26/05/2013

PHILIPPE OLLIVIER

PHILIPPE OLLIVIER

rara avis in terris

Attention, j'attire solennellement votre attention : la découverte que je viens de faire est d'importance. J'allais écrire qu'elle est historique. Pas loin. L'oiseau est rare. Distinct. Rara avis in terris. Je cherchais un photographe. Je le trouve. Ce que je découvre de lui en photographie est réellement exaltant. Mais le personnage est polyvalent. Tant de cordes à son arc qu'on dirait d'une harpe. Oh, le formidable alien et le somptueux spécimen d'humanité singulière ! Cet artiste inattendu a tôt fait de me mettre en joie. Je cesse d'écrire parce que j'applaudis à tout rompre. Pépite dans le tamis ! Je m'en vais tenter de vous présenter ce passionnant énergumène. Déjà, je biche. La raison ? Je viens d'entendre quelques extraits des compositions musicales de l'oiseau. Et ? Et c'est une délectation. Il y a des navigateurs, des conquérants de la mer qui ont trouvé des passages maritimes, des pays, des continents, de nouveaux légumes ! Broutilles ! Des types épatants ont inventé des choses ahurissantes comme le belge Zénobe Gramme qui met au point le premier générateur électrique, la dynamo. Pépins de fruits, épluchures ! Des théories de génies inspirés ont respectivement peint la Joconde, Guernica, la Descente de croix, la Naissance du monde, les Tournesols... Extravagances ! De navrants obsédés de l'imposture phallique ont dressé dans Paris des choses inconvenantes que le Nippon goguenard immortalise toutes les trente secondes ! Bidouillages ! Moi qui vous parle, je viens de découvrir Philippe Ollivier ! Je fanfaronne, je fais le jovial olibrius, le bouffon inspiré mais, sans rire, je patauge dans ma béatitude car j'ai mis la main sur une pépite, un joyau énorme, plantureux, astronomique ! En regard, le diamant bleu, le faramineux diamant Hope n'est qu'un caillou de l'accotement. Philippe Ollivier. L'Ollivier providentiel ! Allons-y. 

A1.jpgIl est carlonéoniste. C'est-à-dire ? Attendez, je m'applique à vous expliquer. Le carlonéon, c'est le cinéma forain d'antan. Ici, une formidable caravane rouge, avec hôtesse d'accueil (Mademoiselle Jeanne alias Camille Simon) aménagée en cinéma miniature. Ollivier préside en ce petit espace conçu pour 15 personnes à l'orchestration : il joue (superbement) du bandonéon et il est bruiteur. Il crée un univers musical électrOnirique. On voit en ce lieu de rêve Méliès, Murnau, Bunuel et même, paraît-il, quelques vénérables ancêtres du film érotique. Ollivier, l'homme multiple, l'arbre aux mille branches, a en outre conçu une importante suite d'illustrations musicales (alliance de "musique et sculpture sonore") pour divers spectacles avec le saxophoniste et compositeur Yannick Jory (OstinatO), la diva bretonne Marthe Vassallo (Bugel Koar) ou La Compagnie le P'tit Cirk (spectacles TOK et "2"). Il collabore également avec Pascal Rueff et Morgan au spectacle "Mort de rien". Exaltant, non ? Génial saltimbanque, émouvant artiste ! Ce n'est pas tout, loin s'en faut. Ce pacifique végétal d'exception est inépuisable, c'est un phénomène admirable. Dans le même ordre d'idées, Ollivier pratique une discipline qu'il appelle "le bandonéon à bobine". Il met en musique, ici devant un grand écran, quelques films surréalistes ou étranges. Il réalise aussi des installations sonores en 3D (Opium). Il est l'un des artisans des Rencontres musicales nippo-bretonnes : merveilleux projet réunissant Naoki Kita (violon), Christophe Rocher (clarinette soprano et basse) et, bien entendu, Philippe Ollivier (bandonéon et accordéon). J'écoute, d'eux, un extrait de A1.jpg"Maneki Neko". La pièce est exaltante, enlevée, allègre. Je sens que je vais multiplier les qualificatifs. C'est époustouflant, inattendu, passionnant. Bon sang, la belle découverte. Cet Ollivier ! On ne s'étonnera pas que la colombe l'ait élu comme juchoir et qu'elle juge utile d'en promener, dans une charmante veine symbolique, des brindilles aux quatre horizons. Je l'ai dit, Philippe Ollivier est infatigable. Évoquons à présent son projet P.O.I.S. (abréviations de Parce que l'Ouverture Instantanée Suffit). Ici, c'est une installation sonore fondée sur la rencontre de photographies et de sons électroacoustiques. De tout cela se dégage un enivrant parfum de folie douce, d'intarrissable imagination, de réjouissante originalité et de rassérénante prodigalité créative. Ce n'est pas si vilain, parfois, l'humanité. Ce type est né coiffé par un vent favorable. Une bonne étoile éclairait son landau. Tout ce que je vois ou entends de lui me plaît énormément. Ce n'est pas fini. Je l'écoute ici avec la chanteuse bretonne Marthe Vassallo (une voix grave, puissante, impressionnante, belle, ample) dans le projet Bugel Koar. Là encore, j'exulte. Je loue, j'encense. Je suis bien content d'entendre ça. Je savoure les trois pièces disponibles. Oui, la voix de Marthe Vassallo a une empreinte superbe, un puissance fruitée, une saveur de liqueur forte et fruitée. Il y a de l'été et de grands ciels sombres dans sa voix, des vents marins, une féminité grave et séduisante. Et quand les trois extraits sont épuisés, je suis décontenancé. 

