27/07/2013

Valérie Dumont-Sudre

Valérie Dumont-Sudre

Une gazelle dans un magasin de porcelaine

Biographie sur l’espace facebook de l’artiste :

http://www.facebook.com/pages/Val%C3%A9rie-Dumont-Sudre-c...

Auteure de nouvelles noires et polars, Valérie Dumont-Sudre délaisse régulièrement l'infographie et l'écriture pour s'évader dans la création plastique : les collages. Pages de magazines, prospectus, ciseaux, colle, elle détourne les images pour raconter encore, sans conformisme ni compromis, laissant les visiteurs imaginer la fin de l'histoire.

Espace de l’artiste et présentation par l’artiste :

http://www.valerie-dumont-sudre.sitew.com

Couper/coller une autre façon d'écrire, d'interpréter en réponse au conformisme imposé qui ne cesse de se développer et de se généraliser. À commencer par le premier regard. Car, si de loin, certains collages ressemblent à des montages numériques ou des photographies, il n'en est pourtant rien ! Ils ont été réalisés simplement à partir de magazines et de prospectus, les ciseaux et la colle pour seuls outils et se déclinent en plusieurs thèmes.

Espaces consacrés à l’artiste :

http://www.creabook.com/valerie-dumont-sudre

http://www.myspace.com/valeriedumontsudre

L’artiste s’y présente ainsi : écrire des nouvelles noires, polar, fantastiques jeunesse, faire des collages, lire, marcher, regarder, observer, écouter, aimer, sentir, ressentir, toucher, photographier, la simplicité, la sincérité, la folie, l'urbain sous toutes ses formes (photos, films, histoire, architecture), rencontrer des Êtres Humains, des VRAIS, des vivants, les apéros (only si en bonne compagnie), mes proches, les mains, les sourires, LE sourire, les regards, LE regard, le sourire d'un regard, et toujours pour la douce et tendre folie, hiberner l'hiver, FUIR les nuisibles, les profiteurs, les arrivistes, les superficiels, les façadiers, les chevilles qui enflent, les têtes qui gonflent, les nombrilistes, les mains égoïstes, les bouches égocentriques, les Moi-je et les Tu-dois pour mieux profiter des personnes aimées, mais surtout pas faire le ménage !

http://valeriedumontsudre.jimdo.com/

Ce que nous pensons d’elle :

Malgré (ou plus sûrement encore, grâce à) une certaine variété dans la manière et les abords, il y a, comme chez les grands couturiers par exemple, une griffe Dumont-Sudre, une façon. Une élégance. Il y a un évident bagage surréaliste, très revendiqué et parfaitement assumé, mais c’est un héritage extrêmement singularisé. Toute cette élégance et cette élégance jouée, cette élégance à double fond lustrée d’un vernis d’ironie, me donne parfois à penser au raffinement des décadents dont le mouvement se caractérise, selon Rincé et Lecherbonnier, par  « sa désespérance teintée d’humour et volontiers provocatrice ». Dumont-Sudre est un être de culture, une créature urbaine adroite, subtile qui descend dans le magasin de porcelaine d’une façon inédite : elle y mène paître la gazelle. Elle n’y brise rien. Elle se contente de tout réformer, de tout restructurer, de tout tordre, de tout saboter, réassembler, de tout mettre sens dessus dessous. Elle défigure les traditionnelles figures de style de l’image, les canons, les stéréotypes, les lois de la belle icône aryenne et publicitaire. Elle a l’irrespect gourmé des gens qui ont du style, de la classe et de l’imagination. Et à partir de l’image rabâchée de la femme-objet, à partir de ses fastidieux avatars, dans un effet de provocante surenchère,  en libre démiurge, elle engendre la femme-accessoire, la femme pliante, la femme télescopique, la femme totémique et utilitaire, dans un univers si singulier, à la fois intimement poétique et inlassablement sarcastique, que le beau et le farfelu, le fascinant et le drôle, l’esthétique et le délirant créent un prodigieux espace où l’ambiguïté triomphe. Où l’ambiguïté nous met en joue (en joie, en nage, effroi, etc.). Cette aventure ludique et artistique avance si loin, progresse si haut qu’elle aboutit à l’effarante, à l’abracadabrante création de masques industriels (confectionnés dans l’incessante déferlante de l’image publicitaire de la femme) qui rappellent les magnifiques masques de la culture africaine. Dumont-Sudre, avec un goût insidieusement irréprochable, associe l’art périlleux et exigeant de la bouffonnerie aux exigences de la distinction. Elle crée, mission éminemment artistique, le litige essentiel.  Ainsi mené à son paroxysme, le jeu artistique qu’elle conduit savamment atteint à la virtuosité et à une efficace troublante. Et ici advient quelque chose de fabuleux à nos yeux : ce sont l’art et ses cheminements, notre errance à la fois inquiète et crédule parmi ces flûtées des nouveaux appeaux de la chasse aux pigeons, notre incertitude devant la quête de nouvelles et affolantes aventures artistiques, notre sens profane de l’adoration et de la consommation mêlées, notre scepticisme décontenancé, notre avidité dévoratrice et notre hébétude finale qui sont mirés comme des œufs dont la fraîcheur n’est pas garantie. Tout est donc art ? Le désir multiple, polymorphe, incontrôlé d’art et le désir hérétique et vital de se moquer de l’art ? Se pourrait-il que le remarquable travail de Dumont-Sudre nous tendît un piège d’une vertigineuse intelligence ? Attention, les gens qui jouent, pour peu que le talent prenne part à leur jeu, sont redoutables. Qu'est-ce en somme que cet objet-sujet qu'elle crée ? Un sacré veau d'or, un totem contemporain, une icône hérétique ? Un casse-tête ?

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