23/03/2015

Pierre Leblanc

PIERRE LEBLANC

Une étonnante et indispensable comédie humaine

http://www.pierreleblanc.be/
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https://www.facebook.com/pierre.leblancphotographe 

Eléments biographiques :

a pla a.jpgPierre Leblanc  est né le 09 Novembre 1973,  il est de nationalité Belge. C’est lors d’un voyage au Sénégal, que Pierre Leblanc, alors régisseur et assistant mise en scène dans le cinéma, pris conscience que la photographie serait son médium d’expression. Peu de temps après, il entame une formation d’éducateur spécialisé à Paris avec comme intitulé de mémoire de fin d’études : « Comment utiliser la photographie comme outil de médiation et d’éducation ». Sa première vraie expérience professionnelle s’effectue lors d’un stage dans un centre d’hébergement de l’association Emmaüs en 2006. Il réalise alors un atelier photographique avec douze familles africaines, avec comme fil conducteur, la filiation parent enfant. Par la suite, il met en place un autre atelier à l’Institut National des Jeunes Sourds de Paris en 2007. C’est donc tout naturellement à la fin de cette formation, diplôme en poche, qu’il décida d’être photographe et de mettre en scène des projets d’art sociaux, pour dire la société, pour dénoncer, mais aussi pour rêver. Pierre Leblanc aime les gens et les rencontres. Son travail est également profondément inscrit dans un territoire, celui de la banlieue parisienne. Il vit à Montreuil et c’est aussi autour de la population de la ville, de ses commerçants, des voisins que se noue également une autre facette de son travail, plus documentaire. Dans sa série intitulée « Humeurs d’une ville » c’est l’état d’esprit d’une population à un moment donné de son histoire, qu’il capte à travers des portraits percutants et justes. Ou encore dans cette série de portraits intitulée « Un petit tour par les Beaumonts » c’est les gens de son quartier qu’il a photographiés. Il s’agissait de photographier un quotidien, la vie en générale d’un quartier qui se côtoie, se croise et dans lequel de nombreuses interactions pourraient exister. . .

Ce que nous pensons de l’artiste :

a plb b.jpgLeblanc a beaucoup exposé déjà, il a été primé et  a mené à termes de très beaux projets,  il jouit d’ores et déjà d’une réelle reconnaissance. Les liens que nous suggérons à votre attention vous permettront de vous en rendre compte. Soyez curieux, allez flâner dans les espaces de l’artiste.

Technicien habile, rusé, virtuose, éclairagiste doué, champion de l’image qui exige un regard patient, vigilant et appuyé, Leblanc est un artiste singulier et fascinant. Humaniste, cynique, tendre, encoléré, observateur à la fois réceptif et intraitable, il est le spectateur lucide, inventif, critique de la vie ordinaire et de la tragédie domestique, le metteur en scène ingénieux, sensible et intelligent du drame existentiel. Venu du cinéma, il a le talent de rendre pénétrante une composition, de l’éclairer, d’en faire une scène dont l’immobilité aiguise, exacerbe l’acuité. Ces compositions ont un formidable pouvoir déclenchant. Elles requièrent un temps d’observation, elles sont indociles, elles ne cèdent pas à l’œillade ou à la flânerie, elles ne se laissent pas consommer sans livrer tout leur lait ou leur venin. Ces images-là, au propre, sont saisissantes, elles agrippent, elles accrochent, elles emboutissent même quelquefois.

Je suis touché et impressionné par le regard sans complaisance, intraitable, agressif parfois mais aussi ému et compatissant de l’artiste, touché par la qualité et la pertinence d’un regard. Le but ici n’est pas (seulement) de séduire mais d’impacter, secouer, déstabiliser, troubler, affecter. Le but est de trouer la membrane du regard superficiel et fuyant. Les photographies de Leblanc, lourdes de sens et de sentiments, sont  des occasions de duel, ou d’étreinte,  d’affrontement ou de complicité, des images qui engendrent des tensions, des réactions, qui sortent le regardeur de cette espèce de placidité flottante qui caractérise trop souvent le regard du touriste culturel. 

Certaines images ont une charge explosive, au propre comme au figuré, une puissante densité émotionnelle, beaucoup d’entre elles fonctionnent sur le principe d’un électrochoc visuel qui peut être violent, offensif, poétique, insolite. Le travail de Leblanc ne supporte pas l’indifférence, il séduit, alerte, gifle, joue un implacable rôle spéculaire.

Dans l’édification de sa comédie humaine, Leblanc culmine dans la conciliation cohérente des dimensions sociale et artistique. Cet équilibre est assez rare pour être désigné. Plus qu’un moraliste, Leblanc est un esthète inspiré qui invente le pamphlet visuel. Il éreinte et adresse des signes de solidarité, des messages de tendresse, il porte par l’image, d'une façon brutale et incisive, des idées nobles, il n’hésite pas à parsemer ses déclarations visuelles de bombes insolites et drôles et sur la scène de son objectif, tout le théâtre humain se joue, du sordide au drôle, en passant par l’ignoble ou le poignant. Tout advient dans des lieux confinés : un banc dans un petit square, une automobile ... Ces microcosmes (ces foyers, lieux ardents de l'âtre humain) sont non point des réductions du monde mais des métonymies : tout s'y joue, tout y a lieu du grand barnum humain, splendeurs et misères. Tout, avec une acuité, une efficace foudroyante, y est dit de l'être : le monstre, l'ange déchu, l'animal, la viande, la chair, le vertébré froid, l'affreux, le sale, le méchant, le guignol, le frisson, l'émouvant, le paumé, le bouleversant. L'oeuvre consiste aussi en une intransigeante radiographie de l'espèce. Elle est également exhaussée d'icônes bouleversantes, profondes, remuantes. Tout opère ici dans l'intense, dans l'ardent. La série des fauteuils habités (fauteuils roulants et leurs occupants), pour l'exemple, comporte des merveilles, des spécimens inhabituels et irrésistibles de la beauté humaine. 

La série des confrontations et des rapprochements (deux photographies en étage, série intitulée Histoires abîmées) crée de nouvelles formes d'électricité visuelle, des désorientations, des torsions, des malaises, des troubles, des désirs interprétatifs, une envie de légender, de dire, de réagir et de se positionner. Le pouvoir déclenchant de ce système est d'une redoutable efficacité. 

Magnifique découverte. Bienvenue dans l’univers de Pierre Leblanc : tensions, querelles, mélancolies, crises de nerfs, solitude, fièvres, désarrois, fuites, drames intimes, désespérances, merveilles, violences conjugales, déserts relationnels, hantises, passions clandestines, absurde quotidien, délires. Bienvenue chez vous. Bienvenue au sein d'une oeuvre qui remue, qui examine, qui aime et qui poursuit l'être jusque dans ses impasses. Voilà une oeuvre que je regarde comme originale, considérable et dérangeante, une oeuvre qui ne fait pas l'économie de l'insoutenable, une oeuvre que je considère indispensable et bienfaisante. Cet humanisme impitoyable m'est d'un grand secours. Tombé sur une terrible merveille, j'ai à cœur d'assurer un relais, j'ai à cœur de participer à son essor et à son rayonnement.

Vous n'aurez ici qu'un aperçu de l'oeuvre, dans des formats un peu exigus, je vous recommande à nouveau très vivement la visite des espaces du photographe.

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Toutes les photographies sont la propriété de Pierre Leblanc, elles sont ici reproduites avec son accord. Une véritable connaissance de l'oeuvre exige la visite des espaces de l'artiste. 

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