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Je vous présente Marthe Vassallo en compagnie de notre Ollivier. J'ai plaisir à constater comment cette photographie est merveilleusement mise en scène. Philippe Ollivier ne néglige rien.

Je m'impartis quelques lignes pour faire un peu écho à l'oeuvre de la chanteuse Marthe Vassallo, pour donner au visiteur une occasion de faire connaissance avec elle. Que celui qui n'est pas curieux du monde sorte immédiatement de mon espace. Qu'il aillle ailleurs rouler sa misérable bosse. Du balai !  Ouste ! Non mais des fois! Et qu'on n'y revienne pas ! A1.jpgMesdames et messieurs, la belle Marthe Vassallo.

http://www.marthevassallo.com/

http://www.youtube.com/watch?v=MgQokCwZw6k

http://www.youtube.com/watch?v=fgAR1jPHAs4

http://www.youtube.com/watch?v=ivYA34Y8ZnE

http://www.youtube.com/watch?v=zCV4bJ9CxjQ

http://www.youtube.com/watch?v=63K0Tp2F-DE

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marthe_Vassallo

A présent, revenu aurpès de mon Ollivier, j'écoute des extraits d'OstinatO  : Tourpakak, Manège, C'est l'été, Anneau... Et j'aime ça, ça m'embarque, j'aime énormément, cette liesse musicale, cette jolie fièvre qui part en belles fusées avec une belle assise rythmique sur vent, ces belles rotations sonores, cette petite fête chaleureuse, ce carrefour des temps à l'intérieur des titres. Cela semble venir de très loin en arrière et c'est en même temps d'aujourd'hui, comme un oeuf chaud qui vient d'être pondu. Bel univers. Et puis j'enchaîne avec Molenki Minki : Le marché d'Ivankik (une bande son du marché, des voix, des pas, des gens qui chantent dans la rue), Hommage (une belle pièce grave et recueillie),   Haute tension et, à nouveau, une bande son avec trilles d'oiseaux, zonzonnements de mouches ... Certain, Ollivier est aussi ornithologue. 

Enfin, l'espace photographique de Philippe Ollivier. Vous allez voir. D'abord une suite de cinq photographies d'une jeune et charmante Bethsabée au bain. C'est d'une beauté confondante. L'image poétique par excellence. L'image et le modèle, ensemble, la façon, la manière exhalent une grâce peu ordinaire, une sorte de maladresse exquise, fine, intelligente, à l'écart de toute pose, dans le délassement de l'eau tiède. Une esthétique de la presque instantanéité, une esthétique d'une nudité savante. Jeune femme infusant dans le poème de son bain. Admirable Ollivier, artiste. L'art de saisir la beauté presque liquide d'un geste ordinaire et irremplaçable. Sauvegarder l'unique. Célébrer la beauté qui passe sans bruit, sans fracas, dans le déploiement de son aile. 

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Depuis que je publie des photograhies, voici, en cette cinquième oeuvre de la série, un des plus beaux et des plus attendrissants regards qu'il m'ait été donné de voir. Quand on peut saisir cela, cette pincée d'infinie délicatesse et de tendre, alors oui, on a raison de photographier. A-t-on compris la réelle estime que m'inspire ce Philippe Ollivier ? Je suis heureux, pour le dire très simplement, de savoir qu'un tel type existe. Avant de prendre momentanément congé de lui, je livre encore quelques-unes de ses photographies. Des merveilles, des perles. Rara avis in terris. Et gloire à Nicole Fily, à François Rommens sur le site de qui (Senusal Photography) j'ai découvert Phillipe Ollivier qui livrait, pour l'occasion, un magnifique nu. 

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