11/05/2017

Les Chroniques du Poisson Pilote n° 34

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n u m é r o    3 4

Les temps politiques sont durs, obscènes, écœurants. Les ruades du FN achèvent de les parfumer d'un authentique relent de merde. Macron, d'En Marche, n'a rien pour me plaire. Aucun sens social, la résolution de sacrifier le travailleur aux intérêts de l'entreprise, un zèle néolibéral rebutant ; rien pour me plaire. Mais le FN, c'est l'abjection en politique, et je pose qu'il faut tout faire pour proscrire le retour du fascisme, y compris voter en se pinçant les narines pour un bleu qui risque, dans des envols d'ego dont je le crois capable, de se tenir pour providentiel. Mais il n'y a pas d'être providentiel. Il n'y a ici qu'un pis-aller, un compromis un peu lamentable, un(e) regrettable faute de mieux ! Mais le FN, c'est un au-delà de la répulsion et du dégoût, le repousser, c'est refuser l'enfer, la bassesse, la puanteur en politique. Le FN, c'est la main d'oeuvre sale, la racaille au pouvoir domestique, la bourgeoisie sectaire, méphitique et méprisante et l'aristocratie dégénérée autorisées à piétiner, c'est le pouvoir injuste, c'est la morbidité en politique, c'est le dépeçage systématique des différences, c'est l'art assassiné, nazifié. Le FN, c'est le culte de l'autodafé. C'est la liberté en berne, son fiasco absolu. 

Bon, j'en appelle à la beauté, à la création, non pas pour oublier, ni pour oblitérer mais pour retrouver le goût de respirer, d'aimer , de découvrir, de s'étourdir et de partager. Pour retrouver le frisson d'agrément, la belle électricité qui vous traverse et vous hérisse délicieusement, pour renouer avec ce coup de peigne dans les idées, cette ondée sur le jardin de l'âme. 

Brett Walker

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/brett-walker/

C'est le photographe de l'intensité, de l'accentuation. ici, dans le splendide portrait d'une jeune beauté, il saisit à la fois le sauvage et le cristal de l'être. 

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Caroline van Sluijs 

https://www.instagram.com/carolinevansluijs/

Toute sa vie, Caroline van Sluijs, artiste hollandaise, a dessiné, peint et écrit. Elle est aussi l'amie des fleurs qu'elle photographie remarquablement, d'une façon presque intime, c'est une abeille, elle butine. Avec les couleurs, elle a créé des relations de compréhension mutuelle. L' année dernière, elle a réalisé, par déchirures, des collages intrigants et exaltants. Des collages qui vont de la composition à la création, avec un art de la variation formidablement abouti. C'est la poétesse de la déchirure, d'une déchirure inventive, esthétique, c'est une sorte de mosaïste raffinée. Entre paysage, abstraction et portrait, Van Sluis sublime le genre, y jette une science précise, une technique, une exigence et une maîtrise. Ici, dans l'oeuvre de la créatrice hollandaise, c'est l'univers du collage artiste. Une intelligence savoureuse habite ce travail, le dynamise, lui offre le possible d'une grande liberté. 

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Daniel Simon

Avec un peu de recul, que retirer des présidentielles françaises ? La peste ne s'est pas imposée ? C'est vrai. Mais quelque chose de plus mémorable, c'est ce beau poème de Daniel Simon.

Avant de voter

j'ai pensé à ma mère à la sienne

aux repas dans le silence

à la nuit soumise à la télévision

où la lune était belle

en noir et blanc et en musique

Avant de voter

j'ai fait une liste de ce que je voulais

et ne pouvais plus perdre

des phrases sans queue ni tête

des promesses en liasses

sous les sunligts en sang

Avant de voter

j'ai regardé la file où je vais

une nouvelle fois entre deux autres

hommes et femmes sombres

un autre plus loin appelle un ami

dans une langue de gorge

Avant de voter

mes mains ont tremblé si peu

je suis trop vieux pour que le corps

renâcle hésite ou se fâche

avant l'isoloir sans étourdissement

préalable aux dieux volatiles

Avant de voter

j'ai oublié un livre chez un ami

hier qui le sera peut-être encore

ce soir jusqu'à l'engouement funeste

mes enfants ont grandi des pantoufles

de fer aux pieds

Avant de voter

la femme que j'aime rira de moi

ce soir en disant c'est fini c'est fini

comme on fait aux enfants

enfiévrés et grincheux

mon chéri on va dormir

Avant de voter

je me conjure comme à Noël

à Pâques et à la Saint-Sylvestre

de ne plus m'inquiéter des migraines

du temps il en reste si peu

pour vivre encore encore juste

avant de voter

Savina Lombardo

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http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/savina-lombardo/

https://www.facebook.com/savina.lombardo/photos_albums

L'artiste (pastelliste, peintre, dessinatrice) Savina Lombardo est une ancienne de mes prédilections. Son genre raffiné et singulier, les états de grâce de son travail, ces mélanges aboutis et heureux de réaliste et d'angélique, de vrai et d'onirique, de hiératique et de léger m'ont séduit il y a longtemps. C'est un bonheur de recueillir aujourd'hui quelques œuvres de l'artiste italienne toujours et plus que jamais inspirée, originale et délicate.

