24/12/2015

René Peccolo (2)

R e n é    P e c c o l o

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J'ai, à nouveau, envie de recueillir des œuvres de Peccolo. Je viens d'en voir de nouvelles, elles me saisissent, elles s'emparent de moi, elles m'émeuvent puissamment. J'aime l'oeuvre de ce tragédien de la lune, de cet iconographe de la désespérance, de ce spéléologue de l'humilité, de ce vendangeur des apocalypses quotidiennes, des exodes domestiques. L'oeuvre parle, dans un langage crépusculaire, de la misère, de l'abandon, du désert existentiel, des saillies et des gouffres de l'existence. L"oeuvre parle, avec une ferveur rare, d'une condition humaine à laquelle la peinture n'est généralement pas attentive. L'oeuvre, lucide, entre sur la scène désertée de la solitude, de la désillusion. L'oeuvre dit, avec des bleus et des jaunes de désastre, avec des auréoles de sainteté profane aussi, le calvaire de l'être, ses remuements, la présence proche de la mort. et ce zeste de beauté irréductible. L'oeuvre n'est en rien un rejet, c'est l'affirmation catégorique d'une beauté étrange, menacée par le sinistre, minée par des imminences morbides, cernée de périls. Le fragile de l'existence nous est jeté comme un pavé à la gueule. Dans le temps du rutilant, du toc, de l'étincelant, de la verroterie et du glacé, Peccolo impose sa geste de l'obscur, de l'ombre. L'oeuvre met aussi, me semble-t-il, dans un raccourci vertigineux, le désir aux côtés de l'agonie, l'or et le désastre dans le même halo de lune et les mêmes bains opaques. Mais, ce qui m'attache le plus intimement à elle, c'est l'humanité nue, vibrante, tendre et implacable qui l'enveloppe, l'endurcit et l'élève. C'est ce sacré, peut-être exempt de religiosité, qui allume une lueur dans l'être. En m'avançant dans l'univers de Peccolo, je songeais à Goya, à la compassion bouleversante qui règne sur l'oeuvre de Kathe Kollwitz, à La Chanson des gueux de Richepin, à La Mère et l'enfant de Charles-Louis Philippe, au Petit Saint de Simenon. Mais je songeais aussi à Beckett, à la Marche nuptiale de Brassens. J'étais entraîné à penser, à m'ouvrir à l'émotion.

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27/11/2014

René Peccolo

René Peccolo

U n   h u m a n i s m e   f r o n t a l

À mon amie Sam Sam qui m’a fait découvrir Peccolo. 

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Formidable électrochoc artistique, l’œuvre de Peccolo est habitée par l’irrépressible désir de révéler l’être et, pour ce faire, d’atteindre l’essentiel et de toucher au caché. D’œuvre en œuvre, le pari est tenu. Chocs salutaires.

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Il y a chez lui quelques reliefs des noirceurs et des contrastes de Francisco Goya, des immersions dans l’ombre brutale, dans l’effroi existentiel, dans la misère humaine,  une compassion dure, tranchante, une compassion impitoyable pour les démunis. Il se nourrit, ai-je lu sous la plume de Daniel Hachard, de l’œuvre de la considérable artiste allemande Kathe Kollwitz (1867-1945, dessinatrice, graveuse et sculptrice,  formidable créatrice d’une œuvre passionnante et déchirante). Oui, par certains traits, par certains éléments opaques, par quelques parentés thématiques, par quelques physionomies, par une même humanité bouleversante et bouleversée, Peccolo se revendique de Frau Kollwitz. Cette revendication s’impose comme une force et le travail de Peccolo établit, pièce après pièce, - dans le dessin ou la peinture -,  la remarquable originalité, la puissance expressive de son art. Heureux l’artiste qui s’est choisi un tel phare, heureux l’artiste ainsi éclairé qui a inventé son propre vaisseau et l’aventure de sa navigation.

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Mais il y a plus, dans cette œuvre étourdissante, plus dense, plus intense, plus subjuguant. Il y a, par des moyens chromatiques, picturaux, par le trait, cet art de rejoindre ces êtres engoncés dans le sable mouvant des ombres, dans la face cachée de leurs destinées pénibles, harassantes. Il y a cette descente hallucinante dans l’enfer privé de l’autre. Dans ses affres ses effrois. Dans sa monstruosité intime. Mais aussi, par des moyens similaires, durs, soutenus, époustouflants, il y a un accès à l’autre dans sa volupté, dans ses affections, dans son amour maternel, dans ses amitiés. Un accès direct, brutal, violent, à l’écart des embellissements, du kitsch, des violons. Il y a quelque chose qui gueule là-dedans, qui chante puissamment, qui éveille le regardeur, qui l’électrise,  qui arrache ses clôtures et abat ses garde-fous. Ce sont des icônes écossées, débarrassés de tout enduit, de tout paravent. Voilà, semble nous dire le peintre, l’être tel qu’il vit dans sa crypte. Ici, c’est la splendeur et la misère de l’être, l’une toute proche de l’autre, toutes deux pareillement fragiles, frêles, crues aussi, l’une et l’autre comme intensifiées dans leur rapprochement.

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Si bien que cette peinture s’élève à la condition d’un humanisme sauvage, un humanisme dérangeant, corrosif, ardent, franc, un humanisme qui me paraît noble et digne, lavé de tout sirop, de toute glu. C’est-à-dire que ce séisme, selon moi, atteint à la condition d’un bienfait pictural et intellectuel. Cet art profane parvient au sacré, il parvient à dégager cette braise dans l'être, ce brandon menacé, mis en péril mais indispensable à l'existence de l'espèce. Hors de cette braise, point de salut.

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