20/01/2015

Sylvie CAIRON

SYLVIE CAIRON

A1.jpgCette artiste peintre française possède un site que je vous recommande très très très vivement : www.sylviecairon.com

Pour toutes les œuvres de cet article : © Sylvie Cairon

UNE VEINE NOIRE

Ah oui, voici un violent univers pictural que j’aime profondément, je l’aime pour sa puissance évocatoire, sa frénésie, son inquiétude, sa fureur, son théâtre noir, opaque, ses distorsions et ses convulsions. J’aime cette œuvre pour le cri effroyable, assourdissant et magnifique qu’elle pousse sans réserve, ce grand cri noir et cru, total. J’aime cette façon de tisonner les ténèbres intérieurs de l’être, d’ouvrir l’espace au hurlement. D’entrer dans une sorte de fantastique de la terreur intestine. J’aime cette expulsion du cri, cathartique sans doute pour l’artiste et ses regardeurs. J’aime cette sorte de rébellion noire. J’aime cet état d’affirmation. Toute œuvre entretient un rapport avec le non, ici, il est catégorique, il est décoché pour transpercer. J’aime tout ce noir ardent. Ce désespoir qui monte jusqu’au sommet de soi-même. Cette force. Cette protestation.

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LA VEINE COLORÉE

Dans l’œuvre de Cairon, où même le désespoir est tendu et physique, il y a une place centrale pour la vitalité, le mouvement, l’agitation, le démènement (néologisme utile, sans coquetterie). La couleur, ici, marque ces frénétiques étincelles de vie. Il y a cette puissante déclaration de vie, la violente électricité d’un principe de vie. Si l’œuvre prononce un grand non,  si elle est du côté d’une attitude qui aboie et hurle vigoureusement contre les entraves, les drames, les calvaires existentiels, elle est tout entière favorable à la vie, elle est avec elle, totalement engagée. Je note aussi qu’il y a chez l’artiste une formidable aptitude à la synthèse, aux traits essentiels, aux nervures même du dessin et de la peinture. Une redoutable efficace. L’art de rendre la chose au travers de ses systoles, son pouls, ses frémissements.

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 Mais un sentiment de grande mélancolie se lit dans l’œuvre et la hante. Une impression de solitude, d’isolement. Le poignant et très esthétique face-à-face (ou le dos-à-dos) de ces hautes créatures de couleurs avec leurs ombres sur des fonds ocre et brun en témoigne. Pourtant, ces êtres de couleurs jetés dans le sombre sont aussi une étrange affirmation de la beauté et d’une élégance inhabituelle. Oui, ces compositions plus paisibles mais très singulières ont un réel pouvoir d’envoûtement. Après les formes chahutées, révoltées, les traits en crise et en séisme, Cairon se ménage un espace dans le subtil, dans le nuancé,  dans le délicat. Les choses ici semblent infuser, luire doucement. Le pouls s’est alenti. Le souffle prend son temps. On perçoit un soupir peut-être. Une accalmie. Une grâce grave. Cairon crée un univers où la poésie picturale affirme tous ses états. Nous participons intimement aux flux et aux reflux de l'oeuvre, à ses rythmes.

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Mais nous l’avons dit, ici, dans cet univers, ça gueule, ça hurle, ça se démène, ça combat, ça ferraille sauvagement. L’être est dans ses ébullitions, dans ses fièvres. Déchirements et écartèlements. Quête frénétique. Je place sur ceci, parce que je pressens une parenté, le poème du bien-aimé poète louviérois Achille Chavée.