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Enrico Robusti

http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/enrico-robusti/

Le grand maître italien Enrico Robusti est là. Présence exorbitante, faramineuse ! Je l'ai écrit : je suis un inconditionnel de cette fièvre picturale, de ces hallucinations de vérité (quand la vérité apparaît à l'artiste dans l'état de ses déformations constitutives). C'est une grande rencontre, une oeuvre magistrale qu'il faut célébrer, acclamer et redouter. car, dieu merci, les artistes ne nous veulent pas que du bien. Il nous présente parfois des miroirs singulièrement offensifs, assassins, il représente l'humanité tordue, il la fixe dans l'exercice malsain où elle excelle, la torsion. 

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Otto Ganz

https://www.facebook.com/otto.ganz.90/photos?lst=10000349...

L'écrivain et peintre (dessinateur) Otto Ganz persiste pour l'instant (comme un mineur enragé, et prisonnier de son acharnement, qui dépèce un filon fantastique) dans sa veine d'encres, gouaches, acrylique, café, liquides organiques sur papier. Il a raison, les trouvailles sont fameuses, impressionnantes. Des pépites jonchent le sanglant tamis de papier. Un univers humain oppressant, sensible, sinistre, poétique, dévasté, terrible, ambigu, attendrissant se constitue pièce après pièce. Une sorte d'apocalypse du petit quotidien terrible. Un passage dans une intériorité ouverte à la vallée de la mort et au gouffre de la vie. Ganz semble s'être engagé dans une impasse prolifique. C'est sa manière d'être, sa signature à l'opinel. Lui qui n'est qu'oxymore. Lui qui est l'incarnation poétique, littéraire et picturale de l'oxymore. 

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Margot Buffet

http://margotbuffetpeintre.blogspot.be/

Voici ce que l'artiste française, peintre de papiers, dit à propos de son travail : C'est au cours de mes études de design à Saint-Etienne que j'ai orienté mon travail autour du papier, celui qu'en général on ne voit pas. Partenaire quotidien, matériel millénaire et pourtant si dynamiquement contemporain. Je travaille particulièrement avec des papiers trouvés, abandonnés. Discrète matière souvent négligée. Réemployer des papiers riches d'une première histoire, mais aussi sélectionner des textures spéciales à fibres issues des techniques industrielles ou artisanales. Médium exceptionnel capable de se convertir à l'infini.

Les œuvres engendrées par cette démarche singulière et maîtrisée sont littéralement époustouflantes. Ce sont des éclosions baroques saisissantes, des parures fastueuses et redoutables, elles sont à la fois captivantes et apparentées au genre fantastique, elles sont accidentées, suturées et pourtant elles ont pour elles une sorte d'harmonie inédite et inquiétante. Elles fascinent, elles accrochent.  Ce sont des hantises, des spectres et des fantômes de Mary Shelley. Ce sont des masques punk surpris en pleine nostalgie romantique, des suaires, des divas livrées à leurs fièvres et à leurs excès, des maquillages baudelairiens. Ce sont des contraires convertis à l'entente, au chœur. C'est l'iconostase d'aujourd'hui, fuie par l'absence de dieu, habitée par le goût de lui. C'est l'humanité défigurée par des siècles de progrès. C'est la décadence nouvelle, sublime et effroyable, le martyre heureux et difforme du 21ème siècle. Au bout de tout, il y a toujours l'inachèvement, l'incomplétude, le fiasco merveilleux. Cette oeuvre me fait songer à une immense flotte d'épaves grandioses, de vaisseaux fantômes lyriques et enivrants.

