Ici commence, dans cette quête autobiographique, une chorégraphie troublante, un étonnant ballet sur le damier de soi-même. 

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