Je me De De

 

Je me vermine

Je me métaphysique

Je me termite

Je m’albumine

Je me métamorphose

Je me métempsychose

Je me dilapide

Je n’en aurais jamais fini

Je me reprends

Je me dévore

Je me sournoise

Je me cloaque

et m’analyse

Je me de de

Je m’altruise

Je deviens mon alter ego

Je me cache sous les couvertures

Je transpire l’angoisse

Je vais crever madame la marquise

 

Et dans ces violents afflux de couleurs, on est aussi aux quatre horizons des grandes catastrophes humaines, des grandes débâcles qui vont de la rixe préhistorique à Auschwitz en passant par Verdun : tout le fastueux génie inventif en matière de désastre est cité à comparaître. Ces gueules hurlantes et terriblement déformée par l'effroi sont un affolant miroir de notre catastrophique avancée.

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Il n’est pas dit que notre espèce soit conçue pour le triomphe. La façon dont Cairon nous en informe est subjugante. Et on n’a rien dit encore, à propos de son art violent, quand on n’a pas dit à quel point il atteint à la vibrante humanité. Oui, je l'aime aussi pour cette formidable raison, qu'il atteint, dans une puissante démesure, à cette vertu rare et sublime qu’est la compassion.

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RACINE D'UN ART

Je ne puis mettre un terme à ce petit article sans chanter, sans célébrer, sans louer à nouveau, dans un enthousiasme inlassable, les vertus, les agilités et l’éloquence du trait de Sylvie Cairon. Ce trait dynamique, cette façon de happer et de rendre l’essentiel me comble de joie. C’est à la fois rudimentaire et d’une sophistication épatante. Ingénieux comme un éventail replié qui évoquerait la lumière, la palpitation, la chaleur d’une journée d’août. Mettre la forêt dans l’arbre, toute la forêt dans la silhouette d’un arbre. Cette habileté, ce sens poétique m’enchantent. Ces virgules, ces apostrophes, ces jambages humains ont quelque chose à voir avec une calligraphie de la pensée.  Et c’est par la puissance évocatoire de cette formidable ponctuation humaine que Sylvie Cairon peint de grandes pages, de très grandes pages que je feuillette avec les précautions et les égards dus aux œuvres.

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18/06/2014

Nouvelles œuvres chez Sylvie Cairon

N u i t   &   F u r e u r

Je reviens à l'instant de l'espace de l'artiste peintre Sylvie Cairon où ses nouveautés sont à l'écran. Grand choc. Secousses. J'ai eu l'impression que dans le monde sombre, féroce, terrible, hallucinant où elle opère, elle venait d'ouvrir une nouvelle galerie. Fièvre intense, énorme ébrouement de l'être dans sa nuit, dans sa destinée, désespérance et infatigable quête de lumière, accablement terrible, instance d'anéantissement, calvaire de l'être et grand cimetière de la vie, l'oeuvre de Sylvie Cairon est une comète noire dans l'aube, un cri pictural gigantesque et troublant. Perforant. J'aime plus que jamais.

D'abord, avant de montrer quelques-unes des nouvelles merveilles terribles, je transmets quelques informations à consulter relatives à l'actualité de l'artiste.

EXPOSITION TOUR DE VESVRE EN DÉBUT JUILLET

https://www.facebook.com/events/628674277228946/ 

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10/01/2014

Galerie Sylvie Cairon

SYLVIE CAIRON

J'ai consacré à Sylvie Cairon un long et très enthousiaste article déjà. Ici, mon projet est de donner un aperçu sur la vitalité de l'oeuvre, sur les différentes espèces qui constituent cette futaie étrange et captivante. Mon désir, en agissant de la sorte, est d'abord d'offrir à mon espace la présence singulière de cette oeuvre inhabituelle et ensuite d'inviter le spectateur à prospecter dans cette forêt dense où le cri, le bond, la crispation, le mouvement, la danse, le fantastique, l'effroi mènent un train d'enfer. Cette nouvelle petite galerie n'est rien d'autre que l'éloge partisan d'une griffe et d'une puissance évocatoire extraordinaires. L'éloge d'une obsession qui danse et hurle intarissablement, d'une geste vigoureuse et hallucinante. Toute irruption dans l'oeuvre de Cairon me jette dans un état d'exaltation que j'ai le souhait de partager.

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