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06/02/2017

Les Chroniques du Poisson Pilote n° 31 - Hélène Bénardeau - Otto Ganz

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Gardons la belle Hélène Bénardeau parmi nous

a hel bé 5.jpgMaintenant, oui, surtout, ne pas lâcher la main, maintenant, depuis hier, Hélène est morte. Ne meurent vraiment que celles et ceux de qui on lâche la main. Hélène Bénardeau, la lutteuse contre le cancer, l'écrivaine, la blogueuse humaniste. La très belle lutteuse. Nom de dieu, j'ai les doigts qui collent aux notes, je pèse une tonne de dépit et ma sonatine aussi. De la fatalité, elle a fait un orchestre. Un jardin. Un défi. Elle est noble, Hélène, très chevalière. J'envoyais depuis des semaines des messages d'espoir désespérés, des mélodies, des couleurs sur son journal. Là, depuis que la nouvelle est tombée, j'ai envpyé l'elfe Lhasa et son hymne Rising. Puis, ce matin, des fleurs de Redon et des Gymnopédies, des Gnossiennes de Satie. Je la connaissais à peine. Mais à présent, la peine se dresse comme un drapeau noir et je suis effaré. Effaré d'être touché à ce point, de sentir une entrée de deuil dans ma maison. La Crabahuteuse. Il faut aller chez elle, franchir le seuil de son espace et s'y promener. Peut-on le dire, sans blesser personne ? Une femme comme ça ne passe pas sans qu'on l'aime un peu. Sans qu'on l'aime. Sans qu'on demeure, sur son passage, épanoui. Comme chez Brassens. Les Passantes. Ainsi nomme-t-on celles qui restent définitivement. Que le violoncelle nous tronçonne donc, à la hauteur du cœur, là où l'on a mal. 

https://www.youtube.com/watch?v=vvjhsZYaofk

Oui, avec ou sans cheveux, elle a le profil de Dulcinée devenue vraie.

D'où vient que d'un seul coup une sœur nous manque ? Je vais l'écrire comme cela me vient. Cette femme, qu'elle écrive, qu'elle regarde, qu'elle évoque, qu'elle se souvienne, qu'elle paraisse dans sa chevelure superbe ou sous la dune merveilleuse de son crâne nu, elle répand de la lumière, de la grâce, et la saveur étrange d'un petit sel cuisant et taquin. Un fort et enivrant parfum d'humanité. Nous sommes trop bêtes, trop sensibles, nous cédons devant ça. Moi, je n'en ai pas fait secret auprès d'elle.

J'ai vu votre visage. je l'ai trouvé très beau. J'ai lu vos messages. J'ai lu que vous livrez un grand combat. La pétassestase vous harcèle. Je passais et j'ai été touché. Je n'éprouve aucune pitié. Ce n'est pas très beau, la pitié. Je ne sais pas. J'ai éprouvé le désir de vous faire un signe. De vous dire que cette tête nue que vous prenez entre vos deux mains est très belle.
Facebook, c'est une sorte de désert. La belle dune de votre visage m'a hélé. Belle rencontre, c'est un bel instant, un visage comme le vôtre. Je vous envoie un peu de musique.Je voudrais partager quelques instants avec vous. Si cela vous semble importun, ne donnez aucune suite. Je serais désolé de vous importuner. Mais c'est une possibilité.
 
Et puis, la promesse, l'offensive du mal, la fatigue, le silence.
 
 
Et l'oeuvre, le visage, la beauté d'être. Notre désir de perpétuer, de rendre grâce. De mettre autour d'elle, longtemps, des fleurs, de la couleur, de la gratitude, ce frisson ému.
 

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Ici, une très belle interview d'Hélène qui évoque l'historique de son blog, la Crabahuteuse et la naissance de son livre :

https://www.youtube.com/watch?v=NynUOKL7izA&feature=s...

Une petite heure avec Chet Baker, Hélène ?

https://www.youtube.com/watch?v=FtW_BHuaNPc&list=PLA7...

Otto Ganz

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Otto Ganz par Geneviève Hauzeur, 2015

Recru de peine, je veux vaquer à autre chose. Un ami fera l’affaire. Je vais vous parler d’Otto Ganz.

À ceux

et aux autres

amants hommes

poussières

poètes avérés

cadavérés menteurs

bonimenteurs

talentueux

impulsifs et allongés

en travers de ma vie

pour renaître à l’Orient

je n’oublie pas

qu’ils mâchent ma mémoire 

a aganz 14.jpgVers d’annonce du recueil  Mille gouttes rebondissent sur une vitre,  l’Arbre à Paroles, 2015. Otto Ganz est né à Anvers en 1970. Poète, romancier, plasticien, il est l’une des voix les plus singulières de la littérature belge contemporaine. Une des  voix les plus singulières, formule très à la con, consternante, dans la veine de cette langue de bois qui fait son nid jusque dans les antres poétiques. Pissat toutes-boîtes. Pitié pour les vers ! Je ne peux pas affirmer que je connais très bien ce type pour la bonne raison que c’est mon ami depuis des lustres, depuis que nous fîmes connaissance aux éditions des Eperonniers. C’est un écrivain qui dans l’écriture se comporte comme un insecte fouisseur, un genre de gryllotalpa kafkaïen, un insecte accordé à sa passion littéraire et poétique, Otto est un archéologue qui récupère scrupuleusement, méticuleusement les secondes épuisées qui précèdent le temps de sa prospection et de leur transcription, c’est un musicien sensible au rythme, au refrain, à la pesée rigoureuse du mot, c’est un bluesman blanc, un mélodiste noir, de veine noire, lugubre, de lyrisme lugubre et envoûtant. Il y a eu l’homme des cavernes, jadis, Ganz, c’est l’homme des cryptes, l’homme savant des cryptes, l’homme qui va se consulter tout au fond, qui va recueillir ses voix secrètes et multiples., ses mues successives C’est, dans la foulée, le type capable aussi d’autodissection. Ottodissection. Très sceptique sur l’intérêt fondamental du monde, il l’aime pourtant un peu. S’il aime, il ne compte pas. C’est une déclinaison singulière (comme sa voix dans les catacombes de la littérature belge contemporaine) de la générosité. C’est un esthète hanté, tenté par l’anarchie, le nihilisme et la distinction. Il est de l’étoffe dont on fait les dandys et les hooliganz. C’est un macabre qui a le goût des vitraux. Il est toujours pris entre deux tentations : la sensibilité et le sarcasme. C’est la raison pour laquelle il lui faut sans cesse inventer pour faire tenir ensemble et coopérer ces deux forces. C’est un grand inventeur. Un type passionnant. Proche et lointain. Un peu comme un corbeau, il est perché sur des bases solides : un savoir, un appétit de lectures, une curiosité de tous les arts. Ai-je dit qu’il est précieux, persifleur, douloureux (porté à la douleur), cynique ?  

Ensemble, lui et moi, nous aimons la belle et talentueuse québécoise Anne Guibault (avec qui il a coécrit On vit drôle – Adage/Maelström).  Chez Maelström, lui et moi avons coécrit un roman fantastique , l’Arbre d’Apollon.

http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.as...

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Pour se faire une petite idée de sa production, on utilisera ces liens :

http://espace-livres-creation.be/fiche-auteur/otto-ganz

http://www.brouillons-de-culture.fr/article-otto-ganz-une...

je crois

à la fulgurance

des vertus

du silence

 

je crois

qu'il a fallu perdre

sans cesse avant

de savoir parler

(In Pavots, éditions du Cygne)

Je ne m’étends pas pour l’instant car là, mon propos, c’est le Ganz plasticien. Et spécialement ses créations récentes. Encres, gouaches, brou, acrylique, corps liquides organiques. Son travail pictural est souvent en rapport intime avec son aventure littéraire. On y détecte les fantômes et les hantises de Kafka, de Michel de Ghelderode, et parfois tout près du redoutable Ubu de Jarry, une angoisse et une colère prégnantes, des indices de fantastique, des visages de la peur, du désespoir, de l'affalement  et de la fraternité, les tons sont successivement et parfois simultanément chauds, sombres, morbides. C'est désolé et ardent. Il y a aussi quelque chose d'un hymne à l'être, célébré dans sa braise fragile et menacée. Un mélange intime et crispant, détonant d'humanité, de proximité, de danger, de menace rend le travail puissamment et fertilement ambigu. Les êtres sont comme vus d'en haut, engoncés dans l'ombre, le feu mourant du crépuscule, dans la lie-de-vin, comme des animaux de zoo presque conscients de leur état. Il y a quelque chose d'orwellien dans cette galerie. Le paisible et le tourmenté, la puissance expressive et la placidité cohabitent. Résignation, terreur, panique recherche de soutien et de refuge, nostalgie inclinée sur soi-même, folie, panique lovecraftienne. On n'est pas au paradis, ici. On baigne dans un jus d'enfer imminent ou embusqué. Ces têtes-là ont des allures d'astres menacés d'extinction. Ces têtes-là ont la gueule de désespérés qui demanderaient des comptes, mais à qui ? Aux spectateurs qui défilent comme des touristes au jardin d'acclimatation ? Dislocations, imbrications. Monstres et êtres traités en monstres, dérive, débâcle, impasses existentielles. Je reviendrai à ces galeries sidérantes. Pour le moment, je suis fourbu. Cet imagier colle étrangement, terriblement à notre condition dès que nous la sondons en profondeur, dès que nous nous inquiétons d'elle. J'avais à cœur, dans l'immédiat, de dire que l'oeuvre existe, qu'elle dérange (démet les rangs), qu'elle tracasse, inquiète et qu'une fois qu'on l'a entrevue, on ne peut plus en faire abstraction. Dans les eaux et les encres ganziennes, j'ai pêché ceci : un trésor menaçant. Il faudrait rejeter tous les autres à la flotte. Zéro !

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